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La Presse parle de BD [ Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ] retour forum
 | | Gilles, 19.02.2004 à 14:06 | 142523 |
|  |  | Bon, je vais me faire l'avocat du diable mais même s'il y a beaucoup de conneries dans cet article, il y a également des choses justes. Alors, certes, le mec oppose BD et "livres sérieux" mais il dit aussi que la France est un des rares pays à considérer la BD comme un art.
N'est-il pas vrai que les mangas représentent un tiers des publication en 2003 ? N'est-il-pas vrai que les mangas ont ramené à la BD beaucoup de jeunes lecteurs qui s'en étaient écartés ? N'est-il pas vrai que traduire une série manga coûte moins cher que de produire une oeuvre originale ? |
 | | cubik, 19.02.2004 à 13:49 | 142516 |
|  |  | | ah ouais, de quoi rire jaune |
 | |  |  | Autant de conneries par phrase, c'est presque incroyable...
Ce monsieur mérite une palme.
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 | |  |  | Un article documenté mais rempli de bons vieux clichés sur le "phénomène manga" en Hexagone dans le Financial Times de Londres, repris dans le Courrier International cette semaine...
Astérix pourra-t-il résister aux mangas ?
Les séries japonaises représentent désormais près du tiers des bandes dessinées publiées dans l'Hexagone.
Financial Times (extraits), Londres
Jean-Louis Guez de Balzac doit se retourner dans sa tombe. Cet homme de lettres du XVIIe siècle, "restaurateur de la prose classique", serait horrifié par les événements qui se sont déroulés dans sa ville natale. Angoulême a en effet accueilli 150 000 personnes, le mois dernier, au festival de la bande dessinée. Et, cette année, le champion de la pureté de la langue française a des raisons d'être encore plus exaspéré que d'habitude. Car une véritable mangamania balaie la France. Ces "romans en images" japonais, souvent violents et pornographiques, ont représenté l'an dernier près de un tiers des 1 860 bandes dessinées publiées en France, contre 20 % en 2002 et moins de 10 % en 2001. La vitesse de ce raz de marée en fait l'une des mutations culturelles les plus spectaculaires depuis que Hollywood a écrasé l'industrie européenne du cinéma. La génération qui a grandi en regardant les dessins animés japonais dans les années 80 lit aujourd'hui des mangas, pas Molière. Le risque est que la France finisse par ressembler au Japon, où 40 % des publications sont des bandes dessinées et où de moins en moins de gens lisent des ouvrages sérieux.
L'industrie de la BD française connaît actuellement son âge d'or. Les ventes d'albums représentent désormais 10 % du marché du livre. Contrairement à de nombreux pays où les bandes dessinées sont perçues comme un plaisir réservé aux enfants, la France les élève au rang de neuvième art. Dans une industrie du livre parvenue à maturité, qui a connu une croissance de 0,5 à 1 % en 2003, presque tous les grands éditeurs de BD ont créé leur propre collection de mangas. Seule Dupuis, la grande maison d'édition belge fondée en 1898, refuse encore de publier des mangas. Mais beaucoup prédisent qu'elle pourrait bientôt suivre le mouvement général.
L'économie des mangas ne semble pas près de péricliter. Publiés en format de poche et imprimés en noir et blanc sur du papier bon marché, ils ont un coût de production inférieur à celui des albums cartonnés et en couleurs produits en France et en Belgique. Et il revient bien moins cher de faire traduire une collection existante que de commander une oeuvre originale à un auteur européen. Le prix d'un manga est de l'ordre de 6 euros, soit la moitié de celui d'un album classique. L'attrait des mangas reflète une fascination plus large, remontant au mouvement impressionniste et englobant la passion de Jacques Chirac pour le sumo. Cette nippophilie est manifeste dans la tendance des éditeurs français à publier des mangas qui se lisent de droite à gauche et à ne plus supprimer leurs intraduisibles onomatopées.
La subtilité croissante des mangas publiés en France permet aux éditeurs de se défendre contre la critique selon laquelle ils corrompent la jeunesse. "Si nous n'avions pas eu les mangas, toute une génération serait restée assise devant la télévision et n'aurait jamais tenu un livre entre ses mains", observe Jacques Glénat, PDG du groupe d'édition du même nom, lequel publia Akira, le premier best-seller du genre, en 1991.
Avec cette vision optimiste du phénomène, M. Guez de Balzac va pouvoir reposer en paix.
Jo Johnson |
 | | Grunt, 13.02.2004 à 16:04 | 141213 |
|  |  | | Cette semaine il y a une pleine page sur Ayako et son auteur, le "Hergé Japonais", dans Livre Hebdo. |
 | | NDZ, 06.02.2004 à 10:32 | 138916 |
|  |  | Je fini quand-même mon post par "merci de faire de la pub pour Vanoli, etc..."
Je modère un peu mon post, s'il choque : je suis très content que cette chronique soit passée, mais dans mon excitation, j'y ai mis peut-être trop de coeur. C'est sûr, dans le temps imparti, je n'aurais pas dit les même choses... Je pense qu'en gardant une approche tout à fait grand public, on pouvait mieux dire sur ce bouquin, parler démotion, préciser qu'il faudra peut-être s'accrocher pour le N&B et l'aspect du dessin, mais que ça en vaut le coup... et noter qu'on ne trouve pas l'album partout (... pas en supermarché par exemple : faire une partie du travail de recherche de l'oeuvre en quelque sorte). Cela dit, je ne suis pas journaliste et c'était déjà pas mal...
Une question Gilles si tu es attentif à tout ça (ce qui n'est pas mon cas, d'où mon manque d'objectivité), qu'elle peuvent-être les retombées en termes de vente après une telle chronique sur un medium ENÔÔÔÔRME comme RTL... Deux ventes de plus pour Vanoli? Le livre sera épuisé en fin de semaine (comme me l'a assuré ma copine, hin hin hin)? |
 | | Gilles, 06.02.2004 à 10:19 | 138911 |
|  |  | J'ai écouté la chronique hier sur RTL et je trouve franchement que tu en donnes une vision déformée. Elle était plutôt bien vue et assez étonnante sur un medium généraliste. Alors, je veux bien qu'on pinaille sur chaque mot et c'est vrai qu'elle n'a pas dit qu'il avait fait les arts plastiques de Strasbourg ou que ses débuts remontent à l'époque de Futuropolis mais dans le temps imparti, c'était bien et je trouve ça intéressant qu'elle parle du dernier Vanoli plutôt que du dernier Lanfeust. Rappelons qu'il s'agit d'une chronique et pas d'un documentaire sur Vanoli alors peut-être que le spécialiste de Vanoli que tu sembles être a trouvé ça nul et mal-informé mais pour des milliers d'autres aditeurs, ça devait probablement la première fois qu'il entende parler de Vanoli et je trouve ça bien.
Ceux qui me connaissent savent que je suis souvent critique envers la vision que les medias donnent de la BD ( cf. certains numéros de Télérama, Capital, etc. ) mais franchement, faut pas exagérer non plus. Excusez mon énervement qui est sûrement démesuré par rapport au post de NDZ mais de manière plus générale j'ai l'impression qu'on attaque de manière un peu trop systèmatique les media à chaque fois qu'on parle de BD. C'est bien d'être critique mais faut pas non plus tourner à l'aigri ou au délit de sale gueule. |
 | | NDZ, 06.02.2004 à 9:52 | 138902 |
|  |  | Bon, je ne sais pas si ma remarque a sa place ici... ou dans le sujet de "ceux qui n'y connaissent rien à rien"...
Hier, je me suis perdu les oreilles sur RTL (et oui, la grève de Radio France fait mal aux oreilles !!) et aux allentours de 9h, il ya eu une mini chronique BD que je n'ai écoutée que parce que j'avais entendu "poignée de polenta" , et que je pensais tout bonnement impossible que l'on parle de Vanoli sur RTL... alors j'ai écouté.
La gentille chroniqueuse à dit que "Pour une poignée de polenta", BD d'un jeune (plus de dix ans de métier et on est encore jeune, "vieux" commence à Uderzo?) dessinateur d'Ego comme X (bon le livre est édité chez eux, mais je ne savais pas que les dessinateurs étaient des produits de maisons d'édition... le BigMac de McDo et le Arleston de Soleil ça marche... mais pas le Vanoli de Ego ! Vanoli fait des bouquins et Ego aussi, et s'il s'entendent, font un truc ensemble...grrrmbll... en plus Vanoli a beaucoup plus publié ailleurs ;op), était vraiment bien (bon point) mais que c'était mou au niveau cadrage (ce qu'elle n'aurait pas dit pour XIII ou Tintin... elle n'a qu'à lire L'usine électrique ou Les contes de la désolation...). Et j'y vais de ma petite anecdote qui fait le charme du bouquin... c'est gentil de faire de la pub pour des livres qui en valent le coup... mais ça ne coûte pas plus cher de se renseigner deux minutes sur l'auteur. Après elle a chroniqué une bd casterman et elle était plus à l'aise, ça s'entendait...
Enfin, merci encore de faire de la pub pour Vanoli, il le mérite !! |
 | | cubik, 02.02.2004 à 23:04 | 138145 |
|  |  | moi je la trouve plutot bien faite cette chronique, et assez juste
c'est ce qui est enervant d'ailleurs |
 | |  |  | A noter toutefois que la chronique de Vandel est honnête : il précise lui-même que ce sont les journalistes qui ne parlent que de chiffres et qui n'interrogent leurs interlocuteurs que sur ces sujets, en ne les laissant pas parler d'autre chose et notamment pas de leur démarche artistique. Vandel précise même qqchose du genre pour être clair sur ce biais spécifique à la BD : "A Cannes, les journalistes n'interrogent pourtant pas les acteurs et réalisateurs sur le budget de leurs films, leur diffusion etc."
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 | |  |  | Faut vraiment que je vous mâche le travail, bande de bullenains :o)
Le lien qui rapproche le plus est celui-là, (Il ne reste plus qu'à cliquer sur la petite caméra devant "la chronique de Philippe Vandel)
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 | | cubik, 01.02.2004 à 19:49 | 137853 |
|  |  | | y a qu'un truc sur la jet set sur ce site |
 | |  |  | Vous l'avez peut-être regardé, ce matin sur France5 dans "Arrêt sur Image", un sujet sur "la BD et la télé" et notamment le traitement télévisuel du festival d'Angoulême, exclusivement basée sur les chiffres (nombre d'albums vendus, chiffres d'affaires avec graphiques à l'appui, ou nombre de visiteurs au festival rapporté au nombre d'habitants en temps normal...)
Le seul auteur interrogé par la télé, selon cette émission, serait Manu Larcenet, et "même lui parlait de chiffres", toujours selon Philippe VANDEL...Faudrait peut-être lui rappeler que les gens répondent en général aux questions que les journalistes leur posent.
Si vous avez une bonne connexion, vous pouvez regarder cette émission sur le :SITE de France5 |
 | | Gilles, 23.01.2004 à 9:59 | 136058 |
|  |  | >> Ce matin, l'annonce de la rubrique culinaire de "Télé Matin": A notre façon nous allons rendre hommage au Festival de la BD d'Angoulême, nous allons parler du haddock"
LoL :) |
 | | Le PBE, 23.01.2004 à 9:57 | 136057 |
|  |  | | Ce matin, l'annonce de la rubrique culinaire de "Télé Matin": A notre façon nous allons rendre hommage au Festival de la BD d'Angoulême, nous allons parler du haddock" |
 | |  |  | | Dimanche 25 janvier à 9h20 sur France 5 : De Tintin à Titeuf, les mythes de la bande dessinée. |
 | |  |  | meme le tres serieux soir s'interroge sur le phenomene manga.
Et je doute que Yu-Gi-Oh ne vende que 60.000 exemplaires par an. Ils veulent sans doute parler de tirage par numero.
Cinq Japonais sont nominés au Festival d’Angoulême 2004. La diffusion de la traditionnelle BD franco-belge est à la traîne par rapport à celle des mangas.
Présidé par Régis Loisel, l’auteur de « Peter Pan » et de « La quête de l’oiseau du temps », le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême s’ouvre ce jeudi sous un soleil levant.
Si tous les records de publication de BD ont encore été battus l’an dernier (plus de 2.526 titres, dont 1.730 nouveautés), le succès des héros franco-belges se tasse. En 2003, la croissance des ventes a été dopée par les mangas, dont la diffusion a bondi de 75 %, contre 2 % à peine pour la traditionnelle BD franco-belge
Les mangas pèsent désormais 30 % du marché francophone, soit une progression de 350 % en sept ans (1) ! La France est devenue le deuxième plus grand consommateur de mangas au monde, tandis que les Akira, Dragon Ball, Monster, Shaman King, Kenshin le vagabond et autres Chevaliers du Zodiaque japonais occupent 50 % du marché de la BD en Allemagne.
Le plus populaire d’entre eux aujourd’hui, c’est Yu-Gi-Oh : édité par Kana, division manga de Dargaud, il vend 60.000 exemplaires en français par an. A l’exception notoire de Dupuis, toutes les grandes maisons d’édition européennes distribuent désormais des mangas : 377 titres ont été traduits l’an dernier ! Pour célébrer ses dix ans d’existence, Tonkam, spécialisé dans l’adaptation des BD japonaises, s’apprête même à lancer des séries créées par des auteurs français dans l’esprit manga.
Attentifs à ces nouvelles tendances, les responsables d’Angoulême jouent l’ouverture en inscrivant cinq mangakanas (auteurs de BD japonaises) parmi les nominés du Festival 2004. Taiyou Matsumoto sera en lice pour le meilleur dessin avec « Ping Pong », premier tome des aventures de jeunes joueurs de tennis de table (publié chez Delcourt). Makoto Yukimura a été retenu dans la catégorie du meilleur scénario pour le troisième volume de « Planètes », une saga en 700 pages du futur de la conquête spatiale (Panini Comics). Naoki Urasawa concourt carrément pour la meilleure série avec le thriller de « 20th Century Boys », un best-seller de Panini Comics, où l’auteur culte de « Monster » affole le lecteur tout au long de 2.000 pages de fausses pistes ! Dans la course au prix du patrimoine de la BD, le jury a encore flashé sur le triptyque d’« Ayako », une fresque du Japon fraîchement conquis par l’Amérique signée par le maître Osamu Tezuka (Delcourt), et sur « Coups d’éclat », une compilation inédite de récits de Tatsumi Yoshihiro, fer de lance de la nouvelle manga au Japon (Vertige Graphic).
Si la BD francophone faiblit à domicile, elle compense à l’étranger, en défrichant de nouveaux territoires en Russie, avec le Thorgal de Rosinski, et aux Etats-Unis, où le succès du « Persépolis », autobiographie de l’Iranienne Marjane Satrapi, a ouvert les portes à la nouvelle vague de la BD française. D’autres stars de l’underground pourraient s’y engouffrer, comme David B. avec son « Ascension du Haut-Mal », une vision onirique de l’épilepsie, « Isaac le pirate », de Christophe Blain, ou « Petit Vampire », le tendre personnage de Joann Sfar, proche de l’univers de Tim Burton. Réussiront-ils là où Tintin, Astérix et Blueberry ont échoué ?
Entre-temps, le petit reporter d’Hergé est à la fête en Chine. Pour ses 75 ans d’aventures, il vient d’y écouler un million et demi d’albums, soit autant que dans le reste du monde ! Avec un petit coup de pouce de Spielberg, il réussira peut-être enfin à conquérir les USA en gommant l’image politiquement incorrecte de « Tintin en Amérique ».
Festival international de la bande dessinée, du 22 au 25 janvier, à Angoulême. Infos : 00.33-5.45.95.16.84 et www.bdangouleme.com.
(1) Lire à ce sujet « L’année de la BD no 2 », édité par Soleil, 7 euros. |
 | | june, 22.01.2004 à 15:45 | 135929 |
|  |  | | les relous.... 8))) |
 | |  |  | >> jamais tu me lis avant de poster, espèce de gilles ? 8)
Emmmmmmmmmmporté par la foule
Qui débite ses octets sur bubulle,
Gilles et ses salsifiiiiiiiiiiiiiis ont posté sans lire...
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 | | Gilles, 22.01.2004 à 15:39 | 135924 |
|  |  | >> jamais tu me lis avant de poster, espèce de gilles ? 8)
Oups, désolé mon june. :)
>> c'est clair quand on clique sur le lien ;o)
Ha, ok, je pensais que tu posais la question après lecture de mon article. |
 | |  |  | >> Si. C'est pas clair dans ma phrase ?
c'est clair quand on clique sur le lien ;o) |
 | | june, 22.01.2004 à 15:19 | 135915 |
|  |  | >> Libé tout en BD aujourd'hui. Voir plus BDnews.net pour plus d'info.
jamais tu me lis avant de poster, espèce de gilles ? 8) |
 | |  |  | | D'un autre cote, Cefalus, c'est vraiment qqchose d'extraordinnaire. J'ai rarement vu une BD faisant appel à des sensations aussi diverses : inventive, delirante, sensible, drole, poétique, beauté du dessin, faisant partie d'un univers cohérent et personnel (cfr. "mes ailes d'homme" et "ludologie") ... c'est étonnant qu'on en aie pas parlé plus. |
 | | Gilles, 22.01.2004 à 14:55 | 135909 |
|  |  | | Si. C'est pas clair dans ma phrase ? |
 | |  |  | | c'est pas Libe qui a refuse un droit de reponse a Chantal Montellier ? |
 | | Gilles, 22.01.2004 à 14:16 | 135901 |
|  |  | | Libé tout en BD aujourd'hui. Voir plus BDnews.net pour plus d'info. |
 | | compte supprimé . 22.01.2004 à 14:06 | 135893 |
|  |  | | Ludovic Debeurme dont l'album Cefalus est sorti il y a plus d'un an, qui a été pré publié par les inrocks...la boucle est bouclée. Les inrocks s'auto-recyclent. Si seulement ils pouvaient s'auto-détruire. |
 | |  |  | | Les inrockuptible de cette semaine ont aussi un article spécial BD avec un focus sur le palmarès d'Angoulème, et un article plus long sur de nouveaux auteurs comme Ludovic Debeurme avec son Cefalus |
 | | bat, 22.01.2004 à 12:37 | 135877 |
|  |  | | Sfar interviewé dans le 13-14 sur France Inter dans le cadre du festival d'Angoulème |
 | | june, 22.01.2004 à 10:06 | 135843 |
|  |  | | Libé tout en bd ce jour. |
 | | cubik, 21.01.2004 à 8:56 | 135613 |
|  |  | | je sais po si on peut vraiment parler de presse mais y a le directeur du festival d'angouleme invite chez naguy sur rtl a 9h30 |
 | | bat, 20.01.2004 à 12:32 | 135432 |
|  |  | | Ya aussi l'Expressmag qui parle de bd (mangas, l'Assoc of course, Monsieur feraille et même Groland) |
 | |  |  | >> Putain mais y zont pas l'impression de rabacher/radoter sur france inter ???
Si, carrément. C'est d'autant plus chiant que les termes et les étiquettes à la con, c'est lourdingue, lourdingue, mais à un point ... |
 | |  |  | Pascale Clarck interviewant l'auteur de Zapata, derniere question (de memoire approximative) :
"et que pensez vous de la nouvelle vague, les Johann Sfar, Marjane Satrapi..."
Putain mais y zont pas l'impression de rabacher/radoter sur france inter ??? Ils doivent avoir que deux ou trois livres dans leurs bdtheque, c'est pas possible autrement. On n'a l'impression que la nouvelle vague n'en finit pas de s'echouer avant de devenir classique. (Attention, y'a pas de jugement de valeur sur les auteurs cités, juste qu'ils commencent a gonflr severe sur FI). Y parlent pas de BD sur RMC ? |
 | | bat, 16.01.2004 à 12:17 | 134444 |
|  |  | Rosinski dans le 13-14 sur france inter pour la sortie de La vengeance du comte Skarbek".
j'ai aussi entendu parler de jp dionnet, mais je n'ai pas retenu l'heure.. |
 | | xaxa, 15.01.2004 à 16:12 | 134273 |
|  |  | | Copieur ! |
 | |  |  | TOKYO (AFP) - L'éditeur d'un manga pornographique japonais, dans lequel étaient dépeints crûment des organes génitaux et l'acte sexuel, a été condamné pour obscénité lors d'un procès faisant jurisprudence qui a déclenché une polémique sur la liberté d'expression. (source: BDtheque et Yahoo actu)
C'est la première fois qu'un manga, spécialité de BD japonaise, était au coeur d'un procès au Japon. C'est aussi la première fois depuis 20 ans que la pornographie illustrée, omniprésente dans les kiosques, en vidéo et sur l'internet au Japon était sur le banc des accusés.
L'éditeur, Monotori Kishi, 54 ans, a été reconnu coupable de distribution d'imprimés obscènes et condamné à un an de prison avec sursis par un tribunal de Tokyo. Le président du tribunal a expliqué la condamnation en arguant du fait que ce manga était "essentiellement consacré à des actes sexuels flagrants et dépeints avec force détails". "On ne peut ignorer son impact négatif sur la moralité sexuelle", a-t-il jugé.
L'éditeur a fait aussitôt appel au nom de la "liberté d'expression".
En avril 2002, il avait vendu plus de 20.000 exemplaires de la BD, destinée aux adultes et intitulée "Misshitsu" (La Chambre de Miel).
M. Kishi estime que le verdict "contraindra les maisons d'édition à ralentir leur activité et conduira au déclin des mangas". Ses avocats ont plaidé en faisant valoir que l'article du code pénal japonais interdisant la vente et diffusion de littérature pornographique était contraire au principe de la liberté d'expression inscrit dans la Constitution de 1946. Une plaidoirie appuyée par des universitaires et des critiques d'art distingués qui ont soutenu qu'il n'appartenait pas à l'Etat de se prononcer sur ce qui est obscène et ce qui ne l'est pas.
Notant que "la liberté d'expression sexuelle s'est étendue", la défense a argumenté que ce manga n'était pas obscène puisque "il n'est pas aussi titillant que des photos ou des vidéos et que l'internet fourmille de produits bien plus excitants".
Le dessinateur et l'auteur du texte ont été condamnés à verser une amende de 500.000 yens chacun (3.685 euros).
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 | | xaxa, 15.01.2004 à 14:45 | 134189 |
|  |  | bon désol' tout le monde,
mais j'ai la flemme de traduire.
En même temps, peut-être que d'ici 2/3 jours y aura
des infos dans la langue de Molière.
Bref, ici en espagnol & là en anglais quelques nouvelles de la censure au japon...
Bon en gros,
Motonori Kishi, 54 ans, patron de le maison d'édition Shobunkan a été condamné à un an de prison,
pour publication de dessins de parties génitales & de parties de jambes en l'air, en bande dessinées.
Et ça s'appelle : Misshitsu
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 | | compte supprimé . 15.01.2004 à 13:27 | 134142 |
|  |  | Proverbe du mois :
"Festival D'Angoulême se profiler,
Articles sur la bd se multiplier." |
 | | bat, 15.01.2004 à 13:27 | 134141 |
|  |  | encore prise de court !
:) |
 | | bat, 15.01.2004 à 13:26 | 134140 |
|  |  | m'étais faite cette remarque aussi...
ça doit juste être une manière d'apater le client :) |
 | |  |  | | C'est pas un tour de passe-passe éditorial pour attirer le lecteur ? ;o)) |
 | | man, 15.01.2004 à 13:23 | 134137 |
|  |  | | Ouais, enfin perso je suis assez surpris de voir qu'ils titrent sur "les nouvelles têtes de la BD" alors qu'on commence à les connaître, ces têtes... c'est assez bizarre de la part de Télérama qui les suit pourtant depuis un moment. |
 | | bat, 15.01.2004 à 13:18 | 134136 |
|  |  | | (ceci dit, je suis très contente qu'un media comme télérama fasse sa couv' sur la bd) |
 | | bat, 15.01.2004 à 13:17 | 134134 |
|  |  | Télérama consacre ses 1ères pages à la bande dessinée !
rassurez vous, il n'y en a que pour l'Association ou autres maisons d'édition dans le genre, c'est télérama quand même !! :o) |
 | | Karine, 12.01.2004 à 19:09 | 133508 |
|  |  | | j'oubliais je ne suis pas la karine de 31 ans de l'article (je suis plus jeune moi ) pour info elle est à ma droite coincée entre 2 titeuf.... |
 | | Karine, 12.01.2004 à 19:08 | 133507 |
|  |  | >> hé hé hé ...yes Auroress avait amené Kuklos et j'avais pris Bluette ;-)
>> Bon allez ==> direction le kisoque à journaux lol
>> a
et moi alors on m'oublie? pourtant je fais bien la pub pour mr jean! ;-)
ps: non je ne suis pas grosse ... j'ai juste un alien dans le ventre...
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 | |  |  | hé hé hé ...yes Auroress avait amené Kuklos et j'avais pris Bluette ;-)
Bon allez ==> direction le kisoque à journaux lol
a
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 | |  |  | m'est avis que nous avons là de super agent pour la promo, non ?
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 | |  |  | Je crois même qu'Auroress parle de Kuklos...
si si, dans femme actuelle ! |
 | |  |  | lundi, appelez vos mères pour avoir les 4 pages de femme actuelle sur les femmes et la bande dessinée. Ce n'est pas racoleur, c'est moitié sur les femmes auteur(e)s et moitié sur les lectrices.
Pas la peine de me faire remarquer qu'il y a bluette, c'est justement pour ça que j'ai pu voir les quatre pages en avant premières... merci à pitou 95 de scénario.com |
 | | man, 09.01.2004 à 17:29 | 132916 |
|  |  | | JC : Hallucinant ! :o) |
 | | pessoa, 09.01.2004 à 17:23 | 132913 |
|  |  | J'ai un train de retard, mais je viens lire le BAM
spécial BD. Ca ne casse pas trois pattes and un canard, je partage
l'avis de Gilles: non, il n'y a que Neaud dans la vie, oui
l'article sur BD et politique est assez consternant (quoique la
question de d1.part soit passionnante...).
Rien and voir avec le très
bon hors-série du même Beaux-Arts magazine intitulé Qu'est-ce que la BD
aujourd'hui?.
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 | | J-C, 09.01.2004 à 17:09 | 132908 |
|  |  | Tintin au pays des tintinos
LE MONDE | 09.01.04
Tintinologues, tintinophiles, tintinomanes... Qu'ils soient hommes d'Eglise ou parlementaires, écrivains ou acteurs, les admirateurs du héros créé voilà 75 ans par Hergé constituent une étrange tribu. Moulinsart est leur château, la Syldavie leur royaume.
Frère Cerbelaud nous attendait à la gare de Lyon-Perrache. "Barbu, lunettes, Le Monde à la main", avait-il annoncé. Ajoutant d'une voix sibylline, avec une gravité et un sérieux réjouissants : "Entre le capitaine Haddock et Ivan Ivanovitch Sakharine.
" On l'a repéré sans peine : c'était le capitaine en personne. Le Frère dominicain a pris le volant de sa Ford. Direction chez lui : une cellule dans ce bâtiment hors normes des environs de Lyon, signé Le Corbusier, qu'est le couvent de La Tourette. Un domaine "aussi grand que Moulinsart" qui nous valut spontanément cette courte déclamation : "Quel parc immense : c'est une véritable forêt. Licorne, page 47, si ma mémoire est bonne."
Frère Dominique Cerbelaud a peu de temps à perdre. Mais là, l'affaire est d'importance : il s'agit de parler de Tintin. Pour ce faire, il n'a pas hésité à rater la messe de midi. Le théologien, fin connaisseur d'hébreu, de russe, de grec et d'araméen, qui publie des ouvrages sur le dialogue judéo-chrétien et le dogme marial, reconnaît consacrer "une bonne part de -son- activité intellectuelle au corpus tintinesque".
Il s'intéresse aussi de près aux différents alcools présents dans le corpus : whisky Loch Lomond, porto, champagne, pisco, aguardiente, rhum. Il les avait réunis à l'occasion du "colloque Tintin" qu'il avait organisé en 2003 au couvent et dont les actes viennent de paraître (L'Archipel Tintin, éd. Les Impressions nouvelles). Les participants, d'éminents exégètes de l'œuvre d'Hergé, étaient invités à les consommer selon l'ordre d'apparition dans les albums. Leurs ouvrages figurent en bonne place dans la cellule de Frère Cerbelaud où plus de deux mètres linéaires d'étagères sont consacrés au reporter et à ses admirateurs : albums, études sur les albums, études thématiques, sources d'inspiration d'Hergé, lectures spécifiques (psychanalytiques, scientifiques), continuations humoristiques, pastiches...
Tintinologues : à ne pas confondre, précise Frère Cerbelaud, avec "les quatre autres lexèmes" : tintinophiles, tintinomanes, tintinolâtres (ou tintinopathes). "Car il y a de vrais malades, des cas limites, vous n'avez pas idée." Qu'on n'aille pas s'imaginer que Frère Cerbelaud mange de ce pain-là ! Sa position à lui est claire, il est "théo-tintinologue". Au couvent, le prieur de la communauté assure n'y voir aucun inconvénient. "Les dominicains sont originaux par principe, explique Frère Cerbelaud. Avoir une activité bizarre, c'est plutôt bien perçu dans l'ordre."
En théo-tintinologue, il analyse le corpus tintinesque en référence au corpus biblique. Son intervention au colloque portait d'ailleurs sur "le héros christique" dans Tintin. En guise d'aperçu : "On peut glaner divers échos de l'Äpocalypse de Jean" dans L'Etoile mystérieuse (la prédication de Philippulus le prophète : Etoile, 7-9) ou dans Les 7 Boules de cristal (importance symbolique du chiffre 7). Cet écrit johannique se trouve d'ailleurs mentionné dans Le Trésor de Rackham le rouge... (Trésor, 60, 12)."
A quelques kilomètres du couvent de La Tourette, l'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, fait la moue. "Cette façon d'analyser Tintin comme le corpus biblique, de citer les albums comme on se réfère aux évangiles, du style "Bijoux, 56, 2", ça ne m'enchante pas.".
Rien, pourtant, pas même les préparatifs de Noël, n'aurait empêché le cardinal-archevêque, à l'emploi du temps de ministre, de caser une bonne petite demi-heure pour nous parler de Tintin, toutes affaires cessantes. L'archevêché, d'ailleurs, parle pour lui : les objets qui ornaient les couloirs et la salle à manger ont été regroupés dans une pièce épiscopale, transformée en "chambre Tintin".
Mgr Barbarin n'en finit pas d'énumérer ces trophées offerts de par le monde par des artistes qui flattent ainsi son péché mignon : "Un très joli dessus-de-lit peint sur soie représentant la couverture de Tintin au Tibet", une couverture parodiée de Tintin au Congo où apparaît l'archevêque en personne, des coffrets en marqueterie "Tintin", les vingt-deux albums en plusieurs langues, des tee-shirts brodés par des Malgaches "avec les professeurs de l'Etoile mystérieuse, Paul Cantonneau, Calamares, tous ces gars-là". Ou encore cette version de L'Oreille cassée rebaptisée L'Oseille cachée et relatant des bribes de son histoire à lui, qui fut évêque de Moulins : Les Aventures de Barbatintin, évêque de Moulinsart.
Mgr Barbarin évoque comme un péché de jeunesse ces années où, étudiant à Paris, il savait tout par cœur, la seule faute d'orthographe des albums, la seule fois où Tintin se brosse les dents, les noms que décline au policier l'Italien qui conduit comme un fou, le nom du singe dans Vol 714 pour Sydney... "Des paquets de trucs inutiles, admet-il, mais assez rigolos".
Ce n'est pas dans les aventures du reporter que le cardinal-archevêque a envie de trouver la Bible ("Tintin, c'est juste une perfection de la BD, sa référence ultime, une stimulation ludique de l'intelligence"), mais il aime y chercher les questions spirituelles. Et les trouve. "La confession, la reconnaissance du mal qui est en soi, Hergé a approché ces choses-là. La figure du yéti nous montre que même dans les puissances ennemies au fond de notre être, il y a une harmonie possible. Et Wolf qui se suicide dans l'espace. Et Haddock ! C'est merveilleux, Haddock : il a mis le feu au bateau après avoir bu et geint : "Je suis un misérable !""
Les Dupondt auraient déjà conclu : ainsi, les tintinologues sont tous des ecclésiastiques. C'est donc habillés en évêques qu'ils surgiraient dans le bureau du secrétaire d'Etat aux transports et à la mer. Les chemins de l'enquête mènent naturellement ici. Car Dominique Bussereau, qui y officie, n'est pas seulement membre d'honneur, avec l'ancien premier ministre Alain Juppé, de l'ordre du Pélican noir, à Bordeaux (un club très fermé, ainsi nommé en hommage à la plus haute décoration du royaume de Syldavie) : avant d'entrer au gouvernement, M. Bussereau avait eu la lourde responsabilité de fonder, en 1995, le club des parlementaires tintinophiles, qu'il présidait. Depuis, ils ont bu du Loch Lomond, visité des expositions sur Tintin, organisé une visite à Moulinsart (Cheverny, Loir-et-Cher).
Le 3 février 1999, un débat de haute importance eut lieu à l'Assemblée nationale, sous la présidence de Dominique Bussereau. Le thème : "Tintin est-il de droite ou de gauche ?" L'ambassadeur de Belgique à Paris s'était déplacé, et avec lui le gratin de la tintinocratie (tintinologues, représentants de la société Moulinsart, de la Fondation Hergé, des Amis d'Hergé, etc). "On s'était dit qu'avec un peu de bol, on aurait tout juste un journaliste de l'Agence France-Presse de permanence à l'Assemblée, se souvient M. Bussereau. Or ça a été la folie. Soixante députés, plus de 80 journalistes dont une trentaine de télévisions, allemandes, américaines, australiennes, néozélandaises... on a dû changer trois fois de salle !"
L'audience fut agitée. Pas question, ici, de voir en Tintin un héros christique. Les députés sont formels : leur Tintin est politique, et si possible de leur bord. Tintin est centriste, avait précisé, avec un sens aigu de la nuance, le député (UDF) des Hauts-de-Seine, André Santini. Yann Galut (PS, Cher) annonçait de son côté que le reporter serait le prochain candidat de la gauche plurielle. Jean-Marie Bockel (PS, Haut-Rhin) voyait en lui un "social-démocrate". Didier Quentin (RPR, Charente-Maritime) assurait qu'il était gaulliste - "je dirais même plus : gaullien". Dominique Bussereau, lui, se contentait de jouer le Monsieur Loyal.
La gauche, contrainte de batailler ferme pour récupérer un héros aux origines traditionalistes, revendiqua ses combats contre les puissants, aux côtés des faibles et des opprimés. "Un reporter issu de la droite conservatrice, transformé en une espèce de Che Guevara, défenseur de la révolution permanente", dit Jean-Marie Bockel.
La séance fut un florilège de formules. Le centriste André Santini, expert en la matière : "Tintin fait preuve d'une retenue et d'un détachement qui en font incontestablement un gentleman centriste" ; "S'il était de gauche, il distribuerait des sacs de riz au Congo devant des caméras subjuguées" ; "Ça n'est pas à la roche de Solutré qu'il s'attaque..., c'est à l'Himalaya !" ; "Il ne promet pas la lune, il y va !"
Au gouvernement, il y a un temps pour les colles en tintinophilie. C'est le mercredi matin, juste avant le conseil des ministres, dans ce court instant où l'on attend le président de la République et le premier ministre.
M. Bussereau avoue avoir été ainsi "coincé" par son collègue à l'éducation, Luc Ferry. Celui-ci lui a un jour demandé : dans Les 7 Boules de cristal, quand Tintin et Haddock sont au music-hall, quel est le nom du savant dont la femme se lève parce qu'on lui annonce que son mari vient de tomber gravement malade ?
"Là, il m'a bluffé, concède Dominique Bussereau. Maintenant, est-ce qu'il avait juste appris ce truc-là pour me coller ? Peut-être."
Le secrétaire d'Etat aux transports affirme relire chaque semaine un ou deux albums avant de s'endormir. Pour ses cinquante ans, son ami Jean-Pierre Raffarin lui a offert Le Lotus bleu dans une édition de 1952, l'année de sa naissance. Il possède quelques albums en tibétain ou en basque, mais n'est pas collectionneur. Ni incollable, il l'a déjà dit. Au club des parlementaires tintinophiles, André Santini peut en dire autant. Un souvenir honteux lui colle à la peau, nous confesse-t-il : il ne s'en est toujours pas remis. C'était à la télévision, il participait au jeu "Questions pour un champion". "Je suis tombé sur la question : "Quel métier faisait Séraphin Lampion ?" Et j'ai perdu la finale du jeu là-dessus. Il était assureur, je le savais pourtant par cœur. J'étais fou furieux."
Ceux que les parlementaires tintinophiles redoutent le plus, ce sont les Tintinophiles du Palais. Une association hautement réputée d'une cinquantaine de membres, émanant du Palais de justice de Paris sans s'y restreindre : majoritairement avocats, magistrats, notaires, avoués, juristes en tout genre. Des fous de la mémoire. Catégorie tintinolâtres ou tintinopathes, selon la définition de Frère Cerbelaud. "Les Tintinophiles du Palais, confirme Dominique Bussereau, ce sont des très, très bons. Ils nous avaient proposé de nous opposer à eux dans un tournoi de questions sur Tintin : ceux qui font la loi contre ceux qui l'appliquent, ça ne manquait pas de piquant. Je me suis dit qu'on allait se faire rétamer. J'ai refusé, ç'aurait été la honte."
Le président de ces très redoutables Tintinophiles du Palais, le voilà : Me Christian Charrière-Bournazel, avocat à la cour, vieille France et nœud papillon de rigueur. Il vient nous chercher d'un air important : lui aussi nous a calé un rendez-vous en urgence, toutes affaires cessantes. Il l'avoue modestement : "C'est vrai qu'on est assez bons." Et confirme son intention de créer la Coupe Haddock des tintinophiles, un tournoi calqué sur les règles du tennis où les deux joueurs serviraient à tour de rôle en posant une question. Un album par jeu, l'arbitre vérifiant chacune des réponses. "Hélas, les parlementaires tintinophiles ont décliné notre invitation", regrette-t-il avec un sourire de vainqueur. Les deux associations sont tout de même allées ensemble à Moulinsart et ont en commun le goût du Loch Lomond. Les Tintinophiles du Palais prévoient aussi la tenue d'un grand procès d'assises par contumace, à la première chambre de la cour. Accusé : Rastapopoulos.
Parfois, Me Charrière-Bournazel a un doute - "C'est le problème : il faudrait pouvoir relire plus souvent." Un petit doute de rien du tout : l'orthographe des Dupondt, au pluriel. Pas de panique : "Je vais demander à mon Nestor." Le standard de son cabinet est branché sur la ligne d'un certain Nestor, agent immobilier à ses heures perdues, mais avant tout secrétaire et promoteur de l'association. C'est lui qui prépare les quiz, une série de questions archi-pointues, avec trois réponses possibles, posées avant les dîners rituels de l'association.
L'avocat décroche donc son téléphone : "Appelez-moi Nestor, s'il vous plaît." Puis : "Allô Nestor ? Dis-moi, mon petit Nestor, les Dupondt, c'est bien "dt, sans tiret" ? Bien, bien, on est d'accord. Merci mon petit Nestor."Il raccroche. "Les questions de Nestor sont terribles. On n'en est plus aux prénoms des frères Loiseau. Par exemple : quel est le deuxième prénom du chauffeur italien qui prend Tintin et Haddock en autostop dans L'Affaire Tournesol ? (Le chauffeur s'appelle Arturo Benedetto Giovanni Giuseppe Pietro Archangelo Cartoffoli de Milano). Prenons-en une plus simple : le navire sur lequel Haddock va rechercher l'aérolithe, est-ce le Sirius, l'Aurore, le Karaboudjan ? Ah ah !"
Tintin religieux ? Tintin juriste ? Tintin politique ? De droite ou de gauche ? Les Dupondt ne savent plus comment s'habiller. Avec un nœud papillon et une robe d'avocat, ils arrivent au Théâtre Edouard-VII, où répète Pierre Arditi. Lui serait plutôt du genre tintinomane , à collectionner "avec tout ce que ça comporte d'hystérie"des objets, des éditions originales "très très rares" et des planches dont le prix dépasse l'entendement (il a fini par s'en débarrasser).
Il avait découvert Tintin en ayant les oreillons. Sa mère lui avait offert L'Oreille cassée, et il n'a plus jamais guéri. "Tintin, c'est un puits sans fonds. Un demi-siècle que je le relis", reconnaît-il, presque désolé, dans un canapé de cuir du hall de l'Edouard-VII. Le Tintin biblique le laisse sans voix. Le politique ? "Je m'en fous." A son tour, il est formel : son Tintin à lui "est un héros théâtral" : "Nous sommes tous des Tintin, il est ce qu'on en fait. Niais, mûr, enfantin, chevaleresque, trop moraliste, il est une coquille où on met ce qu'on veut. Une machine à rêver. Il empêche d'oublier qu'on est un enfant : or ça, c'est mon métier."
A l'Académie française, on ne plaisante pas avec Tintin. Le philosophe Michel Serres ne passe jamais à droite des chörtens (monuments-reliquaires) quand il se promène dans l'Himalaya. S'il pleut, il sort de son abri en disant : "Nous pouvons sortir, Mirza, il ne pleut plus." Tintinologue de référence, il est devenu pendant vingt ans le meilleur ami d'Hergé après avoir écrit un article (repris dans son œuvre Hermès) sur Les Bijoux de la Castafiore, "chef-d'œuvre de l'étude sur les ruptures de la communication moderne" : on téléphone au château pour demander la boucherie Sanzot, la télévision est brouillée, les gens ne s'entendent pas, la Castafiore appelle Haddock "Kappock" ou "Kodak" et casse les oreilles de tout le monde. Le confrère de Michel Serres à l'Académie, Erik Orsenna, jure ne jamais faire face à une mauvaise situation sans commenter tout haut : "Nous voilà bien, mon vieux Milou." Et assure que sur l'île déserte ce sont les Tintin qu'il emporterait. "J'ai une dette vis-à-vis de lui. Il m'a appris à raconter des histoires."
Les Dupondt, un peu fatigués, sonnent en habit vert à la porte de Serge Tisseron, psychanalyste. Une longue silhouette austère vient ouvrir. On s'assied face à lui, à côté du divan, non sans quelque inquiétude. M. Tisseron a déjà psychanalysé Tintin (Tintin chez le psychanalyste, Aubier). Au départ, le constat de quelques bizarreries. Bizarre, donc, que les Dupondt, jumeaux parfaits, ne portent pas le même nom (l'un avec un "d", l'autre avec un "t") ; que Tintin, héros sans famille, n'ait pas de patronyme ; que le chevalier de Hadoque, voulant transmettre un trésor à ses descendants, fasse tout pour leur brouiller les pistes ; que le même chevalier de Hadoque, ayant reçu le château de Moulinsart des mains de Louis XIV, puisse être un bâtard du Roi-Soleil... Autant de questions fondamentales dont Tisseron a tiré une hypothèse audacieuse sur un secret de famille d'Hergé. Les tintinologues crièrent au délire. Et quelques années plus tard, à la stupéfaction générale, l'hypothèse fut confirmée par les biographes. Une lourde histoire de bâtardise : le père d'Hergé et son jumeau (les Dupondt) étaient des fils naturels d'ascendance illustre et furent élevés par une comtesse qui les habillait d'accoutrements ridicules. Et là, Tisseron ne s'arrête plus. La Licorne et les Bijoux deviennent grisants de cohérence, révélant tout d'une famille aux secrets enfouis tel le trésor dans la crypte de Moulinsart.
Restent les savants. Les vrais tintinologues, les durs de durs, les talmudistes. La tribu de Frère Cerbelaud. La liste ne sera jamais exhaustive. Le plus sérieux est à la Fondation Hergé : le gardien du temple, Philippe Goddin, spécialiste des archives et qui se concentre sur la publication en plusieurs tomes de l'institutionnelle et somptueuse Chronologie d'une œuvre, dont vient de paraître le 4e tome (1939-1943), aux éditions Moulinsart.
D'autres, parmi ces durs à cuire, sont plus imprévisibles. Genre tintinopathes joyeux. Ils se défendent d'être des intégristes, rechignent même à se dire spécialistes, sont rarement collectionneurs et revendiquent d'abord leur plaisir d'enfance, la faculté de s'émerveiller toujours de choses déjà vues, une passion réelle pour une géniale comédie humaine.
Ainsi Albert Algoud, l'ancien comparse d'Antoine de Caunes à Canal . Il écrivit jadis des lettres à Sa Majesté le roi de Syldavie et au dictateur de Bordurie pour protester contre l'absence d'une délégation syldave aux obsèques d'Hergé (les lettres lui étaient revenues, avec un tampon soviétique indiquant "inconnu"). Auteur de plusieurs ouvrages de référence sur Tintin (Le Haddock illustré, Casterman).
Ainsi encore, le scénariste et spécialiste de la BD Benoît Peeters : de l'avis général, "le meilleur d'entre nous". "Sur Tintin, promet-il, je pourrais faire un discours à la Fidel Castro, six, sept heures sans notes." A l'écouter, tel qu'il est parti sans s'arrêter, on veut bien le croire. Roland Barthes avait dirigé son mémoire de maîtrise, une lecture des Bijoux de la Castafiore sur le modèle du SZ de Barthes : phrase à phrase, mot à mot. Auteur, après Pierre Assouline, d'une imposante biographie d'Hergé (Hergé fils de Tintin, Flammarion), Benoît Peeters est également éditeur de feu la collection "Moulinsart", chez Casterman, où il accueillit ses pairs. La seule femme de la tribu, Ariane Valadié, surgit comme une bizarrerie dans ce monde où les personnages, comme leurs exégètes, ont pris l'habitude de rester entre garçons. Elle s'est plutôt intéressée à Milou (Ma vie de chien, Points Seuil). On compte aussi Pierre Sterckx, critique d'art et fidèle ami d'Hergé, dont il fit la biographie et qu'il initia à l'art moderne ; Jean-Marie Apostolidès, professeur de littérature à l'université Stanford en Californie ; les collectionneurs Stéphane Steeman ou Jacques Langlois, celui-ci détenteur d'une pièce unique : sa correspondance avec Hergé, une jolie histoire commencée quand il était enfant.
Ces savants juvéniles sont généralement au plus mal avec la société Moulinsart : à savoir les ayants droit d'Hergé, sa veuve, Fanny Rodwell, et son second mari, Nick Rodwell, qui règnent en maîtres sur l'exploitation commerciale de l'œuvre. Un feuilleton à la Dallas où les tintinologues se trouvent privés du droit de reproduire, dans leurs livres, les vignettes des albums. Benoît Peeters, Pierre Sterckx et Albert Algoud, dits "les mutinés de Moulinsart", avaient organisé une fronde en 1997 pour dénoncer les "abus de pouvoir" et les dérives de la gestion de l'empire Tintin. "Notre tintinologie consiste aussi à suivre avec un étonnement amusé les péripéties de l'après-Hergé", commente poliment Albert Algoud.
Une silhouette mystérieuse contemple ces agitations d'une hauteur magnanime. C'est Cyrille Mozgovine, tintinologue de renom, à qui l'on doit le Dictionnaire Tintin (Casterman). Au colloque du couvent de La Tourette, dont il a préfacé les actes, il a envoyé un fax pour s'excuser de son absence. Il ne se montre d'ailleurs jamais. Son ami Frère Cerbelaud le dit "très discret sur lui-même". On sait seulement de lui qu'il est russe. D'origine syldave, dit-on parfois. Et qu'il porte le signe de Kih Oskh, propre aux camarades tintinologues : restés des grands enfants et contents de l'être.
Marion Van Renterghem
At'chao ! |
 | | Gilles, 23.12.2003 à 10:13 | 130242 |
|  |  | J'ai acheté et lu ce HS mais je n'ai pas été vraiment emballé sans trop savoir pourquoi d'ailleurs. Dans ma news, je dis que ça tient probablement à la minceur du thème ( 2004 ).
D'autres personnes ont-ils lu ce hors-série ?
Ceranski : je serais intéressé de lire ce que tu penses de l'article sur l'engagement politique.
>> Beaux Arts Magazine (BAM pour les bobos besançonais 8) a ressorti un hors-série de Bang.
>> En dehors du fait que je ne suis pas d'accord sur l'article sur la politique en bande dessinée (depuis quand la bande dessinée a attendu les journalistes pour être adulte??), qu'il y en a que pour Neaud (et non! Neaud n'est pas le seul à creuser un sillon pertinent), je ne suis pas sur que ce hors-série vaille le coup. (Et Kid Koala n'est pas un artiste majeur en bande dessinée? Faut pas tout confondre)
>> si j'ai le temps demain, j'expliquerais plus pourquoi l'article sur l'engagement politique est horripilant. Mais là, le voyage à Strasbourg m'a tué (pour apprendre en plus combien le gouvernement se fout royalement de la gueule de la recherche). |
 | | cubik, 22.12.2003 à 10:30 | 129995 |
|  |  | c'est ce que m'a dit le pote qu'etait avec moi
y auraient les droits dans certains medias
ca fait bizarre quand meme
et pis bon, une pub pour lanfeust juste avant le retour du roi, il a du ble le mourad |
 | | Grunt, 22.12.2003 à 10:22 | 129991 |
|  |  | >> j'ai vu un pub pour le prochain lanfeust au cine hier
>> c'est bizarre, je croyais que ce genre de trucs etaient interdits en france?
Oui, c'était interdit auparavant.
Je crois que cela provenait de la loi Lang, afin que les gros éditeurs ne submergent pas le panaorama et que tout le monde soit logé à la même enseigne.
Mais c'est en train de changer. J'ai plus trop suivi, mais je sais qu'il est question de laissé les média audio-visuels passé de la pub pour des ouvrages.
Tain, on a pas fini d'entendre parler de Harry potter... =oD |
 | | man, 21.12.2003 à 16:41 | 129897 |
|  |  | | Un article sur "Soupe Froide", de Charles Masson (coll. Ecritures de Casterman) dans le Journal du Dimanche. |
 | | cubik, 21.12.2003 à 16:17 | 129890 |
|  |  | j'ai vu un pub pour le prochain lanfeust au cine hier
c'est bizarre, je croyais que ce genre de trucs etaient interdits en france? |
 | | june, 20.12.2003 à 12:38 | 129775 |
|  |  | >je ne suis pas sur que ce hors-série vaille le coup.
je vais tacher de trouver ca, tu m'interresse.
>(Et Kid Koala n'est pas un artiste majeur en
>bande dessinée? Faut pas tout confondre)
bien sur qu'il l'est ! 8)
sinon, on dit BISONTIN, hein. |
 | | compte supprimé . 19.12.2003 à 23:24 | 129735 |
|  |  | Beaux Arts Magazine (BAM pour les bobos besançonais 8) a ressorti un hors-série de Bang.
En dehors du fait que je ne suis pas d'accord sur l'article sur la politique en bande dessinée (depuis quand la bande dessinée a attendu les journalistes pour être adulte??), qu'il y en a que pour Neaud (et non! Neaud n'est pas le seul à creuser un sillon pertinent), je ne suis pas sur que ce hors-série vaille le coup. (Et Kid Koala n'est pas un artiste majeur en bande dessinée? Faut pas tout confondre)
si j'ai le temps demain, j'expliquerais plus pourquoi l'article sur l'engagement politique est horripilant. Mais là, le voyage à Strasbourg m'a tué (pour apprendre en plus combien le gouvernement se fout royalement de la gueule de la recherche). |
 | | bat, 04.12.2003 à 12:33 | 126483 |
|  |  | | Prudhomme et Davodeau dans le 13-14 sur France Inter pour La Tour des Miracles. |
 | | june, 27.11.2003 à 22:29 | 124922 |
|  |  | j'ai préféré l'incursion de Grimmy, bonjour grimmy.
ouais, je sais, ce sujet part en cou/§#es. 8) |
 | |  |  | tiens, en fait mon post precedent est pas drole...
pourtant je vous jure que dans ma tete c'etait a mourir de rire |
 | |  |  | quand grimmy rencontre une selection :
Grimmy: bonjour la selection !
La selection: bonjour grimmy !
G: ca va depuis l'an dernier ?
LS: ouais ouais pas mal et toi ?
G: pfouii c'est le folie en ce moment...
etc etc etc...
|
 | | grimmy, 27.11.2003 à 19:50 | 124895 |
|  |  | Je viens de découvrir le télérama de cette semaine et constaste avec joie qu'il y a deux pages de bd, et bien je n'ai qu'un mot à dire :
"Bonjour la sélection!" |
 | | bat, 27.11.2003 à 12:41 | 124785 |
|  |  | | fais gaffe la rebelle de neuilly, comme tu dis, elle tient une massue au dessus de ta tête, tout bullesousnain que tu sois :D |
 | |  |  | | tain les rebelles de Neuilly ils font peur :o))) |
 | | bat, 26.11.2003 à 20:23 | 124715 |
|  |  | glop télérama
glop ils parlent de bd (et pas du dernier XIII :)
glop rienafoutre de leur image de chépakoi |
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