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par rohagus


par Thierry
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© Dargaud

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L'air de rien
ScénarioPicault Aude
DessinPicault Aude
Année2017
EditeurDargaud
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

 

1 avis

rohagus
Il s'agit de strips et de saynètes abordant des fragments du quotidien d'êtres humains très divers. On y croise surtout des urbains autour de la quarantaine, en couple ou non, avec ou sans enfants. Aude Picault y observe les relations sociales, la maternité, l’amitié, la charge mentale, les stéréotypes ou encore les dynamiques hommes/femmes avec un regard souvent plus féminin que féministe (même si j'ai aimé ces quelques strips où elle montre comment les femmes transmettent inconsciemment à leurs filles des normes de féminité qui perpétuent la société patriarcale) : c’est subtil, juste, jamais accusateur, et cela touche d’autant plus que c’est montré... l’air de rien.

Ce qui m’a séduit avant tout, c’est la finesse du regard. Beaucoup de planches ne cherchent pas à faire rire franchement, mais plutôt à faire sourire de reconnaissance : on se dit que c’est exactement ça. Il y a une sensibilité qui souligne avec douceur les petits ridicules, les contradictions, les non-dits qui empoisonnent parfois nos relations. On sent que l’autrice aime ses personnages, même lorsqu’elle les égratigne.
J'ai souvent pensé à Jean-Jacques Sempé, et je suppose que l'autrice ne s'en cache pas : rien que le titre et la couverture rappellent déjà son style. Ce n'est pas tant pour une ressemblance graphique que pour l’esprit : cette manière de représenter des scènes ordinaires pour révéler, avec délicatesse, l’absurdité ou la mélancolie de nos comportements sociaux. Comme chez Sempé, ce sont les thématiques (la vie urbaine, les petites vanités, les illusions sentimentales, la solitude au milieu des autres) et le ton à la fois tendre et légèrement ironique qui rapprochent les deux univers. En revanche, Picault a sa propre écriture visuelle : un trait plus épuré, des corps esquissés, des décors réduits à l’essentiel, des aplats de couleurs pastel. Là où Sempé pouvait suggérer beaucoup par une seule image ample, Picault s’appuie davantage sur le rythme du strip et le dialogue pour faire émerger l’émotion, même si ce sont justement les quelques images pleine page de cet album qui ont facilité chez moi le rapprochement avec Sempé.

Tout n’est pas égal pour autant. Certains gags tombent un peu à plat : on devine l’intention, mais la chute manque de mordant. À la longue, la succession de strips peut aussi provoquer une légère lassitude ; c’est typiquement un album à picorer, à laisser reposer avant d’y revenir. Quelques planches paraissent un peu anecdotiques, parfois un brin bobo, et l’ensemble n’est pas irrésistiblement drôle, mais je ne lui en tiens pas rigueur car j'ai été très souvent touché par l'esprit qui s'en dégage. C'est une légèreté tendre, parfois teintée d’amertume discrète : sexisme ordinaire, incompréhensions conjugales, fatigue parentale, solitude urbaine...

Ce n'est pas un album qui déclenche des éclats de rire, mais un recueil fin et humain, qui capte avec intelligence et justesse ces petits riens du quotidien dans lesquels on se reconnaît, et qui, l’air de rien, disent beaucoup de notre époque.
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