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Les Humanoïdes Associés

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L'Éternaute
Sc�narioOesterheld Hector
DessinBreccia Alberto
CouleursNoir et Blanc
Ann�e1993
EditeurLes Humanoïdes Associés
S�rieL'Éternaute, One-shot !
Bullenote [d�tail]

Réédité en 2010 par Rackham, sous le titre « L'éternaute 1969 »

 

1 avis

thierry
Je vais essayer de ne pas être dithyrambique pour vous parler cette absolue merveille signée Breccia et Oesterheld.
L'Eternaute est un putain de chef d'oeuvre, une leçon pour tous ceux qui considèrent la bande dessinée comme un sous-genre bâtard juste bon a divertir les gamins, une illustration de la virtuosité graphique de Breccia et une démonstration du talent narratif d'Hector Oesterheld.
En 2 cases, les auteurs campent un univers familier et rassurant. Un paisible quartier résidentiel, un homme installée a son bureau. Mais dès la dernière case de la première planche, l'Inconnu s'invite dans ce cadre sécurisant. Cette incursion crée un premier malaise, encore accentué par le choix de Breccia de représenter cette apparition par une ombre noire aux contours mal définis.



Un individu se matérialise devant nous. Épuisé, il entame un étrange recit, qu'il prétend être véridique.
Par ce procédé, Oesterheld invite le lecteur a s'identifier a l'auditeur de cette étrange confession. L'Inconnu s'adresse directement a nous, simple lecteur.
Symétriquement, le récit de l'Inconnu s'ouvre sur quelques scènes paisibles de la vie de banlieue. Quelques amis se retrouvent régulièrement pour jouer aux cartes chez l'un d'eux. Ils se connaissent depuis des années et ont pour ainsi dire une confiance totale les uns envers les autres. Puis,la neige se met a tomber. Rapidement, cette neige se révèle être meurtrière. Quiconque entre en contact avec elle meurt sur le champ ! Cloîtrés dans cette maison autrefois si accueillante, les survivants tentent de comprendre ce qui se passe. La radio leur apprend vite que cette neige n'est que la première vague d'une invasion extra-terrestre.
Breccia et Oesterheld réussissent un double tour de force. Avec une étonnante économie, ils réussissent a rendre palpable l'angoisse qui saisit les survivants. Breccia construit un univers étrange en mélangeant dessins réalistes, collages, représentation grotesques. Cette juxtaposition d'éléments disparates tend a traduire l'étrangeté angoissante de la situation.



Au delà de cette réussite formelle, ils parviennent également a insuffler des éléments politiques et sociaux fort dans leur récit. Il est vite fait mention du fait que Amérique du Sud aurait été sacrifiée pour épargner les autres régions du monde. Laisser l'Amérique du Sud sombrer au profit des autres, sous-entendu les USA et l'Europe, on ne peut s'empêcher d'y voir une métaphore sur les dictatures qui fleurirent dans le sous-continent sud-américain au cours de la Guerre Froide. Hector Oesterheld figure d'ailleurs parmi les victimes de la dictature argentine.
Le scénario s'intéresse aussi fortement a l'impact d'un tel événement sur le comportement humain. Loin de sombrer dans la facilité, il examine les réactions possibles face a une telle intrusion, entre abattement menant a des comportement quasi suicidaire, et volonté de survie telle que les autres ne sont plus que des ennemis.



"L'Eternaute" paraissait en feuilleton. Malheureusement, ni l'éditeur, ni les lecteurs n'apprécièrent ce récit beaucoup trop noir. S'en suivit une conclusion prématurée. Le dernier tiers de l'histoire marque une brusque accélération de l'intrigue. La résistance se met en place et se retrouve confrontée directement aux envahisseurs. Les longs récitatifs se succèdent, les ellipses deviennent de plus en plus abruptes jusqu'à la conclusion, en forme d'interrogation.
Le traitement graphique de Breccia redevient plus classique dans cette dernière partie, optant pour un style plus classique. Son trait reste remarquable, mais on regrette les audaces des premières planches.



La frustration de cette fin tronquée est d'autant plus forte que d'après Sebso, il s'agit de la deuxième version de cette histoire. La première, qui n'existe qu'en espagnol, fut mise en image par Solano Lopez. Oesterheld avait pu aller au bout de ses idées et pousser encore plus loin les sensations d'angoisse et de peur.
Reste que cet "Eternaute" est un redoutable diamant noir de la bande dessinée. Une oeuvre majeure a découvrir absolument !
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