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  rohagus
    | Peau de mille bêtes est un conte des frères Grimm que je ne connaissais pas mais qui s'apparente beaucoup au Peau d'Âne plus français. Et cet album en est une relecture librement inspirée, pleine de fantaisie et de modernité.
Son gros point fort est le graphisme de Stéphane Fert. Son style, très personnel, joue sur des teintes de bleus, de roses et de noirs, avec un rendu à la fois poétique et légèrement gothique qui correspond parfaitement à l'univers du conte. Le dessin des personnages féminins, en particulier, est vraiment charmant, avec une vraie présence et une élégance qui participent beaucoup à l'atmosphère générale.
Sur le fond, l'histoire reprend les codes classiques du conte de fées mais les détourne avec une approche plus contemporaine. J'ai bien aimé la manière dont les contes classiques sont revisités avec une certaine modernité, parfois même avec une forme de mise en abyme et des touches d'humour qui viennent désamorcer ou commenter les codes du genre. Cela apporte un vrai relief, de la légèreté et cela évite de tomber dans une simple adaptation illustrative.
Le récit aborde aussi des thèmes assez forts (désir, inceste, émancipation, identité), tout en conservant une dimension poétique et symbolique propre au genre. L'ensemble est globalement bien mené, avec des personnages intéressants, notamment l'héroïne qui s'affirme davantage que dans les versions traditionnelles. Et j'ai souri au jeu de mots de ce Roi Lucane qui se déclare « insectueux » quand il voit la beauté de sa fille.
L'intrigue, bien que solide, reste toutefois assez classique dans sa structure, et certains effets ou intentions modernes m'ont semblé un peu appuyés et m'ont parfois laissé un petit peu à distance.
C'est un conte modernisé très agréable, portée par une identité visuelle forte et une relecture intelligente du matériau d'origine. Très bon, même si je ne suis pas totalement tombé sous le charme. |
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