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© Actes Sud

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Des chiens, de l'eau
ScénarioNilsen Anders
DessinNilsen Anders
Année2005
EditeurActes Sud
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

 

2 avis

thyuig
On entre dans « des chiens de l’eau » par le mythe de Sisyphe. Fils d’Eole, Sisyphe est contraint par Zeus de pousser un énorme rocher jusqu’en haut d’une côte afin qu’il puisse redescendre de l’autre côté. Malheureusement, il n’y parvient jamais, le poids du rocher l’emportant à chaque fois alors qu’il se trouve proche du but.
Si cette scène inaugurale peut paraître un peu obscure de prime abord, son absurdité reste présente à la lecture de la partie suivante. Un homme marche sur une route. On apprend qu’il n’a croisé personne depuis plus de quinze jours. D’emblée, la possibilité qu’il y ai un endroit au monde où l’on puisse errer pendant deux semaines sans rencontrer âme qui vive nous renvoie immédiatement dans l’univers sinon du mythe, au moins du conte.
Cet homme porte un manteau, un sac à dos et converse à propos de rien avec un ours en peluche (le sien ?) sanglé à l’arrière de son sac à dos. Ils errent tout deux et tour à tour vont rencontrer le laid, le moche, l’affreux de la condition humaine, ses charognes.
Dans sa préface à son recueil de photos « Errance », Raymond Depardon affirme qu’il est impossible d’errer convenablement en ce monde, que l’humain en a tellement balisé les contours, que toute quête devient par essence humaine. Au regard de ceci, associé à Sisyphe, ce voyage errant tire son irréalité de son moteur même, l’errance comme impossibilité humaine. L’art de Nilsen consiste à mettre l’abstraction idéale de son récit au second plan. En se concentrant sur le dessin, sur sa sobriété formelle, en représentant un homme au milieu de la page, dans sa blancheur immaculé, Nilsen rend possible à l’intérieur de la page l’impossibilité de l’errance. En somme, rien n’est impossible pour le dessinateur.
Au final, si cet album détonne, se démarque de ses contemporains, c’est avant tout parce que l’auteur en a pensé l’absolue limite inhérente au travail du dessinateur. Il tache au travers de son travail de justifier que la bande dessinée elle-même n’est en somme qu’un vaste Sisyphe, qu’une reconstruction de chaque instant. On peut d’ailleurs étendre ce constat à chacune des tentatives humaines de s’extraire de cette réalité toute humaine.
Nilsen conclue son album en croisant les mythes du Minotaure et celui de Sisyphe. Par cet ajout, l’humour bien présent au fil des pages renforce un peu plus le côté burlesque de cette situation.
Dire qu’il faut lire « Des chiens de l’eau » comme une bande dessinée conceptuelle n’a pas de sens tant Nilsen accorde de place à la précision du trait et à la conception narrative.
Dire qu’il faut lire « Des chiens de l’eau », tout simplement.
Matt Murdock
A Noël, j'ai découvert l'album Des Chiens, de l'eau, de l'auteur Anders Nilsen. On commence par une relecture du mythe de Sisyphe, qui devait inlassablement remonter un gros rocher en haut d'une montagne, seulement voilà, à l'arrivée le rocher fini toujours par redescendre. Anders Nilsen s'amuse à coller un dialogue assez décalé entre Sysiphe et un canard, qui lui demande pourquoi il fait tout ça. Pas si décalé que ça quand même, puisque ce dialogue pose quelques questions existentielles assez significatives, le tout non dénué d'humour. Plutôt pas mal pour un début.

Puis débute l'histoire Des Chiens, de l'eau, où l'on découvre un homme qui marche sur une route depuis un bon moment, avec son ours en peluche dans son sac à dos, ce dernier étant la seule "personne" avec qui il peut encore avoir une conversation. Notre homme dérive sur une route au paysage désertique, où seules quelques ruines semblent être les derniers vestiges de notre civilisation. Il y croisera des loups, des pillards, un soldat blessé après une chute d'hélicoptère. Notre homme est aussi perturbé par un ensemble de rêve où il perd progressivement le contrôle d'une barque, au milieu de la mer, avant de se noyer.

Pour conclure sont album, Anders Nilsen reboucle sur le mythe de Sisyphe, et y ajoutant celui du minotaure. C'est encore l'occasion d'un dialogue assez décalé avec une touche d'humour un peu noire.

En tout cas cet album est une vraie claque, les dessins tout en abstraction de Anders Nilsen sont formidables, le récit et la construction sont minimalistes, les thèmes abordés sont universels. On tient là un superbe album.
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