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© Rackham

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De mal en pis
ScénarioRobinson Alex
DessinRobinson Alex
CouleursNoir et Blanc
Année2004
EditeurRackham
SérieDe mal en pis, tome 1
autres tomes1 | 2
Bullenote [détail]

 

2 avis

BobLeBricoleur
Difficile de décrire un œuvre comme celle-ci. Ce n'est pas comique, pas plus que tragique, et ce n'est pas non plus moralisateur ni psychologique. Non, en réalité, c'est tout ça à la fois.

Robinson nous narre la vie de Sherman et des toutes les personnes qui gravitent autour de lui d'une manière ou d'une autre. Que ce soit son meilleur pote, sa copine, ses colocataires, son père, son patron ... tout son entourage y passe. Et n'allez surtout pas croire que l'auteur se contente de les croquer en vitesse. Chacun des personnages secondaires a au moins un chapitre consacré à sa petite vie, ce qui permet de mieux cerner sa personnalité pour mieux comprendre ses réactions dans la trame principale de l'histoire.

Autant vous dire tout de suite que c'est toute une ribambelle de personnages hauts en couleurs qui défilent sur les 800 pages noires et blanches de l’œuvre. Du puceau BD-Maniaque à la mythomane chronique, en passant par la toxico ou le vieil aigri, tous les travers de notre société y sont représentés avec beaucoup de finesse.

Loin de nous raconter une histoire extra-ordinaire, ce que Robinson étale sur ses pages, c'est notre vie personnelle en version monochrome. Un personnage central ni formidable ni minable, qui a des amis ordinaire et un quotidien routinier, c'est la vie de monsieur Tout-Le-Monde. Et c'est là où l'oeuvre frappe fort, puisqu'avec une histoire si banale, elle parvient à nous tenir en haleine du début à la fin en nous rappelant combien nos vies, bien qu'ordinaires, peuvent être passionnantes. Robinson se paye même le luxe de nous offrire une fin originale à la morale intéressante.

D'un point de vu strictement technique, absolument rien à redire sur la forme. La mise en page est souvent audacieuse et toujours bien pensée, la mise en scène est excellente avec des plan et des découpages très originaux, et le tout est entrecoupé de mini-interview d'une pages des différents protagonistes.

La seule once de critique que je pourrais me permettre d'émettre, c'est le grand nombre d'allusions et de clins d’œil historique, musicaux ou télévisuels à la culture américaine peu accessible à nous, pauvres européens, mais c'est là un moindre mal.

Au final et pour conclure, voilà bien un BD devant laquelle je me prosterne et je cris "Encore monsieur Robinson", avec la triste impression que ce livre est l'oeuvre de toute une vie et que jamais l'auteur ne l'égalera (comme le formidable Blanket de Craig Thompson).
Indy
Un pavé cette BD, mais est–ce encore une BD ? Très dense, la lecture m’a pris une bonne semaine pour tout apprécier, y compris les notes de bas de pages qui sont plus pour rappeler au français que nous sommes, certaines subtilités voire références de la langue anglo-saxonne.
Si le récit est long (600 pages tout de même), Alex Robinson a eu l’idée de le découper en chapitres, annoncés par un tableau des principaux personnages répondant à une question existentielle (qu’est ce vous voulez pour Noël ? par exemple).
L’histoire s’inscrit dans l’air du temps puisque l’on parle colocation (style "friends" mais en plus intelligent) de boulot, de rencontres, d’espoirs, d’échecs et de ruptures : ruptures amoureuse (d’ailleurs le livre débute ainsi), rupture avec la société (Cf. le groupe de rockeurs-du-dessous).
Beaucoup de moments drôles (la logeuse est excellente !), d’émotion (le noël du professeur), de grâce (la scène du patinage), de doute (à travers Ed Velasquez).
Evidemment le monde du travail très présent, n’est pas épargné, en particulier celui de la BD et de l’édition, à travers Irving Flavor, dessinateur ô combien désagréable à la première approche. Tout au long de ces 600 pages, on s’attache à tous ces personnages gravitant autour de Sherman, l’étudiant-apprenti- écrivain-libraire : du dessinateur-raté à la logeuse-caporal chef, en passant par la journaliste-bordélique et l’intello-dragueur fou… bref une galerie de portraits parfaitement réussis.
Le génie de Robinson est d’avoir fait passer l’intrigue d’un personnage à un autre… sans que l’on se rende compte qu’au final le héros n’est pas celui que l’on croit mais chut…. En outre l’épilogue est traité de façon magistrale et la nostalgie nous rattrape.
"De mal en pis", un roman graphique qui évidemment ravira les amateurs du genre mais qu’il faut absolument faire découvrir autour de vous …un régal, une claque aussi saisissante que l’était « Blankets » paru la même année.
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