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© Jules Géruzet

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Le Déluge à Bruxelles ou Profondes impressions de voyage de Noé (Polydor Auguste), patriarche en retraite
Scénariode Querelles Richard
Dessinde Querelles Richard
Année1843
EditeurJules Géruzet
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

 

1 avis

Gantois
Le Déluge à Bruxelles ou profondes impressions de voyage de Noé (Polydor Auguste), patriarche en retraite.
Après être tombé plusieurs fois sur le nom de Richard de Querelles dans des livres d’histoire de la bd, étant parfois mentionné comme le premier auteur de bd belge ou parfois comme un auteur français, j’ai enfin décidé de me rendre à la Bibliothèque Royale de Bruxelles pour voir ce fameux Déluge.

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avant de lire cet ouvrage, qui semblerait bien être la première bande dessinée belge (même pas 15 ans après la création de la Belgique).
Je n’ai pas été déçu. Il s’agit d’un petit recueil en format italien, 40 planches recto découpé comme les albums de Töpffer, généralement une ou deux cases par planche (signées Richard), avec un dessin rappelant Daumier, soit typiquement le dessin de presse de cette période.

L’histoire est toute simple. Noé, patriarche en retraire (comme le dit le titre) rencontre par hasard Monsieur Quételet (astronome, fondateur de l’observatoire Royal de Bruxelles), qui lui prédit « la Belgique va avoir de drôles de choses à essuyer ». Autrement dit, il va y avoir une tempête très importante, sans précédent. Noé décide alors de se faire construite une arche et en commande une à l’architecte Cluysenaer. Il embarque la mère Noé, ses fils Sem, Cham1 et Japhet, leurs femmes et les paires d’animaux. Pendant ce temps, l’eau monte et Bruxelles est rapidement inondé.

Le récit est satirique et absurde. L’auteur se moque absolument de tout le monde : les cochers, les prostituées, les douaniers, les gendarmes, la poste, l’académie de Bruxelles, l’astronome Quételet, Jules Gézuret (son propre éditeur), l’architecte Cluysenaer, le peintre Wiertz, le bourgmestre Rouppe, les anglais résidants à Bruxelles et leurs femmes chargées d’embonpoint, Cham (le dessinateur qui n’arrête pas de faire des charges sur les murs) et bien sûr le Roi Léopold Ier, à qui il dédie une case entièrement blanche, sous-titrée : « Il fait un brouillard tellement épais que Noé, passant à coté du Roi Léopold et ne le voyant pas a la malhonnêteté de ne pas le saluer... S.M., dont on connait la bonté, lui pardonne facilement cette inconvenance ; d’autant plus que le brouillard l’a empêché elle même d’apercevoir Noé ».
Les insultes de l’époque sont assez étonnantes : « Noé le menace de l’envoyer comme professeur d’orthographe surnuméraire dans un ministère quelconque », « Noé donne une graisse à son fils Japhet pour être allé en ville sans parapluie. Il le traite en outre de fransquillon », « Mr Quételet le traite de melon et même d’épicier ».

La bd comporte pas mal moqueries faisant référence à l’actualité bruxelloise de l’époque. Je n’ai donc forcément pas compris toutes les blagues, mais on sent bien le plaisir immense que prend l’auteur à dézinguer tous ces contemporains.

Une grande partie de l’histoire se déroule dans l’arche, d’où ils observent les évènements. A un moment, ils quittent Bruxelles, se coupent les ongles, se rasent tous la barbe et les cheveux (y compris les femmes) pour alléger le poids. Quand ils reviennent à Bruxelles, il ne pleut plus et tout est revenu à la normale. Je me permets de spoiler la fin (plus anecdotique que le récit), car je doute que beaucoup d’entre vous lirons un jour cet album. Noé revient à Bruxelles et y est décoré par un ministre.

L’album se termine avec comme ceci : « Noé et sa famille, en grrrande tenue, présentent leurs hommages aux souscripteurs de cet opuscule, et les préviennent qu’il circule depuis quelque temps de fausses pièces de cinq Francs, à l’effigie de Louis XVIII, et que Mr Géruzet, l’éditeur du dit opuscule, ne les recevra sous aucun prétexte. Allez, la musique !!! »


1) Cham est également le pseudo d’un dessinateur de presse et auteur de bd töpfferien de cette époque.
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