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� Éditions H

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Tango
Sc�narioest em
Dessinest em
CouleursNoir et Blanc
Ann�e2010
EditeurÉditions H
CollectionDouble H
S�rieOne-shot !
Bullenote [d�tail]

Théo, danseur professionnel, est aujourd’hui incapable de remonter sur scène depuis que sa mère est morte. Pour se changer les idées et sur le conseil d’un ami, il va voir un film dans lequel joue Darren, un acteur prometteur et au succès grandissant. Par jeu, ils s’embrassent mais loin de passer inaperçus, ils deviennent le centre de rumeurs lancés par un magazine people…

 

1 avis

sugaryin
Tango est un recueil d'histoires courtes.
- Lever de rideau
Théo Gallard est un danseur classique, et interprète avec brio les deux personnages de la pièce Carmen. Alors qu'il arrête la danse, Théo se dirige vers Hollywood où il tourne un film en compagnie du célèbre et bel acteur Darren Fargus.
- Une fois le spectacle terminé
La suite de l'histoire précédente.
- Café et Cigarette
Paris. Un artiste peintre qui a arrêté de peindre, par manque d'inspiration et de confiance. Rencontre dans une librairie avec le propriétaire d'une galerie. L'un fume, l'autre aime le café.
- Rockin' in my head
Il est dans un groupe de rock et surtout, en galère d'argent. Il est fan du groupe Rebels, et le 5 avril est une mauvaise journée pour lui : celle du décès du chanteur des Rebels. Dans un bar, rencontre fortuite en ce jour de déprime.
- Nero
Ney et Nay habitent avec « Papy ». Mais lors de son décès, ils sont délaissés dans une grande maison. Ils n'ont jamais été séparés, mais peut-être...
- Monochrome
Encore une histoire avec nos charmants Ney et Nay.
- Des cigales le long d'une route d'été
Keiji revient à Kyoto, 42 ans après avoir quitté cet endroit. C'est le festival d'été, et la nostalgie se fait présente. Keiji repense à sa jeunesse, lorsqu'il s'entraînait à la flûte avec son ami Shû.



Il est difficile de faire un résumé de Tango. Surtout que les histoires sont assez courtes, qu'elles n'ont pas d'intrigue particulière, j'ai donc fait le minimum pour éviter tout spoiler. Ici, on est vraiment dans la tranche de vie, ce qu'on voit quand même assez peu dans d'autres yaoi. Ce que je peux dire avec Tango, c'est attention petit bijou. Cette fois, les Editions H nous ont bien gâtés. Tango est sûrement l'une (la?) des meilleures sorties yaoi dans nos contrées.

Autre chose à dire sur Tango, voilà un one-shot qui ravira ceux qui n'aiment pas le yaoi! En effet, je ne suis pas du tout de la cible et j'ai pourtant adoré. Et je ne suis apparemment pas la seule dans ce cas. C'est donc une œuvre qu'on peut mettre entre les mains de tout réfractaire. J'aurais même vu un tel ouvrage dans les collections Sakka de chez Casterman ou Made In de chez Kana. C'est le type d'ouvrage assez atypique, il n'a d'ailleurs pas toujours plu aux fans de yaoi classiques justement.

La première chose qui choque chez Tango, c'est sa couverture. Ceux qui lisent Natsume Ono (Gente, Goyô) me comprendront. En effet, cette mangaka écrit sous un autre pseudo des boys love. Ainsi, j'ai cru que « est em » était son pseudo! Les personnages sur la couverture, et encore plus sur le quatrième de couverture, font carrément penser à ceux de Natsume Ono! Mais que l'on se rassure : cela n'est plus le cas à l'intérieur. J'avoue que le dessin fut un grand moteur à ma lecture de Tango : on est loin d'un design de yaoi classiques. Les visages sont masculins et dans un style assez réalistes, bien qu'empreints de la touche est em, très personnelle. Si on veut du dessin reconnaissable, on est en plein dedans. D'autre part, les corps sont vraiment masculins, et ça fait du bien. Pas de mecs rachitiques que l'on a envie de nourrir avec un entonnoir, ici les hommes sont normaux. Les corps sont particulièrement bien dessinés, il faut voir par exemple la première histoire avec le danseur Théo : de l'expression corporelle. Graphiquement, voilà donc un yaoi qui se démarque, et c'est vraiment tant mieux sur la planète bishô.

Outre le graphisme, la narration est elle aussi différente de ce qu'on a l'habitude de voir dans les manga « lambda ». Ici, on se rapproche de titres plus personnels, plus « auteur ». De la vraie tranche de vie, avec un rythme assez lent, pas d'intrigue particulière. Des planches parfois silencieuses, se contentant d'un regard. C'est très subtil, souvent soigné. Les décors ne sont pas très nombreux mais ils sont présents, et est em joue bien sur les différents lieux de ses histoires.

est em (son pseudonyme ne prend pas de majuscule) emmène le lecteur en voyage : chaque histoire se passe dans un lieu différent. La première se déroule aux Etats-Unis. La suivante, mettant en scène le peintre, en France à Paris. On reconnaît l'ambiance café par exemple, et petits immeubles non équipés en ascenseurs avec son escalier trop serré. L'histoire avec Ney et Nay se passe sûrement en Angleterre, et la dernière histoire au parfum de nostalgie, au Japon. Bref, j'ai aimé ces différentes ambiances.

Tango a la particularité, en plus de faire voyager, d'avoir une ambiance assez artistique dans la mesure où la création, à part dans Nero et Monochrome, fait partie des thèmes du recueil. Dans les deux premières histoires, il est question de Théo, un danseur qui n'arrive plus à danser. Dans Café et Cigarette, c'est l'artiste peintre qui cesse de peindre. Dans Rockin' in my head, il est question d'un ancien guitariste qui ne veut plus reprendre son instrument. De la danse, de la peinture, de la musique. De l'art. Toutes ces histoires ont une ambiance tranche de vie. Dans ce lot tranches de vies, je suis surtout fan des deux premières histoires sur le danseur et l'acteur. J'aime beaucoup les scènes de danse en ouverture du recueil.

Les deux histoires Nero et Monochrome sont à part. Elles constituent comme un interlude à ce recueil, et sont spéciales. Ici, est em cesse la tranche de vie pour se consacrer à deux petites histoires plus imaginatives. L'ambiance y est proche du rêve, le tout est vaporeux et poétique. Un exercice très réussi, je suis particulièrement fan de Nero. Monochrome est plus difficile d'accès, on revoit encore Nay et Ney.

La dernière histoire se démarque aussi du style tranches de vie. Ici, on est dans le souvenir, dans la nostalgie, dans la belle période de l'adolescence. On sent un regard plus doux dans la mesure où le narrateur est un vieil homme. La narration est aussi plus classique et se rapproche plus des manga qu'on a l'habitude de lire. Oui, vous avez lu : un vieil homme. D'ailleurs, ce n'est pas le seul vioque que l'on a dans le recueil : dans Rockin' in my head, il y a le guitariste Joe qui n'est plus tout jeune. Je ne sais pas si on voit beaucoup de cheveux grisonnants dans les yaoi, mais j'ai tout de même l'impression que la chair fraîche, c'est beaucoup mieux dans le genre. J'aime beaucoup cette histoire, je ne suis sans doute pas insensible à l'exotisme japonais : festival d'été, kimono, cigales.

Tango est donc un yaoi différent de ce qu'on a pu lire jusqu'à présent. Il est catalogué comme yaoi au Japon, mais pourrait tout aussi bien sortir hors yaoi. C'est surtout un manga qui se démarque, qui a sa propre personnalité, une auteure qui a eu envie d'aller vers la tranche de vie. Il s'agit donc d'une œuvre mature et posée (pas dans son « contenu explicite »), qui pourrait plaire à beaucoup de réfractaires du yaoi. De plus, au niveau du sexe, on n'a rien de racoleur, pas de relation non consentie ni forcée : on est entre adultes consentant. Si vous voulez de l'humidité, passez votre chemin et allez plutôt du côté du Jardin de lierre chez le même éditeur. D'ailleurs, une seule scène de sexe (très courte) et un baiser... c'est peu. A ce niveau, on ne risque pas de choquer. Sauf peut-être Familles de France...

Si je devais mettre un adjectif à ce recueil, ce serait « fugace ». On a surtout droit à des rencontres, mais pas de développement profond de la relation. C'est sans doute ce qui m'a le plus plu dans ce recueil, moi qui suis anti-romantique au possible. Les fans de Wong Kar-Wai seront ravis de voir que certaines relations ne peuvent aboutir, qu'elles ne resteront que des « instants de vie ».

Si vous avez l'occasion de lire ce manga, n'oubliez surtout pas de retirer la jaquette : un petit bonus y a été incrusté, à lire après les histoires Lever de rideau et Une fois le spectacle terminé. Dommage qu'il soit resté en anglais. Pour finir, notons que Tango a été publié en anglais et a même reçu un prix aux Etats-Unis.

Que dire de Tango? Un one-shot à essayer impérativement, fan de yaoi ou non, malgré un prix élevé pour certaines bourses. Pour une fois, voici une œuvre particulièrement mature et personnelle dans la planète boys love, trop rare pour le signaler. J'ai eu un grand coup de cœur pour cette œuvre. Le format proposé convient à la lecture, un véritable confort quant au dessin très réussi de est em. Bref, une belle découverte. Je souhaite tout le succès qu'il mérite à Tango. Quant aux fans de yaoi classiques, ou même de manga mainstream, je doute que ce ne soit l'œuvre qui leur convient (vaut mieux se pencher sur Le jardin de lierre pour ce public justement).

Mes histoires préférées : Lever de rideau, Nero et le nostalgique Les cigales le long d'une route d'été.
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