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Beaux rivages
Dessin : Juszezak Erik
Scénario : Cothias Patrick

Beaux rivages, terminé


Volume 1 - 1995

Volume 2 - 1997

 

1 avis


Mr_Switch
Un jeune homme confié tout bébé à la garde du marquis de Boisrond veut savoir qui est son père et ce que lui cache le Marquis sur son propre héritage. Mais l’Adversité de la société qui l’entoure va soudain transformer le jeune Charles « un peu rêveur » en « fauve traqué ».
Nous sommes à une heure où des albums comme le Combat Ordinaire (ou des films comme Lost in Translation) ont montré qu’on pouvait être original sans avoir recourt aux rebondissements à outrance, artificiels à souhait. L’originalité n’attend pas le nombre des rebondissements. Un instantané de vie, d’apparence banale peut se relever mille fois plus palpitant qu’un scénario de trop invraisemblable.
Et Beaux Rivages est de la deuxième catégorie. Il y a de l’esbroufe, d’la révolte, des retournements de situations Enôrmes… mais cela tourne à vide.

Disons-le clairement, le premier tome fait penser à Largo Winch. Bon, c’en est même un ersatz. Un jeune homme, rebelle, orphelin apprend qu’il devrait recevoir à sa majorité un héritage colossal, de son père navigateur. Son entourage fait tout pour hériter à sa place.
On reproche à Van Hamme de trop recycler ses propres histoires ou celles des autres. Et bien ici, c’est lui qu’on copie. Il ne me semble pourtant pas que le scénariste Cothias ait cette mauvaise réputation. Quoiqu’il en soit, que ce soit une réplique, volontaire ou non, ne serait pas si grave en soi, si le résultat était séduisant. Au contraire, cette variation autour d’une trame connue pourrait être une bonne motivation de lecture. Malheureusement, cela tourne court.

Le second tome semble vouloir sortir du carcan. Le héros et le scénario s’évadent en bateau… et s’embourbent en mer. À cause d’un gros méchant capitaine. À cause de cette volonté de faire une surenchère de rebondissements, coût que coût. D’autres points sont gênants. Le héros est rebelle mais aussi sans cœur, cynique. Sa copine meurt d’overdose. Il réagit à peine : elle a joué, elle a perdu. Et c’est tout. Plus tard notre héros sauve un passager clandestin, au péril de sa vie. Et là, on vire dans le « bon sentiment ». La discrimination émotive dont il fait preuve est assez obscure…
Le tome 1 pâtissait d’un précèdent. Le tome 2 pèche aussi dans le déjà-vu, sans doute moins flagrant. La série incriminée est cette fois « Tramp », du même éditeur Dargaud. Tramp abordait déjà le même thème (le sabordage d’un bateau pourri dans l’optique d’arnaquer les assurances) de manière proche mais avec plus de brio et avec une narration plus coulante.

Plus coulante ? Oui mon astuce est peut-être vaseuse mais elle n’est pas gratuite.
Parce que les rebondissements… et oui ! encore eux, ce sont définitivement eux qui plombent le premier tome, et la série elle-même. (Série d’ailleurs inachevée, je ne sais pour quelle raison réelle)
Peut-être trop improbables, brusques parfois, trop précipités, sûrement trop fréquents, les rebondissements sont autant de brèches de Roland dans l’histoire. Au lieu de pimenter le récit, de soutenir l’intérêt, ils créent l’effet inverse, induisent de fortes ruptures, des fossés profonds qu’on n’a pas forcément envie de franchir pour continuer son chemin dans l’histoire.
Ce ne sont pas des propulseurs pour l’action mais des murs. On s’y cogne. Ils donnent l’impression d’une myriade de situations finales, de conclusions.
Il est mis en prison. Abracadabra, on le fait sortir. Fin ! Ah non il y a une suite. Il est interné, mais le père de son meilleur ennemi intime le fait sortir. Ouf, Fin ! Ah non, il y a une suite…
C’est lassant bien avant la fin des 48 pages du premier album…

Le dessin est lui d’un classique réalisme des années 80-90. Il n’y a pas grand-chose à en redire, sauf peut-être que notre héros de 16 ans en fait plus, sans que cela lui donne un réel charisme.

Bref l’ennui, c’est qu’on s’ennuie…
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