|
Hiram Lowatt et Placido n°2
En 1997, La revolte d'Hop-Frog nous révélait un nouveau dessinateur au graphisme impressionnant. Depuis, Christophe Blain a signé un des avatars de la série Donjon (animée chez Delcourt par Sfar et Trondheim) et surtout Le réducteur de vitesse (chez Dupuis). Deux livres montrant les capacités hors du commun de l'illustrateur. Elles se confirme ici, pour ses retrouvailles avec Iram Lowatt , toujours journaliste scientifique au Secrets of nature, et Placido, toujours indien et indéfectible ami du précedent. Les Ogres atteste également le talent de narrateur de David B, qui nous propose chaque fois des scenarios différents de tout ce qu'on a déjà pu lire. Venus en Alaska pour un tournée de conférences sur leurs méaventures texanes, ses deux héros se retrouvent rapidement confrontés à de mystérieux anthropophages... L'ambiance est différente du premier tome (notamment parce que Blain ne travaille plus désormais en couleurs directes), mais tout aussi envoûtante. Olivier Maltret, Bodoï n°32 |
|
Le réducteur de vitesse
Depuis La revolte d'Hop-Frog, on savait que Christophe Blain avait un grain. Mais on se demande ce qu'il lui est passé par la tête pour le voir developper ici une idée aussi saugrenue (et génial !). Le reducteur de vitesse n'est donc pas un album comme les autres,mais une qsorte d'ovni qui soulève bien des questions: c'est quoi l'époque ? Mais que font tous ces marin? Et d'abord qui est dans le sous-marin? Et puis quel age a le capitaine? etc... Mais prenez garde, car une fois embarqués sur le destroyer, plus moyen de faire machine arrière, a fortiori lorsque nos gogos de service abîment les rouages qui meuvent la bête. Le pire c'est que lorsqu'on croit le dénouement arrivé, on se retrouve, comme des rats à font de cale. Engagez-vous qu'y disaient! Régis Paladru, Bodoï n°24 |
|
Après Donjon (tomes 1 et 2) et Donjon Crépuscule (un tome: n°101, sic!), void lepremier tome de
Donjon Potron-Minett (n° -99 re-sic!). Vous l'aurez compris, Joam Sfar et Lewis Trondheim font un
flachebaque. C'est de bonne guerre! Georges Lucas avec Star Wars et Loisel avec la Quête de
l'oiseau du temps font bien la même chose ! Mais nos deux compères corsent la tâche en s'acoquinant
avec un troisième larron, Christophe Blain au dessin. Déjà que pour les deux derrières séries, Sfar et
Trondheim s'amusaient à inverser leurs rôles, là, me direz-vous, une chatte n'y retrouverait pas ses
petits ! Eh bien si ! Pari gagné ! Même si le dessinateur change et apporte sa personalité graphique,
l'ensemble reste diaboliquement cohérent. Dans ce nouvel album, on retrouve donc un jeune
Hyacinthe (alias le vieux gardien du Donjon des tomes 1 et 2), pétri de bons sentiments. Son père
l'expédie chez son oncle dans la capitale où il va apprendre bien malgré lui, les méandres de la dure
vie ! Ce Hyacinthe est si touchant dans sa soif de justice, si drôle dans sa naïveté qu'on prend plaisir
à rire de lui... et des autres ! Résultat : humour décapant et personnages attachants, avec une
spontanéité magique qui amène souvent la série à figurer dans notre rubrique Pinaillages. Mais c'est
bien pour ça qu'on l'adore.
Julie Cross, Bodoï n°25 |
|
Isaac le pirate n°1
Au vu de ses premiers albums (La Révolte d'Hop Frog, Le Réducteur de Vitesse,... ) , Christophe Blain apparaît incontestablement comme l'un des éléments les plus prometteurs de la nouvelle vague d'auteurs français. En plus, le bougre est productif puisque ce nouvel album arrive quelques mois seulement après Les Ogres, co-signé avec David B. dans la même collection Poison Pilote... Tout cela aurait tendance à nous faire oublier que Le jeune homme, né en 1970, est loin d'avoir fini de progresser ! Isaac le Pirate nous le rappelle de manière réjouissante, avec notamment des personnages mieux définis , plus attachants et plus drôles que dans ses albums précédent. Du jeune Isaac, peintre fauché mais heureuse nature, on sent qu'on aura bien du mal à se passer, Et son voyage impromptu en compagnie du pirate Jean, avec toutes les mésaventures qu'il laisse augurer, ne fait qu'accentuer ce sentiment. Un scénario solide, avec une vraie densité (pas désagréable de passer parfois plus de vingt minutes sur une BD...). des personnages originaux, le tout servi par un dessin décidément virtuose... Allez, hop ! Embarquement immédiat pour les mers des Caraïbes! Olivier Maltret, Bodoï n°38 Isaac le Pirate. Avec un titre pareil, on se dit qu'on va se retrouver dans l'île de la Tortue, que l'on va assister aux 100 000 abordages, qu'il va y avoir des moulinets de sabres, des borgnes, des unijambistes et des trésors enterrés dans des dunes. C'est compter sans l'absolue originalité de Christophe Blain qui narre les aventures d'un peintre de marine et s'attache à raconter autant son activité créatrice que ces démêlés avec des forbans philosophes se demandant où vont les morts. Le charme de l'album vient de son imprévisibilité. Il en est de la BD comme des romans et des films : l'ennui nous vient de la facilité qu'il y a à deviner ce qui va suivre. Rien de semblable ici, c'est un plaisir d'être désorienté et de lire du jamais lu. Un coup de chapeau aux coloristes Walter et Yuka, trop souvent les grands oubliés de la BD, qui balancent ici des nuances à la fois précises et parfaitement romantiques. Le cinéma, qui depuis Errol Flynn et Lancaster a délaissé les grands trois mâts et la mer des Sargasses, devrait s'inspirer à'Isaac qui renouvelle un genre disparu pour avoir été trop exploité. A la dernière image, le grand voilier s'en-fonce dans la nuit, on attend la suite annoncée pour voir l'aube se lever sur les péripéties aussi attendues qu'elles seront inattendues. Partick Cauvin, La Lettre n°58 |