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Tribune et Defouloir [ Discussions générales, Duels, petits jeux rigolos... ] retour forum
 | |  |  | normal que tu ne cherches pas une info dans charlie, c'est pas un journal d'information mais un journal d'opinion (de pain) ils savent tres bien que les lecteurs de charlie ecoutent la radio, regarde la tele ou/et lisent d'autre journaux. Ils decriptent donc ce qu'ils ont pu lire ailleur. Pour les election par exemple, ils sont les seuls a ne pas avoir dessiné les camemberts avec les projection en sieges... quand tu ouvres charlie tu es sensé deja savoir ca (d'autant que c'est un hebdo pas un quotidien).
quand ils parlent d'insecurité, ils savent que tu as vu les images de bagnoles qui brulent...
donc tu peux pas comparer avec un quotidiens qui lui doit de donner des infos "fraiches"...
mais charlie ne vise quand même pas à l'objectivité, et ils le revendiquent
bin si, ils visent l'objectivité et le revendiquent (j'essayerai de te retrouver l'edito de val a ce sujet)
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 | |  |  | (ça vaut toujours le coup de tendre une perche ;o))) )
mais charlie ne vise quand même pas à l'objectivité, et ils le revendiquent, c'est toute la différence avec Le Monde, ou Libé ou autre. Quand je veux des infos, sur un sujet, avec un avis engagé ou non, personnellement, je ne me tourne pas vers Charlie, c'est tout. Pour moi ils sont quand même très largement subjectifs, il n'y a pas de mal à ça, mais en l'achetant, tu sais à quoi t'en tenir. Je dirais même que c'est tellement subjectif, qu'on ne parle pas d'un article de Charlie, mais de l'édito de Val, du dessin de Cabu, etc... la personnalité de l'auteur est prépondérante, en fonction de chaque auteur, on sait quasiment ce qui va ressortir. Je ne dis pas qu'ils ne sont pas doués, qu'ils ne font pas leur boulor sérieusement, mais ce n'est pas un travail d'information complet pour moi. |
 | |  |  | je suis pas tres d'accord (tu pouvais t'en douter).
montre moi un article de Charlie qui soit totalement subjectif... (je parle pas de la chronique de siné qui est plus un defouloir qu'un veritable article)
a chaque fois, Val (par exemple) exposes les theses adverses (avant de les demonter violement, c'est sure)
je ne dit pas que charlie est objectif, mais pas moins qu'un autre journal en tout cas. |
 | |  |  | | et puis, un journal a beau être d'opinion, il est aussi d'information.... |
 | |  |  | | encore une fois, ce n'est pas la même chose. Un journal d'opinion, n'a pas à être neutre, ça c'est clair, il s'engage, il dénonce, etc... mais il ne doit pas pour autant occulter sciemment des faits qui vont dans l'autre sens. Je reste persuadé qu'il est bien plus efficace de présenter tous les aspects d'un problème et de montrer qu'une partie ne tient pas dbout, plutôt que de ne présenter que ce qui nous arrange, parce que du coup effectivement, quand on va voit ailleurs, et bien on a une autre vision, qui peut sembler tout aussi légitime. La neutralité ne sert à rien, sinon à brouiller les pistes, et à se protéger un bon coup. Et l'objectivité quant à elle, même si elle n'est jamais totale effectivement, reste pour moi, la démonstration la plus efficace (ah oui mais euh, faut être doué, là c'est sur ;o))) ). Ou alors, on est totalement subjectif, et là on l'assume et on le revendique n'est-ce pas Chalie Hebdo? ;o))) car là au moins, on sait à quoi on aura affaire à l'avance. |
 | |  |  | | faudrait peut etre savoir que pour un journal, l'objectivité n'existe pas, c'est juste le but a atteindre mais c'est impossible... Un bon journal se reconnait par la "subjectivité Desinteressée" (ce qui est impossible pour un journal qui vie entierement ou en partie de La pub) |
 | |  |  | | bah l'objectivité...c'est souvent un peu chiant !! perso je m'emmerde avec les gens trop objectifs ;o)) (et pas seulement pasqu'ils font que de me répéter que je suis de mauvaise foi...promis, y a autre chose aussi !!) ;o))))) |
 | |  |  | | J'espère que j'ai pas offensé le dieu, avec ma petite polémique sur l'insécurité, et son traitement ;o)) |
 | |  |  | | Non, personnellement ça me gêne, je suis bien trop modeste pour ça, mais si ça peut rendre man jaloux, je veux bien ;o))) |
 | |  |  | | Cloclo tu es un dieu. Je n'ai rien d'autre à rajouter ;o)) |
 | |  |  | | attention a ne pas confondre neutralité et objectivité quand même. |
 | |  |  | | et jon pour en revenir à ce que tu disais précédement, je ferais juste remarquer que je ne vois pas en quoi un journal devrait présenter toutes les facettes d'un problème. Si le journal en question est un journal d'opinion, n'est-il pas normal de le voir mettre en avant tous les arguments qui vont dans son sens ?? Après à toi d'essayer de connaitre par une autre source la facette inverse ou opposée du problème ;o)) |
 | | man, 10.07.2002 à 18:01 | 39556 |
|  |  | Nan, le style Figaro c'est "Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur." (Beaumarchais)
(devise de une) |
 | |  |  | | C'est donc ça, le style du Figaro ? ;o))) |
 | | man, 10.07.2002 à 17:36 | 39546 |
|  |  | | Gnagnagna :o) |
 | |  |  | Parfaitement d'accord :o)
Pourtant..."L'éducation est une chose admirable, mais il est bon de se souvenir de temps en temps que rien de ce qui est digne d'être connu ne peut s'enseigner" (Oscar Wilde) ;o))) |
 | | man, 10.07.2002 à 17:21 | 39540 |
|  |  | | Oui, bien sûr jon, je crois qu'on est d'accord sur le fond, il y a des limites à fixer, et à ne pas dépasser. Mais pour que ça soit efficace sur le long terme, le travail d'éducation et de prévention est nécessaire. Il passe aussi par une réforme du système judiciaire et pénitentiaire... bref on n'a pas fini d'en parler ;o))) |
 | |  |  | man, les ALMS dont je parle, les Agents Locaux de Médiation Sociale sont des emplois-jeunes. Je crois pour ma part que leur utilité serait plus grande que celle des Adjoints de sécurité dans la Police, ou celle des emplois jeunes de la RATP dont je ne vois franchement pas l'utilité.
Mais tu as raison, les emplois-jeunes payés au SMIC ne peuvent remplacer de vrais éducateurs, ou aides éducateurs. C'est tout le problème des emplois-jeunes si chers à Martine Aubry : remplacer des salariés en CDI et qualifiés, donc payés en conséquence, par des CDD de 5 ans à des postes sous-qualifiés payés au SMIC...
Le social a certes son importance, nul ne peut le nier. Les associations des quartiers difficiles font souvent un travail formidable. Mais ne tiront pas sur la comète avant qu'elle ne soit passée, si j'ose dire. Laissons le gouvernement agir, ne serait-ce que quelques mois, avant de critiquer son action. Jean-Louis Borloo, le ministre de la Ville n'a pas l'air d'être un incompétent en la matière, et son action à Valenciennes a été assez efficace, il parait.
Mais le social ne peut malheureusement régler tous les problèmes de notre société, et des exemples concrets démontrent qu'une politique de prévention uniquement fondée sur le social peut échouer, et de manière spectaculaire.
Prenons l'exemple de Montauban, ville à taille humaine (54000 habitants) dans un département plutôt paisible (le Tarn-et-Garonne).
Dans la cité des Chaumes-Selliers-Pyrenée (3100 habitants) les bâtiments n'excèdent pas six étages, le cadre est verdoyant, avec stade et aire de jeu, et le maire de l'époque (PS) a même investi 20 millions de francs en 1999 pour la réhabilitation architecturale de la cité.
Sur le plan social, Contrat de ville, contrat local de sécurité sont signés. Le comité de prévention de la délinquance est actif. Une maison de quartier est en place avec 40 animateurs et autant de "médiateurs sociaux" (pas des emplois-jeunes ceux là...)
Et pourtant, en décembre 1999, une violente émeute éclate à la suite de la mort d'un jeune cambrioleur, tué par le propriétaire de la maison visitée. Elle se solde par 25 véhicules incendiés, commerces dévalisés, équipements publics de la cité dévastés (La Poste et...une école maternelle sont détruites par le feu). Même en centre-ville, le commissariat est attaqué par une voiture-bélier mise à feu, et par des cocktails-molotov...
Alors je ne suis évidemment pas pour le tout-sécuritaire, et qu'on remplace les hôtesses des cinémas par des CRS.
Mais il faut un juste équilibre entre répression et prévention. Il faut redonner un sens à la sanction, un sens à la morale, au respect des lois, et des autres. Ceci ne se fera pas uniquement pas le don de soi, fut-il exceptionnel, des militants associatifs.
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 | | man, 10.07.2002 à 15:03 | 39348 |
|  |  | Jon : au contraire, l'article de Libé est une bouffée d'air car on ne compte plus ceux qui traitent uniquement le côté "fait divers" et négatif de la chose. Bien sûr, les émeutes urbaines sont des faits graves, et traumatisants pour ceux qui la vivent. Bien sûr, il faut condamner les émeutiers. Mais ceux-ci ne sont pas forcément condamnés en correctionnelle quand il y a mort d'homme... De plus je te disais que souvent les peines étaient disproportionnées, certains jeunes se prenant des peines de prison ferme pour des délits mineurs (ce qui au passage ne va pas les faire changer, on sait que le passage en prison est devenu un rituel pour certains jeunes, et qu'il ne fait que les conforter sur la "pente du crime"), alors que les policiers coupables de bavures entraînant la mort s'en tiraient avec du sursis.
Ensuite je n'ai jamais dit que le gouvernement Jospin avait fait tout ce qu'il fallait en matière de justice ou de prévention. J'ai juste dit que le gouvernement Raffarin, à mon avis, allait faire pire... Tu parles de 65000 médiateurs, soit. Mais le gouvernement Jospin a aussi créé les emplois-jeunes (ce sont peut-être les mêmes ? desquels tu parles ?), et je voudrais bien connaître le salaire de ces médiateurs. Ont-ils vraiment les moyens en outre de faire leur boulot ?
Pourtant contrairement à ce que tu dis don il y a des gens prêts à s'engager là-dedans, pourvu qu'on leur donne des moyens suffisants pour le faire. Et au contraire, on rogne de plus en plus sur les subventions des associations. Ma mère, qui fait de l'alphabétisation en prison et du soutien scolaire pour permettre aux détenus de passer des diplômes, voit sa mission mise en danger par un manque d'intérêt de l'Education nationale. Le Génépi, association d'étudiants intervenant en prison pour donner des cours aux détenus et aider à leur réinsertion, s'est vu supprimer ses subventions. Et c'est un exemple parmi d'autres... je suis convaincu qu'il y a quelque chose à faire, et que des gens sont motivés pour s'en occuper. |
 | |  |  | Dieu, je te réponds à l'envers : Les groupements d'intervention régionaux sont une appellation nouvelle pour un mode opératoire qui avait été déjà lancé par Daniel Vaillant. Le nouveau gouvernement ne fait que le généraliser.
Ton propos est fort juste sur le manque de moyens chroniques de la justice (il faut savoir que le budget de la justice en france...est inférieur au budget annuel de la ville de paris. Et oui, c'est comme ça !) Il reste que le gouvernement a annoncé le recrutement de 950 magistrats nouveaux, et de 3300 magistrats de proximité, professionnels du droit qui rendraient justice pour des actes de petite délinquance, sur le mode de la conciliation, la sanction n'intervenant qu'en dernier lieu. Cette mesure a d'ailleurs crée une levé de boucliers des syndicats de magistrats...vous avez dit corporatisme ?
Tu dis que les procédures sont souvent plus longues pour les flics...mais crois tu que la longueur d'une procédure soit la panacée ? je te rappelle que la france a été condamnée à de multiples reprises par la Cour européenne des droits de l'homme en raison, précisément, de la lenteur de sa procédure judiciaire.
Mais je vois ce que tu veux dire par là : tu dénonces une justice qui serait "expéditive" pour les délinquants, et beaucoup moins clémente qu'envers les flics.
Je te rappelle quand même que les faits jugés ne sont, la plus part du temps, pas du tout les mêmes : il s'agit de faits de coups et blessures, voire d'homicide involontaire, ou volontaire d'un côté (bavures policières) jugés par les cours d'assises, et de faits de vols, violences volontaires, destructions et dégradation le plus souvent, pour les jeunes délinquants de cités, jugés par les tribunaux correctionnels.
Il est normal que la procédure soit plus longue pour ce qui concerne le jugement d'actes graves.
Mais allons plus loin dans l'analyse de ta critique. Tu dénonces sans doute la procédure de comparution immédiate, ou de jugement à délai rapproché, concernant les délits commis par les "jeunes" des cités. Cette procédure a été mise en place concernant les délits peu graves, pouvant être jugés rapidement (souvent flagrants-délits) et seulement si le prévenu le veut bien. C'est d'abord une procédure destinée à règler rapidement une affaire, dans l'intérêt du prévenu. D'ailleurs, la gauche au pouvoir n'a jamais remis en cause cette procédure, bien au contraire.
Concernant les éducateurs, je te rappelle que le gouvernement Jospin avait décidé de recruter 65000 agents locaux de médiation sociale, ce qui est tout de même conséquent. Le gouvernement Raffarin n'a pas remis en cause cette mesure.
Quant à Dammarie-les-Lys, l'article de Libé est très intéressant. Sauf qu'il ne rappelle pas, même en deux mots ce qui s'était passé dans cette cité, classée parmi les plus dures de france.
Je rappelle donc les faits...(extraits) "Pour la quatrième nuit, ce 21 décembre 1997, la Plaine du Lys est en incandescence. Quelques dizaines de jeunes, organisés en petits groupes très mobiles, tiennent la dragée haute à une demi-compagnie de CRS. Deux jours plus tôt, Abdelkader Bouziane, 16 ans, a été tué à l'issue d'une course-poursuite avec une bac (brigade anticriminalité) de Dammarie. Le lendemain, les émeutes sont violentes: une quinzaine de voitures et un camion de pompiers brûlent. Le centre socioculturel est sérieusement endommagé par un incendie"
A la lecture de cet extrait d'article un reportage vu à la télé me revient à l'esprit : il montrait un ancien pompier de dammarie-les-lys, un homme qui s'était réfugié dans le cantal pour éléver des moutons, parce qu'il avait désormais peur des gens. Car cette nuit là, à Dammarie, dans ce camion de pompier qui a brûlé, il y'avait des pompiers.
J'aurais bien voulu que Libération nous rafraichisse un peu la mémoire, et qu'il arrête de ne présenter qu'une seule vision des faits. Les émeutes urbaines sont d'une violence inouïe, et il faut toujours étudier complètement les faits pour pouvoir se faire un jugement clair et objectif.
J'ajouterai enfin que les victimes des violences urbaines sont, outre les habitants des cités, Tous les représentants de l'autorité : flics, pompiers, médecins, agents EDF, postiers...livreurs même ! C'est une pente extrêmement dangereuse, qui ne concerne malheureusement pas que les flics.
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 | |  |  | | ouais mais ca coute plus cher et c sur le long terme, et là j'vois pas grd monde prêt à se motiver pour s'engager là dedans !! meme nous qui disons ca, on ne fera rien concrètement... |
 | | man, 10.07.2002 à 13:05 | 39253 |
|  |  | Déjà, les solutions qui apparaissent dans l'article, mais qui apparemment ne plaisent pas aux autorités : faire renaître une convivialité dans les cités, permettre aux jeunes de s'exprimer, de faire des activités grâce à des associations sportives, culturelles, etc... ne pas leur cracher dessus quand ils demandent des locaux, accorder plus de postes d'éducateurs, et surtout mieux payés, afin d'en faire des emplois durables... écouter un peu ceux qui gèrent la situation au quotidien : il n'y a pas que les policiers à le faire ! Développer des espaces de dialogues entre les habitants d'une même cité, entre ces habitants et le reste de la ville, les élus municipaux... Demander leur avis aux gens qui "vivent" l'insécurité, parce que ceux qui prônent le renforcement de la répression ne sont pas forcément ceux qui en souffrent le plus !
Alors bien sûr il faudrait de l'argent pour tout ça... mais bon, on réussit bien à trouver 5,6 milliards pour les policiers et les gendarmes, alors pourquoi ne pas en donner une partie à la réhabilitation de ces quartiers "difficiles" ? ce n'est pas un défi impossible, j'ai vu hier un reportage sur France 2 (pour une fois pas négatif) qui montrait une cité du Nord où la criminalité avait sensiblement baissé grâce à une politique d'écoute et d'aides aux associations de quartier. Bien sûr ce n'est pas encore le 16e arrondissement mais ça montre que des choses peuvent être faites, autres que la répression à tout va. |
 | |  |  | | et une fois tous ces problèmes exposés, quelles solutions apparaissent ? |
 | | man, 10.07.2002 à 12:49 | 39230 |
|  |  | Jon : je n'ai jamais nié que le métier de policier était un métier dur et éprouvant, et jamais dit que tous les policiers étaient des fachos. Mais tous les jeunes des cités ne sont pas des délinquants, et toutes les cités ne sont pas mises en "coupe réglée" par des gangs.. Des efforts sont faits dans certains quartiers, pour limiter l'influence de ces bandes organisées, mais ces efforts ne sont malheureusement pas toujours pris en compte, comme le montre cet article que j'ai trouvé aujourd'hui dans Libé :
La «guéguerre», comme disent les habitants de Dammarie (Seine-et-Marne), dure depuis le 21 mai dernier. Ce jour-là, Xavier Dem, 23 ans, est abattu d'une balle dans la tête par un policier. Deux jours plus tard, Mohamed Berrichi, 28 ans, se tue lors d'une course poursuite avec la BAC (brigade anticriminalité) départementale. La réponse de la justice est rapide et catégorique : légitime défense dans le premier cas, accident dans le second. C'est probablement vrai. Mais, dès le lendemain, un tract sort, signé notamment par l'association locale Bouge qui Bouge : «La BAC tue encore, la justice couvre toujours.» Depuis, la tension n'a pas décru.
Dernier exemple de cette guérilla, la célébration du quarantième jour de deuil de la mort de Mohamed Berrichi, samedi dernier. L'association Bouge qui Bouge dont Khader Berrichi, frère de Mohamed, est président, décide d'organiser une fête : animation pour les enfants des deux quartiers, débats, marche silencieuse. La famille Berrichi souhaite préparer un couscous ouvert à tous. Mais voilà, le député-maire de Dammarie, Jean-Claude Mignon (RPR), ne veut pas de cette manifestation qu'il interdit par arrêté. L'«absence de demande préalable d'occupation du domaine public» et la «nécessité de garantir la tranquillité, la sécurité des biens et des personnes» sont invoqués. L'élu est logique avec lui-même : quelques jours plus tôt, il avait qualifié les animateurs de Bouge qui Bouge et du MIB (Mouvement de l'immigration et des banlieues) de «petits terroristes de quartier» qui affirment que «toutes les démarches pour instaurer le dialogue ont été vaines». Aussitôt, les organisateurs de la manifestation font savoir qu'ils ne céderont pas.
Couscous offert. Le vendredi, le téléphone chauffe entre préfecture, commissariat, mairie et association. «Alors que nous tentions de trouver un compromis avec le préfet, nous avons appris que Khader était en garde à vue. On nous a fait comprendre que si on annulait la fête, il serait relâché», affirme Samir Baaloudj, de Bouge qui Bouge. En fin d'après-midi, le maire fait un geste : il propose que la fête se déroule dans un stade. Refus indigné de Bouge qui bouge. La garde à vue de Khader Berrichi, accusé d'outrage à cause d'un tract collé sur son pare-brise, se poursuit jusque dans la soirée.
Samedi matin, une centaine de CRS bouclent la place du 8-Mai où doit se dérouler la fête. «Ils espéraient qu'on les affronte, dit un jeune. Mais ce n'est pas notre attitude : on a décidé de se replier ailleurs.» Samedi, avec la participation d'associations (Mrap, Résistons ensemble, Dal), de syndicats (Sud, CGT), et de partis (LO, LCR, PCF), plusieurs centaines de personnes se réunissent au pied de l'immeuble où vit la famille Berrichi, à portée de haut-parleurs de la mairie. Jusque tard le soir, le couscous offert par la famille attirera de nombreux habitants. Sans incident.
Calme relatif. Ces deux jours illustrent l'ambiance qui règne depuis près de deux mois à la Plaine du Lys. «Pendant un mois, 300 policiers ont stationné dans la cité», explique Samir Baaloudj. «Puis, le 26 juin, au petit matin, 300 hommes, dont le Raid, ont investi la barre où vivait Mohamed pour enlever les banderoles et effacer les inscriptions. Ils sont entrés dans les appartements, ont perquisitionné le local de l'association, ont tabassé certains jeunes. Ils croyaient que tout recommencerait comme en 97, après la mort de Khader : émeutes, voitures brûlées, le cycle de la violence. Mais cette fois, en face d'eux, ils ont eu une organisation responsable.» Les «grands frères» ont beaucoup fait pour que «les petits ne cassent pas tout». Malgré quelques incidents isolés dont les auteurs restent à découvrir, le quartier est resté calme. «On a tiré les leçons de 97, après la mort de Khader Bouziane. Brûler des voitures, c'est facile et ça fait de belles images. Mais derrière, il y a des gamins qui se retrouvent de longs mois en prison», estime un «ancien émeutier».
L'association Bouge qui Bouge avait été créée dans cette dynamique : il s'agissait notamment d'encadrer les plus jeunes de la cité par des activités ludiques et du soutien scolaire. La mairie avait applaudi et l'of fice HLM prêté un local. Côté police, un nouveau commissaire, Patrick Girardin, partisan du dialogue, était nommé. Les BAC ont été «interdites de cité» pendant près d'un an. Elles ne sont revenues que progressivement, «avec des missions claires» explique un policier. La Plaine du Lys avait retrouvé un calme relatif jusqu'à ces dernières semaines.
Exaspération. Durant la semaine où deux jeunes ont trouvé la mort, le commissaire Girardin était en congé. L'application de la nouvelle doctrine du ministère de l'Intérieur, «tolérance zéro», a fait le reste. Qu'une compagnie de CRS recule de deux cents mètres pour éviter un affrontement inutile et, dès le lendemain, un tract du syndicat Alliance titré «Une nouvelle fois, les policiers sont bafoués» circulait dans les commissariats, dénonçant à mots couverts le commissaire. Des officiers reconnaissent, sous couvert d'anonymat, que «certains membres des BAC n'hésitent pas à menacer de mort des jeunes». L'opération de police du 26 juin (300 policiers, dont des tireurs d'élite du Raid), pour une saisie totale de 380 grammes de shit, a poussé l'exaspération à son comble. «Ma mère a été contrôlée à 7 heures du matin chez elle, en dehors de tout support procédural», raconte Abdel Lasmari, avocat. «Un policier m'a dit de m'estimer heureux qu'on n'ait pas cassé sa porte !» Surtout, les contrôles d'identité virils, invariablement suivis de poursuites pour outrage et rébellion, se multiplient. «Ils sont devenus un outil de répression politique», affirment les militants de Bouge qui Bouge. Face à ce durcissement, les jeunes de la cité ont eux aussi changé d'attitude. Les journalistes sont désormais «les bienvenus». Un policier montre-t-il son nez, que des fenêtres surgissent appareils photo et Caméscope. «Nous aussi, on va les contrôler», explique un jeune. Samedi, un orateur invitait tout le monde à se rendre au tribunal de Melun dès le 11 juillet. Deux jeunes du Mée, commune voisine de Dammarie, accusés d'avoir intimidé une dizaine de policiers, y seront jugés pour «outrage et rébellion».
Comme tu le vois, ce ne sont pas que les policiers peu expérimentés, mal payés et mal formés qui sont responsables de ces bavures et de cet état de tension... à moins que tu ne ranges les brigades anti-criminalité dans cette catégorie-là ;o)))
En fait ce qui me fait le plus réagir c'est que le gouvernement Raffarin prévoit de renforcer le côté répressif, sans songer comme tu le disais aux éducateurs de quartier qui jouent un rôle important dans leur réhabilitation, et qui sont bien souvent eux aussi des emplois-jeunes sous-payés, et du coup moins motivés...
Et enfin comme le disait Matthieu si des procédures d'enquête sont ouvertes pour tous les incidents, elles sont toujours beaucoup plus longues que pour les jeunes jugés de l'autre côté, et aboutissent souvent à des non-lieux ou à du sursis.
Quant au travail de la Ligue des Droits de l'Homme... il n'y a pas assez de procureurs, dis-tu ? alors pourquoi dépenser du fric pour des groupes d'intervention de choc si c'est pour que la justice ne puisse pas suivre derrière ? il y a une logique viciée là-dedans. |
 | |  |  | ah je n'en sais rien moi, je posais la question, ne connaissant pas le sujet ;o)))
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 | |  |  | Je respecte le travail de la ligue des droits de l'homme, et son utilité. Mais elle fait parfois des propostions totalement charmantes, mais totalement irréalistes. Pour la bonne et simple raison que les procureurs sont tellement débordés dans leurs tâches courantes, qu'ils sont obligés de déléguer leur travail à des "délégués du procureur". Ils sont également, en pratique, obligés de classer sans suite nombre d'affaires, faute de pouvoir s'y consacrer.
D'ailleurs, signe qui ne trompe pas, la loi guigou sur la présomption d'innocence prévoyait que le procureur de la République visite les locaux de garde-à-vue tous les trois mois...face au tollé des procureurs, la loi Dray du 4 mars 2002, modifiant la loi guigou, a porté la fréquence de ces visites à une fois l'an.
Autre débat : en quoi le procureur de la république, certes magistrat, mais recruté sur concours comme tout autre fonctionnaire, a t-il plus de légitimité, ou offre t-il plus de garanties que les officiers de police judiciaire composant l'IGPN, nommés par décret ou arrêté gouvernemental, sous le contrôle des procureurs généraux ? ;o)) |
 | |  |  | tiens, on va déplacer un peu le problème. Au sujet de la police des polices, la ligue des droits de l'homme propose que l'on établisse un autre type de controle que celui ci, ou bien en parallèle, afin d'éviter toute tentative de "corporatisme". Elle propose notamment que des procureurs soient autorisés a suivre des policiers sur le terrain, afin de pouvoir constater ce qui se passe réellement. Reste à en définir les différentes modalités.
Je n'ai pas connaissance vraiment du mode de fonctionnement actuel et des moyens de controle dont chacun dispose. Je ne sais pas non plus si ça changerait grand chose (à part faire augmenter le nombre de procureurs blessés ou tués en opération ;o)))) ), mais bon, on peut y réfléchir non? ;o))) |
 | |  |  | ...mmmh... allons on dit qu'c'est bon (mais j'ai jamais eu affaire aux flics !!!)
une petite blanche le 27 histoire de reprendre halaine et on repart ;o)
aaarg je peux pas m'empecher : entre poursuite judiciaire et condanation, ya quand meme une petite diferance et c'est justement la qu'est le hic... |
 | |  |  | Hum hum...ce Matthieu parle en connaisseur visiblement ;o)))
Oui, je suis parfaitement d'accord avec toi, Matthieu, les violences sont plus choquantes lorsqu'elles proviennent de personnes dépositaires de l'autorité et censées nous protéger.
Mais ne crois pas que l'inspection générale de la police nationale (police des polices) se tourne les pouces : elle diligente environ 1200 enquêtes administratives et/ou judiciaires par an. Sache aussi, si le coeur t'en dit, que tu peux saisir directement l'Inspection générale des services (équivalent de l'IGPN) à paris, si tu rencontres des manquements à la déontologie chez les flics qui t'interrogent ;o)))
Je crois aussi savoir que toute blessure, même involontaire, et a fortiori lorsqu'il y'a un mort, causée par un policier fait systématiquement l'objet d'une poursuite judiciaire.
Voilà voilà ;o)) |
 | |  |  | bin pour avoir droit aux "petites choses" faut qu'ils chercher a savoir quelque chose, ils vont quand meme pas le faire gratuitement.
je vais essayer de faire une petite conclusion (rien qu'en disant ca je me rend compte qu'il y a 9 chance sur 10 pour qu'il y ait encore plein de reponses :o))
Disons que quel que soit les bourreaux et les victimes toutes les violences sont egualement condanable. Seulement, elle sont quand meme plus choquantes quand elles viennent de policiers dont le metiers est justement des nous proteger contre ses violences...
mouais... ca te va comme conclusion ? ;o) |
 | |  |  | | Bin...euh...non, non, ça aurait pu, mais j'avais pas de magnétoscope à l'époque ;o))) |
 | |  |  | | j'avoue que je pensais à une cassette plus euh... visuelle ;o))) |
 | |  |  | | Une cassette de Dire Straits ;o))) |
 | |  |  | | c'était quoi comme cassette? |
 | |  |  | Détrompe toi concernant la visite médicale des gardés-à-vue. Au contraire, les flics demandent les plus souvent à la personne si elle ne désire par voir de médecin...non parce que les flics sont des anges, mais tout simplement parce qu'ils veulent s'éviter toute mise en cause de leur responsabilité pénale, notamment pour non assistance à personne en danger.
Les aveux n'ont jamais été considérés comme une preuve irréfragable (l'aveu n'a jamais fait preuve par lui-même), même si la vieille conception de la procédure policère y accordait une grande importance.
Quant aux autres "petites choses", je ne les ai pas consatées personnellement (bien au contraire) quand, à l'age de 16 ans, j'ai piqué une cassette dans un supermarché...et que j'ai terminé mon équipée sauvage...au commissariat ;o))) |
 | |  |  | | mais non je suis un saint moi ;o) |
 | |  |  | | tu t'es fait choper avec 10 grammes de shit matt? ;o))) |
 | |  |  | "j'ajoute aussi que la consultation par un médecin est prévue à la demande du gardé à vue ou de sa famille, à n'importe quel moment de la garde à vue."
le probleme la, c'est que le gros traficant va le savoir, mais pas le mec qui se fait chopper avec 10 grammes de shit (perso je ne le savais pas) et on ne va pas forcement le lui dire...
et en dehors des passages a tabac, il reste pas mal de "petites chose", humiliations...
une chose heureuse c'est que les aveux ne sont plus considérés comme une preuve, et on va donc moins chercher a en obtenir... |
 | |  |  | méééééééééé ! je suis pas "du coté" des delinquants moi. Je suis pacifiste et non violent ! si tout le monde etait comme moi, les flics pourraient s'occuper de l'entretiens des jardins publics !
j'en rajoute quand meme une couche ;o)))
Mais l'évolution de la pénibilité d'une profession ne se mesure t-elle à t-on avis que sur les seules morts en service ? C'est un peu réducteur.
bien d'accord, y'a aussi la precarité, le fait de savoir qu'on peut etre virer d'un moment a l'autre. :o)))
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 | |  |  | Petite précision supplémentaire, puisqu'il la faut visiblement : je n'ai jamais dit que les flics avaient le droit d'affamer et de cogner pendant les gardes-à-vues. J'ajoute que les gardes à vues des personnes mineures sont d'ailleurs filmées, et que la cassette est archivée et peut être visionnée par les magistrats à la demande de l'avocat du prévenu. J'ajoute aussi que la présence de l'avocat est de droit dès la première heure de garde à vue, et au bout de la 20ème heure. j'ajoute aussi que la consultation par un médecin est prévue à la demande du gardé à vue ou de sa famille, à n'importe quel moment de la garde à vue.
Alors on va me répondre : oui, mais les tabassages ont lieu en dehors de la garde à vue...c'est tout simplement impossible puisque ce serait de la séquestration de personne. Or, selon l'article 224-1 du Code Pénal "Le fait, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi, d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle."
Alors il y'a les chiffres des policiers morts en service qui "baisse chaque année"...Oui, cette tendance semble se confirmer depuis 1998, date à laquelle s'arrêtent tes statistiques. Faudrait-il le déplorer ?
Mais l'évolution de la pénibilité d'une profession ne se mesure t-elle à t-on avis que sur les seules morts en service ? C'est un peu réducteur.
Je tenterais, en deux mots, d'expliquer les facteurs qui peuvent expliquer les bavures policières :
1) Policiers souvent mal formés, mal encadrés, qui ne sont pas suffisamment entrainés à intervenir dans les quartiers dangereux. L'arrivée massive (20000) d'adjoints de sécurité, emplois jeunes de la police qui effectuent souvent le travail d'un policier normal, formés en cinq semaines, n'est pas pour arranger les choses.
2) Hostilité envers la police dans nombre de quartiers de nos villes, appelés pudiquement "zones urbaines sensibles" : "au sein de plusieurs dizaines de quartiers populaires, généralement excentrés, fermés sur eux-mêmes, présentant certaines caractéristiques sociales et démographiques différentes du reste de la ville (taux de chômage plus important, population immigrée plus nombreuse, familles plus vastes, pyramide des âges plus archaïque), les services de police se trouvent confrontés à des signes d’hostilité présentant divers degrés de gravité, de la part de groupes de jeunes occupant l’espace public" (note des RG)
ET qu'on ne me dise pas que ça n'existe pas, ce serait honteux.
3) Les interventions les plus banales dans des cités, parfois "tenues" par les caïds qui tiennent à y effectuer leur "business" sans être dérangés par quiconque, tourne parfois au cauchemard pour les flics..." pare-choquages " volontaires de la voiture arrivant sur les lieux, attaques à coups de barres de fer, plaques d’égouts jetées du haut de passerelles ou pavés jetés du haut des toits...Il y'a aussi, malheureusement, des cas de plus en plus fréquents d' agressions de policiers hors service, voire de membres de leurs familles. Je n'invente malheureusement rien.
Alors oui, il y'a les chiffres : il y'a de moins en moins de policiers morts en service. Mais il y'a aussi la réalité du terrain, et la difficulté réelle d'agir dans ces cités.
Encore une fois, ça n'excuse en rien les bavures policières qui sont certes scandaleuses, mais toujours sanctionnées par la justice (encore une fois, le débat sur les décisions judiciaires rendues est un autre débat qui concerne la nature et le fonctionnement des cours d'Assises)
Mais prenons tout de même garde à ne pas oublier les réelles victimes de l'insécurité, qui ne sont tout de même pas les délinquants eux-mêmes. Est-ce être facho que de le reconnaitre ? N'oublions pas que les réelles victimes de l'insécurité sont avant tout les habitants de quartiers HLM, les gens qui n'ont souvent pas les moyens de déménager alors qu'ils le voudraient. Et leurs bourreaux sont des bandes de délinquants, et non les flics.
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 | |  |  | | oui oui, c'est juste que ça m'agace toujours un peu les divisions faciles après lesquelles on ne sait plus vraiment de quoi on cause et si ça représente vraiment quelque chose. |
 | |  |  | c'est justes des chiffres pour avoir un ordre de grandeur, pasque les morts dans la police (ou les convoyeurs de fond) sont quand meme bcp plus mediatisé que les autres. sinon je donne que les morts pasque j'ai pas trouvé le nb d'accident du travail pour les policiers. je donne justes les chiffres, je fais pas un concours. en tout cas crois pas que je justifie les meurtres sur des flics, hein !
ceux qui s'en prennent phisiquement a eux justifient l'etat policier vers lequel on se dirige... |
 | |  |  | | Matthieu, désolé, mais tes chiffres peuvent être aussi cons que d'autres, certes en rapport au nombre de policiers, le nombre de morts a peut etre diminué, mais qu'en est-il par rapport au nombre d'interventions? Et pourquoi ne compter que les tués? Et on ne peut pas comparer un policier mort au boulot à un ouvrier mort lui aussi au boulot(. Les deux sont tout aussi innacceptables, mais l'un a fait l'objet d'une attaque contre sa personne, ç n'est quand même pas pareil. Par pitié ne commençons pas à jouer à qui a les morts les plus morts.... |
 | |  |  | une petite remarque:
"Ont-ils le droit de tuer des individus innocents pour autant ? Assurément non."
et c'est la meme chose pour des individus coupables !
un policier n'a pas non plus le droit de cogner ou d'affammer (pendant les interogatoires) meme un traficant de drogue-proxo-pedophile-nazi-assassin.
s'il doit y avoir une senction, c'est a la justice de la donner. et ca pas mal ne flics semblent l'ignorer.
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 | |  |  | quelques chiffres :
15 a 20 morts pour 238 000 policiers
22 morts (en 2001) pour 92 000 ouvriers du batiment
vu sur le site d'arret sur image :
On remarque aussi une baisse sensible du nombre de policiers morts en service depuis 30 ans (statistiques allant jusqu'en 1998). En rapport avec le nombre total de policiers, le nombre de mort diminue chaque an : 0,26/1 000 en 1990, 0,13 en 1995, et 0,08 en 1998. On y apprend aussi que le métier de policier est moins dangereux que ceux des ouvriers du bâtiment ou employés du transport routier... Chaque mort est un mort de trop, certes, mais les informations télévisées nous donnent une impression inverse d'insécurité croissante chez les policiers...
voila voila
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 | |  |  | Man, ô mon Dieu ;o)) Tes articles sur les violences policières et leur traitement judiciaire sont fort intéressants...même si je constate qu'ils ne proviennent pas du Figaro ;o))
Je rappellerai au préalable que je ne suis absolument pas un soutien inconditionnel des bavures policières hein ! ;o))
Mais bon, puisque la parole divine vient me chercher sur ce terrain, je tenterai d'apporter quelques élements de réflexion sur le sujet.
Quelques chiffres d'abord : On peut estimer à 620 environ le nombre de policiers français ayant trouvés la mort en service de 1971 à nos jours. Chaque année, il y'a en moyenne de 18 à 20 flics qui restent sur le carreau. Victimes de leur devoir me direz vous. Mais victimes quand même.
Sur le premier semestre 2001, les attroupements injurieux contre les interventions de police ont augmenté de 16 %, et les jets de pierre contre les véhicules des forces de l'ordre de 15 % (sources...l'Humanité)
Tous les experts en la matière l'écrivent : si la criminalité globale n'augmente pas de manière significative en france depuis le début des années 1980, après une forte hausse depuis 1965, elle a globalement changé de nature.
Après une très longue période où l'on ne pouvait déplorer principalement que des atteintes aux biens (vols en particulier) la criminalité s'attaque désormais aux personnes. Ainsi, le taux de crimes et délits contre les personnes, ainsi que les destructions/dégradations ont très fortement augmenté depuis 10 ans. Leur accroissement est même spéctaculaire depuis 1994.
De même, la criminalité urbaine et péri-urbaine a fortment augmenté depuis 1980. Une note de la section "Villes et Banlieues" de la Direction Centrale des Renseignements Généraux de 1999 nous apprenait ainsi que dans 711 quartiers de france, "un nouvel ordre social de type mafieux de met en place, avec le développement d'une économie souterraine..."
Je ne vous apprendrais pas qu'il y'a, en france, des quartiers, des cités, où la police ne peut même pas circuler sans se faire systématiquement caillasser, voire attaquer. Il y'avait, ainsi, environ 820 quartiers touchés par les violences urbaines en l'an 2000. Les plus connues sont de triste réputation...Val-Fourré (Mantes-la-Jolie), La Grande-Borne (Grigny), Les Tarterets (Corbeil-Essone), Les Bosquets (Montfermeil)...la liste est longue. N'importe qu'elle intervention policière dans une de ces cités peut rapidement tourner à l'affrontement avec plusieurs dizaines d'individus, voire créer une émeute.
La direction centrale des renseignements généraux, sous l'impulsion de la commissaire Bui-Throng a même crée, depuis 1994, une "échelle" de l'insécurité urbaine, à l'image de l'échelle de Richter pour les tremblements de terre...l'échelle va jusqu'à 8, et le niveau 6 comporte déjà "agressions physiques contre les policiers, attaque ouverte du commissariat, embuscades..."
Alors est-ce un pur fantasme paranoïaque de la part des policiers que de croire qu'on leur en veut dans ces cités ? Je ne le crois malheureusement pas. Ont-ils le droit de tuer des individus innocents pour autant ? Assurément non.
Mais peut-on raisonnablement croire, ou faire semblant de croire, qu'une intervention de la police dans ces quartiers peut se faire aussi aisément que place du châtelet à Paris, ou dans n'importe quel quartier tranquille de france ?
Je suis sidéré qu'on puisse prétendre que les flics vont systématiquement "harceler" les pauvres "jeunes" de ces cités. C'est non seulement inexact puisque les flics n'en ont tout simplement pas les moyens matériels, mais aussi un peu ridicule (les flics préfèrent nettement jouer aux cartes dans leur commissariat que d'aller chercher à se prendre des cailloux)
Mais, plus sérieusement, ceux qui écrivent ce genre de choses ont une méconnaissance totale de la réalité et du terrain, et leurs propos confrontés à la réalité de tous les jours de ces quartiers a même quelque chose d'indécent.
Ont-ils déjà entendu parler de l'économie souterraine ? du "Business", de la narco-économie de banlieue ? savent-ils que le trafic de drogue, en banlieue, rapporte chaque année plus de 171 millions d'euros ? Croient-ils réellement que les trafics en tous genres dans ces cités sont affaires d'enfants de coeur qui font joujou avec la police parce qu'ils sont déseuvrés ? Ont-ils déjà entendu parler des caïds des cités, de la loi du silence, de la honte et de la peur ?
Plus généralement n'ont-ils jamais tenter de faire quelques rapprochements simples entre émeutes urbaines et économie souterraine ? Ne se sont-ils jamais demandé si une émeute ne pouvait pas être déclanché pour protéger un "Business", montrer sa force et sa main-mise sur un quartier aux autorités ?
Je crois qu'il serait urgent d'arrêter d'être "naïfs" en matière d'insécurité, et plus particulièrement de violences urbaines.
Alors je ne dis pas que les bavures policières sont excusables. Je dis simplement que le flic d'aujourd'hui évolue souvent dans un milieu hostile, et que le recrutement et la formation ne sont pas toujours à la hauteur, il faut bien le reconnaitre. Mais qui a recruté des emplois-jeunes formés en 5 semaines, sous-payés, sous-qualifiés et sous-motivés ?
Je le répète, il y'a sans doute des flics exités, racistes, ou incompétents. Ils devraient changer de métier. Je rappelle quand même que la police a un Code de déontologie fort complet depuis 1986, et qu'elle exerce ses missions sous la "direction du procureur de la République", sous le "contrôle du procureur général",et sous la "surveillance de la chambre de l'instruction" (Code de Procédure pénale). Et encore, je ne parle pas de L'inspection Générale de la Police nationale, de l'Inspection Générale des services, du Préfet...et des journalistes ! ;o))
Alors, bon, on ne vis quand même pas dans une République bananière.
Enfin, concernant la justice, je le répète aussi, ceux qui critiquent une "justice à deux vitesses" en faveur des flics critiquent en réalité l'institution judiciaire des Cours d'Assises, et non la Police en tant que telle. Ce n'est tout de même pas la police qui s'acquitte elle-même.
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 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 16:05 | 38977 |
|  |  | Comme avait dit Reiser à la mort de Mao: "Vivement les Chinoises à poil ! 400 millions de chattes encores jamais vues ... Avec des poils raides.
(((c: |
 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 16:01 | 38974 |
|  |  | En plus, ils ont un langage bizarre !! Vous prenez un 26 ou un 19 ? Parce que le 44 c'est plus proche du 26 que du 14bis et le 29 alineas 12 se marrie à merveille avec un 94.
Quoi ? C'est ma fille que tu traites de 29 alinéas 12 ?  |
 | | man, 09.07.2002 à 15:54 | 38971 |
|  |  | | Exactement, pareil pour les jaunes aux cheveux longs !! ;o))) |
 | |  |  | | ouf heureusement que tu es la joky, a un poil pres et on ce retrouvais avec un milliard de chinois sur LE site, plus moyen de trouver de la place sur le Monochat... (encore que pour les 500 000 000 de chinoises, on doit pouvoir s'arranger :o))) |
 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 15:43 | 38964 |
|  |  | | Et le Gnakwés alors ? Faut pas les oublier les Gnakwés :o) |
 | |  |  | | ouais et tous ces jeune avec des cheveux long, on les fout en taule :o))) |
 | | man, 09.07.2002 à 15:35 | 38954 |
|  |  | | Ouais, on devrait prendre des mesures anti-immigration sur bubulle aussi ;o)))) |
 | | man, 09.07.2002 à 15:33 | 38953 |
|  |  | | On devrait mettre des grilles devant leurs terriers, pour qu'il puissent pas sortir. |
 | |  |  | | faites gaffes avec vos connerie, ya Gaston qui va venir gueuler ;o)))) |
 | |  |  | | t'as raison man, on est jamais trop prudent ;o))) |
 | | man, 09.07.2002 à 15:27 | 38946 |
|  |  | | Y'a des bougnoules pour le faire en tout cas ! ;o))) |
 | |  |  | | pasque t'as des femmes a te faire piquer toi ? AH AHAH AH AHAH AHAH :o))) |
 | | man, 09.07.2002 à 15:22 | 38942 |
|  |  | | Bin non, moi je trouve que c'est bien, tous ces nègres c'est des fainéants et des voleurs. Sans parler des bougnoules qui sont des criminels et qui nous piquent nos femmes. |
 | |  |  | vu sur le site du minister de l'interieur :
Lors d’une rencontre le 1er juillet avec son homologue italien Claudio Scajola, Nicolas Sarkozy a affirmé à Vintimille (Italie) qu’il fallait «accentuer la coopération entre les deux pays pour lutter contre l’immigration clandestine». «Il faut faire en sorte que la lutte contre la délinquance et l’immigration clandestine ne s’arrête pas à la frontière entre la France et l’Italie» a d’autre part indiqué Nicolas Sarkozy au centre de coopération police-douanes (CCPD) à Vintimille.
vous pouvez m'expliquer ce que viens faire le mot delinquance la au milieu ? c'est quand meme dangereux comme amalgame, on a vu ce que ca peut donner. |
 | | man, 09.07.2002 à 14:48 | 38933 |
|  |  | Juste histoire d'en rajouter une couche... (même si celui-ci est moins intéressant que le premier)
Le scénario immuable des violences policières
Un rapport décortique des incidents entre jeunes et policiers.
C'est un document qui ne devrait pas échapper à la sagacité du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. En 230 pages, une commission émanant de la Ligue des droits de l'homme (LDH), du Syndicat des avocats de France (SAF) et du Syndicat de la magistrature (SM) décortique trois incidents survenus entre des policiers et des jeunes entre novembre et décembre 2001. Aïda Chouk, magistrate, Laurence Gillet, avocate, Antoine Spire, journaliste, Emmanuel Terray, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, se sont rendus sur les lieux et ont enquêté «à charge et à décharge». «Les témoignages recueillis ne sont pas paroles d'Evangile. Nous avons été amenés à entendre les différents protagonistes et à faire la part des choses», indiquait, hier, le président de la LDH, Michel Tubiana, lors de la présentation du rapport.
Débordements policiers. Les observations des enquêteurs ont le mérite de formaliser un scénario de débordements policiers souvent dénoncé par leurs victimes, en l'occurrence des jeunes gens. Cela commence par un contrôle d'identité, vécu comme injuste par les jeunes, qui se transforme en face-à-face avec des policiers qui décident de les poursuivre pour «rébellion et outrages à agents de la force publique». «On part d'une situation de non-incident pour arriver à une situation d'incident», fait remarquer Michel Tubiana.
La commission reprend aussi à son compte une allégation fréquente dans les cités sensibles : des policiers souvent jeunes s'y comporteraient comme une bande face à une autre bande. «Ce qui m'a surpris, c'est le sentiment d'être parfois en présence de bandes rivales», affirmait, hier, Bruno Marcus, président du SAF. Ce constat est valable pour le premier des faits examinés par la commission. Le 17 novembre 2001, un contrôle policier tourne à la bagarre dans le quartier de la Coudraie à Poissy (Yvelines). Selon les témoins entendus par les enquêteurs, des agents lancent aux jeunes : «Lundi, on vient tous vous chercher.» Ce qu'ils font effectivement le 19 novembre. Portes enfoncées, insultes, coups se succèdent dans les appartements où les policiers sont censés retrouver les protagonistes de l'incident. Selon un témoignage, un jeune homme «qui intervenait pour dire aux policiers de ne pas recommencer les violences du matin aurait été matraqué, battu, sorti violemment de l'appartement, sa tête étant frappée à plusieurs reprises sur le sol».
Les jours suivants, plusieurs personnes sont interpellées alors qu'elles collent des affiches ou distribuent des tracts appelant à une manifestation de protestation. Selon la commission qui s'appuie sur des témoignages concordants, «ces faits, à Poissy, ne sont pas isolés». «On nous a rapporté des cas de pratiques policières analogues dans le quartier de la Coudraie ou à Beauregard : contrôles d'identité répétés des mêmes jeunes, parfois plusieurs fois par jour, par des policiers les connaissant, dans le seul but, semble-t-il, de leur faire sentir la présence de la police, arrestations et mises en garde à vue de très jeunes mineurs sans motif grave ; injures racistes, utilisation quasi systématique de la force lors d'arrestations de jeunes, même si celle-ci ne s'impose pas.»
«Climat explosif». Décrite comme un moyen de pression sur des individus, dans un quartier ciblé, l'utilisation dévoyée du contrôle d'identité peut créer, selon les auteurs du rapport, un «climat explosif» là où il n'a pas lieu d'être. Ainsi, le 13 décembre 2001, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), les policiers décident de procéder à un contrôle dans un hall d'immeuble sur une dizaine de jeunes pourtant décrits comme «oisifs» par l'un des gardiens de la paix. D'où la «rancoeur» suscitée par ces contrôles et aussi par les «fouilles illégales fréquentes» : «De manière générale, on constate des allégations de traitements humiliants qui provoquent, on pouvait s'y attendre, des réactions qui entraînent des violences et les rituelles accusations d'outrages et rébellions», indique le rapport.
Recommandations. Le troisième fait divers éclaire le traitement de la parole des victimes présumées de violences policières face à celles des fonctionnaires. Le 27 décembre 2001, impasse des Orteaux à Paris (XXe), un jeune homme tombe inanimé, après avoir été matraqué par un policier. Le rapport note : «Selon l'IGS (l'Inspection générale des services, la police des polices, nldr), Monsieur H. aurait "insulté" et "agressé" les policiers. Pour apprécier la véracité de ces propos, il faut rappeler, premièrement qu'ils sont contredits par tous les témoins que nous avons entendus, et deuxièmement que Monsieur H. a été relaxé par la justice.»
Dans les recommandations qui clôturent leur rapport, les enquêteurs écrivent que «les parquets doivent pleinement remplir leur rôle de contrôle» à tous les stades de l'intervention des forces de l'ordre et ne doivent plus dissocier dans une même affaire les faits d'outrages et les plaintes des justiciables afin de permettre aux juges d'«apprécier les faits dans leur ensemble». Ils s'interrogent aussi sur l'utilité d'affecter des fonctionnaires à des «contrôles d'identité généralisés» alors que la police manque d'enquêteurs pour lutter sur le fond contre les réseaux délinquants.
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 | |  |  | | je ne le sais que trop ;o))) |
 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 13:36 | 38920 |
|  |  | | Attention à ce que tu sous-entends; L'argent de nurika n'est pas de l'argent public :o)) |
 | |  |  | | moi j'ai bien piqué la carte bleue de nurika, mais elle a pu de sous!!! ;o))) |
 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 13:26 | 38917 |
|  |  | | C'est clair !! Mais il y a toute sorte de décallage dans la justice: entre les très riches et monsieurs tout-le-monde, entre une entreprise armée de juristes et un simple consommateur, entre un haut-fonctionnaire et nous .... Il n'y a qu'à regarder les nombreux coups d'éponges pour détournements d'argent publique ces dernières années. Essayer, vous, de detourner 10€ et vous verrez :o)) |
 | |  |  | pour en revenir a l'histoire de Lille, la nuit qui a suivit, il y a eu des violences en reaction au jugement (une 10aine de voitures brulé)...
une semaine apres un jeune a desja pris 1 mois ferme.
je vais pas le plaindre ca me parait meusuré comme sanction (en imaginant une situation de detention correct) mais par rapport au sursi du flic tueur, ya comme un petit decalage... |
 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 13:04 | 38904 |
|  |  | | Ceci dit, j'aime beaucoup la derniere phrase : « rétablir l'ordre dans ces zones de non-droit que sont les commissariats et les palais de justice ». |
 | | compte supprimé . 09.07.2002 à 12:54 | 38897 |
|  |  | | Toi aussi tu aimes bien jetter de l'huile sur le feu :o)) |
 | |  |  | tiens c'est de olivier Cyran...
il bosse a charlie hebdo lui aussi... (mais pas au figaro :o))) |
 | | man, 09.07.2002 à 12:25 | 38884 |
|  |  | Gnagnagna :o)
Un article très instructif pour mon fidèle que j'adore, afin de relancer le débat ;o) :
Le monde diplomatique Novembre 2001
TOLÉRANCE ZÉRO, MAIS POUR QUI ?
Violences policières impunies
La manifestation de milliers de policiers à Créteil, le 23 octobre, après le meurtre de deux gardiens de la paix, a confirmé l'existence d'un malaise entre la police et la justice et rappelé les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les forces de l'ordre. Ce contexte ne peut justifier l'impunité dont bénéficient les « bavures », notamment face aux jeunes d'origine immigrée. L'acquittement récent d'un policier ayant tué un jeune d'une balle dans le dos ne peut que nourrir l'idée d'une justice à deux vitesses face à laquelle l'invocation de la loi et de l'ordre républicain perd de sa portée.
On prétend souvent que les policiers sont insuffisamment formés au maniement des armes, mais, le soir du 9 juin 1991, l'agent Pascal Hiblot oppose un démenti formel à cette allégation. A 60 mètres de distance, il tire trois balles blindées en direction d'une voiture conduite par des jeunes de la cité du ValFourré, à Mantes-la-Jolie, dont il prétendra qu'ils ont menacé sa vie (1). Deux balles traversent la lunette arrière. Touché à la nuque, Youssef Khaïf, 23 ans, meurt sur le coup. Prétendre que ce tir d'excellence a valu une médaille à son auteur serait excessif. Mais il a tout de même fallu attendre dix ans pour que M. Hiblot réponde de son triple coup de feu, qualifié de « violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner », devant la cour d'assises des Yvelines, les 26, 27 et 28 septembre 2001. Comparaissant libre à l'audience, le policier toujours en poste - et, depuis, monté en grade - n'avait, à ce jour, fait l'objet d'aucune sanction administrative ni passé un seul jour en prison. Malgré le réquisitoire de l'avocat général, qui, tout en plaidant les circonstances atténuantes, avait tout de même estimé « la culpabilité établie », Pascal Hiblot a été acquitté.
L'affaire Youssef Khaïf est révélatrice du traitement politique et judiciaire appliqué à ce que l'on appelle communément les « bavures » - terme de moins en moins approprié si l'on considère les efforts constants mis en oeuvre par les autorités pour couvrir, sinon légitimer, cette catégorie-là de violences. Ainsi, vingt-quatre heures à peine après le décès de Youssef Khaïf, le ministre de l'intérieur de l'époque, M. Philippe Marchand, avait sa religion déjà faite : légitime défense. En quelques semaines, l'expertise balistique et les témoignages établiront pourtant que le policier n'était nullement menacé au moment de tirer. Mais l'instruction, menée à la vitesse d'un escargot fatigué, prendra sept ans pour accoucher d'un... non-lieu.
Selon le juge d'instruction, l'action homicide était « justifiée par l'état de nécessité ». Sept ans pour en arriver là : trois balles tirées à 60 mètres, une « nécessité »... Sans doute embarrassé par ce coup d'éponge un peu trop voyant, le parquet fera appel du non-lieu, ouvrant la voie au procès qui vient d'avoir lieu à Versailles. Mais au Val-Fourré, la cité HLM de Mantes-la-Jolie où résidait la victime, les habitants se sont accoutumés à ne plus rien attendre de cette justice trop longtemps déniée ou différée.Si l'acquittement de M. Pascal Hiblot a pu surprendre certains, c'est parce qu'il caricature à l'extrême une logique habituellement plus soucieuse des apparences, mais tendant vers le même résultat : épargner toute peine de prison ferme aux auteurs de violences policières.
Le dernier exemple en date remonte au 20 mars dernier. Ce jour-là, le tribunal correctionnel de Versailles rendait son jugement dans l'affaire Ihich, du nom d'un jeune tabassé à mort par trois policiers en mai 1991. Aïssa Ihich était asthmatique et pesait 45 kilos. Attrapé alors qu'il rentrait chez lui, à Mantes-la-Jolie, cet adolescent se voit jeté à terre par trois policiers qui l'accusent d'avoir lancé des pierres sur leur véhicule. A coups de matraques et de manche de pioche, ils lui assènent une correction d'une telle violence que trois CRS, passant par là, tenteront vainement de s'interposer. Emmené en garde à vue, Aïssa Ihich décède trente-six heures plus tard d'une crise d'asthme au commissariat de Mantes-la-Jolie.
Justice à deux vitesses
Pendant dix ans, les trois impétueux agents - pour la plupart montés en grade depuis les faits - ont bénéficié du soutien sans faille de l'institution judiciaire. Les procédés utilisés pour blanchir les policiers sont strictement les mêmes que dans l'affaire Khaïf. Ainsi, au surlendemain de la mort d'Aïssa Ihich, le procureur n'avait déjà plus aucun doute quant au fait que les coups reçus par le lycéen malade étaient forcément « légers et en rien responsables de la crise d'asthme ».
Quand le dossier atterrit enfin en correctionnelle, la famille Ihich a déjà appris depuis dix ans à ne plus croire aux miracles judiciaires. Mais il y a le témoignage accablant des CRS, narrant à la barre la violence inouïe du passage à tabac, la plaidoirie de Me Henri Leclerc, un ténor du barreau, les bonnes dispositions apparentes du président du tribunal : autant d'atouts rarement réunis pour des plaignants précaires et immigrés, et qui pouvaient leur faire espérer que l'issue n'était pas jouée d'avance. Aussi l'énoncé du jugement leur a-t-il fait l'effet d'une douche glacée : la relaxe pour l'un des trois policiers, dix mois avec sursis pour les deux autres. Une fois encore, des policiers jugés pour violences n'auront pas même passé un seul jour en prison et pourront continuer à exercer leur métier.
Les petits délinquants des quartiers pauvres n'ont pas droit à la même mansuétude. Un mois et demi après la conclusion de l'affaire Ihich, le tribunal correctionnel de Metz condamnait un homme de trente-deux ans à dix mois de prison ferme pour « provocation directe suivie d'effet à un attroupement armé ». Son délit : avoir incité des voisins à « caillasser » une voiture de police dans le quartier de Borny, à Metz. « Les jeunes des quartiers se prennent du ferme pour des broutilles matérielles pendant que des policiers meurtriers ou tabasseurs continuent à bénéficier de la bienveillance et de l'impunité des tribunaux », observe le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB), un collectif intercités souvent décrié comme « radical et anarchisant ».
Les extraits du greffe des tribunaux suffisent néanmoins pour se ranger au constat du MIB : huit mois de prison ferme pour une course-poursuite avec la police (tribunal de Nancy), un an ferme pour un jet de bouteille incendiaire en direction de policiers (tribunal de Strasbourg), huit mois ferme pour violences à l'égard de policiers (tribunal de Mulhouse), un an ferme pour rébellion et outrages contre des policiers (tribunal de Marseille)...
En comparaison, une petite liste indicative des jugements rendus pour les violences policières - rubrique allégée, il est vrai, puisque seuls les faits les plus spectaculaires sont susceptibles d'aboutir un jour devant un tribunal - donne ceci : en avril 1993, à Wattrelos, un policier empoigne Rachid Ardjouni, le jette au sol, pose un genou sur son dos et lui tire une balle dans la tête : six mois de prison ferme (2) ; en décembre 1993, à Chambéry, un policier tue d'une balle dans la tête Eric Simonté, 18 ans, désarmé et non agressif : un an avec sursis ; en décembre 1993, près de Lyon, un brigadier abat Mourad Chier, 19 ans, alors que ce dernier escaladait une falaise : cinq ans avec sursis ; en août 1995, Sid Ahmed Amiri est arrêté à Marseille par trois policiers qui l'emmènent dans une carrière isolée où ils le tabassent longuement ; après un simulacre d'exécution, ils l'enferment dans un conteneur : dix-huit mois de prison dont quinze avec sursis. Les exactions commises à une date plus récente sont absentes de cette liste, la justice prenant, comme on le sait, un temps confortable pour juger « avec sérénité ».
Encore les tribunaux ne sont-ils saisis que des affaires ayant entraîné mort d'homme, laissant ainsi dans l'ombre les brimades quotidiennes et autres brutalités « légères » dont la fréquence contribue à pourrir la vie de certains quartiers. Les victimes n'ont que leur parole. Or celle-ci, même étayée d'un certificat médical, ne fait pas le poids face à l'honneur assermenté des forces de l'ordre. Lorsqu'une victime s'avise malgré tout de porter plainte, c'est elle, en retour, qui se trouve généralement poursuivie pour « rébellion » ou « outrage ».
Difficile, dans ces conditions, d'évaluer l'ampleur de ces violences. Un chiffre permet cependant de s'en faire une idée : le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), dont une délégation s'est rendue en France en 2000, note que 137 personnes présentant des « lésions traumatiques » avaient été vues par le service des urgences médico-judiciaires en décembre 1999 et janvier 2000. Parmi elles, note le CPT, « au moins 39 personnes présentaient des lésions (hématomes, ecchymoses, excorriations, fractures) compatibles avec leurs allégations de mauvais traitements infligés par la police ». Sur seulement deux mois, et pour un service d'urgences que la grande majorité des victimes ne consultent jamais, ce résultat a valeur d'indice.
La formule consacrée de « justice à deux vitesses » paraît presque faible, tant est permanent et délibéré le schéma qui préside à la répartition des logiques pénales : gant de velours pour les uns, main de fer pour les autres. On ne saurait imputer à cette injustice structurelle tous les maux qui frappent les quartiers pauvres. Mais on ne saurait davantage nier qu'elle attise les rancoeurs contre un pouvoir perçu comme inique et qu'elle contribue, ce faisant, à alimenter les chiffres de la délinquance. L'augmentation statistique des poursuites pour outrages ou rébellion aux forces de l'ordre suggère que la « haine des flics » est proportionnelle à leur impunité.
A l'évidence, la proximité entre police et magistrature est pour beaucoup dans ce laxisme potentiellement criminogène. « Le juge sait qu'il a besoin de la police pour son instruction, observe Dominique Monjardet, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions policières. Il considère donc systématiquement la qualité de policier comme une circonstance atténuante. »
Mais l'absolution offerte aux forces de l'ordre obéit aussi à un choix politique. Dès lors que l'on donne toute priorité aux officiers de la force publique pour monter au front de l'« insécurité », on ne peut exiger qu'ils fassent des omelettes sans casser d'oeufs. Les violences commises dans l'exercice de leurs fonctions sont le prix à payer pour l'énorme responsabilité que l'Etat leur confie, ou plutôt leur abandonne. Les syndicats de policiers ne s'y trompent pas, qui protestent à grands cris de leur « rôle difficile mais crucial sur le terrain » chaque fois qu'un des leurs risque une petite peine pour une lourde violence. Et qu'importe si leur « impunité de fait (3) », fruit du marchandage entre l'Etat et son fer de lance, instaure un climat d'exaspération propre à justifier toujours plus de répression, en un cercle vicieux dont personne ne voit la fin.
Petits cadeaux pour effacer l'ardoise
Les pouvoirs publics semblent conscients de l'absurdité du régime qu'ils ont eux-mêmes mis en place, puisqu'ils tentent d'en atténuer les effets par quelques pansements humanitaires. Sans mesurer à quel point ces petites offrandes ne font qu'exacerber l'amertume des intéressés.
L'affaire Bouziane en est un exemple. Le 17 décembre 1997, Abdelkader Bouziane, 16 ans, habitant à Dammarie-les-Lys, meurt d'une balle tirée dans la nuque alors qu'il conduisait une voiture volée. Officiellement, l'auteur du coup de feu aurait tiré « face au véhicule » qui lui « fonçait dessus comme un bolide ». C'est du moins la version immédiatement avancée par le procureur. En réalité, comme le prouvera l'expertise balistique, l'agent a fait feu après le passage de la voiture, qui roulait à moins de 40 km/h. On apprendra de surcroît que le passager de la voiture a été passé à tabac quelques instants seulement après la mort de son ami. Autant de circonstances qui expliquent la poussée de colère qui embrase Dammarie-les-Lys dès le lendemain du drame. Devant cette commotion qualifiée sur le champ d'« émeute » (quinze voitures brûlées et un centre social endommagé), les pouvoirs publics paraissent pourtant préoccupés de jeter de l'huile sur le feu. M. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'intérieur, n'attend pas deux jours pour prononcer la formule rituelle : « Les policiers ont agi en état de légitime défense. »
Tout en renvoyant aux calendes grecques un éventuel procès des agents (demande de non-lieu, requalification des faits, mutation du juge d'instruction, etc.), la justice fait preuve d'une célérité remarquable à l'encontre des voisins furieux de la victime : de douze à quinze mois de prison ferme pour quatre jeunes « émeutiers (4) ». Viennent enfin les cadeaux pour solde de tout compte. Dans un effort destiné à effacer l'ardoise, les autorités lâchent quelques subventions sur le quartier d'Abdelkader Bouziane, et des emplois-jeunes pour le club de foot local. « Tout ça, c'est sur le dos d'un mort », diront les bénéficiaires. « Les terrains de basket, les tables de ping-pong ne nous feront pas oublier l'essentiel : la vie, la liberté et la justice », disent aussi les militants, décidément bien ingrats, du MIB.
Ce cas particulier permet de « modéliser », comme on dit dans les écoles de police, le plan mis en oeuvre dans presque chaque affaire de ce type. En résumé et en quatre mouvements : 1) brutalités policières entraînant la mort d'un jeune issu des quartiers socialement relégués ; 2) construction d'un dispositif judiciaire et médiatique visant à disculper par avance les agents impliqués ; 3) répression des émeutes ainsi provoquées ; 4) saupoudrage d'aumônes publiques censées rétablir la paix sociale.
Il n'est donc pas très surprenant que les appels au couvre-feu et à la « tolérance zéro » soient médiocrement appréciés par les populations qui en sont la cible (5). C'est presque sans ironie que certains jeunes soutiennent qu'il faudrait d'abord « rétablir l'ordre dans ces zones de non-droit que sont les commissariats et les palais de justice ».
OLIVIER CYRAN.
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