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Tribune et Defouloir [ Discussions générales, Duels, petits jeux rigolos... ] retour forum
 | |  |  | | Remarquez, Alliot-Marie, c'est dissuasif! :o))) |
 | |  |  | | trop tard, c'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres ;o))) |
 | |  |  | | Dodo Keyan! tu vas faire des cauchemars ;o))) |
 | |  |  | Super ! Merci Madame la Ministre...elle prend vraiment les bénévoles pour des benés(d'ânes) ...
En effet, mettre Bachelot à l'environnement c'est comme mettre Douste-blazy à la culture, ou françois léotard, ou pire...Jacques Toubon...vous imaginez ça vous ??? Quoi ? comment ? ça a déjà été le cas ??? Mert... |
 | |  |  | | ah ouais mais non, Sarko, il aime pas les gens qui font la manche, il va remplir les prisons avec des manchots ;o))) Pis dans le genre catastrophe écologique, il est pas mal, une vraie marée bleue marine ;o))) |
 | |  |  | moi c'est les chasseurs que je trouve pas très nets, donc bon... ;o)))
sinon Bachelot n'est pas dans son ministère, c'est tout, elle aurait (peut etre) pu faire des choses ailleurs, mais là, non. Pour en revenir à l'appel du collectif anti marée noire, soyons rassurés, selon elle, l'état a pris les mesures nécessaires: les bénévoles sont prêts. |
 | | crepp, 08.12.2002 à 23:24 | 64286 |
|  |  | Bon Bachelot est assez ridicule actuellement.
Mais il na faut pas oublier que sur le PACS, elle a été assez forte pour résister à la débilité de son parti. |
 | |  |  | Oui, bien sûr, les moyens des ministères en charge de l'environnement font défaut...mais à qui la faute ? au gouvernement français qui n'y accorde aucune importance...
Bon, à propos de Voynet, je ne l'aime pas trop, mais disons que, en effet, elle s'est faite avoir en son temps...disons aussi qu'en matière de réglementation des périodes de chasse, elle n'a pas été très nette non plus si je me rappelle bien...
Mais franchement, Roselyne Bachelot...franchement... |
 | |  |  | ouais, par exemple, Voynet a certainement plein de défauts, mais elle s'est surtout faite avoir, en servant de caution, alors qu'elle n'a eu aucun moyen d'action.
M'enfin c'est sur que la secrétaire d'état au développement durable (qui est de DL, déjà, faut aimer le grand écart), possède un budget strictement égal à zéro. Bon, ok, y'a plein de choses a redire sur cette notion même, mais bon, difficile de faire quoi que ce soit dans ces conditions... ah si, mettre des flics... ;o))) |
 | |  |  | Oui, ce qui est sidérant avec ces marées noires à répétition sur les côtes de l'Union Européenne (je ne parle même pas des autres) est l'absence de réaction des instances européennes, ne serait-ce que pour tenter d'harmoniser les politiques européennes en matière de défense de l'environnement. C'est clair qu'il n'y a pas, et n'y aura pas avant longtemps de politique européenne en ce sens. Pour la simple et bonne raison que les pays européens s'en fichent. D'ailleurs, l'un des principes fondamentaux de la communauté européenne n'a t-il pas toujours été la libre circulation des personnes, des services et des marchandises ?
Quant aux ministres de l'environnement français successifs, on se demande vraiment à quoi ils servent...
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 | |  |  | (ça date du 18 novembre, et ça rprend le texte paru peu après l'Erika)
BULLETIN D'ALERTE
Le collectif anti-marées noires de St Nazaire et du littoral alerte aujourd'hui les populations riveraines espagnoles suite à la catastrophe du "Prestige". Fort du constat accablant qu'elle a tiré de la précédente catastrophe sur les côtes bretonnes (l'Erika) elle lance aujourd'hui un appel aux citoyens espagnols pour ne pas accepter le jeu de dupe qui consiste à nettoyer bénévolement le littoral meurtri. Il est impératif de fermer les plages souillées, d'analyser le produit et de faire appel à des équipes spécialisées pour le nettoyage. Il n'est pas concevable pour nous de revoir, 3 ans après l'arrivée du fioul de l'Erika sur nos côtes, des femmes enceintes, enfants et personnes âgés ou malades exposés à un produit toxique et cancérigène. Il n'est pas concevable de voir des milliers d'heures de travail non rémunérés quand on sait que la principale cause des marées noires c'est la course au profit qui se fait au détriment de la sécurité, de l'environnement et des hommes. Comme les bretons, les citoyens espagnols ne sont en rien responsable de cette marée noire. Comme les bretons, les contribuables espagnols vont devoir payer la plus grande partie des frais liés à ces conséquences. Ceci à cause d'une loi injuste (protocoles de 1992) qui donne un statut de mendiants aux victimes. Il est urgent de réformer cette loi et d'insuffler plus de citoyenneté au Fipol par exemple en faisant rentrer des associations de protection de la nature dans son bureau de décisions. Il est inconcevable de voir qu'aujourd’hui c'est un représentant du ministère de l'économie qui représente la France. Les ministères des transports et de l'écologie restent sur la touche. A noter le silence consternant de Roselyne Bachelot depuis cette nouvelle catastrophe. A croire qu'elle n'a toujours pas fini de lire ses fiches ! Autre point, et il est pour nous essentiel, le collectif a fait en octobre 2000, 19 propositions, au ministère des transports, pour améliorer la sécurité maritime. A ce jour nous n'avons reçu aucune réponse. Nous espérons que cette nouvelle catastrophe aura au moins le mérite de réveiller l'opinion publique et donc le monde politique. Une augmentation des contrôleurs ne résoudra pas la sécurité maritime dans son ensemble. Plus qu'un nombre accru des contrôles c'est vers une qualité accru des contrôles qu'il faut tendre. Rappelons pour mémoire que l'Erika a été contrôlé 6 fois dans la dernière année de sa vie. Idem pour la généralisation de la double coque. Si dans les premières années elle sécurise le transport il n'est vraiment pas évident, de l'aveu même de la profession, que la complexité de la maintenance de ces navires après 10 ans de navigation ne soit pas la cause d'autres drames. Autre point important, un navire double coque en avarie prend vite de la gîte et devient difficilement contrôlable. Rappelons pour mémoire que le Ievoli Sun était un double coque de mois de 5 ans La France n’a vraiment pas de leçon à donner aux espagnols en matière de gestion d’une crise du type marées noires. Fin décembre 1999, l’impréparation et amateurisme étaient le lot quotidien des autorités chargés de mettre en place un plan Orsec Mer (qui a été un échec) et un plan Orsec Terre (qui date de 1988 en Loire-Atlantique et à ce jour toujours pas révisé !) qui fait 4 pages et ne fait aucune référence à la santé publique et encore moins aux bénévoles.
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 | | Michey, 19.11.2002 à 7:57 | 60238 |
|  |  | Et oui mais c'etait pas un prof de philo...
/me pas toujours bien malin.... |
 | | bat, 18.11.2002 à 21:24 | 60205 |
|  |  | | C'est du vécu tout ça ? :)) |
 | | man, 18.11.2002 à 21:22 | 60204 |
|  |  | | Nan, fous plein de colle à papier peint dans ses poches, il m'en reste plein :o) |
 | | Michey, 18.11.2002 à 19:17 | 60184 |
|  |  | Et pis un colle ses pneus de voiture a la glue!
Bin quoi ca detend aussi!
Et pis c'est quoi d'abord! On fait prepa et on traine sur les forum du net? Hop, hop hop, on se mene au boulot! Non mais alors! Je ne le crois pas ca... |
 | |  |  | | Balance aussi quelques insultes bien senties, Bat, tu verras, ça défoule! |
 | | cubik, 18.11.2002 à 19:05 | 60180 |
|  |  | | quelle idee de faire prepa aussi |
 | | bat, 18.11.2002 à 18:53 | 60177 |
|  |  | Je hais mon prof de Philo !
Et je hais la prépa ! |
 | | cubik, 18.11.2002 à 10:02 | 60128 |
|  |  | put*%$ de poste de merdeeeuuhh!!!
y fallait que ce soit dit |
 | | man, 17.11.2002 à 23:14 | 60103 |
|  |  | | horreur ! everland a réussi à s'emparer du pseudo de tini, et bientôt, il va faire pareil avec tous les bulledairiens ! Agissons tant qu'il est encore temps ! bannissons everland de bubulle ! |
 | | man, 17.11.2002 à 22:38 | 60100 |
|  |  | Il me semble que plus simplement, les guerres proviennent de l'incompréhension des modes de vies différents (et pis aussi de l'avidité, tout ça :o)), dont la religion n'est qu'un des composants.
Pour ce qui est des gitans, j'ai entendu des choses pas mal, aussi, et encore une fois de la part d'un type influent, puisqu'il s'agit de mon ancien prof d'histoire de l'Europe de l'Est à la fac de Paris I, Bernard Michel (auteur de nombreux ouvrages faisant autorité, etc). Lui prétendait que les tziganes étaient des gens "inadaptés à la vie moderne", qui préféraient acheter des grosses bagnoles plutôt que d'envoyer leurs enfants à l'école. Comme quoi, les préjugés sont tenaces, et pas seulement dans la "France d'en bas"... |
 | | crepp, 17.11.2002 à 21:01 | 60086 |
|  |  | Jon, le préfet a été plus loin dans ces propos. Il a aussi dit que pour des gens qui ne travaillent pas, posseder des votures de luxe et d' aussi grandes caravanes était surprenant. C'était son devoir de se poser des questions.
Il a aussi dit que ces gens vivaient d'escroquerie. |
 | |  |  | mode "encore plus pessimiste" on
tout ca est deja la switchy
commandos ecolo
gourous de la bourse
on l'a vu, hitler etait un mystique profond
on est pas dans la merde, quoi!
encore quelques joyeusetés en perspective
je ferme le mode, ca pourrait contaminer
mode "encore plus pessimiste" off
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 | |  |  | -mode pessimiste on-
Prendre la religion comme motif de guerre est facile.
Si on se bat pas pour la religion, on trouvera tjs un autre motif : moi je pense que d'ici quelques annees la guerre pour motif ecologique sera a la mode.
Mais la force ( facon de parler ) de l'homme, c'est de tout transformer en religion : l'ecologie est une religion en devenir, si un racisme n'est pas d'origine religieux, il peut devenir une religion.
L'economie peut devenir une religion.
Le refus de religion est une religion pour certains comme on a deja dit.
Bon allez je ferme ce mode pessimiste , trop angoissant ;o|
-mode pessimiste off-
Manu
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 | |  |  | bah c'est sur que la...
desole |
 | |  |  | | je refuse de mettre man, universellement ou pas |
 | |  |  | | mettez man comme dieu universel et tout le monde deviendra agnostique°.o)) |
 | | bat, 17.11.2002 à 14:27 | 60029 |
|  |  | | Je hais l'ambiance dans ma classe ! |
 | |  |  | bon, jon, qu'est-ce que tu fais à passer avant moi!!! ;o)))
sinon, c'est très juste tout ça, et les sanctions nouvelles prévues par les lois de l'autre là-haut (je citerais pas son nom), sont absolument destructrices pour "ces gens là" justement". la loi Besson n'est pas appliquée dans il me semble 80% des cas (c'est déjà énorme). Et le projet de loi prévoit qu'en cas de pénétration sur un territoire privé (donc la majorité des cas), en plus des amendes, le véhicule pourra être saisi, à l'exception des caravanes qui servent de logement (quid des camping-cars?). C'est proprement scandaleux, et ne règle rien. On voudrait les sédentariser de force qu'on ne ferait pas autrement. Et que fait-on de ces familles qui sont encore sur le territoire, mais sans véhicules, sont-elles encore dans l'illégalité? Y'a-t-il des structures d'accueil? Ca, apparemment, ce n'est pas son problème...
sans parler des problèmes locaux. J'habite a copté de La Roche sur Yon, où le maire PS mène une politique plutôt orientée sur l'accueil. Récemment, un problème administratif a eu lieu, le terrain réservée aux nomades étant occupée par je ne sais quelle manifestation provisoire. Après un bref squat de la place du centre-ville, un terrain (sic ;o))) ) d'entente a été trouvé. Seulement, les terrains proposés dépendaient de la communauté de communes, présidées par l'opposant au maire. Evidemment, la réponse a été non...
z'êtes malin à me gacher mon dimanche après-midi! ;o)))
T'inquiete petitboulet, j'égorgerais personne, malgré mon agnostisme galopant ;o))) Mais comment peut-on vouloir forcer quelqu'un d'autre à croire au même dieu que lui? (offrir des mécréants à son dieu, y'a mieux comme cadeau ;o))) ) |
 | |  |  | bah les agnostiques, s'ils sont extremistes, nan, ils
egorgent pas clode °.o) c'est pour ca que je suis un gros lourd°.o)
ils pronent la futilite des croyances, pas l'absence de dieu, donc ils ne s'y interessent absolument pas... enfin en theorie, ils se supposent "au dessus de tout ca".
ils n'egorgeront que ceux qui pronent la futilite de proner la futilite des croyances °.o) |
 | |  |  | pas grave ça défoule c'est l'esentiel, et des agnostiques extrêmistes, ça existe pas non plus? ;o)))
Sinon, j'ai aussi du mal à me calmer sur ce genre de choses, mais bon, je suis fort, je prends sur moi... %))) |
 | |  |  | Voui, je crois me rappeler que le préfet du vaucluse avait utilisé les termes "ces gens là" pour parler des gens du voyage...il s'en était défendu en disant qu'il ne faisait que répondre à un maire qui l'avait apostrophé et utilisé ces mots...Il reste qu'un préfet a un devoir de reserve propre à tout fonctionnaire, devoir renforcé au surplus par le fait qu'il soit le plus haut représentant de l'Etat dans le département. En plus, de toute évidence, ce préfet n'a pas un grand respect pour les gens du voyage.
Pour dire deux mots sur les gens du voyage, la question est complexe, et mérite mieux que ces jugements de valeur déplacés.
D'une part, je ne crois pas qu'il faille céder à un quelconque angélisme sur les gens du voyage, et considérer que tout va pour le mieux dans le meilleur du monde. Pour avoir eu un temps des voisins gitans sédentarisés, je peux dire que ce ne fut pas de tout repos, même s'il ne faut certes pas généraliser.
Mais il est scandaleux de vouloir en faire une classe dangereuse, comme on semble en prendre le chemin.
De fait, la loi besson qui fait obligation aux communes d'aménager des aires d'accueil n'a été que très partiellement appliquée. Il en résulte que les gens du voyage sont forcés de pénétrer de manière illégale dans des propriétés privées, ce que veut spécialement incriminer la nouvelle loi sarkozy, en prévoyant (comble de la perversité je trouve) de saisir leurs véhicules...
En même temps, il est certain que la venue de gens du voyage dans une commune crée une certaine peur, ou du moins une apréhension parmi la population locale. Pourquoi ? parce que rien n'est prévu pour scolariser les enfants, pour contrôler si besoin est l'intérieur des camps, ou pour assurer simplement l'hygiène dans ces camps.
Du reste, aucune politique d'envergure pour assurer le développement social, culturel et économique de cette composante de la société française n'a jamais été même envisagée, ou si peu.
Parce qu'il est plus facile de stigmatiser ces populations, et d'envoyer des CRS pour rassurer la population, on n'envisage pas d'aider "ces gens". |
 | |  |  | mode"gros lourd"on:
attention attention, crepp: etre athee est aussi etre croyant. tu crois qu'il n'y a pas de dieu.
par voie de consequence, on peut tres bien imaginer des fanatiques de l'athéisme egorgeant des pratiquants sous pretexte qu'ils ont certaines croyances.d'ailleurs ca a surement deja ete fait.l'agnosticisme est plus representatif de ce que tu eprouve a mon avis.
mode "gros lourd" off
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 | | crepp, 17.11.2002 à 13:48 | 60014 |
|  |  | Je suis de mauvais poil, je suis outré et choqué. Je me défoule donc sur ce sujet.
Il m'énerve tous ces fanatiques de dieu!!! qui tuent, égorgent...Je viens de voir le reportage sur ces protestants qui ont crucifié un catholique (toujours en vie). Je suis fier et heureux d'être athé (désolé man mais je suis sérieux).
Je hurle aussi sur cet horrible préfet du Vaucluse, je crache sur ces propos au sujet des gens du voyage.Un représentant de l'etat ne doit pas dire des choses aussi graves et insultantes! il devrait être démis de ces fonctions. |
 | |  |  | un autre truc super: je l'ai foutue en l'air cette machine pasqu'elle rince pus et essore pus non pus. la derniere lessive que j'ai faite la machine a tourne 24 h avec le linge dedans. quand c'est ressorti c'etait tout reche, brrr
JE DETESTE LES MACHINES A LAVER QUI SONT OFFERTES PAR LES TANTES ET QUI ONT 15 ANS D'AGE! non mais! |
 | |  |  | Il y a pire : imagine un tambour qui a une p'tite dechirure dans le metal
Et qui a son tour dechire tous les vetements...
A bas les tambours ( mais pas les crabes )
Manu |
 | |  |  | AAARGH!! j'en ai marre des machines a laver qu'on va foutre en l'air et qu'y a encore de l'eau dedans et qui profitent sournoisement qu'on a ps de vetements de rechange pour m'en mettre partout que je suis tout mouille dans le froid et un monde cruel ou la solidarite n'est plus c'qu'elle etait ma bonne dame!
alors PAFDANSLATRONCHEALAMACHINEALAVER!!!! |
 | | J-C, 27.08.2002 à 11:16 | 47107 |
|  |  | seulement si tu veux tuer le temps :-))
At'chao ! |
 | | J-C, 27.08.2002 à 10:55 | 47080 |
|  |  | eh zut, j'en étais sur mais le message d'erreur était équivoque :-))
veuillez m'en excuser !
At'chao ! |
 | | J-C, 27.08.2002 à 10:54 | 47078 |
|  |  | La hantise du temps
Du sommet de Johannesburg à la volatilité des marchés financiers en passant par la crise du politique, c'est une seule et même question qui, en fin de compte, se trouve posée : celle du rapport au temps. Vieille question s'il en est qui hante l'homme moderne depuis que celui-ci s'est évadé de l'éternel présent archaïque du temps cyclique pour s'engager dans le temps linéaire de l'Histoire, depuis qu'il a remplacé l'éternel recommencement par l'idée de progrès. On sait ce que l'idée de progrès a libéré de forces créatrices, on sait aussi ce que le progressisme, cette perversion idéologique quasi religieuse du progrès, a engendré comme catastrophes. Il fallait se débarrasser du progressisme et garder l'idée de progrès comme il avait fallu se débarrasser du scientisme et garder la science. On a eu hélas, au cours des dernières décennies, un peu trop tendance à jeter le bébé avec l'eau du bain. On s'est attaqué non seulement au progressisme, mais aussi à l'idée même de progrès. L'amélioration de la condition humaine semblait ne plus devoir être liée à l'accumulation continue du savoir et du capital, mais à une sorte de retour en arrière qui n'était pas sans évoquer l'antique nostalgie del'âge d'or et l'angoisse de la transgression, qui avait si longtemps paralysé l'homme archaïque et qui nourrit depuis des millénaires tous les conservatismes politiques, économiques, sociaux, intellectuels, culturels. Pour l'idéologie dominante, il semblait qu'il n'y eût plus rien entre le progressisme, qui avait voulu faire table rase du passé et poussé le volontarisme jusqu'à l'extrême absurdité de la volonté de puissance, et l'apologie de l'état de nature et de l'authenticité. C'est dans ce vide où se théorisait la fin de l'Histoire que s'est nouée la grande crise du rapport au temps que nous sommes en train de vivre. Plus précisément, c'est la notion de durée qui s'est progressivement mise à nous échapper. La montée en puissance excessive des marchés financiers et la quête obsessionnelle du rendement à court terme ne sont pas séparables du contexte. Certes, l'idée que le temps est de l'argent est cosubstantielle au capitalisme qui ne s'est épanoui qu'une fois réglé le problème de la légitimité de l'intérêt. Mais c'est une donnée tout aussi structurelle du capitalisme sur la longue durée qu'un taux d'actualisation faible est indispensable à la croissance économique et plus largement au développement. On perd trop souvent de vue que derrière l'arithmétique compliquée des taux d'intérêt composés, l'actualisation exprime une préférence collective plus ou moins grande pour l'avenir. Que les taux d'intérêt réels, c'est-à-dire déduction faite de l'inflation, s'élèvent et le futur se trouve dévalorisé par rapport au présent. Que les taux baissent et c'est le présent qui devient moins attrayant. Des taux d'intérêt trop élevés ont toujours fini par mettre le capitalisme en crise en bloquant l'investissement et l'accumulation du capital sans lesquels la croissance est, par définition, impossible. Que les taux d'actualisation soient élevés et l'horizon du calcul économique se trouve raccourci et la consommation présente fortement encouragée. Pas de développement durable possible avec des taux de rendement réels attendus de 15 % au minimum pour l'ensemble des actifs. Il faut se garder de voir dans le débat sur le taux de rendement des actifs financiers un simple débat technique autour du rôle de la spéculation ou de la politique monétaire. Le problème des entreprises ou celui du pillage des ressources naturelles ne réside pas tant dans le concept de création de valeur pour l'actionnaire que dans le phénomène plus vaste et plus profond de la dévalorisation du futur et de la survalorisation du présent. Ni le capitalisme, ni la croissance économique, ni la bonne gestion de l'environnement ne peuvent s'accorder longtemps avec le « tout-tout-de-suite » qui exprime collectivement la dépréciation totale de l'avenir. Il faut bien mesurer dans la politique, dans la société, dans les entreprises les conséquences énormes de cette impatience qui, en poussant à ne plus inscrire l'action dans la durée, nous fait sortir du temps du projet. On connaît le slogan : il faut être réactif. Mais la réactivité ne suffit pas, elle n'a jamais suffi pour construire quoi que ce soit. Pour que l'homme soit réellement l'acteur de sa propre histoire, encore faut-il qu'il soit porteur de projets et il n'ait pas de projet dans l'instantanéité. Le temps des marchés en cotation continue ne peut pas sans risque dominer tous les temps de la vie, même pas celui de l'entreprise. Il ne faut pas s'étonner que l'entreprise exclusivement réactive aux signaux de la Bourse et qui doit rendre des comptes trimestriellement, et parfois même mensuellement, n'ait plus de projet collectif et plus de stratégie. Pas plus qu'il ne faut s'étonner que le gouvernement, prisonnier des sondages et de l'actualité qui se contente de réagir à l'événement, soit réduit à l'impuissance. L'oeuvre appelle le projet, le projet exige de la durée. Mais surtout, comment mobiliser, comment entraîner sans un dessein compréhensible, sans une vision de l'avenir à faire partager ?
Les marchés ne sont peut-être pas aussi coupables qu'on le dit. Peut-être ne sont-ils au fond que le reflet de notre impatience destructrice qui nous fait excessivement sacrifier l'avenir au présent. Non qu'il faille à l'inverse sacrifier tout le présent à l'avenir et oublier l'avertissement keynésien : « Dans le long terme, nous serons tous morts. » Mais nous avons à reconstruire entre le long terme et le court terme un équilibre que nous avons perdu. Reconstruction intellectuelle, morale, culturelle plus encore qu'institutionnelle, qu'on ne mènera pas à bien seulement par la régulation et qui concerne davantage les manières de penser, d'analyser, de décider, de gouverner, de diriger, de gérer que les règlements. Tâche difficile, sans aucun doute, mais pas impossible, dès lors que nous sommes en train de réapprendre collectivement qu'au petit jeu du sacrifice de l'avenir tout le monde finit par être perdant.
HENRI GUAINO
At'chao ! |
 | | J-C, 27.08.2002 à 10:53 | 47077 |
|  |  | La hantise du temps
Du sommet de Johannesburg à la volatilité des marchés financiers en passant par la crise du politique, c'est une seule et même question qui, en fin de compte, se trouve posée : celle du rapport au temps. Vieille question s'il en est qui hante l'homme moderne depuis que celui-ci s'est évadé de l'éternel présent archaïque du temps cyclique pour s'engager dans le temps linéaire de l'Histoire, depuis qu'il a remplacé l'éternel recommencement par l'idée de progrès. On sait ce que l'idée de progrès a libéré de forces créatrices, on sait aussi ce que le progressisme, cette perversion idéologique quasi religieuse du progrès, a engendré comme catastrophes. Il fallait se débarrasser du progressisme et garder l'idée de progrès comme il avait fallu se débarrasser du scientisme et garder la science. On a eu hélas, au cours des dernières décennies, un peu trop tendance à jeter le bébé avec l'eau du bain. On s'est attaqué non seulement au progressisme, mais aussi à l'idée même de progrès. L'amélioration de la condition humaine semblait ne plus devoir être liée à l'accumulation continue du savoir et du capital, mais à une sorte de retour en arrière qui n'était pas sans évoquer l'antique nostalgie del'âge d'or et l'angoisse de la transgression, qui avait si longtemps paralysé l'homme archaïque et qui nourrit depuis des millénaires tous les conservatismes politiques, économiques, sociaux, intellectuels, culturels. Pour l'idéologie dominante, il semblait qu'il n'y eût plus rien entre le progressisme, qui avait voulu faire table rase du passé et poussé le volontarisme jusqu'à l'extrême absurdité de la volonté de puissance, et l'apologie de l'état de nature et de l'authenticité. C'est dans ce vide où se théorisait la fin de l'Histoire que s'est nouée la grande crise du rapport au temps que nous sommes en train de vivre. Plus précisément, c'est la notion de durée qui s'est progressivement mise à nous échapper. La montée en puissance excessive des marchés financiers et la quête obsessionnelle du rendement à court terme ne sont pas séparables du contexte. Certes, l'idée que le temps est de l'argent est cosubstantielle au capitalisme qui ne s'est épanoui qu'une fois réglé le problème de la légitimité de l'intérêt. Mais c'est une donnée tout aussi structurelle du capitalisme sur la longue durée qu'un taux d'actualisation faible est indispensable à la croissance économique et plus largement au développement. On perd trop souvent de vue que derrière l'arithmétique compliquée des taux d'intérêt composés, l'actualisation exprime une préférence collective plus ou moins grande pour l'avenir. Que les taux d'intérêt réels, c'est-à-dire déduction faite de l'inflation, s'élèvent et le futur se trouve dévalorisé par rapport au présent. Que les taux baissent et c'est le présent qui devient moins attrayant. Des taux d'intérêt trop élevés ont toujours fini par mettre le capitalisme en crise en bloquant l'investissement et l'accumulation du capital sans lesquels la croissance est, par définition, impossible. Que les taux d'actualisation soient élevés et l'horizon du calcul économique se trouve raccourci et la consommation présente fortement encouragée. Pas de développement durable possible avec des taux de rendement réels attendus de 15 % au minimum pour l'ensemble des actifs. Il faut se garder de voir dans le débat sur le taux de rendement des actifs financiers un simple débat technique autour du rôle de la spéculation ou de la politique monétaire. Le problème des entreprises ou celui du pillage des ressources naturelles ne réside pas tant dans le concept de création de valeur pour l'actionnaire que dans le phénomène plus vaste et plus profond de la dévalorisation du futur et de la survalorisation du présent. Ni le capitalisme, ni la croissance économique, ni la bonne gestion de l'environnement ne peuvent s'accorder longtemps avec le « tout-tout-de-suite » qui exprime collectivement la dépréciation totale de l'avenir. Il faut bien mesurer dans la politique, dans la société, dans les entreprises les conséquences énormes de cette impatience qui, en poussant à ne plus inscrire l'action dans la durée, nous fait sortir du temps du projet. On connaît le slogan : il faut être réactif. Mais la réactivité ne suffit pas, elle n'a jamais suffi pour construire quoi que ce soit. Pour que l'homme soit réellement l'acteur de sa propre histoire, encore faut-il qu'il soit porteur de projets et il n'ait pas de projet dans l'instantanéité. Le temps des marchés en cotation continue ne peut pas sans risque dominer tous les temps de la vie, même pas celui de l'entreprise. Il ne faut pas s'étonner que l'entreprise exclusivement réactive aux signaux de la Bourse et qui doit rendre des comptes trimestriellement, et parfois même mensuellement, n'ait plus de projet collectif et plus de stratégie. Pas plus qu'il ne faut s'étonner que le gouvernement, prisonnier des sondages et de l'actualité qui se contente de réagir à l'événement, soit réduit à l'impuissance. L'oeuvre appelle le projet, le projet exige de la durée. Mais surtout, comment mobiliser, comment entraîner sans un dessein compréhensible, sans une vision de l'avenir à faire partager ?
Les marchés ne sont peut-être pas aussi coupables qu'on le dit. Peut-être ne sont-ils au fond que le reflet de notre impatience destructrice qui nous fait excessivement sacrifier l'avenir au présent. Non qu'il faille à l'inverse sacrifier tout le présent à l'avenir et oublier l'avertissement keynésien : « Dans le long terme, nous serons tous morts. » Mais nous avons à reconstruire entre le long terme et le court terme un équilibre que nous avons perdu. Reconstruction intellectuelle, morale, culturelle plus encore qu'institutionnelle, qu'on ne mènera pas à bien seulement par la régulation et qui concerne davantage les manières de penser, d'analyser, de décider, de gouverner, de diriger, de gérer que les règlements. Tâche difficile, sans aucun doute, mais pas impossible, dès lors que nous sommes en train de réapprendre collectivement qu'au petit jeu du sacrifice de l'avenir tout le monde finit par être perdant.
HENRI GUAINO
At'chao ! |
 | | compte supprimé . 12.08.2002 à 18:08 | 44923 |
|  |  | | Ahhh bon ! Là je comprends mieux. |
 | | J-C, 12.08.2002 à 14:53 | 44909 |
|  |  | du forum mais comme ici c'est le défouloir, je poste mon message de détresse ici !! :-))
sinon, ce sujet est très bien !
At'chao ! |
 | | compte supprimé . 12.08.2002 à 0:31 | 44853 |
|  |  | | Mais je ne comprends pas... Tu parles DU forum en général ou bien de ce sujet en particulier ? |
 | | J-C, 12.08.2002 à 0:29 | 44852 |
|  |  | comme je le disais ailleurs, c'est pire que rendez-vous ici !
At'chao ! |
 | | crepp, 11.08.2002 à 23:45 | 44850 |
|  |  | | Même question que Ramo. |
 | | compte supprimé . 11.08.2002 à 23:14 | 44845 |
|  |  | | Mais de quoi tu parles ? |
 | | J-C, 11.08.2002 à 22:44 | 44836 |
|  |  | franchement, petit à petit ça devient n'importe quoi ici !
At'chao ! |
 | | compte supprimé . 09.08.2002 à 21:59 | 44519 |
|  |  | | Bah c'est intéressant ce qu'il dit, Sollers. Derrière la provoc' il y a un vrai problème. Ces spectacles sont des divertissements. Point. Mais ils sont présentés de manière ambigue comme des productions à caractère culturel et historique, ce qui n'est pas le cas. Sur les conseils de crepp j'ai lu dernièrement les Tours de Bois Maury, ça donne une vision sans doute plus proche de ce qu'a put être le moyen-âge... Et c'est divertissant ! |
 | | man, 09.08.2002 à 21:54 | 44518 |
|  |  | | Ouais. Moi je dis, on devrait prendre des vrais pauvres, des vrais gens malades et qui vivent que jusqu'à 35 ans, et qui vivent dans la fange. Bon, ils risquent de pas être très très blancs, mais tant qu'à utiliser du maquillage... ;o) |
 | |  |  | • AFP | 09.08.02 | 10h36
Quand Philippe Sollers dénonce la falsification touristique de l'histoire
Au moment où les reconstitutions historiques fleurissent partout en France et drainent des millions de touristes de châteaux en cités médiévales ou autres sites du passé, l'écrivain Philippe Sollers stigmatise ce qu'il juge une "falsification de l'histoire" et une "redoutable régression". "Plus que de révisionnisme historique, qui supposerait une idéologie volontariste, il faut parler de falsification, de simplisme, par oubli presque systématique de l'histoire, ce qui est plus grave qu'une intention idéologique", estime l'écrivain, dans un entretien à l'AFP depuis l'île de Ré où il est en vacances. Pour Philippe Sollers, ces innombrables "spectacles" de pseudo-reconstitution ont pour trait commun de présenter une "histoire falsifiée", où "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", qu'il s'agisse des paysans ou des seigneurs mis en scène. Nulle dent cariée, des costumes impeccables toujours, bien repassés, "pour exorciser". "On a oublié le méchant" dit-il, alors qu'on sait fort bien le sort réel du peuple et l'oppression qu'il endura dans ces époques où la moyenne de vie n'excédait pas 35 ans. Evoquant ce tourisme historique où les descendants des opprimés visitent en masse les anciens lieux de l'oppression, à savoir "l'église et le château", Philippe Sollers ajoute: "ce serait à s'effondrer de rire, si le sens de l'ironie était encore perçu". Cet "enjolivement falsifié, sorte de gâtisme confortable qui exclut tout négatif, tout débordement sexuel, est le signe annonciateur d'un retour à l'ordre moral", estime Sollers, pour qui "un peuple sans mémoire est prêt pour la servitude, mais celle des marchés bien plus que des politiques". Cette faillite de la mémoire, dit-il, "a commencé avec la manie des commémorations en tout genre, avec des mises en perspective simplifiées, reliées à des calendriers arbitraires, puis cela continue sous la forme de spectacles et produits dérivés". Spectacles, poursuit Sollers, destinés "aux familles et aux enfants à qui il faut raconter de belles histoires et qui font retomber l'adulte en enfance". "L'effet est redoutable à terme, estime l'écrivain, dans la mesure où il entraîne un affaiblissement du sens critique, qui s'acquiert surtout par la lecture et non par le spectacle". Lecture contre spectacle. Pour l'auteur de "Femmes" et de "Visions à New York", "le grand trou noir est là, dans la perte de la lecture, qui reste à ce jour le moyen le plus efficace pour former un esprit critique". "Si vous n'entretenez pas l'art de lire, l'aptitude critique disparaît très vite, plus besoin de la censure des tyrans de jadis, on peut noyer le poisson en douceur en intervenant directement sur des cerveaux sans muscles", regrette-t-il. En notant au passage que "le grand problème des Français est de ne toujours pas avoir assumé les Lumières, parce qu'elles ont conduit à la Révolution". Et Sollers de conclure, dans un pessimisme qui n'enlève rien à l'invincible gaieté du ton: "L'homme d'aujourd'hui ne sait plus lire, on est dans une tentative d'anesthésie générale".
• AFP | 09.08.02 | 10h36 |
 | |  |  | Le soir 09/08/2002
Yahoo pactise avec les censeurs chinois
Yahoo, le géant américain de l'internet, a été accusé vendredi de complicité avec la censure chinoise par le groupe de défense des droits de l'homme Human Rights Watch.
Yahoo, qui se veut un défenseur de la liberté de l'information, a signé un accord avec les autorités chinoises où il s'engage à ne pas publier sur son site des informations qui mettent en danger la sécurité de l'Etat et la stabilité sociale, dit l'organisation qui a son siège à New York. Human Rights Watch (HRW) précise que Yahoo figure sur une liste de quelque 120 sociétés fournies le mois dernier par la Internet Society of China, qui regroupe des sociétés internet de Chine, signataires d'un pacte imposé par la Chine aux diffuseurs de sites web sur son territoire.
S'il applique sa promesse, Yahoo va devenir un agent chargé de la mise en oeuvre de la loi chinoise. Il va passer du status de diffuseur d'information à celui de garde-chiourme de l'information, a dit Kenneth Roth, directeur exécutif de HRW. Dans la Promesse public d'auto-discipline de l'industrie de l'internet en Chine, les signataires s'engagent également à ne pas diffuser des sites contenant des informations "nocives", afin de faire que le contenu du net soit sain et respecteux des lois. Ils doivent également respecter la riche tradition culturelle de la nation chinoise et les normes éthiques de la civilisation et de la culture socialiste.
Yahoo n'a pas voulu répondre aux questions des médias sur le pacte. La Chine bloque régulièrement un certain nombre de sites, en particulier des sites d'information étrangers et des sites de dissidents ou groupes comme la secte interdite Falungong. Mais les internautes sont de plus en plus habiles à contourner ces interdits et les autorités comptent sur l'auto-censure pour contrôler les 34 millions d'utilisateurs de l'internet de Chine.
AFP
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 | | J-C, 09.08.2002 à 10:18 | 44415 |
|  |  | Les Echos (09/08/2002)
En être ou pas
La période d'été appelle l'écran total. Voilà donc que nous reviennent, sur deux chaînes de télévision au moins, des émissions dans la veine inaugurée par « Loft Story » il y a quelque temps. On en connaît maintenant le « formatage » et, comme on dit, le « concept » (ô Platon, ô Kant !). Il consiste à placer dans un lieu circonscrit quelques jeunes gens qui n'ont rien à dire et rien à faire. On y guette alors les tensions, les bluettes ou les accouplements. Tous ces minuscules événements sont rigoureusement préparés et provoqués, mais curieusement présentés sous le signe de la « télé-réalité ». Et comme il faut bien intéresser le jeu, au bout de l'exercice est un vainqueur, avec contrats à la clef. Les candidats à la participation sont innombrables, et brûlent « d'en être ». Ceux qui sont sélectionnés sont obsédés du podium. Ils se battent aussi pour en être. Il est, c'est vrai, si difficile d'être.
Dans cette course à l'ontologie, les scénaristes se sont évertués à « personnaliser » la terrible banalité de la situation. Ainsi dans « Séduction Caraïbes », sur M6, on voit un petit groupe de filles passer au banc d'essai un petit groupe de garçons sur fond de cocotiers. L'élu sera, paraît-il, un séducteur. Dans « L'Ile de la tentation », sur TF1, et en milieu également exotique, quelques couples réputés déjà formés sont mis en demeure de commettre l'adultère ; il paraît que c'est original. En réalité, ces versions industrialisées, et tragiquement appauvries, de don Juan, Casanova, Marivaux ou Laclos n'existent que par leur large diffusion. Cette écrasante victoire du contenant sur le contenu acclimate ce nouveau principe d'identité : être, c'est être sur un écran. Cette médiocrité suscite la réprobation de nombreux commentateurs, et à juste titre. Mais comme il arrive de plus en plus souvent dans notre monde de chiffre d'affaires, l'ampleur de la dénonciation fait le succès de l'émission. Elle fait aussi, notons-le, le tirage du dénonciateur. Certains en abusent. Marché, quand tu nous tiens.
C'est bien là le fond de l'affaire. En d'autres temps, les romans populaires, romans-photos, littératures de gare ou romans-feuilletons jouissaient d'un large lectorat qui les plébiscitait discrètement, et que dédaignait tout aussi discrètement le public cultivé. Aujourd'hui, l'hertzien et le câblé éclaboussent tout et donnent la fausse impression de nous priver de liberté. La différence est finalement dans la portabilité du produit, qui nous vient à domicile. Disponible, sans doute, mais non imposé. Laissons les adolescents regarder ce qu'ils aiment, et ne nous voilons pas la face en écartant les doigts, comme les vieilles filles d'antan. N'oublions pas surtout que les dizaines de chaînes thématiques sont capables de mettre en morceaux l'obsédant Audimat. A condition que nous usions de notre liberté d'en être, et surtout de n'en être pas.
FAVILLA
At'chao ! |
 | |  |  | Je pensais qu’ on ne rencontrais plus ce genre de 'traditions' que dans les romans )o;
Le rituel du sati a conduit une veuve au bûcher
Le sacrifice d'une femme sur le bûcher funéraire de son mari, dans le centre de l'Inde, sous le regard d'une foule approbatrice, a choqué le pays, brutalement confronté à la violence de coutumes interdites mais toujours vivaces.
Sacrifice volontaire ou forcé, l'important est que la famille et le village aient apporté un soutien à un tel acte. La femme à leurs yeux a accompli un sacrifice, un geste de loyauté envers son mari, souligne Dileep Padgaonkar, rédacteur en chef du quotidien « Times of India ».
Kuttu Bai, 65 ans, est morte brûlée dans un village de l'état du Madhya Pradesh (centre), Tamoli, selon le rituel du sati, ancienne coutume qui obligeait les veuves à se sacrifier après la mort de leur époux.
La police pense que Kuttu Bai n'a pas agi de son plein gré, et a arrêté 15 personnes soupçonnées de l'avoir poussée à ce geste. Premiers suspects, deux de ses fils auraient ainsi voulu supprimer leur mère pour s'emparer de ses biens.
La coutume hindoue du sati a été interdite en 1829 par le colonisateur britannique, et de rares cas trois, selon M. Padgaonkar en sont connus depuis l'indépendance en 1947, le dernier remontant à 1987.
Selon la presse, des milliers de villageois ont accouru mardi à Tamoli, à l'annonce d'un sacrifice. Le quotidien « Hindustan Times » publiait jeudi deux photos, l'une du bûcher entouré de villageois, l'autre de la foule. Mais la victime n'y est toutefois pas visible.
La perception qu'une femme mérite le respect et l'admiration, si elle saute (ou si elle est poussée) dans un bûcher, laisse supposer que quelque chose va très mal dans notre société, s'indignait le journal, dénonçant une pratique barbare.
Les uns affirment que la femme, « comme une possédée », a suivi la procession funéraire de son époux, puis s'est assise calmement sur le bûcher. D'autres assurent qu'elle a été obligée de se jeter dans le brasier par sa famille. Alertés, deux policiers ont dû rebrousser chemin, bombardés de pierres. En fait, il s'agit d'un meurtre, mais pas dans la tête des villageois. Il n'y a rien de plus beau pour eux qu'une femme qui se sacrifie, souligne M. Padgaonkar.
Dans la logique du sacrifice, les villageois ont élevé Kuttu Bai au rang de déesse, espérant que son geste les sauvera de la sécheresse.
Les autorités, elles, traitent ce sacrifice comme une affaire criminelle. Une enquête a été ouverte, et une quarantaine de policiers envoyés à Tamoli pour tenter d'éviter que la mort de Kuttu Bai ne soit « glorifiée ».
La précédente affaire connue remonte à 1987, lorsqu'une jeune veuve de 18 ans avait été forcée par son beau-père et son beau-frère de s'asseoir sur le bûcher de son époux.
Les deux hommes avaient été arrêtés, mais acquittés en 1996.
L'Inde avait alors mis en œuvre une législation prévoyant la peine de mort pour toute personne favorisant la pratique du sati.
La mort de Kuttu Bai montre une nouvelle fois les limites de la loi dans ce pays d'un milliard d'habitants, que la pauvreté et l'illettrisme contribuent à transformer en terrain fertile à la survie de traditions ancestrales.
Il s'agit d'un événement sensationnel, mais d'autres comportements montrent que l'Inde n'a pas encore épousé la modernité, qu'elle est encore très loin des idéaux démocratiques inscrits dans la constitution, souligne M. Padgaonkar, qui cite la façon dont sont traités les intouchables (la plus basse caste de la société), le sort des minorités, le travail des enfants... (AFP.)·
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 | | J-C, 08.08.2002 à 15:53 | 44218 |
|  |  | Les Echos (07/08/2002)
La chronique de
JOHN LLOYD (Londres)
Europe-Etats-Unis : le fossé
Cet été, alors que les élites des deux plus grands centres de la richesse et du pouvoir dans le monde prennent quelque repos, il serait bon de réfléchir aux graves incompréhensions qui s'installent.
« Nous voyons se développer entre l'Europe et les Etats-Unis une division qui peut s'avérer très dangereuse », constate Ralph Dahrendorf, homme politique et intellectuel britannique. « Pour beaucoup d'Européens, l'Union européenne représente le moyen de défendre les intérêts du Vieux Continent par rapport à ceux des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont découvert dans les Etats et les organisations terroristes un nouvel "empire du mal". L'Europe, soucieuse d'affirmer son unité, s'est trouvé un nouvel adversaire dans les Etats-Unis. »
Aucun des péchés par action ou par omission des Américains n'échappe aux Européens, qu'il s'agisse des quotas sur l'acier ou de la loi agricole qui désavantage les produits alimentaires importés. Sans oublier le désaccord au sein du Conseil de sécurité de l'ONU quant à l'avenir des forces américaines en Bosnie, le refus des Américains de reconnaître la Cour internationale de justice, les différences concernant le statut et la reconnaissance de Yasser Arafat et le rejet du traité de Kyoto. Ajoutons encore les opinions divergentes sur la manière de lutter contre le terrorisme, le désaccord profond concernant la politique à adopter avec l'Iran et le point de vue très critique qu'ont la plupart des Etats européens sur l'attitude d'Israël dans le conflit contre les Palestiniens. La liste est longue.
Pour l'Europe, ces problèmes sont liés à l'administration Bush et aux idées du président. Nous le considérons comme le représentant de la droite américaine traditionnelle farouchement opposée à ce que les Etats-Unis s'impliquent dans quelque traité, accord ou conflit que ce soit.
Voici maintenant comment les Américains perçoivent la situation. Ainsi que j'ai pu m'en rendre compte lors d'un récent voyage à Washington et de réunions avec des membres du Conseil de sécurité de l'ONU et du gouvernement américain, et comme le soulignent d'ailleurs également les journalistes et analystes politiques, les Etats-Unis émettent depuis quelques mois de vives critiques à l'encontre de l'Europe et des Européens.
L'essai paru il y a un mois, et d'ores et déjà célèbre, de Robert Kagan, analyste politique au Carnegie Endowment de Washington, illustre parfaitement cet état d'esprit. Selon cet essai, « Puissance et faiblesse », écrit pour la « Policy Review » du Hudson Institute, un groupe de pensée de droite, la puissance des Etats-Unis, dans quelque domaine que ce soit - militaire, technologique, économique -, est aujourd'hui si forte et, par comparaison, la faiblesse de l'Europe si évidente que tous les gouvernements américains seront désormais enclins à agir unilatéralement car ils n'ont besoin d'aucun allié pour réussir ce qu'ils entreprennent. De leur côté, les Européens sont tellement habitués à voir les Etats-Unis garantir leur sécurité, ils se montrent si incapables d'élaborer une stratégie commune de défense et de politique internationale et si préoccupés par l'entrée dans l'Union de nouveaux membres que les Etats-Unis ne peuvent les considérer comme un partenaire valable pour garantir la paix dans le monde.
« Il existe un réel sentiment antieuropéen aux Etats-Unis », m'a déclaré Robert Kagan lors d'un entretien. « Beaucoup de gens se plaignent du caractère des Européens : ils sont faibles, lâches, ils dépendent de la puissance américaine, ils ne veulent pas avoir à prendre de décisions difficiles. Je ne partage pas toutes ces critiques. J'accorde notamment de l'importance à l'élargissement de l'Europe et aux mesures prises pour assurer la paix. Cependant, aux yeux de mes collègues, j'ai une position trop ambivalente sur ce sujet. »
Ces critiques ne sont pas à prendre à la légère. Elles concernent autant les Britanniques « proaméricains » que les Français « antiaméricains » et soulignent nos défaillances, incontestables dans la manière dont l'UE a réagi aux massacres en Bosnie, et notre dépendance vis-à-vis des Etats-Unis au Kosovo. Elles mettent en évidence la différence fondamentale entre l'attitude des Américains, qui veulent combattre, et celle des Européens, qui hésitent à s'engager et ne le font qu'en suivant les Etats-Unis. Elles opposent un pays qui accroît ses dépenses militaires à un groupe de nations qui, pour la plupart, réduisent de plus en plus leur budget défense. Pour nous placer sur le même plan que les Etats-Unis, nous devons posséder leur capacité et leurs moyens d'action. Or nous n'avons ni l'un ni l'autre.
Les Etats-Unis sont toutefois confrontés à un problème plus sérieux encore. Ils n'arrivent pas à trancher pour savoir s'ils veulent une Europe forte et unie, avec laquelle ils pourraient régler les affaires du monde - mais qui serait susceptible de s'opposer à leurs décisions - ou s'ils préfèrent une Europe relativement faible, finissant par se ranger à leur point de vue en raison d'un fort degré de dépendance. Impossible d'anticiper sur les choix européens d'un côté et américains de l'autre. Nous ne savons pas si nous allons devenir « une super-puissance, et non un super-Etat », pour reprendre les mots de Tony Blair. Les Etats-Unis ne savent pas s'ils veulent que nous le devenions. Tant que nous n'aurons pas chacun décidé et mis en oeuvre ce que nous voulons, le fossé entre les deux rives de l'Atlantique continuera de ce creuser.
At'chao ! |
 | |  |  | | Ben, en soi il n' y a pas specialement de quoi grimper au mur, mais cela peut devenir un precedent. C' est pour ca que je pense qu' il faut faire attention. |
 | | J-C, 07.08.2002 à 18:49 | 44098 |
|  |  | moi j'ai transmis au service juridique !
At'chao ! |
 | |  |  | | oui, j'arrive pas non plus à me révolter intensément la dessus, ça doit etre les vacances, certainement ;o))) |
 | |  |  | | hé bin dis donc, y'en a vraiment qui ont du temps à perdre en faisant circuler des trucs pareils ! Moi, je proposerais bien aussi de prohiber l'usage du latin en droit français, et l'usage du grec en médecine...;o))) |
 | |  |  | je remonte ce sujet du diable vauvert pour signaler cette petition qui circule pour l' instant.
Evidemment, il y a une corporation qui defend son nonosse, mais quand meme...
|
 | |  |  | S'il m'est permis ;o) je trouve que cette femme, chercheuse au CNRS de surcroît dit un peu n'importe quoi.
Un article en vaut bien un autre, alors lisez (si le courage vous en dit ;o) celui là, en réponse à celui-ci :o)
Le «Guide international du sexe», vendu 30 dollars aux Etats-Unis, fournit à ses lecteurs les «bons plans» du sexe dans le monde entier. On y lit:«Depuis que les Chinois ont déclaré la richesse, c’est la gloire, des femmes sans le sou, sans relations et sans capacités intellectuelles ont exploité le seul atout dont elles disposent pour s’enrichir rapidement. Il leur suffit d’une chambre, d’un lit et d’une lampe rouge pour faire un bordel. Ces femmes gagnent ainsi beaucoup plus d’argent, à raison de 30 dollars par client, qu’en travaillant à l’usine pour quatre dollars par jour. Telle est la réalité dans presque tous les pays sous-développés». Le même guide poursuit que chacun doit tirer le meilleur bénéfice possible de cette activité commerciale: «Si une personne préfère utiliser son corps de cette façon plutôt que de trimer pour un patron esclavagiste, et si les hommes veulent bien les payer plus que des tarifs de misère, pourquoi pas? Si ce n’est ni votre corps, ni votre argent, ça ne vous regarde pas. Tant que les problèmes économiques de la planète et ceux de la surpopulation ne sont pas résolus, il faut bien que quelqu’un paye».
Quelqu’un, mais qui? Les plus pauvres, les plus vulnérables? L’industrie du sexe a pris une dimension internationale; elle constitue une source importante de revenus pour de nombreux pays, en particulier en Asie. Le problème est que la prostitution n’est pas tout à fait légale. Est-ce que sa légalisation réduirait les inégalités et les abus subis par les femmes prostituées? Ou bien aurait-elle pour effet d’anéantir des décennies d’efforts en faveur de la promotion des droits humains et du statut des femmes?
Vifs échanges entre camps
A première vue, il s’agit du énième épisode d’un éternel débat. A première vue seulement. Car le débat ne porte plus sur la moralité – la prostitution est-elle un vice, et les clients sont-ils hommes fautifs? – mais sur des notions éthiques – la prostitution est-elle une forme d’exploitation qui doit être abolie ou une activité qu’il faut réglementer?
Ces questions divisent les mouvements de femmes dans le monde. En gros, deux camps s’affrontent. L’un milite pour l’éradication de la prostitution: c’est le cas de la Coalition contre le trafic des femmes, par exemple. L’autre camp considère les prostituées comme des «travailleuses sexuelles», à qui il faut donner des droits: c’est la position de groupes basés surtout aux Pays-Bas, aux Etats-Unis et en Angleterre. Entre les deux camps, les échanges sont vifs. La Coalition affirme que l’autre camp défend les intérêts des «maquereaux et des trafiquants». Ce dernier répond que les abolitionnistes, enfermées dans la tour d’ivoire du féminisme universitaire, sont coupées du vécu quotidien des femmes prostituées.
La ligne de partage repose sur la distinction entre la prostitution «libre», revendiquée par les «travailleuses sexuelles», et la prostitution «forcée», qui serait le lot de la majorité des femmes, selon les abolitionnistes. Les deux camps reconnaissent que cette distinction est simpliste, mais pour des raisons différentes. Il est évident que la petite Népalaise de 12 ans, vendue à un bordel d’Inde où sévit le sida, n’a jamais été consentante. Pas plus que ne dispose de son libre arbitre la toxicomane new-yorkaise qui doit remplir son quota de passes pour que son proxénète lui donne sa dose de drogue. Mais qu’en est-il de l’Ukrainienne qui, chômeuse, va travailler en Allemagne comme serveuse et se retrouve dans un bordel ?
«La distinction entre la prostitution libre et forcée occulte l’impact considérable des conditions sociales et économiques, que sont la pauvreté, la marginalisation, l’absence de perspectives et l’antériorité d’abus sexuels», estime Aurora Javate de Dios, de la branche Asie-Pacifique de la Coalition. «La crise économique, les désastres naturels, les troubles politiques et les conflits rendent femmes et enfants plus vulnérables et en font des proies faciles pour les recruteurs du sexe, et cela partout, mais surtout dans les pays en développement», ajoute-t-elle. A ses yeux, les lois visant à distinguer les deux types de prostitution légitimeront implicitement les relations patriarcales et serviront, au mieux, à identifier les formes extrêmes de coercition, sans tenir compte du facteur pauvreté.
Dans l’autre camp, la frontière entre la prostitution libre et forcée paraît tout aussi aléatoire. «Quand les gens ont-ils la liberté de choix, en particulier sur le marché du travail? L’ouvrier dans une usine chimique à qui son salaire permet à peine de survivre? La femme qui, à cause de son origine sociale, ne pourra jamais développer ses compétences? Pourquoi cette question du choix ne devrait-elle s’appliquer qu’à la prostitution?», demande Lin Chew, ancienne porte-parole de la Fondation contre le trafic des femmes, une ONG des Pays-Bas.
Les deux parties se rejoignent toutefois sur la nécessité de la dépénalisation et de l’abrogation des lois qui répriment les prostituées au nom de la moralité et de l’ordre public. Au-delà, les points de vue divergent à nouveau. Pour les abolitionnistes, les femmes sont des victimes, mais quiconque tire profit de leur exploitation doit être condamné. Pour les groupes de défense des prostituées, on n’aidera pas les travailleuses sexuelles si on condamne leurs employeurs à la clandestinité. On peut cependant essayer de garantir un minimum, à savoir, que ces travailleuses soient protégées des risques du métier et traitées correctement. On en arrive alors au rôle de l’Etat.
Sur cette question, les groupes pour les droits des prostituées se divisent à leur tour. Certains sont pour une dépénalisation complète, c’est-à-dire la suppression de toute réglementation. D’autres militent pour la légalisation de la prostitution, avec des contrôles règlementaires. Exemples: des licences peuvent être accordées, assorties d’une obligation de contrôles sanitaires; les plans d’urbanisme peuvent prévoir d’implanter les «éros centres» à l’écart des zones résidentielles; les lieux de travail peuvent être soumis à une réglementation, portant par exemple sur l’éclairage, la ventilation, la qualité des matelas ou les précautions contre l’incendie; il peut être illégal d’obliger une femme à boire de l’alcool avec un client; des conditions spéciales peuvent s’appliquer au calcul des impôts sur le revenu; enfin, la couverture sociale peut être garantie.
En théorie, ce type de règles vise à protéger les prostituées. Mais certains textes ont un effet inverse, soulignent plusieurs groupes de travailleuses sexuelles. A propos des maisons closes gérées par l’Etat, le groupe américain Coyote (en faveur d’une totale dépénalisation de la prostitution) estime ainsi qu’il n’y a pas «de pire cauchemar que de devoir travailler comme fonctionnaire dans le commerce du sexe, où il existe un long passif d’abus commis par la police... D’autre part, les clients préfèrent certes les bordels – un homme arrive dans un endroit où toutes les femmes attendent en rang en d’être choisies – mais pour les femmes c’est une situation extrêmement inconfortable et dégradante.»
Des cours de prostitution…
Quant aux licences accordées aux bordels «légaux» ou aux prostituées, qui obligent à des contrôles médicaux fréquents, «elles ne garantissent en rien la sécurité du client et de la prostituée», estime les porte-parole du groupe Coyote. A leurs yeux, les prostituées n’ont pas besoin qu’on les oblige à ces contrôles, dans des services publics sous-équipés où elles sont souvent traitées comme du bétail. Elles se soumettront d’elles-mêmes à des visites médicales, en vertu des seules règles de la libre concurrence. Et Coyote d’ajouter crûment: «Un restaurant perd sa réputation si la nourriture n’est pas fraîche et si ses clients tombent malades; les mêmes auto-régulations s’appliqueront à la prostitution.»
Pour la Coalition contre le trafic des femmes, le débat sur le rôle de l’Etat camoufle les vrais enjeux. Ce groupe est opposé à l’appellation «travailleuses du sexe» pour les prostituées: il est méprisant pour ces dernières, alors qu’il légitimise les rôles du proxénète, du rabatteur ou du trafiquant. «Ce que les femmes prostituées subissent dans leur “emploi” équivaut à ce qui, dans d’autres contextes, est la définition du harcèlement sexuel et de l’abus sexuel au travail», estime Janice Raymond, de la Coalition. A ses yeux, ce n’est pas parce que les prostituées sont payées que l’abus qu’elles subissent n’existe plus.
J. Raymond signale qu’aux Pays-Bas, il existe des cours payants auxquels peuvent s’inscrire des candidates à la prostitution ou des prostituées qui désirent mieux se former. On y propose des jeux de rôles dans les bars et même des cours sur la fiscalité de la prostitution. «Quelle personne censée encouragerait une quelconque adolescente à suivre ces cours? Pourquoi laisser faire la promotion de ce “commerce”, alors que rien n’est fait pour aider les prostituées à en sortir?», demande J. Raymond. Elle donne cette réponse : «Parce qu’il est plus simple de croire que la prostitution est un choix pour les femmes... Si la question du choix doit être posée, posons-la aux clients. Pourquoi des hommes choisissent-ils d’acheter les corps de millions de femmes et d’enfants, d’appeller ça du sexe, et d’en tirer, apparemment, un grand plaisir?»
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 | | man, 24.07.2002 à 12:28 | 42344 |
|  |  | Je sais, don n'est pas là pour en débattre, mais je préfère mettre cet article tant que j'y pense ;o)
Criminaliser la prostitution : danger
Par Marcela Iacub
Il semble que, depuis quelque temps, tout débat sur la prostitution au sein des partis majoritaires doive être plus ou moins censuré au profit d'un consensus bavard entre la droite et la gauche sur un projet d'abolition de cette activité au moyen de la pénalisation des clients des prostituées. Une véritable campagne a été entamée pour faire de la France le deuxième pays, après la Suède (et quelques expériences locales aux Etats-Unis), à pénaliser les clients de personnes prostituées. Pour justifier cette condamnation unanime et sévère, les deux forces politiques n'hésitent pas à employer le grand mot d'«esclavage», qui est, avec le génocide, une figure du mal politique absolu. La banalisation de cet emploi oblige à une question de bon sens : si vraiment ceux qui s'expriment ainsi croyaient ce qu'ils disent, ne faudrait-il pas, toutes affaires cessantes, exclure les Pays-Bas de l'Union européenne, organiser un blocus, comme ce fut le cas avec l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid ? Ce pays voisin en effet a, conformément aux revendications que portent les associations de prostituées depuis plus de vingt ans, normalisé le statut de la prostitution comme profession, au nom de la «neutralité éthique» de l'Etat sur la sexualité adulte consentie. Corrélativement, il a renforcé la lutte contre la prostitution forcée. Que penser alors de ce qualificatif d'esclavage ?
Il est certain qu'existent des réseaux mafieux qui organisent le trafic clandestin de prostitués. Cependant, il semblerait que le nombre de personnes contraintes par la violence à se prostituer ne constitue qu'un pourcentage extrêmement faible par rapport à celles et ceux qui exercent cette activité librement. Mais le fait que la prostitution esclave soit marginale n'importe pas. On veut uniquement tirer argument de ce fait pour interdire la prostitution dans son ensemble, comme s'il ne s'agissait pas là de conditions marginales d'exercice de cette activité, mais bien de quelque chose d'inhérent à la prostitution même. Ceci n'est rien d'autre qu'un vice de raisonnement, pour ainsi dire métonymique. Jugerait-on de la même façon d'autres métiers, comme la couture ou la cuisine, du seul fait qu'ils sont aussi parfois réalisés dans des conditions d'esclavage en France même ? Il ne vient à l'esprit de personne de condamner la couture ou la cuisine, et moins encore de condamner ceux qui achètent des vêtements ou de la nourri ture. C'est à la prostitution que l'on s'en prend, parce que ce mot terrible d'escla vage est employé tout aussi bien lors même qu'on sait parfaitement qu'une personne s'y livre de son plein gré, comme tant de femmes (et d'hommes aussi) dans ce pays. Autrement dit, la métonymie est surtout une métaphore.
Certes, cette liberté de la prostituée est bien relative. Cependant, comme les critiques libertaires du début du siècle l'ont remarqué, cette liberté limitée est propre à toute vente de travail. A part ceux qui ont la chance de ne pas avoir besoin de gagner leur vie, ou ceux qui s'adonnent à des activités à la fois créatrices et lucratives, on peut dire que le restant de la population a une liberté semblable à celle des prostituées : la liberté de ceux qui, sans avoir des compétences particulières et de fortune, doivent se débrouiller pour manger, se loger et se nourrir ainsi que toutes les autres choses qui s'imposent aux êtres humains qui peuplent cette triste planète. Ils ont cependant une certaine liberté dans le choix de leurs moyens : s'il est bien une chose que l'esclave au sens strict ne peut pas faire, c'est précisément de vendre sa force de travail.
Il semble donc clair que c'est parce qu'elle est une activité sexuelle que l'activité prostitutionnelle est l'objet de telles condamnations. C'est par principe que l'on affirme que personne ne peut raisonnablement consentir à se prostituer. Il faut cependant attirer l'attention sur une contradiction : une société comme la nôtre, qui se veut sexuellement «libérée», et qui prétend avoir fait du consentement le principe de la reconstruction de ses politiques sexuelles, qui, surtout, justifie par là l'extraordinaire explosion du domaine de la sexualité dite «criminelle» et corrélativement de la population carcérale pour motif sexuel, met gravement en cause ses propres principes, lorsqu'elle entreprend de décider quand, dans quelles circonstances, et en fonction de quel acte sexuel, on peut admettre ou ne pas admettre ce critère du consentement.
On peut penser qu'à cet égard la condamnation de plus en plus insistante de la prostitution est révélatrice de ce que certains cherchent à protéger au moyen de tout ce nouvel arsenal pénal, c'est-à-dire tout autre chose que la liberté sexuelle. En effet, la prostitution, bien qu'elle soit consentie, est à l'opposé d'une certaine conception de ce que devrait être la sexualité, c'est-à-dire une activité gratuite, fondée sur le «désir» ou sur le «plaisir», à caractère intime et délicat, occasion aussi de créer des liens de sociabilité, voire des enfants si c'est possible, afin d'augmenter un peu la natalité française... Si ces valeurs sont respectables, on ne peut en dire autant de la volonté de les imposer à tout un chacun avec le glaive de la loi. Pour ces réformateurs fondamentalistes, une femme ne saurait jamais choisir librement cette activité, car sa liberté en ce domaine n'est qu'illusion. Elle n'est que victime, victime du désir sauvage et quasi criminel par essence des hommes. Ces braves gens sont censés savoir ce que veut dire pour les autres la liberté, le «vrai» consentement. Cette attitude paternaliste est très dangereuse dans une société démocratique et pluraliste, et surtout dans une société qui prétend faire de la liberté de consentir des personnes adultes, c'est-à-dire ayant atteint la majorité sexuelle, le fondement du nouvel ordre sexuel. Si l'on met en question cette liberté, on n'aura plus de critères pour distinguer un crime sexuel d'un acte consenti. Ceci est extrêmement grave. Car il faut rappeler que le droit pénal est d'interprétation stricte : chaque citoyen a le droit, a priori, de savoir quels actes sont autorisés, quels autres sont punis surtout lorsqu'il est question de crime sexuel, qui engage les peines les plus longues et les plus douloureuses de tout notre arsenal pénal.
C'est ce genre de raisonnement si douteux pour la protection des libertés publiques (du citoyen à l'égard des abus de l'Etat) qui soutient l'amalgame de la liberté de se prostituer au fait d'être victime d'un crime. Cette mise en question du consentement des femmes à partir de la théorie fumeuse de la domination masculine a vocation à s'étendre à d'autres comportements que la prostitution. De fait, les féministes américaines antilibérales, qui font depuis longtemps campagne contre la prostitution et la pornographie aux Etats-Unis, ont au moins le mérite de la cohérence : elles considèrent que même les rapports sexuels consentis dans le mariage devraient être mis en cause, car les femmes épousent des hommes plus riches qu'elles, ayant une meilleure position et sont obligées de coucher avec eux du fait des lois de la domination. La seule issue avant la «libération finale» serait donc de cesser tout contact avec les dominants, ceux, bien entendu, qui n'auront pas encore été emprisonnés, soumis de surcroît à des thérapies psycho-hormonales. Il est assurément peu probable qu'elles aient finalement gain de cause. En revanche, si cette théorie absurde de la domination triomphe, il est certain que tout rapport sexuel entre hommes et femmes dans un contexte de domination est suspect, et que donc les critères qui permettent de séparer le sexe normal du sexe criminel ne vont cesser de bouger. Il semble donc urgent que ceux qui, aussi bien à droite qu'à gauche, sont conscients des risques considérables en termes de libertés publiques que fait peser cette criminalisation des actes sexuels consentis, se mobilisent afin d'arrêter cette talibanisation des politiques sexuelles françaises. La réglementation de la prostitution entre des personnes majeures pourrait être un bon début.
Marcela Iacub est juriste, chargée
de recherches au CNRS.
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 | | man, 24.07.2002 à 12:21 | 42343 |
|  |  | | Bon, alors c'est qu'il parlait en connaissance de cause ;o))) |
 | |  |  | 'tain avec ses giscardiens on peut pas parler... meme quand ils ont tort et qu'il se plantent, on ont raison de se planter...
ceci dit il n' pas dit ca pasqu'il s'est planté puisque ses reformes, il les a bien fait dans les 3 premiers mois de son septenat (majorité a 18 ans, IVG) |
 | | man, 24.07.2002 à 0:31 | 42311 |
|  |  | | Matthieu : c'est peut-être un argument d'autorité, mais ce n'est pas toi qui va m'en reprocher l'utilisation... ;o))) Pour Giscard, non je ne partage pas ses idées, oui il reste quelqu'un de compétent en matière de théorie politique. (peut-être que s'il a dit ça, c'est justement parce qu'il s'est planté ;o)) |
 | |  |  | Bon, allez, je vais un peu participer sur ce débat sur la réforme de Mattéi et sur la politique gouvernementale en général (et me faire l'avocat du diable ;o))
D'une part, concernant la nouvelle politique du Ministre de la Santé, elle se contente de désamorcer les graves crises laissées par le gouvernement précédent : grèves de plusieurs mois des généralistes, 35 h non-financées de l'hôpital public, entre autres.
Quant à son programme pour la santé, il est fortement influencé par divers facteurs. Premièrement, monsieur Mattéi est un professeur de médecine, il ne fallait donc pas s'attendre à ce qu'il tape d'emblée sur les médecins (ne jamais négliger l'esprit de corps). Deuxièmement, Juppé avec soulevé un tolé des médecins en 1995 en voulant maitriser (à sa manière) les dépenses de santé, ce qui avait un facteur de destabilisation non-négligeable de son gouvernement. C'est une raison supplémentaire de la prudence du nouveau ministre de la santé.
Quant au principe d'une maitrise des dépenses de sante basée sur le principe de l'auto-discipline par les médecins, je crois qu'il est tout de même un peu illusoire. Faut-il pour autant règler le problème avec la baton, c'est à dire en faisant prononcer des sanctions collectives contre les médecins en cas de dépassement, comme l'avait voulu M. Juppé et l'avait mis en oeuvre Mme Aubry ?
Il faudrait peut-être d'abord commencer par chercher les causes profondes des dérapages de nos dépenses médicales, avant que de trouver des bouc-émissaires.
Est-il normal que notre pays soit le pays européen où il y'a la plus forte dépense en médicaments par habitants ? Est-il normal que notre pays soit le pays d'Europe où il y'a le moins de médicaments génériques achetés par les malades ? A qui et à quoi est due cette surconsommation médicale, aux seuls médecins ? Il faut se poser toutes ces questions et y répondre.
D'autre part, concernant la politique gouvernementale, n'est-il pas un tout petit peu tôt pour juger ? ;o)
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 | |  |  | "il est quand même resté 7 ans au pouvoir, il s'y connaît peut-être un petit peu, non ?"
euh t'es sur qu'il faut que je reponde ? :o))
(si je me rapelle de mes cours de francais, tu utilises un "argument d'autorité", et tu connais mes pensées sur tout se qui porte le nom d"autorité" :o)))
c'est quand meme le seul president sortant a se faire sortir a la presidentiel suivante, tu parles d'un specialiste :o) |
 | | man, 23.07.2002 à 19:12 | 42286 |
|  |  | Bande de nazes, je m'en balance de Giscard. J'ai hésité à citer son nom, mais bon, comme ça semble vous choquer... il est quand même resté 7 ans au pouvoir, il s'y connaît peut-être un petit peu, non ? et puis de toute façon, si je dis ça c'est que c'est valable pour tout le monde, politiciens de gauche y compris.
Quant à leur majorité, il me semble qu'elle est plutôt confortable non ? De toute façon les réformes en général sont impopulaires, donc je pense qu'ils s'en balancent un peu. Pour la sécurité ils ont déjà mis en place les GIR, et dans pas longtemps ils vont mettre en place les centres de rétention pour mineurs (il me semble que la loi est déjà passée, ou près de l'être). |
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