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Dix films, dix ans, des décennies et des bulledairiens

Discussions générales, Duels, petits jeux rigolos... ]


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chrisB, 11.12.2012 à 17:41348095
Charlie Brown :
J’en vois plus de bribes dans n’importe quelle fiction (même chez Max Pécas !) que dans un documentaire. :o)


J'avais lu Jonas Mekas, je te trouvais gonflé !!

Et s'il vous manque un paquet sous le sapin Potemkine et Agnès B viennent de coéditer un splendide coffret.

THYUIG, 11.12.2012 à 17:32348093
Depardon c'est l'archétypique du mec qui fait de la fiction avec du documentaire. J'adore ce type, hein, me faîtes pas dire ce que j'ai pas dit, mais c'est complétement un auteur, il ne peut pas faire dans le docu, son oeil lui appartient trop.

chrisB, 11.12.2012 à 17:30348092
Je comprends mieux ta position.

As tu vu les Histoires du Cinéma de Godard ? là on est clairement dans le ressenti, ou Salesman des frêres Maysles ? ou la série sur la justice de Depardon ?

Charlie Brown, 11.12.2012 à 16:12348090
SydN :
mais tu parles des mauvais docu, là, en tout cas ceux qui tentent de manipuler, comme Mickael Moore (meme si j'aime bien son coté spectaculaire).
C'est certes une majorité, comme la majorité des films de fiction sont sans grand intérêt ou completement cons. C'est toujours pareil, pour trouver bien il faut creuser un minimum.


Non non, je ne parlais pas de qualité là, juste de prinicpes de base.


SydN :

A ce propos, les concerts filmés sont des films documentaires, et ils n'imposent rien.


Si si, ils imposent aussi. Reprenons les Stones, puisqu’on en causait tantôt. Si le réalisateur se focalise sur Mick Jagger par exemple, on peut finir par croire que le groupe, c’est d’abord lui, et surtout lui. Si, lorsqu’on montre Keith Richards, il est difficulté, ou il fait la gueule, ou il adresse un coup d’oeil mauvais, on peut vouloir faire passer un message. Et pour peu que le montage fasse s’enchaîner un plan bien choisi, ça peut être lourd de signification... etc...
Comme le dit chrisB citant JLG, un travelling (un cadrage, un montage, un éclairage... etceterage... ) est affaire de morale ! :o)


lanjingling :

Là où tu as fondamentalement tort (tu remarqueras la finesse de ma réthorique, je te soutiens d'abord à la troisième personne pour renforcer mon attaque frontale :), là où tu as fondamentalement tort, disais-je, c'est qu'un roman, une B.D., ne sont PAS de l'encre sur du papier, un film n'est pas de la lumière sur pellicule ou données numériques sur écran, pour le lecteur, spectateur, les personnages et décors de fiction sont aussi réels, vrais que la vraie vie, et peuvent même nous sembler plus réels si leur auteur, créateur est doué, et tous les discours sur la distanciation de Brecht ou Godard (le Brecht des supermarchés) n'y pourront rien. Un auteur qui prétendrait ignorer cette force, cette puissance inhérente à la fiction serait soit un imbécile, soit un hypocrite: "Je n'ai aucune prétention, je ne fais que du divertissement": la fiction divertit de la réalité tangible pour une autre, intangible.


Alors, je ne peux pas avoir fondamentalement tort, parce que je n‘ai jamais dit le contraire, et que je suis tout à fait d’accord avec toi ! :o)


lanjingling :

Peut-être qu'en vieillissant, tu deviens cynique et ne crois plus à la "vérité" :)


On peut voir ça comme ça. Mais je ne dirais pas que c’est du cynisme. Au contraire. Plus je vieillis, moins je suis cynique. Le cynisme (dans lequel baigne un peu trop notre époque, je trouve, soit dit en passant) est plutôt l’apanage de la jeunesse. Je ne comprends pas trop le fait qu’on puisse continuer à être cynique en vieillissant.
Quant à la "vérité"... J’en vois plus de bribes dans n’importe quelle fiction (même chez Max Pécas !) que dans un documentaire. :o)

Je l’ai déjà dit un jour, mais je le redis maintenant, je crois que ce que je cherche dans l’art, et surtout dans la fiction, c’est un mode d’emploi. "La vie, mode d’emploi". Un mode d’emploi d’autant plus fascinant qu’il est absurde, qu’il ne sert à rien, ou si peu. Et je dois reconnaître que j’ "apprends" ou que je "comprends" plus de choses par le biais de la fiction que par le biais de n’importe quel documentaire. Il ne me reste souvent rien d’un documentaire, alors que l’écho d’une fiction résonne longtemps en moi.

C’est pareil en matière de littérature. Je ne lis plus que des romans, ou presque.
Et même, de plus en plus, de la poésie, alors que j’étais totalement hermétique à la poésie dans ma prime jeunesse. Je me suis un jour rendu compte que j’avais plus besoin de ressentir que de comprendre. Je dirais même de ressentir pour tenter d’effleurer un brin de compréhension (de "vérité" ?... de "réalité" ?...) qui finira de toute façon par se dérober.

THYUIG, 11.12.2012 à 12:03348085
Je dirais même plus, sans regard, pas de fiction.

chrisB, 11.12.2012 à 11:47348084
Bien sur je suis d'accord avec vous, même une fiction impose un regard (cf la phrase de Godard à laquelle j'adhere à 100%), les plans, les dialogues, la musique, le montage, tout est affaire de choix.

THYUIG, 11.12.2012 à 11:01348083
lanjingling :
THYUIG :
Je pense que c'est ce que veut dire charlie, que cette dominante du docu l'emmerde, parce que le réel, oh combien multiple, se retrouve toujours "enthèsé" dans un docu.
Veux-tu dire que le réel est si multiple qu'il est impossible à saisir, que ce soit par un documentariste, un historien, un économiste, un physicien, ou moi (je n'ai pas un regard à 360 degrés, mon ouie, ma mémoire sont aussi sélectives, je ne suis pas Reed Richards, mon toucher n'est pas extensible) ? Et s'il est impossible à saisir , comment être sur qu'il existe, comme disait Tchouang Tseu avec son rève du papillon.



C'est évidemment ce que je pense, oui, le réel est tellement multiple qu'il est bien entendu impossible à criconscrire. L'exemple qui me vient immédiatement est la photographie, soit disant "reproduction exacte" du réel. Et rien n'est tellement plus faux que de croire ça. Déjà, et je crois que c'ets Derrida qui le souligne dans Limited Inc, dés lors que l'on entoure le réél d'un cadre (au sens premier, l'encadrement de l'image) on fait d'emblée un choix. D'abord esthètique (composition, rythme, etc etc) mais aussi, on choisit ce qu'on ne montre pas et selon le photographe, ce qu'on ne montre pas devient parfois plus important que ce qui est montré.
ce que montre une photographie, c'est ce que le photographe veut montrer et ne pas montrer. Le même processus se passe pour le docu filmé, le parti-pris, le cadre, la focale, tout contribue à démontrer une thèse préable de l'auteur.
L'intérêt de la fiction, c'est qu'elle sacralise le geste artistique ; elle dit : j'assume mon point de vue, et quelque part ne souhaite vous montrer que le mien. Ca aboutie à l'égo surdimensionné de certains artistes mais c'est normal, c'est avant tout leur vision du monde qu'ils transmettent.
En gros je ne crois absolument pas à l'objectivité. Celle-ci n'est que la conséquence de l'impossibilité de rassembler les subjectivités. Seul ce qui ets décrété ets objectif en gros : la loi, la morale, le temps mesuré.

lanjingling, 11.12.2012 à 9:19348080
THYUIG :
Si vous deviez faire un documentaire, vouss adopteriez vous aussi un point de vue, c'est forcé. Il y a une thèse dans chaque docu, qu'on le veuille ou non. Prendre sa caméra et filmer du "réel" impose un choix, dés l'enregistrement.
Prenons l'exmple d'un docu sur Angoulême, on pourrait prétendre à essayer de filmer la diversité économique des auteurs, des éditeurs, ou bien même des lecteurs. On pourrait aussi ne voir que le prisme de l'underground, des offs etc etc. Il y aurait forcément à démontrer.
Il y aurait tout de même une différence entre quelqu'un qui ferait un documentaire sur "l'underground à Angoulême", et un qui ferait un documentaire sur "Angoulême" en ne montrant que de l'underground.

THYUIG :
Je pense que c'est ce que veut dire charlie, que cette dominante du docu l'emmerde, parce que le réel, oh combien multiple, se retrouve toujours "enthèsé" dans un docu.
Veux-tu dire que le réel est si multiple qu'il est impossible à saisir, que ce soit par un documentariste, un historien, un économiste, un physicien, ou moi (je n'ai pas un regard à 360 degrés, mon ouie, ma mémoire sont aussi sélectives, je ne suis pas Reed Richards, mon toucher n'est pas extensible) ? Et s'il est impossible à saisir , comment être sur qu'il existe, comme disait Tchouang Tseu avec son rève du papillon.

THYUIG :
Malgrè tout certains réalisateurs détachent tellement leur point de vue du sujet qu'ils filment, qu'on en arrive à de l'art un peu abstrait, un enchainement de séquences. Je pense notament au formidable cinéaste chinois Jia Zhang-ke et ses délices de films : Platform et Still life.
Jia Zhang Ke tourne des fictions et des docus, pour lui ce sont toujours des moyens de saisir le réel, avec son point de vue. "Dong" est un documentaire sur le peintre Liu Xiao Dong que l'on voit d'abord peindre des ouvriers du Barrage des 3 gorges, puis des prostituées à Bangkok; veut-il démontrer que les unes comme les autres sont des travailleurs manuels, des damnés de la terre ? Mais les unes comme les autres sont peints, non au travail, mais "en pose", au repos. Est-ce pour démontrer que les prolétaires sont des paresseux, qui méritent leur sort ?
A 32 minutes, le tableau est superposé au paysage, il prend sa place, puis Liu Xiao Dong est sur un bateau sur le fleuve Yang-tse, et sans transition sur un fleuve thailandais. Manipulation ? Accessoirement, le "dong", du prénom du peintre qui donne son titre au film, signifie "est" : Chine, Thailande, tous les pays de l'est sont pareils ?
(A 38 minutes, la fille a un t-shirt B.D.)

THYUIG,