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© Carabas

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Il fera beau demain
ScénarioDuprat François
DessinDuprat François
CouleursDuprat François | Perret Olivier
Année2008
EditeurCarabas
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

Pas facile d'être un super-héros quand son seul pouvoir n'arrête que la pluie. Enfin, "arrêter" c'est un bien grand mot. Disons, la pluie ne nous mouille pas. Peu de chance de sauver le monde avec un tel pouvoir... À part narguer les gens en terrasse les jours de pluie et porter les courses des vieilles dames, ce pouvoir se révèle finalement d'une utilité assez limité. Parfois, il peut même devenir une calamité si, comme moi, vous tombez amoureux d'une fille qui aime danser sous la pluie ou croisez un énergumène aux idées farfelues...
Du coup, je ne peux pas danser avec elle, et je me retrouve accroché à un zodiac tirant des jeunes filles en ski nautique sur la Seine. Oui, comme ça elles ne sont pas mouillées. "Et on va se faire un max de blé !" qu'il m'a dit...

 

1 avis

Mr_Switch
Il y a quelques … années maintenant, une chose m’avait frappé : parmi les auteurs dont le dessin retenait mon attention, François Duprat occupait une place particulière. Je parle bien d’un dessin qui interpelle, indépendamment de la beauté (ou laideur) théorique d’un trait ou d’une technique.

Faisons tout de suite un parallèle hardi. J’aime beaucoup le dessin de Michel Plessix mais celui-ci ne m’a jamais vraiment marqué. Ce n’est pas qu’il soit fade, commun ou sans faille… c’est que… enfin je… Et pourtant, j’ai pu m’extasier devant certaines planches du dessinateur de Julien Boisvert.

J’avais découvert François Duprat, sans y prendre alors garde, dans le très bon « Mon cousin dans la mort », au moment de sa sortie en couleur. Je n’ai toutefois pris conscience de l’existence du Monsieur qu’au moment de la publication hebdomadaire, sur le présent site Bulledair, des planches de « On a pas des vies faciles ». J’ai réellement accroché en vingtième semaine. Et ce n’est pas un hasard, puisque cette illustration spécifique associe trois ingrédients qui me conquièrent :
- Le personnage de Vanyda (légèrement différent de la vraie Vanyda, bien sûr) et au-delà, la représentation des personnages féminins par Messire Duprat.
- la gestuelle excessive des personnages.
- et enfin le Noir et Blanc.
Oui, je trouve que le trait de F. Duprat passe naturellement mieux quand il est en N&B, ou du moins sa colorisation n’est-elle pas si aisée. (Ajoutons que si « Il fera beau demain » bénéficie d’une impression acceptable, d’autres albums ont pu pâtir de reproductions médiocres.)

Mais revenons au trait lui-même. Nous avons touché ce qui fait, selon moi, l’originalité, la force du dessin dupratien : la gestuelle, les mimiques excessives des personnages. Ça court, vire, volte. Ça saute de joie, ça s’esclaffe par les gestes seuls. Et les postures, regardez le déhanché de ses jeunes filles. La grâce parfois. Ce phénomène magnifie tout particulièrement ses héroïnes. Les garçons ne sont pas en reste, hein. Seulement le gars Duprat est plus mordant avec eux…

Mon dithyrambe a naturellement ses limites (il semble, par exemple, que François D. peine à dessiner les bébés). Toutefois, vous aurez compris que c’est plus le (super-)pouvoir de son trait que le trait lui-même dont je me délecte.

Cette marque de fabrique est la glaise de François. Ne lui reste plus qu’à la modeler pour en faire un album. Là « on a pas des vies faciles » ou « Colombine … », ici « Il fera beau demain ».
Cette fois, l’album n’est pas vaguement autobiographique (quoique … peut-être F. D. métaphorise-t-il sur lui-même ?) et ne déroule pas dans un univers féerique. Pourtant, ce conte n’est pas pour autant des plus terre à terre.

Oui ! Le scénario est, lui aussi, délicieusement excessif. Une jeune fille, empli d’on-ne-sait-quelle folie douce, danse sous la pluie avec son crapaud mignon. Voit-elle en cet animal un aimant à princes charmants ? Qui sait… De prince charmant, dans les parages, il y a bien ce jeune homme, là. Seulement, voyez-vous, il est atteint d’une drôle d’affection : la pluie ne l’atteint pas. Sous une averse, son périmètre reste sec, comme protégé par une aura imperceptible. On voit bien qu’il s’agit du contre-pied du mythe du poissard poursuivit par son petit nuage crevé. Notre protagoniste envisage également la situation de la sorte. Aussi, essaie-t-il d’y voir un don du ciel, mais ce n’est pas évident. Si la pluie ne lui tombe pas dessus, les tracas, eux, un peu plus. Malgré tout, pour officialiser son aptitude, il endosse un costume. Un costume de super-héros. À la Daredevil. Enfin presque. Un costume d’Antipluie-Man quoi. Le défenseur de la petite vieille qui va faire ses courses sous la pluie.

Sur ce postulat original, notre super-héros d’opérette, excellemment ringard, va connaître quelques aventures, dont une histoire de planche à voile sur la Seine. Il va faire quelques rencontres, V. R. P. le VRP, une p’tite vieille et notre ondine de l’ondée, sus-présentée.
Inutile de vous dire que la rencontre entre le jeune naïf et la jeune naïade était fatale. Ça ne s'est pas passé dans les Halles, mais plutôt au bord du canal. Le choc entre leur antagonisme va-t-il engendrer orage, désespoir ou coup de foudre ? Vous le saurez si vous plongez, vous aussi, dans cette comédie qui sous des airs d’hyperbole ou de nonsense, s’accorde quelques allégories parfaitement sensées. De fait, « Il fera beau demain » est insaisissable, incatalogable : délirant mais touchant.

Pour revenir à la « glaise » dont j’avançais l’idée tout à l’heure, j’imagine que les détracteurs parleraient d’un colosse aux pieds d’argile. Il est certain que pour qui n’adhère pas au trait, à la gestuelle, au jeu outré des personnages, l’histoire aura du mal à passer.
Pour qui est séduit, la chandelle en vaut le jeu.

Enfin, pour toutes les fanettes de Vanyda, signalons que notre héros croise l’espace d’une seconde Valentine et ses copines. Saurez-vous retrouver cet instant fugace ?
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