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Fatum
Dessin : Francard
Scénario : Froideval François

Fatum, terminé


Volume 1 - 1996

Volume 2 - 1997

Volume 3 - 1998

Volume 4 - 2000

Volume 5 - 2001

 

1 avis


Mr_Switch
Le latiniste averti vous dira : Fatum : 1° Oracle, prédiction : Fata implore, accomplir les oracles. 2° Destin, destinée, sort : Fato, suivant l'ordre du destin, fatalement. 3° Terme ou durée de la vie, mort naturelle : Cedere Fato, mourir de mort naturelle. 4° Accident, fatalité, malheur. 5° Le Destin (divinité).

Don Cenettone, 12 ans, hérite de son père, d'un empire mafieux fait de corruptions, de meurtres et d'embrouilles en tous genres. C’est un point de départ un peu déroutant, n’est-ce pas ? Eh bien, rajoutons que cela se passe dans un futur assez fantastique, avec les cyborgs de circonstances et tout le toutim.
Les membres du Conseil de cette mafia trouvent la situation plus qu’inacceptable et dépassant tout entendement. Il n’est pas question d’obéir à cette demi-portion. Malheureusement pour eux, le môme ne fait pas dans la dentelle et massacre tout ceux qui se dressent devant lui.
Le bougre est diablement efficace et passe 4 albums à massacrer presque sans peine les différents membres félons de l’organisation. Chaque clan (chaque famille) est un cliché personnifié : L’oncle du gamin le conspue, sa sœur est jalouse de lui. La russe est nymphomane. Il y a le clan branché, très largement prétentieux et efféminé. Le vieux « sage » chinois et sa fille vivent dans un simili jardin nippon, posé sur un building hi-tech. L’européen est lâche, l’africain opportuniste… Enfin la mère du gamin est assimilée écossaise. C’est une femme sèche qui dirige une armée de jeunes filles.
Cette dernière mourra comme les autres mais en protégeant son fils. Celui-ci est triste mais cela a du bon, il n’aura jamais besoin de la tuer plus tard. Avant de rendre l’âme, elle lui adjoint une de ses meilleures filles, la pulpeuse Nadine, blonde de la tête aux pi.. au pubis. Cette charmante demoiselle dormira nue avec le gamin, le plus naturellement du monde.
Bref, vous comprendrez qu’il ne faut pas lire la série au premier degré : des situations limites, du carnage gratuit, des enterrements qui se succèdent, de la cruauté, de l’humour noir. On ne sait pas s’il faut en rire ou s’en offusquer.

Le gosse n'obéit qu'à une loi, Le Fatum. Il a accepté le Fatum. Le Fatum ? Une tradition mafieuse qui régit la vie des parrains. Un pacte avec le diable : On a la puissance, le respect, l’obéissance sous réserve d’être un monstre sanguinaire. On accepte le Fatum et sa fatalité (pléonasme, vous l’aurez compris) si on admet de se jeter à tout instant dans la gueule du loup, d’aller les yeux fermés (mais en prenant les mesures adéquates…) dans les pièges qu’on vous tend.
Don Cenettone a donc assimilé le principe : il fait massacrer sans le moindre remords toute personne qui peut le gêner. Il fait passer ses intérêts en priorité. C’est une ordure, un serial killer. Les 4 premiers tomes sont un éternel recommencement : 1° tome Don massacre son oncle, 2° Don massacre d’autres membres, 3° tome Don massacre d’autres membres… etc. Durant 4 albums et demi, cela ressemble plus a un manuel : « 1001 et une façons d’exterminer vos collaborateurs sans soucis. » . Donc il n’y a pas de rebondissements, chaque massacre semble se faire naturellement, tout est prévu. Tout est inscrit et se déroule sans embûche. Le scénariste fait fi de tout suspense…
L’histoire est donc très limitée. Le gouvernement mondial semble fermer les yeux sous le chantage d’une histoire de clone, ainsi la mafia fait ce qu’elle veut.
Et puis à la fin du tome 5, la tournure des choses interloque. On a vraiment envie de rire :
le gamin met ses amis à l’abri. Il massacre les dernières familles mafieuses qui lui étaient pourtant favorables. Ils donnent un pécule à ses amis. Il renverse le président mondial, nomme le ministre de la sécurité président. Il donne au nouveau président des secrets pharmacologiques médicaux qu’il détient. Il fournit les adresses des associations mafieuses et criminelles, ainsi que le moyen de les contrer. Il détruit toute forme de cyborg pasquelescyborgscestdangeureuxetlemondeilestpaspréparéàcettetechnologie. Le président le salue comme le sauveur du monde. Le gamin retrouve Nadine et ils partent se fondre dans l’ombre ensemble. Plus tard, peut être qu’il s’aimeront encore, alors ils auront peut-être des enfants. Ouf, ce sera que plus tard, toute morale est sauve…
Et le Fatum, alors ? Basta le Fatum. Il s’est débarrassé du Fatum.
A ce moment, on se dit « tout ça pour ça ». On nous donne 240 pages de massacre flashy, de tripes à l’air, de viande à l’air, de nichons à l’air. Et en dix pages, le jeune héros exécrable devient un ange. On n’ose imaginer que le scénariste pense nous faire gober que le môme a fait tout ça pour mettre fin à la mafia. Qu’il aurait étouffé la mafia en la prenant à son propre jeu.

Bref, voila encore une série qui rend dubitatif. Abominable navet ? Sans doute si on la prend au premier degré. Si on prend ça au énième degré, cette série mérite un coup d'œil :
Un aussi risible changement de situation, je n’ai jamais vu ça.
En outre c’est marrant de voir que le scénariste prend un malin plaisir à placer Don Cenettone et la mignonne et pulpeuse Nadine dans des situations immorales. Il veut choquer mais en même temps il a l’air d’avoir un peu peur. Il tente de faire passer la pilule en insistant sur l’utopie de ses scènes, en leur donnant une pseudo moralité. On retrouve ainsi plusieurs fois Nadine à poil, au lit avec le gamin, en prise avec cette interrogation : « Que faire avec un gamin de 12 ans dans cette circonstance ? ». Le gamin, bizarrement, dans ces moments là, ne pense pas à mal…

Froideval veut choquer mais il sait qu’il n’a pas le droit de tout faire, surtout pour un album Dargaud. Il donne une série est assez inintéressante dans l’histoire. Mais essayer de comprendre ce qu’il a voulu faire est plus intéressant.
Le dessin est sympathique, parfois un peu paresseux pour les visages. Les couleurs sont vives a souhait.

En bref, il ne faut sûrement pas dépenser son fric pour se procurer cette BD. Mais si vous l’avez entre les mains, amusez-vous bien.

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