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La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
Dessin : O'Neill Kevin
Scénario : Moore Alan

Cycle 1, terminé


Volume 1 - 2001

Volume 2 - 2001
Cycle 2, terminé


Volume 3 - 2003

Volume 4 - 2003
Dans le même univers

  • La Ligue des Gentlemen Extraordinaires - Century
  • La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
  •  

    2 avis


    smiley_Bone
    L'autre côté du pont,
    Mister Hyde contre des Tabourets
    qui sont les humains ?


    "Whatever on earth possessed you
    To make this bold decision
    I guess you don't need me
    While whispering those words
    I cried like a baby
    Hoping you would care"

    Ces paroles tirées de la chanson Saturnine de The Gathering me paraissent être adéquates pour le dénouement de ce deuxième volet de la LoEG aux projecteurs fixés sur Mina Murray et Mister Hyde. Ce n'est pas très étonnant en fait puisque ce sont ceux qui paraissent les moins humains des extraordinaires gentlemen et que tout tourne autour de la notion d'humanité dans cette nouvelle épopée. Ce n'est donc pas un hasard non plus si Alan Moore se permet le luxe de reprendre à son compte la Guerre des Mondes de HG Wells (et aussi une autre de ses oeuvres d'ailleurs). Des Extra-terrestres qui se comportent justement comme l'espèce humaine lorsqu'il s'agit de conquérir un territoire (et donc démystification de toutes les guerres coloniales anciennes ou récentes suivez-mon regard). Moore en profite également pour montrer le côté déshumanisant de la guerre et qu'il n'y a ni bon ni méchant dans ce genre de situation que ce soit avec la cause de l'invasion (avec un joli clin d'oeil à Burroughs par l'intermédiaire d'un certain John Carter Warlord of Mars ) ou le dénouement du conflit qui tout en suivant la conclusion d'HG Wells (d'ailleurs c'est sans doute la meilleure adaption de ses romans que HGWells aurait pu souhaité), montre aussi que l'histoire est écrite par les vainqueurs. Mais pour en revenir à Mister Jekyll et Mina Murray, ils se révèlent finalement être les seuls vrais humains du récit (Nemo étant un peu trop désabusé et cynique, et Griffin un aigri revanchard) avec ce bon vieux Quatermain, ceux qui malgré tout arrivent à avoir des sentiments ou pour le moins de la compassion et qui savent encore ce que la souffrance veut dire.

    Mais bon la grande force d'Alan Moore a toujours été d'aborder des problèmes complexes sous le couvert d'un récit d'une grande fluidité. C'est encore le cas ici où les réflexions d'Alan Moore n'empêchent pas des scènes de batailles hallucinantes dans des paysages dantesques ou des combats de titans dans l'intimité d'une bibliothèque tout cela grâce au trait gargantuesque, nerveux, démésuré, caricatural, monstreux mais parfois délicat de Kevin O'Neill toujours aussi en forme, notamment lors de la scène d'ouverture de la saga sur la planète Mars qui rappellera bien des souvenirs aux lecteurs de Watchmen. Et puis il y a les couleurs parfois réalistes parfois totalement décalées (voir le vert de la forêt l'épisode 4 ou le rouge roccoco de la Tamise) de Digmaliw. Enfin il y a ce formidable dénouement, rempli d'un puissant pathos qui aurait perdu sa connotation péjorative. Ouais quoiqu'on en dise Moore reste le Magicien des comics-books par-excellence.

    martin
    En convoquant de nombreux héros de la littérature populaire du XIXème siècle (le capitaine Nemo, l'homme invisible, Docteur Jekyll et Mister Hyde etc.), Moore nous offre à nous lecteurs un plaisir comparable à celui d'ouvrir un vieux coffre à jouets. C'est la joie enfantine de l'improbable rencontre des héros préférés de notre enfance liée au charme renouvelé du merveilleux scientifique de nos lectures d' H.G. Wells et de Jules Vernes.
    Ainsi la Ligue des Gentlemen Extraordinaires repose sur un premier contrat de lecture : ce n'est pas une oeuvre sérieuse, les auteurs et le lecteur jouent. Tout d'abord avec leurs références littéraires, mais aussi avec la forme, il s'agit d'un feuilleton d'aventure avec son lot d'actions, de méchants, d'intrigues tordues et de coups de théâtre.
    L'amateur de Moore retrouvera ici son style narratif avec sa prédilection pour les mises en page régulières et les itérations graphiques, qui font ressembler sa narration à une implacable mécanique de précision et qui invitent le lecteur à se pencher sur tous les détails graphiques. On pourra remarquer ainsi comment l'arrivée des martiens en fin de 1er cycle est préparée tout au long de l'album.
    On s’ébaudira aussi de la grandiose bataille martienne entre différentes races extra-terrestres dans laquelle nous plonge Moore dès le 1er chapitre du 2nd cycle. Les chapitres suivants mettent en scène la guerre des mondes (conséquence de cette bataille) revue à la sauce de la ligue.
    A partir du 2nd cycle, les auteurs ajoutent à l'aspect feuilletonesque celui de la série. Ainsi en parallèle des péripéties de l'histoire, les personnages constituant la ligue voient leurs relations se complexifier et évoluer jusqu'à provoquer l'explosion du petit groupe. Alors que le 1er cycle relatait la constitution de la ligue, celui-ci en décrit la destruction.
    On trouve une somme de références culturelles dont, je dois le dire, une bonne partie me passe au-dessus de la tête. Le nouvel almanach du voyageur en appendice en est un parfait exemple. Cette accumulation de mythes et légendes constitue une liste bien indigeste même si elle ancre plus fermement encore la ligue dans les littératures de l'imaginaire et qu'elle expose tous les possibles de cet univers.
    Mais c’est ce mélange détonnant de merveilleux, de fantastique et de science-fiction agrémenté de références littéraires, d'intrigues multiples, de trahisons, de coups de théâtre et d'action qui fait toute la saveur de l’œuvre.
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