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Un peu (plus) de poésie dans ce monde de brutes

Discussions générales, Duels, petits jeux rigolos... ]


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Pages : 1 - 2

Pierre, 02.11.2021 à 16:23375624
Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

Pierre, 13.10.2021 à 9:26375592
Charleroi

Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

Quoi donc se sent ?
L'avoine siffle.
Un buisson gifle
L'œil au passant.

Plutôt des bouges
Que des maisons.
Quels horizons
De forges rouges !

On sent donc quoi ?
Des gares tonnent,
Les yeux s'étonnent,
Où Charleroi ?

Parfums sinistres !
Qu'est-ce que c'est ?
Quoi bruissait
Comme des sistres ?

Sites brutaux !
Oh ! votre haleine,
Sueur humaine,
Cris des métaux !

Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

Pierre, 13.01.2018 à 11:26367840
Dust of Snow by Robert Frost

The way a crow
Shook down on me
The dust of snow
From a hemlock tree

Has given my heart
A change of mood
And saved some part
Of a day I had rued.

Pierre, 30.07.2016 à 13:26362862
Hé mé bine moi, bine moi ma pouponne,
Cependant que Papa s'en est allé aux champs,
Il ne le sausa pas, il a mené ses gens,
Bine mé donc ma Maman puisqu'il n'y a passonne.
Ayant frayé l’œillet de ta lève bessonne,
Je me veux regadé en tes beaux yeux luisants:
Car ce sont les misoirs de tes amouseux enfants,
Après je modesai ta goge ma ménonnne.
Soudain je lechesai ton joliet tétin,
Puis je chatouillesai ton beau petit tounin,
Maintenant de ma pine, ores de ma menotte.
Si tu n'accordes à moi le folâte gaçon,
Guesissant mon bobo agadé si tu es sotte:
Car l'amour se fait mieux en langage enfançon.

Pierre, 22.07.2016 à 7:57362813
Ça, je veux fourniller en ton joli fourneau:
Car j'ai de quoi éteindre et allumer la flamme,
Je vous veux chatouiller jusqu'au profond de l'âme,
Et vous faire mourir avec un bon morceau.
Ma Pétonne inventons un passe-temps nouveau,
Le chantre ne vaut rien qui ne dit qu'une gamme,
Faites donc le Seigneur et je ferai la Dame,
Serrez, poussez, entrez et retirez tout beau.
Je remuerai à bond d'une vitesse ardente,
Nos pieds entrelacés, notre bouche baisante,
La langue frétillarde ira s'entremouillant,
Jouissons assis, debout, à côté, et par derrière,
(Non à l'italienne) et toujours babillant.
Cette diversité est plaisante à Cythère.

Pierre, 12.07.2016 à 0:57362766
Sur bulledair c'est dit, l'été sera chaud, avec une petite anthologie des poésies gaillardes du gentilhomme tourangeau Marc Papillon de Lasphrise.

Hà Dieu ! Que j’ai de bien alors que je baisotte
Ma jeune folion dedans un riche lit.
Hà Dieu ! Que j’ai de bien en ce plaisant conflit,
Perdant mon plus beau sang par une douce flotte.
Hà Dieu ! Que j’ai de bien lorsque je la mignotte,
Lorsque je la chatouille, et lorsqu’elle me rit.
Hà Dieu ! Que j’ai de bien, quand j’entends qu’elle dit
D’une soufflante voix, mon Mignon je suis morte.
Et quand je n’en puis plus, hà Dieu ! Que j’ai de bien
De faire la mocquette en m’ébattant pour rien.
Hà Dieu ! Que j’ai de bien de pinçotter sa cuisse,
De lécher son beau sein, de mordre son tétault.
Hà Dieu ! Que j’ai de bien en ce doux exercice,
Maniant l’honneur blond de son petit tonnault.

hoody, 21.02.2004 à 19:51142913
(les grands classiques...)

jon_arbuckle, 21.02.2004 à 18:49142909
"EL DESDICHADO" de Gérard de Nerval.

" Je suis le ténébreux, -le veuf, -l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie:
Ma seule étoile est morte, -et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus, Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron,
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée. "

Heu...non, non, je trouve ça joli, c'est tout :o))

Mr_Switch, 20.12.2003 à 22:12129823
Je suis le triste oiseau de la nuit solitaire

Je suis le triste oiseau de la nuit solitaire,
Qui fuit sa même espèce et la clarté du jour,
De nouveau transformé par la rigueur d'Amour,
Pour annoncer l'augure au malheureux vulgaire.

J'apprends à ces rochers mon tourment ordinaire,
Ces rochers plus secrets où je fais mon séjour.
Quand j'achève ma plainte, Écho parle à son tour,
Tant que le jour survient qui soudain me fait taire.

Depuis que j'eus perdu mon soleil radieux,
Un voile obscur et noir me vint bander les yeux,
Me dérobant l'espoir qui maintenait ma vie.

J'étais jadis un aigle auprès de sa clarté,
Telle forme à l'instant du sort me fut ravie,
Je vivais de lumière, ore d'obscurité.

Léon le Wacky, 23.08.2003 à 11:10105543
Le Poète (Alfred de Musset)

Du temps que j'étais écolier,
Je restai un soir à veiller
Dans notre salle solitaire.
Devant ma table vint s'asseoir
Un pauvre enfant vêtu de noir
Qui me ressemblait comme un frère.

Son visage était triste et beau :
A la lueur de mon flambeau,
Dans mon livre ouvert il vint lire.
Il pencha son front sur ma main,
Et resta jusqu'au lendemain,
Pensif, avec un doux sourire.

Comme j'allais avoir quize ans
Je marchais un jour, à pas lents,
Dans un bois, sur une bruyère.
Au pied d'un arbre vint s'asseoir
Un jeune homme vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Je lui demandai mon chemin ;
Il tenait un luth d'une main,
De l'autre un bouquet d'églantine.
Il me fit un salut d'ami,
Et, se détournant à demi,
Me montra du doigt la colline.

A l'âge où l'on croit à l'amour,
J'étais seul dans ma chambre un jour,
Pleurant ma première misère.
Au coin du feu vint s'asseoir
Un étranger vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Il était morne et soucieux ;
D'une main il montrait les cieux,
Et de l'autre il tenait un glaive.
De ma peine il semblait souffrir,
Mais il ne poussa qu'un soupir,
Et s'évanouit comme un rêve.

A l'âge où l'on est libertin,
Pour boire un toast en un festin,
Un jour je soulevai mon verre.
En face de moi vint s'asseoir
Un convive vêtu de noir
Qui me ressemblait comme un frère.

Il secouait sous son manteau
Un haillon de pourpre en lambeau,
Sur sa tête un myrte stérile.
Son bras maigre cherchait le mien,
Et mon verre touchant le sien,
Se brisa dans ma main débile.

Un an après, il était nuit ;
J'étais à genoux près du lit
Où venait de mourir mon père.
Au chevet du lit vint s'asseoir
Un orphelin vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Ses yeux étaient noyés de pleurs ;
Comme les anges de douleurs,
Il était couronné d'épine ;
Son luth à terre était gisant,
Sa pourpre de couleur de sang,
Et son glaive dans sa poitrine.

Nuit décembre