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© Atrabile

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L'autre fin du monde
ScénarioIbn al Rabin
DessinIbn al Rabin
CouleursNoir et Blanc
Année2007
EditeurAtrabile
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

 

3 avis

rohagus
Un album vraiment à part de par sa taille, son format et son contenu. Un énorme pavé de plus de 1120 pages, à la couverture cartonnée, au papier fin et solide, presque papier bible, le tout rappelant fortement un dictionnaire d'autant que ses chapitres sont numérotés de A à Z. Dedans, une unique et longue histoire fleuve au graphisme minimaliste, profitant pleinement de toute la longueur de l'album pour offrir une narration très ouverte, des cases parfois uniques par page et une mise en page libérée de toute contrainte. Un album au prix également impressionnant qui m'a fait tourner autour pendant longtemps sans oser l'acheter.

Finalement, je me suis laissé convaincre et je ne suis pas déçu de mon achat.
C'est une très longue BD que j'ai mis 4 soirées à lire dans son ensemble, me forçant chaque soir à arrêter ma lecture sous le coup de la fatigue car la narration est très fluide et très prenante. Au final, je ne considère pas que c'est une BD indispensable ni un récit vraiment marquant, mais j'ai passé un très bon moment à la lire. Je ne suis donc pas déçu de mon achat, ne serait-ce que pour l'objet qui est très beau mais aussi car finalement, en terme de plaisir et de temps de lecture, le rapport qualité-prix est bien respecté.

Bref, quel est donc ce contenu ?
C'est une histoire sur la mort et l'amour après la mort. C'est l'histoire d'un homme qui voit chaque nuit le fantôme de sa femme sortir de sa tombe et partir pour de mystérieuses balades sans jamais lui parler.
A cette histoire très contemplative viennent peu à peu se greffer de nombreux autres personnages clés. Tous ces personnages sont variés et intéressants, ils ajoutent beaucoup d'interêt et de récits parrallèles à la trame principale.
Au fantastique et à l'émotion du récit tel que présenté ainsi s'ajoute aussi beaucoup d'humour. Les dialogues sont très modernes, parfois mêmes accompagnés de mots d'un argot que je ne connais pas. Et certaines répliques, réparties et autres situations sont vraiment hilarantes. Bref, il n'y a là aucun pathos, le récit est léger et agréable.

Le graphisme est le style minimaliste qu'affectionne Ibn Al Rabin. J'avoue avoir craint en début d'album de souffrir à la lecture d'une aussi longue histoire représentée essentiellement en ombres chinoises, avec des personnages (hormis les fantomes) qui ne sont que des silhouettes noires très simplifiées. Mais j'ai découvert à quel point Ibn Al Rabin est capable de donner une vraie personnalité et une formidable expressivité à ses personnages tous simples, par des positionnement de la tête par rapport au corps, par une bouche qui s'ouvre, par de basiques éléments corporels pour différencier les personnages. A tel point que l'imagination fait le reste et j'ai vraiment gardé en tête l'image de décors marquants et de personnages attachants, alors même que les images sont épurées au possible.

Quant à mon ressenti sur l'ensemble de l'oeuvre ?
J'ai été très accroché par la première moitié de l'album, par sa partie contemplative, par son ambiance mystérieuse et son petit lot de personnages. J'ai un petit peu décroché à partir de la moitié quand les choses s'accélèrent et que l'espèce de huis-clos du départ s'ouvre vers plus d'action et une foule de personnages. L'ambiance s'y est délitée à mes yeux.
Le récit n'en reste pas moins bon et très plaisant à suivre. Et la fin est assez sympathique, sans être marquante comme les fins de très longues histoires savent souvent l'être pour moi.

Un bel objet et une lecture que je vous conseille malgré son prix qui en refroidira plus d'un.
Gillix
L’autre fin du monde… un titre qui nous fait présupposer énormément de choses, surtout au vu de la bible qu’est la nouvelle livraison de Ibn al Rabin.

C’est un livre à part, clairement hors normes dans notre microcosme bédéistique. De part son volume d’abord (1'150 pages quand même), son poids (il pèse lourd dans le sac) et ses péripéties éditoriales. En fait, un objet qui ne laisse pas indifférent.

En se trouvant face à lui, le premier réflexe est de se demander ce que fait un dictionnaire ici ! Car c’est à cela que l’on pense la première fois que l’on découvre le livre, ou à une encyclopédie professionnelle à la rigueur et certainement pas à une bande dessinée. D’autre part, c’est tout aussi « agréable » à manipuler qu’un dictionnaire.

Bref, assez parlé du contenant, occupons-nous du contenu. Ibn al Rabin reprend son thème favori (du moins il le laisse croire) de la vie après la mort. En clair, il s’agit encore une fois d’une histoire de revenants. Dans "Retour écrémé", qui est déjà un joli petit pavé, le propos était malgré tout relativement condensé. Dans "L’autre fin du monde" le propos est, à contrario, très dilué.

Bon, dès le début Ibn Al Rabin nous fait une histoire en matriochka très (extrêmement ?) contemplative. Ce qui, avec son graphisme minimaliste si particulier, est à mon sens déroutant mais enthousiasmant également. Malgré cela, au bout d’un moment, le propos se dilue tellement, le nombre de case par planche se réduit tellement (même si cela est justifié à chaque fois par le récit) que le tout donne un sentiment de rallonge pour atteindre le quota de pages.

Etait-ce un but à atteindre (1'150 pages pour rappel) à tout prix ? Pour ma part, je m’en tamponne le coquillard tellement le plaisir a été grand de rentrer dans les délires de l’auteur, ses coups de folies. Parce qu’il y a de la folie dans ce livre, au propre et au figuré, et il faut l’être pour se lancer dans une aventure pareille.

En résumé, nous avons là une bonne bande dessinée qui ne se lit pas en une demi-heure, très loin de là, à côté de laquelle vous ne devriez pas passez sans vous y intéresser, mais pour cela il vous faudra le trouvez et dès lors … bon courage !
ingweil
Un pavé de plus d’un millier de pages, un dessin minimaliste, « L’autre fin du monde » est une sacrée gageure. Pourtant, au-delà de la forme et du tour de force, réside dans ce livre une histoire qui nous interroge, qui nous parle et, surtout, qui nous émeut.

Il est impossible de parler de « L’autre fin du monde » sans en évoquer sa forme. A la manière dont on peut évoquer le dessin de Guarnido ou de Blutch (pour prendre des exemples très dissemblables) pour parler de leurs bandes dessinées, le lecteur ne peut s’empêcher de parler de l’objet avant de pouvoir dire quoi que ce soit d’autre. Peut-on se coltiner plus de 1000 pages d’un dessin qui se limite à des ombres ? Et bien oui parce que la grande force de cette œuvre c’est d’abord de faire oublier la forme au fur et à mesure de la lecture. On se laisse embarquer, regrettant tout de même de temps à autre le poids de la bête qui nous empêche de lire au lit, ou la longueur du bouquin qui fait que non, décidément, on ne pourra pas la finir ce soir.

Ibn Al Rabin a certainement réussi là une parfaite adéquation entre son dessin et son propos ; on dit souvent des grands auteurs de bandes dessinées qu’ils réussissent à faire oublier la caractéristique de leur dessin pour le mettre au service d’une histoire. Ici évidemment, on ne tente pas d’ébahir le lecteur par un décolleté dont la profondeur serait inversement proportionnelle à celle de l’histoire, mais il suffit d’une dizaine de pages au lecteur pour oublier le dessin, alors même qu’il participe évidemment à la puissance de l’histoire : le découpage irrégulier qui amène le lecteur à aborder différemment le temps de lecture que tout ce qu’il aurait pu lire jusqu’ici (parfois une case seule dans une page, parfois un gaufrier, parfois un panorama sur deux pages), tout un travail fascinant sur la manière dont on identifie un personnage par de simples accessoires qui réduisent les traits des protagonistes à ce qu’ils représentent dans l’histoire. Ce n’est pas qu’Ibn Al Rabin voudrait faire disparaître tout élément perturbateur (un dessin le plus simple possible pour concentrer le plus possible le lecteur sur l’histoire), c’est que le dessin participe du dessein de l’auteur : parler du non-dit. Le silence est l’élément le plus présent de l’histoire, de la même manière que le dessin en lui-même nous en dit le moins possible de façon à ce que le lecteur lui-même remplisse ces vides.

C’est dans le silence que commence cette histoire, dans le silence et dans une espèce de douleur rentrée du personnage principal. C’est dès les premières cases que tout se joue, le temps qui s’étire pour Milch (dilution du découpage) comme l’évocation de l’ennui terrible qui suit le deuil, le silence (celui de sa compagne décédée et le sien) comme la représentation de l’incapacité de Milch à communiquer et l’humour extraordinaire dont fait preuve l’histoire, un humour toujours constitué du même ressort, celui de l’incommunicabilité des personnes. Tout aurait pu être dit dès les premières pages, mais Ibn Al Rabin tient à dérouler son univers de façon cohérente et sensible, en laissant la place à sa galerie de personnages pour s’épanouir et s’étoffer. Et puis surtout pour apporter le gag. Un humour construit uniquement sur le texte, mais quel texte ! Je ne suis pas très familier d’Ibn Al Rabin mais j’ai retrouvé chez lui l’humour développé par Trondheim, un humour de situation ubuesque, où les personnages vont jusqu’au bout de leur logique, sans jamais tenir compte de leur environnement. Pour un livre traitant de la mort et de l’amour, construire le propos sur l’humour est là encore un sacré pari. Même si les situations savent se faire plus graves quand elles le nécessitent, Ibn Al Rabin tient à conserver un ton léger à son histoire.

Si un bon livre est un vecteur d’émotion, « L’autre fin du monde » est un très bon livre ; si un bon livre sait expérimenter sur la forme, « L’autre fin du monde » est un très bon livre qui sait faire évoluer le minimalisme ; si un bon livre sait évoquer de grands sujets en prenant des axes de lecture originaux, « L’autre fin du monde » est un très bon livre.
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