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Casterman

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Blues et autres récits en couleur
Sc�narioZentner Jorge
DessinPellejero Ruben
CouleurPellejero Ruben
Ann�e1999
EditeurCasterman
S�rieOne-shot !
Bullenote [d�tail]

- Neige, [Récit complet]
- Blues, [Récit complet]
- The Pink Neon, [Récit complet]
- Le Mont Blanc, [Récit complet]
- Gris et Rouge, [Récit complet]

Réédité en 2016 par Mosquito sous le titre Gammes Chromatiques

 

1 avis

Mr_Switch
Qu'ai je lu dernièrement ?
Il y a eu "Voyage en Italie" que j'avais entamé avec la crainte de ne pas aimer. Heureusement, le charme a agi. Non que ce diptyque ait un scénario débordant d'originalité, mais il fait mouche. C'est très bien foutu. C'est l'admirable exécution de Cosey qui brille.
Il y a eu la double lecture du roman original de Stevenson et de l'adaptation BD de "Docteur Jekyll et Mister Hyde". La nouvelle est plus une réflexion éthique, philosophique. Le poids des mots, en quelque sorte. Son adaptation, grâce au style graphique de Mattotti, apporte l'effroi, et y ajoute le gore. C'est le choc des images qui brillent.
Là, je lis Kabuki en couleurs. Je ne comprends pas tout. Mais que c'est beau, que c'est troublant. Un long flot mystérieux qui, phénomène bien délicat à produire, aiguise la curiosité du lecteur. Celui-ci est inexorablement attiré dans l'ouvrage. (J'ai vraiment l'image d'un vortex en tête). C'est cette étonnante fascination provoquée qui brille.

Et il y a eu aussi ce recueil de Zentner et Pellejero. Celui-ci compile 5 nouvelles, publiées semble-t-il dans (A suivre), originellement. J’en vois déjà 2 ou 3 à ma gauche qui sont déjà conquis juste a l’évocation de « (A suivre) ». Mais la soupière ne fait pas la soupe. Il va me falloir développer.
Je dirais que ce spicilège bénéficie des 3 qualités remarquables que j’ai dégagées dans ma confession introductive. L’exécution est bien ciselée, en découlent quelques images chocs.
Les auteurs explorent des zones étranges, à la lisière du mystère et du fantastique. Une fascination parvient à s’immiscer. Il y a les histoires, oui. Mais d’abord, avant le fond, il y a la forme. Chacun des 5 récits se reporte à une couleur. Ainsi les planches de Blues deviennent-elles à dominance bleue, celle de The Pink Neon, rose. Un rose assez cynique, d’ailleurs. Mont Blanc montre de vert pâturages … tropicaux. Le procédé est connu. C’est vrai. Mais à un tel paroxysme, rarement. Est-ce le sentiment, l’émotion qui impose le gris ou le gris qui commande subtilement les sentiments, le devenir du personnage ?
Les 2 auteurs font vivre des personnages. Ce sont des dieux. Ils ont droit de vie ou de mort sur leurs protagonistes. En organisant un récit autour d’une couleur, le dessinateur manipule-t’il l’avenir du héros ? Ou se borne-t’il à accompagner le destin inéluctable du héros grâce à une palette de circonstance ?
Quoiqu’il en soit, poésie, cynisme, ironie, folie etc. sont traduits en couleurs.

Vous comprendrez que la mise en couleur a reçu un grand soin. J’ai un petit coup de cœur pour le bleu de la couverture. Bleu-vert, bleu-gris ? Je ne saurais pas vous dire. Il faut vraiment voir la couverture in vivo pour la savourer. (Le site Casterman, Bulledair, et tous les autres sites que je connaisse ne restituent que mal ce bleu). Ce n’est pas un bleu froid, ni un bleu éclatant. C’est bien un bleu de Blues.

Je parle des couleurs mais on pourrait disséquer d’autres recherches graphiques. On pourrait même dire que les personnages s’abîment dans une mise en abyme. L’album commence et finit sur la même image, la même métaphore. C’est une figure de rhétorique dont j’oublie le nom. On ne découvre pas forcement toutes les recherches purement graphiques à la première lecture. Qui plus est, ces recherches ne sont pas gratuites. En découvrir une, c’est ouvrir un pan de compréhension de l’allégorie.
L’album gagne en effet à être lu et relu. Toutes les histoires ne dévoilent pas tout de suite les méandres de leurs réflexions, malgré leurs brièvetés. Mais, là encore, le lecteur a envie de comprendre les mystères, de réfléchir sur telle ou telle arcane parfois un peu hermétique.

Après relecture, je m’aperçois que le premier récit fonctionne moins bien quand on connaît les dessous. En outre, je n’avais pas trouvé les récits trop courts de prime abord, alors qu’à la relecture, sans l’effet de surprise, cela parait parfois trop rapide, trop succinct.
Cela dit, j’accroche bien plus à cet album qu’à la série Replay du même scénariste. Je ne suis donc pas forcement aficionado (un p'tit mot hispanique est de circonstance, non ?) de Zentner. Mais il y a, ici, des idées délicieusement saugrenues ou subtilement dérangeantes. Je dois avouer que je ne connais pas les autres albums fruits de la collaboration des 2 présents auteurs.

La seconde histoire, et de loin la meilleure, est à proprement parler Blues. Ce n’est pas un hasard qu’elle ait donné son nom au recueil. Imaginez une jeune femme et un poisson d’aquarium que se livrent à un jeu érotico-dangereux… Et cela, sans que ça paraisse absurde. C’est même loin de l’être. Cette parabole moderne est pleine de sens. Le poisson est mortellement vénéneux et la fin est inexorable.
Ce récit est hypnotique. Il vaut le coup pour lui seul. La couverture est elle-même hypnotique. Il y a ce nu, beau, très beau, ce bleu magique, cette létale rascasse. Si le dard du poisson se dresse, la femme saigne et meurt. Vous comprendrez de vous-même la portée métaphorique…

The Pink Neon s’intéresse plus à la relativité de la Vérité, et thème depuis lors à la mode, du jeu risqué d’un amalgame entre réel et virtuel.
Mont Blanc est plus parodique dans les détails (Un suisse qui veut arrêter le temps …)
Enfin Gris et Rouge est sans doute le plus hermétique de la série. Il aiguise la curiosité néanmoins. Il clôt l’album comme il avait commencé, sur une trame ferroviaire. L’histoire elle-même commence avec des taches bleues et finit en taches rouges. Des taches rouges qui ne sont pas de sang. Peut-être finalement, qui sait ?

Remercions Zentner pour ses idées hautes en couleurs.
Remercions Pellejero pour ses dessins parfois de toutes beautés, parfois étonnamment puissants, non pas explicites, mais profondément implicites. A chacun d'y voir ce qu'il veut bien voir.
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