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Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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lanjingling, 13.10.2017 à 1:16366714
Je te souhaite, comme pour moi, une bonne rigolade à la lecture de cet article.

beuzno, 12.10.2017 à 19:19366713
Dans le dernier "art press2"(n° 46), consacré à la philosophie de François Jullien "des concepts proposés à l'art", se trouve un article copieux de Fabien Vehlmann "du bon usage de l'"impensé", littérature populaire et bande dessinée de genre", dans lequel il parle de l'influence de la pensée du philosophe sur sa façon de travailler, notamment sur son livre "les derniers jours d'un immortel".

Je n'ai lu, pour l'instant, que l'introduction.

Herbv, 16.09.2017 à 16:56366506
Ce qui est certain, c'est qu'au Festival d'Angoulême, le stand de Taïwan est plus intéressant et plus beau que celui de HK et ce, depuis quelques années.

En 2012, la BD taïwanaise avait bénéficié d'une exposition et j'en avais fait un compte-rendu ici.

NDZ, 16.09.2017 à 15:38366502
Parfait

lanjingling, 16.09.2017 à 12:21366498
Sur l'article (qui contient quelques erreurs factuelles) ou la nouvelle ?
Bon, les musées, c'est souvent des mausolées de l'art, et, comme celui de Hong Kong, il est créé après la fin de l'âge d'or (en popularité du moins) de la B.D. locale. La reconnaissance officielle se fait quand l'engouement populaire est retombé.
Mais Taiwan est plus politisé et a un gouvernement moins j'm'en foutiste libéral que celui de HK, le musée de Taiwan risque donc d'être plus actif que celui de HK, qui avait bien commencé (le lieu est très beau) mais depuis vivote péniblement (moins d'expos et d'animations qu'au début).

NDZ, 16.09.2017 à 10:16366497
Un petit commentaire de notre envoyé spécial lanj' ?

lldm, 27.08.2017 à 15:44366359
http://sisyphe.org/spip.php?article2334
un texte de 2006 mis en ligne sur Sisyphe. Pourquoi le mentionner ici ? Une simple pensée pour Chester Brown.

NDZ, 20.08.2017 à 11:08366310
ibnalrabin :
Allister Baudin :
Ce genre de remarque (...)


Bon eh bien c'est super intéressant et j'ai appris des choses, je lirai donc avec plaisir une version plus complète de l'analyse de cette problématique, que personnellement je n'aborde que de manière empirique, mes connaissances théoriques là dessus étant proches du grand rien.

Mais effectivement, ce forum n'est peut-être pas le lieu le plus approprié, en même temps c'est l'été, si on peut pas faire ce qu'on veut partout c'est que quelque chose ne va pas.


Moi aussi j'apprends plein de trucs et ça rejoint quelques menues réflexions que je me faisais en voyant ça:


ou bien ça


et en comparant à ça




ah non, pas ça, je voulais dire ça




En plus de certaines choses typiques des séries américaines dans lesquelles les dialogues sont très souvent des respirations entre deux scènes d'action qui permettent aux héros de récapipituler (dire au téléspectateur ce qu'il doit penser au temps T, au cas où il aurait fait un tour aux toilettes ou au frigo) plus que du réel contenu, un réel échange ou un moyen de creuser la pyschologie des personnages. En bande dessinée, on peut figer le temps de l'image pour le remettre à l'échelle du dialogue si besoin, on peut accélérer l'image par rapport au dialogue, ça ne gêne pas. C'est Une des grandes qualité (parmi tant d'autres) de ce 9e art.

Mael, 20.08.2017 à 8:23366309
J'étais complètement passé à travers l'info mais depuis le début de 'lannée Blanquet a lancé une maison d'édition,Les Crocs électriques, qui sort un livre tous les trois jours. Le format rappelle celui des livres d'illus UDA : broché, une vingtaine de page couleur, 5€.

On y trouve beaucoup d'habitués de Blanquet (Pyon, Lolmède, Richard...) mais aussi énormément d'autres auteurs, j'ai notamment eu la surprisé d'y voir un recueil de dessins du jeune Zéphir et deux livres inédits de Robert Varlez !

Notons que les prix sont par ailleurs largement dégressifs.

ibnalrabin, 21.07.2017 à 18:39366174
Allister Baudin :
Ce genre de remarque (...)


Bon eh bien c'est super intéressant et j'ai appris des choses, je lirai donc avec plaisir une version plus complète de l'analyse de cette problématique, que personnellement je n'aborde que de manière empirique, mes connaissances théoriques là dessus étant proches du grand rien.

Mais effectivement, ce forum n'est peut-être pas le lieu le plus approprié, en même temps c'est l'été, si on peut pas faire ce qu'on veut partout c'est que quelque chose ne va pas.

Allister Baudin, 20.07.2017 à 23:27366168
ibnalrabin :
lldm :
Ibn Al Rabin : bien reçu. C'est très au-delà, niveaux enjeux, de ce que ta modestie légendaire m'écrivait


(lldm parle d'un bouquin que je lui ai envoyé.) C'est gentil, mais je ne crois pas être modeste, au contraire, je me crois parfois tellement le meilleur que je me refuse de dire du bien de mes productions. (Demi-ironie dans cette phrase.)

Bon, j'ai trop de choses à faire dans la vie en général mais je voulais quand même faire une remarque supplémentaire sur cette histoire de temps en bande dessinée.
Une chose qui m'a marquée dans certaines BD "classiques" ou "semi-classiques" (ça ne veut rien dire à part que ce n'est pas du tout des choses expérimentales dont je parle), c'est comment se déroulent certaines conversations lors de déplacements. Ce ne sont que des souvenirs donc je n'ai pas d'exemple précis à donner, mais je parle d'un ressenti très clair que j'ai eu par rapport à ça. Disons que les protagonistes se rendent d'un point A à un point B et conversent tout le long, leur conversation se terminant à l'arrivée. Il me semble avoir lu ça dans de nombreuses bandes dessinées. Or il est clair (dans le récit) que le temps de déplacement est largement supérieur au temps de la conversation, qui dure quoi, une minute, même pas, le temps de lire une page. Pourtant, ça semble tout naturel à la grande majorité des lecteurs, mais moi, lorsque j'ai dû dessiner des conversations, je n'arrivais pas du tout à le faire de cette manière là, avec deux temps distincts se déroulant en parallèle, je coinçais complètement, le rythme ne m'allait pas du tout, et j'en ai fait des "plans fixes" (par faute d'une autre terme). J'en ai conclu pas mal de temps plus tard que j'étais beaucoup plus soucieux de réalisme "rythmique" dans certaines de mes bandes dessinées (avec des distorsions, évidemment) que la majorité de celles dites, justement, réalistes, dont le rythme me paraît très éloigné de la réalité (ce qui n'est absolument pas une critique, je précise).

Bref, voilà tout ce que j'ai le temps de dire pour le moment, mais c'est un sujet qui me fascine pas mal, je lirai donc fort volontiers des choses là dessus.


Ce genre de remarque est très fertile pour aborder certains aspects importants de la question du temps en bande dessinée. Ce forum n’est peut-être pas le lieu pour creuser la question, je suis d’emblée désolé du hors-sujet et j’espère ne pas être trop assommant, surtout en l’absence d’exemples précis. J’avais envie de rebondir sur ce que disait Ibn Al Rabin, j’espère que l’absence d’exemple précis dans la problématique soulevée ne va pas rendre mon développement trop aride ou général.

En l’état il me semble que le fait que le décalage entre « le temps du dialogue » et « le temps de déplacement » (pour reprendre les termes de ton exemple) soit « naturel » pour bien des lecteurs invite à réfléchir sur la différence entre la façon dont on associe une temporalité à une apparence (au sens large, c’est-à-dire quelque chose que l’on voit - images, choses, etc.- et auquel on accède par notre perception naturelle, qui ne donne lieu qu’à des impressions singulières situées dans le temps et l’espace) et une (a)temporalité à un texte (lequel relève du discours, qui fait usage de concepts généraux et non singuliers, et que l’on pense plutôt qu’on ne le sent).
Ainsi, au temps du déplacement, qui est estimé par le lecteur qui nombre le mouvement des personnages, pourrait s’opposer l'atemporalité du discours des personnages, qui, en tant que discours (et donc abstraction), fait usage de mots, c’est-à-dire de termes généraux dont le sens n’est en apparence pas lié à un instant précis (les mots sont des généralités, et comme toute généralité, ils nourrissent l’illusion d’être atemporel – quand je vois quelque chose, je n’ai qu’une représentation particulière liée à un instant T ; mais quand je lui donne un nom, je prétends m’extraire du caractère partiel et situé de la perception). En gros, ceci expliquerait que les mouvements des personnages soient nombrés par le lecteur, qui leur attribue un certain rythme, un certain temps, tandis que leur dialogue est rejeté dans l’ordre de la signification, qui par sa généralité, donne une illusion d’atemporalité : dès lors, le décalage entre les deux serait facilement accepté, puisqu’il n’y aurait quasiment qu’une seule temporalité, celle du déplacement, le dialogue étant rejeté hors de la temporalité du fait de la généralité de ses termes.
Néanmoins, ceux qui (comme toi) insistent moins sur le sens du discours que sur le geste qui le rend possible le restituent pleinement dans la temporalité. A la différence de l’opposition entre notre perception des choses – dans lesquelles j’inclus les images – et notre intellection du discours, une autre attitude/lecture, plus proche de la tienne, pourrait consister à penser le dialogue non pas en fonction de son sens (toujours général, non-temporel en apparence), mais en tant qu’action, c’est-à-dire en tant que mouvement, en tant qu’articulations de la mâchoire des personnages : et ainsi, en considérant le dialogue non pas selon le sens de ses mots et leur généralité d’apparence atemporelle, mais en tant que mouvement, en tant que geste, alors le décalage entre les gestes et le discours saute aux yeux, le geste de la mâchoire (je trouve pas d’exemple plus concret) du discours étant en décalage avec le reste des gestes dans l'exemple que tu donnes.
Mais, selon nombre de présupposés philosophiques plus complexes qu’il faudrait explorer et interroger, ce décalage entre différentes temporalités dans une image (ici, la temporalité du discours-geste et celle du déplacement) pourrait être irréductible, malgré des prétentions au réalisme qui tenteraient de le réduire ; rentrer dans ces considérations-là serait ici trop long, et je vais pas réussir à effleurer ces idée-là autrement qu’ à l’arrache et rushé à fond (comme tout ce qui est écrit dans ce post mais en pire); on peut dire qu’elles consisteraient à voir dans toute image quelque chose de distinct par nature de nos autres perceptions, toute image entre autre présentant un montage de temporalités différentes, distinct radicalement de ce à quoi nous fait accéder notre perception naturelle (et entre autres permettant de manifester en quoi le temps est condition de possibilité de cette perception), et, appliquées aux bandes dessinées, permettraient aussi de rappeler que le « texte » de bande dessinée est dessiné, et qu’il est donc également image – l’opposition entre le texte et le dessin n’aurait rien de spécial, tous deux étant conçus comme traces, elle ne serait que l’exacerbation d’un fonds allégorique qu’aurait toute image (bon…c’était impossible de résumer 300 ans de pensée en un paragraphe, tant pis).
En réalité, j’ai poussé au max les distinctions ici pour essayer d’être clair, mais on ne peut pas opposer ceux qui se foutent du temps du dialogue, intemporel par la généralité de son sens, à ceux qui le considèrent avant tout comme geste : tout le monde considère à la fois le dialogue par son sens et par le geste qui le rend possible, mais certains tendent à accorder plus d’importance au sens, d’autres au geste. Ici on pourrait aussi faire intervenir la question pragmatique de la place du texte dans l’image qui concerne certains dessinateurs au travail. Je crois que les dessinateurs qui réfléchissent avant tout à ne pas se faire piéger par une bulle trop petite ou (pour les plus maladroits) à ne pas « gâcher » leur joli dessin par un morceau de texte qui viendrait empiéter, oublient que le dialogue est un geste et se concentrent avant tout sur le sens.
Ces considérations extrêmement partielles se fondent sur des présupposés théoriques qu’il faudrait justifier et expliciter en détail...
Quant à ceux qui veulent lire quelques textes sur le temps et la bande dessinée, voici des références plus ou moins récentes, qui m’ont semblé insatisfaisantes, mais dans lesquels on peut trouver matière à débat, à réflexion, etc :
J. Baetens & M. Ribière (dir), Temps, narration et image fixe, 2001, Brill
R. Baroni, La tension narrative, Seuil, 2007 p.91-160
R. Baroni, « (Un)natural Temporalities in Comics », dans European Comic Art, Vol. 9 issue 1., 2016
S. Conard (sic) et Tom Lambeens, « Duration in comics » dans European Comic Art, Vol. 5 issue 2., 2012
Tout le monde semble d’accord pour dire que la bande dessinée crée du temps avec de l’espace, du successif avec du simultané, sans jamais se demander si le temps n’est pas fondamentalement image, ou s’il existe vraiment quelque chose comme une image non-temporelle. Pourtant ce ne sont pas, depuis Le Timée jusqu’à Matière et mémoire, les sources qui manquent.

ibnalrabin, 19.07.2017 à 23:38366164
lldm :
Ibn Al Rabin : bien reçu. C'est très au-delà, niveaux enjeux, de ce que ta modestie légendaire m'écrivait


(lldm parle d'un bouquin que je lui ai envoyé.) C'est gentil, mais je ne crois pas être modeste, au contraire, je me crois parfois tellement le meilleur que je me refuse de dire du bien de mes productions. (Demi-ironie dans cette phrase.)

Bon, j'ai trop de choses à faire dans la vie en général mais je voulais quand même faire une remarque supplémentaire sur cette histoire de temps en bande dessinée.
Une chose qui m'a marquée dans certaines BD "classiques" ou "semi-classiques" (ça ne veut rien dire à part que ce n'est pas du tout des choses expérimentales dont je parle), c'est comment se déroulent certaines conversations lors de déplacements. Ce ne sont que des souvenirs donc je n'ai pas d'exemple précis à donner, mais je parle d'un ressenti très clair que j'ai eu par rapport à ça. Disons que les protagonistes se rendent d'un point A à un point B et conversent tout le long, leur conversation se terminant à l'arrivée. Il me semble avoir lu ça dans de nombreuses bandes dessinées. Or il est clair (dans le récit) que le temps de déplacement est largement supérieur au temps de la conversation, qui dure quoi, une minute, même pas, le temps de lire une page. Pourtant, ça semble tout naturel à la grande majorité des lecteurs, mais moi, lorsque j'ai dû dessiner des conversations, je n'arrivais pas du tout à le faire de cette manière là, avec deux temps distincts se déroulant en parallèle, je coinçais complètement, le rythme ne m'allait pas du tout, et j'en ai fait des "plans fixes" (par faute d'une autre terme). J'en ai conclu pas mal de temps plus tard que j'étais beaucoup plus soucieux de réalisme "rythmique" dans certaines de mes bandes dessinées (avec des distorsions, évidemment) que la majorité de celles dites, justement, réalistes, dont le rythme me paraît très éloigné de la réalité (ce qui n'est absolument pas une critique, je précise).

Bref, voilà tout ce que j'ai le temps de dire pour le moment, mais c'est un sujet qui me fascine pas mal, je lirai donc fort volontiers des choses là dessus.

lldm, 19.07.2017 à 16:35366157
j'aimerais répondre à tous mais je dois m'esquiver pour un moment : box cramée, je choppe du wifi derrière le jardin d'un voisin en attendant une réparation qui risque d'être très longue dans ma campagne perdue. Donc : pas de surinterpétation du silence.

Ibn Al Rabin : bien reçu. C'est très au-delà, niveaux enjeux, de ce que ta modestie légendaire m'écrivait (et ça me renvoie par ailleurs, pour ce que ça dit, à la corde imaginaire à laquelle je me pend chaque matin depuis plus de trente ans avant toute autre opération de la journée). Deux planches au moins justifieraient un long texte sur le temps en bandes.
Qui ne se fera jamais dans ces nouveaux cahiers, soyons-en assurés. Ces gens, je le répète, ne sont pas nos amis, mais nos fossoyeurs. Mais on peut ajouter des fleurs sur la tombe, Maël, si on veut, va, cours, fleuris.

Merde, il pleut à nouveau et le vent emporte ce foutu parasol, aah, reviens non
non

Mael, 19.07.2017 à 11:00366156
Ha bah voilà, désolé Allister comme quoi je suis peu investi sur ce numéro.

L'autre question intéressante qu'on a un peu évoqué ici est celle de l'utilité de ces articles, j'avoue être c'est sceptique sur l'impact, peut-être là un peu plus. Intéressant de voir que Sous les bombes est assurément une des meilleures ventes (pour un bouquin en vente ferme par ailleurs) sans pouvoir mesurer quel impact.

J'ai rarement vu un quelconque impact de mes articles, ni d'articles sur Gorgonzola, au delà d'une vente ou deux. Terreur Graphique m'avait indiqué que les deux seuls fois où un impact sur les ventes étaient constaté pour lui (mais ça date un peu) dans deux cas : quand Rue89, site généraliste, avait mis un article de sa section BD en une, et le jour ou Larcenet avait causé de ses livres.

beuzno, 19.07.2017 à 9:41366155
tiens! y'a notre ami colonnier qui sort une bd sur caillebotte chez glénat
y'a longtemps qu'il n'est pas venu nous insulter

Pierre, 19.07.2017 à 9:25366154
J'ai pris beaucoup de plaisir hier soir à la lecture de l'ouvrage ci-dessous:





Et il m'apparût alors que son propos n'était pas sans lien avec les échanges animés qui se sont déroulés ici ... J'imagine très bien comment l'oeuvre au conditionnelle qui est le propos même de ce livre-charge, pourrait se trouver couronnée de lauriers dans ces Cahiers de la bande dessinée ... Il s'agit de conditionnel bien sûr.

Allister Baudin, 19.07.2017 à 2:07366152
Mael :
Allister Baudin :
D'ailleurs, l'Egouttoir voulait rééditer "Chez les Esthètes", avec une énorme documentation, et avait reçu l'accord de Willem...Ce serait bien que ça arrive.


Énorme boulot mais pour le coup je ne suis pas qualifié de l'égouttoir pour le faire, mais je l'ai dans un coin de tête. Les priorités de 2017/2018 sont une anthologie de BD Colombienne puis l'Intégrale Imagex.


Décidément, que de news, potins, infos voire même scoop...

Allister Baudin, 19.07.2017 à 2:03366151
Mael :
Mais dans ce numéro on parlera longuement de Kurtzman, de Deforge, de Bodé et je crois même de ton Kirby chez Adverse (mais je n'en suis pas certain, et c'est pas pour me "racheter", ça pour le coup je n'y suis pour rien). Cela laisse un peu d'espoir. Et on trouve donc aussi un certains nombres de jeunes auteurs qu'on a cités, et aussi celui qui fait le papier sur Bodé dont je ne connais plus le nom, et c'est une bonne chose. Après on peut se dire qu'y participer est honteux, je l'entends, mais dans ce cas il ne faut pas nous reprocher en parallèle de ne pas y parler de ce dont on parle, ou dont on compte parler dans mon cas car encore une fois je suis peu dans ce numéro 1.


Euh non, tu te trompes Maël. On ne parlera pas longuement de Deforge, ni du Kirby : le DeForge est un exemple dans le texte d'Irène mais l'analyse, bien que pertinente, est courte. C'est très bien mais c'est court (mais là c'est Irène qui choisit de s'étendre plus ou moins sur ses exemples).

Quant au Kirby on n'en parle pas, j'ai juste saisi l'occasion de le citer dans une courte critique sur un livre consacré à Kirby dont les intentions et le résultat sont à l'opposé même de tout ce qui ressemble à du LL de mars (voir mes précédents messages quand je disais que pour l'instant on n'évoque des titres dont on se sent proche qu'à l'intérieur de cadres que l'on n'a parfois pas déterminé nous-même - le rédacteur en chef nous laissant plus de liberté pour le choix des sujets des numéros suivants -). Enfin Bodé ce sera pour le numéro 02, dans le cadre d'un article qui s'annonce intéressant. Quant à mon article sur Kurtzman, il dépasse bien le stade de la pensée par slogan mais il a bien des défauts, on va pas non plus trop s'y accrocher. Ce qui compte c'est qu'on puisse dans les prochains numéros avoir plus de prise sur ce que l'on fait et sur le choix des sujets et je crois que ce sera le cas.

Par contre, une fois encore, question nostalgie des premiers Cahiers (non parce qu'il s'agit malgré tout de ça, personne ne s'etouffe de la parution de L'Immanquable ou de DBD en kiosques, c'est le titre "Les Cahiers" qui fait mal), je vous invite à rejeter un oeil à la période Groensteen ( qui commence au n°56 ) pour comprendre que c'était également un ou deux articles très bons perdus dans 40 pages sur Cosey ou Juillard (mais il est vrai, une certaine décence au niveau du ton global de la revue).

Mael, 19.07.2017 à 1:10366150
Allister Baudin :
D'ailleurs, l'Egouttoir voulait rééditer "Chez les Esthètes", avec une énorme documentation, et avait reçu l'accord de Willem...Ce serait bien que ça arrive.


Oui. Énorme boulot mais pour le coup je ne suis pas qualifié de l'égouttoir pour le faire, mais je l'ai dans un coin de tête. Les priorités de 2017/2018 sont une anthologie de BD Colombienne puis l'Intégrale Imagex.

Mael, 19.07.2017 à 1:07366149
J'ai pu lire tout ça et c'était intéressant, Allister et Glotz allant sans doute plus clairement que moi.

Je vais donc rerépondre clairement au début, sans l'énervement mais en refusant ce ton malgré tout absurde.

Ta question était "vas-tu parler de ce dont on ne parle pas ailleurs" la réponse est oui. Pas dans ce numéro (enfin peu, Schrauwen reste cependant a mon avis peu connu de la majorité du public de ces cahiers, mais j'y était peu investi).

L'énervement vient de ta rhétorique que je trouve inutilement violente et surtout fausse. Tu élude la "pureté" car ce serait une manière de ne pas répondre, j'y vois une manière de refuser totalement toute remise en cause de ta façon d'aborder les choses, mais d'accord. Je vais formuler autrement et ça devrait t'aller, tu as une approche très intègre et radicale de la question, c'est tout à ton honneur, je ne suis pas aussi radical, j'aime par ailleurs aussi des choses très classiques et aime en parler. Je ne pense pas être non-intègre mais sans doute moins puisqu'en effet je fais des jobs de commandes alimentaires (pour info, par pour te convaincre car tu diras à raison que je pourrai aussi réduire mon train de vie, mais pour ceux qui pourraient se méprendre, je ne suis plus fonctionnaire depuis peu et vis entièrement de ces articles et commandes) et accepte qu'on coupe mes textes de manière "commerciale".

Bon, mais ceci n'était pas ta question. Ta question était allai-je profiter de ces espaces pour parler de ce que selon toi je défends dans le privé et dans des fanzines (et sur facebook, mon plus réseau de diffusion mais bref), soit dans des cercles ou "ça fait bien". Bon la réponse est oui, mais c'était une question biaisée et malhonnête puisque dans les quelques trucs "grands publics" pour lesquels j'ai écris jusqu'ici (en gros Bodoï et une revue musicale gratuite) j'ai toujours parlé de ces choses moins connues. Certes aussi des Schtroumpfs, mais les pointer en niant le reste est juste fatigant. Par ailleurs, tu sembles reprocher cette participation même. Bon ça s'entend très bien dans ta cohérence, ça me fait penser à Bourdieu sur la TV, disant qu'il fallait refuser ce média car le cadre même empêchant la réflexion. Il avait fort raison dans son analyse mais je reste peu convaincu de l'idée de rester à se convaincre entre soit. Dès lors j'accepte les règles de cet drôle de reprise. David l'a largement expliqué il y a des marges de manoeuvre, nos actions conjointe ont fait conserver leur intégrité à un article, pour ma part j'ai aussi agis en lien avec David pour que son texte sur Kurtzmann ne soit pas coupé et ajouter du nb de signe, enfin on a fait ajouter un cahier pour plus de texte. Alors oui c'est aussi plus de trucs un peu WTF comme les commentaires de dédicaces par Sadoul ???

Mais dans ce numéro on parlera longuement de Kurtzman, de Deforge, de Bodé et je crois même de ton Kirby chez Adverse (mais je n'en suis pas certain, et c'est pas pour me "racheter", ça pour le coup je n'y suis pour rien). Cela laisse un peu d'espoir. Et on trouve donc aussi un certains nombres de jeunes auteurs qu'on a cités, et aussi celui qui fait le papier sur Bodé dont je ne connais plus le nom, et c'est une bonne chose.

Après on peut se dire qu'y participer est honteux, je l'entends, mais dans ce cas il ne faut pas nous reprocher en parallèle de ne pas y parler de ce dont on parle, ou dont on compte parler dans mon cas car encore une fois je suis peu dans ce numéro 1.

Allister Baudin, 18.07.2017 à 18:21366147
Au cas où il fallait le préciser, mon commentaire précédent est écrit à la va-comme-je-te-pousse, c'est ma bouillie spéciale forum hein, ça n'a rien à voir avec ce que j'ai écrit/lettré pour ma pomme dans "Temps et bandes dessinées".

"Chez les esthètes" de Willem est l'une de mes rubriques préférées de revue (toute revues de toutes époques confondues), donc ça m'a sans doute travaillé (et bon il faut l'avouer, je lisais les carnets de Sfar quand j'étais adolescent, mais aussi les textes écrits à la main de Crumb, de Swarte, de Gotlib, de Kurtzman, et quand j'ai commencé à chercher tous les Charlie, y'a eu Willem, et même "Ecrit à la main" de Hugot (sans lire les textes, la présentation me plaisait bien), et l'édito de Lapin 23 de Menu).

En ce qui concerne le manuscrit original, je pense en refaire une partie (il y a beaucoup trop de détails insatisfaisants en l'état), mais en l'état et dans l'idée il y a / aura quelques trucs dessinés, peut-être en marge du texte, de toutes les façons le lettrage c'est du dessin. A la base je voulais bêtement améliorer mon lettrage pendant une année passée à dessiner (mais je n'ai rien d'intéressant à montrer ou à proposer), tout en faisant un travail théorique. Et puis en m'y mettant, et en voyant le truc se faisant j'ai eu l'intuition qu'il y avait un sens à traiter de ce sujet de cette façon là, et que j'en avais peut-être eu la perception confuse. Bon on est hors-sujet et je suis un peu gêné de parler d'un truc dans lequel je vais me remettre et qui va nécessiter pas mal de boulot avant d'exister autrement que comme des feuilles volantes collées à mes murs.


D'ailleurs, l'Egouttoir voulait rééditer "Chez les Esthètes", avec une énorme documentation, et avait reçu l'accord de Willem...Ce serait bien que ça arrive.

Pierre, 18.07.2017 à 17:50366146
Puisque l'original est manuscrit, il me vient cette question: ton texte prévoit-il l'insertion de dessins ou schémas de la main de l'auteur ? Cela pourrait être intéressant, pas seulement pour éclairer un propos que je pressens un peu ardu, mais aussi pour te voir réinterpréter graphiquement les pages de bande dessinée qui seront commentées.

Sinon, parmi tes prédécesseurs (pour ce qui regarde l'étude de la bande dessinée) je pense naturellement au mémoire de maîtrise de Menu, ainsi qu'au fameux "Chez les esthètes" de Willem dans Charlie mensuel.

Allister Baudin, 18.07.2017 à 17:19366145
Ce qui me faisait penser que c’était foutu pour la question de la temporalité telle que je l’envisage, c’est que l’éveil et l’intérêt qu’elle suscite ne semble nourrir que des réflexions sur la forme de « la » bande dessinée, évitant tout ce qui pourrait nous approcher du contenu des exemples choisis (lorsqu’il y a des exemples choisis on se contente grosso-modo de Chris Ware, de l’éternel Cage de Vaughn-James et de McGuire, qui sont bien sûr fondamentaux mais qui sont presque toujours réduits à leurs aspects formels permettant de pouvoir allonger les petites listes fripées des « potentialités » de la BD qui font ressembler une énorme masse de textes « théoriques » récents à des guides de la route); comme si les questions sur le temps qui peuvent surgir d’une lecture n’avaient rien à voir avec ce que nous dit ou nous montre ce qu’on est en train de lire (la question du « temps et de la bd » dans les articles que j’ai croisé n’aboutit jamais à des interrogations sur comment certains auteurs nous font lire, à un moment précis de leur oeuvre, un éclair, un flash, un moment d’inattention ou d’absence (« l’attention à la vie », c'est à dire notre façon de diriger nos gestes en fonction de ce qui nous est utile, est constitutive dans le réel d’au moins un de nos rapports au temps) etc. )
La « sémiologie » (au sens méga-large et dans ses versions les plus diverses) dans les études critiques semble avoir motivé de nombreux efforts pour péniblement montrer à tout prix que « la » BD avait des codes, qu’elle était un langage, un système (de signes), qu’elle présentait des structures, adossant toutes ses œuvres, prises plus ou moins indistinctement, à un impératif de narration, de sens (et, au fond : de communication). On pourrait s’attendre qu’avec tant de travaux et de transpiration pour assigner la BD au sens et au récit, certains se penchent sur le sens de certaines œuvres ou de certains récits, sur ce qu’ils nous racontent. Et non, rien, le contenu est toujours ignoré. Et les récentes études sur le temps n’échappent pas à ce travers, toutes répétant par exemple à l’envie la remarque Groensteenienno-Peetersienne qu’un lecteur de BD lira une œuvre dont il a une vision panoptique (on voit globalement et confusément les pages entières avant d’entamer leur lecture), et que la linéarité du récit en est atteinte ; ce n’est (souvent) pas faux, mais c’est bien peu dire et ça évite surtout de se pencher sur ce que nous racontent les œuvres (et pourtant, on nous réaffirme partout qu’elles nous parlent, puisqu’on aurait affaire à un langage ! Si la bd est un langage, alors, dans les textes de nos critiques, c’est un langage qui ne dit plus rien, qui ne raconte que dalle – évidemment, voir ce que « racontent » les œuvres, c’est bien différent de leur donner un sens univoque, et ça c’est embêtant pour les ambition de toute puissance de certain théoriciens – des affirmations univoques et définitives sont en apparence plus faciles à formuler lorsqu’on se contente des questions formelles).

Comme il semble que plus aucun critique ne « lit » de bande dessinée pour voir ce qu’elle leur raconte, personne pour se pencher sur certaines scènes de vie quotidienne dans les bandes dessinées classiques (même pas besoin d’être « pointu »), où le temps semble s’écouler au même rythme que nos actions habituelles – pourtant cela pourrait être un point de départ pour aborder le rapport du mouvement au temps et la façon dont nous lions temps et mouvements « utiles » ou « signifiants » de façon confuse intuitivement (réduisant l’action à son but selon une sorte de téléologie qui n'est pas sans rapport avec nos habitudes).

C’est pas comme si nombre de textes sur la danse et le cinéma ne pouvaient fournir de points de départs (négatifs ou non) pour réfléchir sur la représentation du mouvement et son lien au temps et ce n'est pas non plus comme si nombre de bandes dessinées issues des corpus les plus banals ne permettaient pas d’aborder cette question, dans ce qu’elles doivent également au cinéma d’animation et à sa distinction entre « timing » et « spacing » ou à Muybridge (qui a bien dû perforer le cerveau de certains dessinateurs croyant pouvoir s’en servir sans effet secondaire comme base pour apprendre l’anatomie).

Rien non plus par exemple sur comment certains auteurs utilisent notre façon de prêter une certaine vitesse à certains gestes pour la remettre en question, de façon par exemple triviale chez Conrad lorsqu'il s'essaie à un "ralenti" pendant une baston dans les Innommables. De façon bien plus extraordinaire chez Buzzelli, lorsque celui-ci nous fait croire que le temps s’est arrêté* dans la page 1 d’Aunoa, qui présente des personnages qui cessent de bouger, pour nous montrer page 2 une énorme explosion. On comprend rétrospectivement que la page 1 montrait un flash de quelques secondes précédant l’explosion, mais que faute de « mouvement » et de geste nous avons postulé l’arrêt du temps. Donc : rien sur comment certains auteurs exceptionnels peuvent nous faire « sentir » une vitesse seulement une fois que l’action s’est achevée et non au moment de l’action même (Buzzelli touchant sans doute là une vérité de notre façon de percevoir un "évènement" au sens strict - je ne connais pas d’autre art qui peut donner une "sensation" retrospective d’un rythme). Rien sur la façon dont ils (ici, Buzzelli, mais on peut aussi parler de Verbeek, Tagawa, Copi, etc) brisent notre tendance à attendre que les bandes dessinées se déroulent à un certain rythme**, que l’on pense sur un certain aspect de notre rapport au temps dans la vie. Et je ne vais pas évoquer ici le rapport entre le temps et le « dialogue » en bande dessinée (et à ce que l’on appelle bêtement « les silences »), et il faut aussi parler du temps de la lecture même (mais toujours en partant de certaines œuvres, il n’y a pas vraiment de chose comme « la lecture de bande dessinée » dont on pourrait parler). Et ce n'est que lorsqu'on se confronte à tout ça, à des oeuvres dans lesquelles il s'est passé quelque chose qui nous dit un truc ou nous violente au sujet de notre rapport à nos gestes et au temps dans la vie que l'on peut aborder le fait que dans beaucoup de bandes dessinées les images simultanées deviennent successives dans l'oeil de celui qui les regarde, histoire de ne pas en faire bêtement une "spécificité" de la BD.


Voilà, etc. ETC. ETC. J’ai beaucoup de choses en chantier, et cette question est longue à explorer, mais ouais, je vais m'y remettre.

*ou qu’il s’écoule à vitesse normale mais que ce sont les personnages qui se sont arrêtés, ou encore que l’histoire s’est arrêtée et que l'auteur se prête à des variations hors-récit.
** Tendance construite par les milliers d’œuvres répétant les mêmes formules (règles des 180 degrés, sens de lecture, etc)).

Xavier, 18.07.2017 à 17:16366144
lldm :
La mise en ligne ne répond pas au dixième, techniquement, des exigences d'un travail de fond dans le domaine de l'image comme dans tant d'autres, et moins encore comme aptitude à produire ces opérateurs de distinction et elle participe très largement à l'invisibilisation ; que pas un copain philosophe ou linguiste ne trouve de quoi publier des papiers alors qu'ils trouveront 500 endroits où on sera ravi de regarder mourir en ligne leur travail nous éclaire sur les rapports désespérés au papier : le numérique est juste partout la bonne excuse pour se débarrasser de la recherche, pas du tout la superbe opportunité qu'on nous vante de la partager.

Oui, et en même temps, le numérique est ce qui permet à du9 d'exister depuis vingt ans, et de dépasser modestement l'hyper confidentialité dans laquelle le truc serait s'il avait dû rester en version papier.

J'entends bien tes critiques à l'égard du numérique, mais je pense que le problème n'est pas tant le numérique, que la manière dont est abordée la recherche dans son ensemble -- voire même comment est abordé le numérique tout court.
Alors oui, beaucoup ont pu dire que le numérique allait être la solution magique, mais quand on voit comment fonctionne l'édition universitaire dans son ensemble... quels éditeurs payent les textes qu'ils publient? On considère que la recherche est payée par ailleurs, et la manière dont sont rédigés les contrats est presque violente.

Mais on s'est méchamment éloigné du sujet.

NDZ, 18.07.2017 à 10:37366139
Comme je suis plutôt contre l'assertion de Didier Barbelivien qui affirme qu'Il faut laisser le temps au temps, je suis plutôt pour lire ta prose, Allister. (vous avez vu, j'ai mis de l'italique-gras, c'est mon côté pompier)

Pierre, 18.07.2017 à 9:11366138
La recherche du temps perdu en bande dessinée, ça a déjà été fait je crois, mais qu'en est-il de la recherche du temps perdu à la bande dessinée ?

Allister Baudin, 18.07.2017 à 1:14366136
Hum, bon le " du sujet " n'a pas de sens fichu là non plus, je savais que je n'arriverai plus à pondre une phrase qui tienne debout aujourd'hui.

Allister Baudin, 18.07.2017 à 1:03366135
Pardon, "curieuses".

Allister Baudin, 18.07.2017 à 1:00366134
Il s'agit de temporalité. Bon et bien qu'au moins deux personnes soient curieux du sujet m'encourage à reprendre la chose de sorte à la rendre présentable, voire à finaliser les parties les plus avancées. Merci.

lldm, 18.07.2017 à 0:02366133
ibnalrabin :
Allister Baudin :

Enfin, en ce qui concerne mes envies et mes aspirations personnelles, j'écris un livre sur "Temps et bandes dessinées" depuis des mois, rédigé à la main ("lettré" à la plume, ce qui implique que les pages sont scannées et non tapées à l'ordinateur), et je ne l'ai proposé à personne parce que non seulement je suis certain que tout le monde s'en fout


Si par "temps" tu signifies "temporalité", du genre l'agencement temporel d'une séquence ou que sais-je du style, et pas "météo" ou "air du temps" ou encore autre chose dans cette veine, moi par exemple ça m'intéresse, donc tout le monde moins une personne s'en fout.



yep, fais toujours péter, je suis également curieux

quoique si c'est dans le sens "météo", ça m'intéresse aussi (après tout, les "Météorologiques" me conduisent bien à la théorie des couleurs, hein!)

ibnalrabin, 17.07.2017 à 19:32366132
Allister Baudin :

Enfin, en ce qui concerne mes envies et mes aspirations personnelles, j'écris un livre sur "Temps et bandes dessinées" depuis des mois, rédigé à la main ("lettré" à la plume, ce qui implique que les pages sont scannées et non tapées à l'ordinateur), et je ne l'ai proposé à personne parce que non seulement je suis certain que tout le monde s'en fout


Si par "temps" tu signifies "temporalité", du genre l'agencement temporel d'une séquence ou que sais-je du style, et pas "météo" ou "air du temps" ou encore autre chose dans cette veine, moi par exemple ça m'intéresse, donc tout le monde moins une personne s'en fout.

lldm, 17.07.2017 à 16:15366131
ah, un autre truc, quand même : aux dernières nouvelles (cette semaine, en fait) la liseuse Kobo aura H20 à plus de 150 balles est pas foutue (entre autre défauts croquignoles, heureusement que c'est un prêt) de lire la moitié de mes pdf, et notamment ceux de Micrologus (merveilleuse revue de recherche médiévale polyglotte). Aux dernières nouvelles mon exemplaire de "Rupture/culture" de 1976 est toujours lisible par mes yeux 1.0, sans interface entre moi et le pavé du Seuil. Et ça marche même avec les lunettes de mon père dont je partage désormais la presbytie. Si je le prète à un pote jeune, s'il a des yeux de 1995, il peut le lire quand même.
On le répète pas assez souvent, mais le numérique, c'est aussi ça.

lldm, 17.07.2017 à 16:03366130
Xavier :
Bref: en dehors de quelques fous qui s'intéressent spécifiquement à la bande dessinée numérique, je suis souvent frappé de voir combien les universitaires sont prêts à construire des outils numériques qui se limitent uniquement à établir des corpus papier.


Peut-être qu'ils essaient de protéger la recherche comme activité plus que la recherche comme série d'objets achevés, tu sais... Le Gahom est en perdition parce que la bibliothèque s'y meurt, que presque plus personne ne publie volontiers ces recherches sur papier ; Golsenne lance une souscription interminable pour qu'enfin soit publié sur papier son Crivelli, alors qu'il nous manque cruellement de l'écriture en français sur ce peintre majeur. Qui pourtant fait un meilleur travail dans le domaine de l'iconographie (qui n'est pourtant pas, croyez moi, ma discipline favorite, et moins encore l'histoire des mentalités dont pour le Gahom provient) que ceux-là ? Personne. Voilà pour l'histoire de l'art, où tout le monde s'échange des papiers en ligne, sur des sites plus ou moins bien foutus, faute de trouver des éditeurs. Chacun son petit labo, auquel les moteurs ne lieront que par un petit miracle de mots clés au petit bonheur, en attendant la publication papier qui garantira un jour que la revue une fois publiée sera enfin scannée pour Persée, ah ah ah ! Sans déconner, pour des livres qui concernent le monde des images, franchement, la mise en ligne, c'est juste de la merde. Je travaille toute la journée avec des fac-simile mal branlés en devant bénir Gallica de me les fournie, alors que Droz a publié pendant des décennies des version correctes d'à peu près tout sur papier et se meurt tranquillou. C'est plié pour l'ancien, foutu pour les modernes ; va en ligne coco, où tout le monde pourra t'oublier (parce qu'on ne le rappelle pas assez, mais le papier, c'est tout un monde d'opérateurs de distinction éditoriale, de discriminations nécessaires pour se guider, de cofondation du sens. De ce point de vue, internet est jusqu'ici à peine mieux qu'une décharge). La mise en ligne ne répond pas au dixième, techniquement, des exigences d'un travail de fond dans le domaine de l'image comme dans tant d'autres, et moins encore comme aptitude à produire ces opérateurs de distinction et elle participe très largement à l'invisibilisation ; que pas un copain philosophe ou linguiste ne trouve de quoi publier des papiers alors qu'ils trouveront 500 endroits où on sera ravi de regarder mourir en ligne leur travail nous éclaire sur les rapports désespérés au papier : le numérique est juste partout la bonne excuse pour se débarrasser de la recherche, pas du tout la superbe opportunité qu'on nous vante de la partager.

Allister Baudin, 17.07.2017 à 14:34366129
"si c'est mon discours auquel tu fais référence"....Punaise. Je suis fatigué.

Xavier, 17.07.2017 à 14:33366128
Allister Baudin :
Si c'est mon discours auquel tu fais référence, alors je pense que tu l'interprètes un peu vite.

Ce que j'écrivais n'était pas une attaque personnelle, mais plus une réflexion face à une défense que j'ai souvent eu l'occasion de rencontrer.

Allister Baudin :
je ne l'ai proposé à personne parce que non seulement je suis certain que tout le monde s'en fout mais en outre je vois mal comment ce format pourrait passer sur du9 quand bien même quelques chapitres seraient acceptés (peut-on publier des "images" théoriques sur du9 ?).

On peut publier pas mal de choses sur du9, et si ce n'est pas possible, on essaie de trouver des moyens de le faire quand même. L'outil de publication n'est pas forcément d'une flexibilité sans bornes, mais on essaie de s'en accommoder au mieux. Et pour le coup, on n'a aucune contrainte de place...

Allister Baudin, 17.07.2017 à 14:28366127
Xavier :

Ce que je veux dire, c'est que quand on me dit "on veut parler de choses peu connues / écrire des trucs pointus / développer un discours théorique", et qu'on rajoute aussitôt "mais ce n'est pas facile alors on propose des choses moins audacieuses en espérant que cela fera bouger les lignes", j'ai du mal à comprendre sans la justification alimentaire.
Parce que si l'on parle uniquement des envies et des aspirations, le web est là, il est aujourd'hui bien plus facile de publier et de donner à voir des choses si on en a envie. Ou même le papier, comme c'est (il me semble) le cas pour Pré Carré, d'exister à peu de frais.
Donc oui, je te rejoins dans ton constat: les contraintes matérielles n'expliquent pas tout (et ne solutionneraient pas tout non plus.)

C'est amusant, en fait, cette compromission du discours me renvoie aux explications que peut donner l'ACBD lorsqu'on signale qu'elle s'intéresse peu à la production des alternatifs: elle est exigeante, pas forcément disponible, etc. -- bref, tout un tas d'excuses matérielles et factuelles (donc indéniables) pour justifier un état de fait qui ne relèverait donc pas d'une absence de curiosité (jugement forcément subjectif).


Si c'est mon discours auquel tu fais référence, alors je pense que tu l'interprètes un peu vite. Je vais développer ce qui a été résumé par : "ce n'est pas facile alors on propose des choses moins audacieuses" - sans nier le poids de la justification alimentaire. D'une part, on n'a eu une marge de manoeuvre, pour ce premier numéro, limitée concernant les sujets, ce qui pourra changer à l'avenir. Ainsi, pour ce premier numéro, c'est de l'intérieur de sujets prédéterminés qu'il faut parfois parler de choses plus proches de nos aspirations. Mais pour pouvoir être plus libre dans les numéros suivants de nos sujets, il semble difficile de refuser les sujets pré-conçus du premier numéro. D'autre part, pour mon article sur Kurtzman, j'ai écrit sans restriction ce que je voulais (à la contrainte de signes prêt), mais ce qui ne sera "pas facile" ce sera de faire en sorte que l'article sorte tel quel. Il va falloir le suivre jusqu'à la maquette et ça peut être difficile.

Enfin, en ce qui concerne mes envies et mes aspirations personnelles, j'écris un livre sur "Temps et bandes dessinées" depuis des mois, rédigé à la main ("lettré" à la plume, ce qui implique que les pages sont scannées et non tapées à l'ordinateur), et je ne l'ai proposé à personne parce que non seulement je suis certain que tout le monde s'en fout mais en outre je vois mal comment ce format pourrait passer sur du9 quand bien même quelques chapitres seraient acceptés (peut-on publier des "images" théoriques sur du9 ?). Et évidemment, je ne l'ai pas proposé à PréCarré tout simplement parce qu'il est écrit clairement qu'il est "inutile" de leur envoyer des manuscrits (et puis le format ne correspond pas non plus). Alors non, il n'y a rien pour publier mes envies et aspirations personnelles en matière de théorie et je n'ai pas envie de lancer mon petit tumblr solitaire. Du coup ces pages me font une belle tapisserie.

Xavier, 17.07.2017 à 14:08366126
lldm :
tu l'as dit plus haut, c'est un non-dit ; mais je doute que ce soit un impensé (c'est une des premières choses qui motiva la naissance de P.C., dans un rapport qui va du dialogue à la lutte entre les modalités, et dont nous causions dans tes pages, d'ailleurs) parce que la question, devant le papier, pour la critique et la théorie, n'est pas tant celle d'un fétichisme historique qu'un désir de clarté sur le désir qu'on a d'elles. Si PC est sur papier, et je suppose des motivations de cet ordre jusque dans les publications les plus racoleuses, c'est en gardant tendue cette volonté qu'on aille chercher la théorie, qu'on l'acquiert, qu'on paye pour ça, simplement par que la mise en ligne est depuis quelques années la fatalité de la recherche, pas sa chance, et qu'on ne sait plus très bien pourquoi on fait tout ça quand on enquille ses lignes si aucune demande ne vient, à un moment, se formuler.

Quand je parle d'un impensé (et c'était dans ce sens que j'évoquais les exemples du Dictionnaire de Neuvième Art), c'est comme objet de réflexion. Comme tu le dis, la recherche est publiée majoritairement de manière numérique, ce qui implicitement va valoriser le papier.
Mais j'ai de plus l'impression de deux obstacles: d'une part, l'idée que n'importe qui peut publier sur Internet, d'où une probable méfiance quant à la légitimité de ces discours; d'autre part, la question de l'inventaire difficile à établir, à la fois pour des questions de prolifération que pour la fluctuation permanente dans laquelle s'inscrit naturellement un site web.
Bref: en dehors de quelques fous qui s'intéressent spécifiquement à la bande dessinée numérique, je suis souvent frappé de voir combien les universitaires sont prêts à construire des outils numériques qui se limitent uniquement à établir des corpus papier.

lldm :
Tu veux dire que tous ces rédacteurs ne vont pas, comme je le croyais, écrire dans des revues aux ambitions médiocres, que parce que Pré Carré ne leur ouvre pas ses portes ? Ooooh, comme je suis déçu, nous pensions avoir suscité un tel désir d'écrire, rayonner comme un tel modèle de pensée, de bravoure !


Ce que je veux dire, c'est que quand on me dit "on veut parler de choses peu connues / écrire des trucs pointus / développer un discours théorique", et qu'on rajoute aussitôt "mais ce n'est pas facile alors on propose des choses moins audacieuses en espérant que cela fera bouger les lignes", j'ai du mal à comprendre sans la justification alimentaire.
Parce que si l'on parle uniquement des envies et des aspirations, le web est là, il est aujourd'hui bien plus facile de publier et de donner à voir des choses si on en a envie. Ou même le papier, comme c'est (il me semble) le cas pour Pré Carré, d'exister à peu de frais.
Donc oui, je te rejoins dans ton constat: les contraintes matérielles n'expliquent pas tout (et ne solutionneraient pas tout non plus.)

C'est amusant, en fait, cette compromission du discours me renvoie aux explications que peut donner l'ACBD lorsqu'on signale qu'elle s'intéresse peu à la production des alternatifs: elle est exigeante, pas forcément disponible, etc. -- bref, tout un tas d'excuses matérielles et factuelles (donc indéniables) pour justifier un état de fait qui ne relèverait donc pas d'une absence de curiosité (jugement forcément subjectif).

lldm :
Bref, c'est bien le sentiment d'un beau gachis de possible (contrairement à toi je pense que l'ampleur économicotechnique et la qualité de la presse en kiosque ne sont pas incompatible d'emblée), d'un coup pour rien écrit d'avance, qui suscite je pense autant d'attachement et d'agacement sur ce fil, ici ou ailleurs.

Ah, mais je te rejoins sur ce sentiment de gâchis de possible, sur cette tendance au nivellement par le bas, sur le choix du consensus... j'ai une vision probablement trop idéalisée de ce que devrait être le critique-journaliste, et je suis bien souvent effaré de découvert ce qu'en est la réalité.

Allister Baudin, 17.07.2017 à 13:39366125
Pierre :


Ainsi le coupable, c'est toi ? Je n'ai peut-être pas choisi le terme adéquat, j'aurais plutôt dû parler de "démembrement", car il m'a été difficile de suivre le propos des dossiers du fait d'un agencement du texte absurde et - pardon - hideux (mais l'heure très matinale où j'ai effectué cette lecture dans un Paris-Tours peu confortable y est peut-être aussi pour quelque chose).


Ah non je ne suis pas responsable de ça ! Effectivement, à côté de mes textes ont été collé d'autres textes (non signés) rendant le tout confus. Mais ça je le savais d'avance. Non, ce dont je suis coupable c'est de ne pas avoir demandé une relecture à la maquette, ce qui aurait évité des erreurs (notamment concernant une réécriture d'une partie d'un de mes articles).

lldm :
Je n'ai jamais douté pour ma part que si on parlait régulièrement d'autres choses que des niaiseries ambiantes dans les pages des magazines les plus populaires, elles s'établiraient dans le champ des possibles avec une évidence qui inclinerait, au pire, à cesser de les considérer comme des monstres, des erreurs, des pathologies éditoriales, des trucs d'intellos (le mépris vient de l'usage du terme, c'est un mot que je n'emploie personnellement jamais), au mieux à les désirer.


Oui. Qui souhaite rester dans l'ombre, inaccessible ou classé "difficile" arbitrairement ? On est quelques-uns à espérer briser à la longue le cercle du même, qui ne cesse de revenir aux mêmes choses et à rejeter d'autres choses comme "difficiles" (qui sont plus rendues difficiles par le voile que l'on pose sur elles que difficiles en elles-mêmes). Mais c'est peut-être peine perdue.


lldm :
J'ajoute d'ailleurs ceci, à propos de ces publications et de ce qui est dit des NCBD : l'argument des cadres éditoriaux est irrecevable. CQFD est un journal insoupçonnable de formatage pour ses auteurs. Et pourtant, il leur est arrivé de me demander de rogner un article pour satisfaire à ce fameux cadre. Je m'y suis refusé, [...] Je préfère que l'article, le dessin, saute, plutôt que de voir mon travail saboté.


Sauf que là tu évoques un cas de courtoisie extrême où l'on te "demande" de rogner un article. D'après divers témoignages de collègues journalistes, et d'après mon expérience personnelle, il est coutumier que l'on découvre à la publication que notre article a été redécoupé, réécrit, altéré voire allongé, et c'est bien ce que j'aimerai tenter d'éviter de voir arriver à certaines contributions des Cahiers, qui traitent de sujets moins attendus que d'autres.

Docteur C, 17.07.2017 à 13:38366124
Xavier :


En ce qui me concerne, il y a là tout un tas de choses non dites qui troublent un peu le débat.

1. l'idée que ces Cahiers de la BD vont toucher un large public, et donc potentiellement changer la donne. Alors oui, le magazine est annoncé en kiosque pour le 26 septembre 2017, mais en même temps, je note qu'on a à peine 368 "KissBankers" (dont certains ne sont peut-être que des collectionneurs opportunistes), ce qui encourage à une certaine mesure.

La répartition des contributeurs est affichée sur la droite, ce sont 45 achats du premier numéro, environ 250 abonnés pour la première année, ce qui laisse la place à une cinquantaine de supposés collectionneurs opportunistes.

Xavier :

2. l'idée (qui s'appuie sur la précédente) que ces Cahiers de la BD vont donner de la visibilité aux œuvres qu'ils évoqueront (grâce à ce fameux "poids du papier"). Tout dépendra largement de la hiérarchie qui va s'établir dans la revue, entre les sujets "majeurs" (les dessins sur nappe de Vives?) et des aspects considérés comme plus mineurs. Mais il faut bien garder en tête que ce que les Cahiers de la BD cherchent à rendre visible en premier lieu, ce sont les Cahiers de la BD. (autres exemples: tout le tintouin fait autour du dernier numéro du Débat a surtout affirmé la légitimité du Débat, et le Festival d'Angoulême a toujours plus œuvré à affirmer sa propre importance que celle de la bande dessinée)

Tout à fait, un chemin de fer, les titres, emportent déjà une hiérarchie. Or ici on pourra nous envoyer un train de noms d'auteurs "invisibles", ou des ambitions critiques ou théoriques naviguant autour des concepts aristotéliciens, qu'en restera-t-il dans la hiérarchie que pourra poser cette revue ? Les dessins de nappe de Bastien Vivès, etc. C'est sans doute là que la différence majeure d'avec Pré Carré saute aux yeux, puisqu'on pourra dire ce qu'on voudra, mais les sommaires de Pré Carré composent de tout autre paysages critiques et théoriques, pour les bandes dessinées. Éclairent certaines œuvres sans chercher à transiger avec l'imaginaire d'un marché, d'une actualité, de formes d'écritures attendues, etc.
En outre pour ces Cahiers de la BD, la pagination copieuse (160 pages), nous l'avions relevé, est morcelée en cahiers de 16 pages "thématiques" qui font douter des possibilités d'amplitude des textes.

Xavier :

3. l'idée ensuite que ces Cahiers de la BD pourraient être le lieu où pourrait devenir visible un discours critique exigeant. Là, tu soulignes toi-même toutes les contraintes et limites que cela implique. A chacun de savoir s'il est prêt à accepter un tel fonctionnement...
J'allais écrire "à quel prix", mais justement, c'est là que s'introduit ce truc qu'on écarte rapidement, mais qui a une importance fondamentale dans l'histoire: la dimension alimentaire (sans que ce soit péjoratif) du papier, qui reste, il est vrai, infiniment supérieur à ce que le web peut proposer. Car le nœud de l'histoire est bien là: ce n'est pas tant "écrire sur des choses obscures" qui importe, ni "développer un discours critique", mais bien essayer de le faire tout en étant payé pour.

Et c'est là probablement que se situe la compromission irréconciliable avec l'approche d'un Pré Carré. Ce choix de faire, à sa manière, sans attendre d'avoir une forme d'autorisation, sans conditions.

Pas convaincu de ça, toute production collective emporte des contraintes, qui peuvent être tout aussi lourdes que celles de cette revue en kiosque et en librairie claironnant un titre racheté aux éditions Glénat. L'aspect économique est à penser, du côté du fanzine, de la petite édition, on le chasse souvent dans un impensé libertaire apriorique, cependant les conditions économiques, et plus largement politiques, de cette petite édition ne sont pas toujours aussi belles qu'il est prétendu.
Dans ces nouveaux Cahiers de la BD on sent à l'œuvre un savoir-faire vendre du papier sur des petits signaux qui est pleinement absent de Pré Carré - et de fait de du9 car il n'y a pas de papier à acheter, ni rien qui se vende sur le site, là où je te rejoindrais.

lldm, 17.07.2017 à 13:25366123
Pierre :


Pour ma part je suis resté longtemps traumatisé par la lecture d'une analyse sémiotique des Tuniques bleues dans le n° consacré à Raoul Cauvin ...


tant de souffrances pour donner, aux dépends de pauvres enfants innocents, à des théories moisies un illusoire bain de jouvence et rassurer leurs praticiens qu'ils sont, allez, quand même, un peu canaillous et un peu peuple !
Et si tout ça c'était encore un coup des maos ?

Pierre, 17.07.2017 à 13:21366122
Allister Baudin :
J'ai eu des petites déceptions lors de mon unique incursion précédente dans la presse, à laquelle Pierre fait allusion (en exagérant un peu sur le démantèlement, mais peut-être que je l'avais moi-même exagéré lorsque je lui en ai parlé au moment de la sortie du numéro, vivant mal les altérations de textes qui me demandent des semaines/mois de travail - par ailleurs j'ai compris après des échanges avec le rédacteur en chef que j'étais partiellement responsable de ce qui s'était produit), mais j'ai fini par comprendre, à force de discussion avec des amis qui travaillent dans les journaux les plus divers, que des trucs comme des "relectures à la maquette" peuvent être obtenues à force d'insistance et que l'on est toujours finalement responsable de ce qu'on laisse faire.


Ainsi le coupable, c'est toi ? Je n'ai peut-être pas choisi le terme adéquat, j'aurais plutôt dû parler de "démembrement", car il m'a été difficile de suivre le propos des dossiers du fait d'un agencement du texte absurde et - pardon - hideux (mais l'heure très matinale où j'ai effectué cette lecture dans un Paris-Tours peu confortable y est peut-être aussi pour quelque chose).

Pierre, 17.07.2017 à 13:08366121
lldm :
Afin de dissiper tout malentendu : contrairement à mes petits camarades de classe de l'époque, je n'étais pas lecteur des Cahiers première mouture, parce que je les trouvais déjà pas terribles terribles. Les articles excitants, brillants, y étaient des perles rares paumées dans pas mal de bavardage et d'articles sur des auteurs à la con. Les dossiers étaient globalement d'une timidité maladive. Ce n'est donc pas la nostalgie qui me motive, mais l'illusion de croire que quand on refait un truc, c'est pour le faire mieux, corriger ce qu'on avait un peu bâclé.


Pour ma part je suis resté longtemps traumatisé par la lecture d'une analyse sémiotique des Tuniques bleues dans le n° consacré à Raoul Cauvin ...

lldm, 17.07.2017 à 12:58366120
Afin de dissiper tout malentendu : contrairement à mes petits camarades de classe de l'époque, je n'étais pas lecteur des Cahiers première mouture, parce que je les trouvais déjà pas terribles terribles. Les articles excitants, brillants, y étaient des perles rares paumées dans pas mal de bavardage et d'articles sur des auteurs à la con. Les dossiers étaient globalement d'une timidité maladive. Ce n'est donc pas la nostalgie qui me motive, mais l'illusion de croire que quand on refait un truc, c'est pour le faire mieux, corriger ce qu'on avait un peu bâclé.

lldm, 17.07.2017 à 12:48366119
Glotz :

Reste à savoir si les articles isolés sur des auteurs ou structures exigeants dans des titres grand public ont une influence sur le lectorat. Ainsi, LLDM, par curiosité, sais-tu si des gens sont venus à ton travail depuis l'article de mars dernier sur ActuaBD ?


je n'ai guère de moyens de le savoir. Sinon ceci : ce livre, "sous les bombes", pour toutes sortes de raisons et de malentendus, est le seul qui ait jamais suscité quelque chose comme de l'écriture (quasiment pas sur du papier, d'ailleurs). Et malgré le fait qu'il soit disponible pour les libraires seulement en vente ferme, malgré son incongruité, il se vend indubitablement mieux que la plupart de mes livres. Impossible d'établir pour autant un lien de causalité, mais c'est un fait. Je n'ai jamais douté pour ma part que si on parlait régulièrement d'autres choses que des niaiseries ambiantes dans les pages des magazines les plus populaires, elles s'établiraient dans le champ des possibles avec une évidence qui inclinerait, au pire, à cesser de les considérer comme des monstres, des erreurs, des pathologies éditoriales, des trucs d'intellos (le mépris vient de l'usage du terme, c'est un mot que je n'emploie personnellement jamais), au mieux à les désirer. J'ajoute d'ailleurs ceci, à propos de ces publications et de ce qui est dit des NCBD : l'argument des cadres éditoriaux est irrecevable. CQFD est un journal insoupçonnable de formatage pour ses auteurs. Et pourtant, il leur est arrivé de me demander de rogner un article pour satisfaire à ce fameux cadre. Je m'y suis refusé, leur proposant, plutôt, d'oublier l'article ; les camarades ont accepté le fait qu'il ne s'agissait pas d'un caprice, mais d'une exigence fondée en sens, et ont simplement un peu poussé les marges pour le publier. Depuis, toutes les fois où je propose un article, la question ne se pose plus. Je préfère que l'article, le dessin, saute, plutôt que de voir mon travail saboté. Lorsque j'ai proposé "Prières" à la cinquième couche, Xavier m'a écrit "il faudrait sans doute revoir l'écriture". Je n'ai pas discuté, argumenté, j'ai poliment dit que j'allais voir ailleurs, ce qui fut fait. Et ce qui n'empêche pas, depuis, que d'autres livres naissent avec eux. Je pense qu'on peux TOUJOURS s'opposer à des règles qu'on juge médiocres, injustes, bêtes ou dieu sait quoi.

lldm, 17.07.2017 à 12:30366118
Xavier :

certaine mesure. A mon sens, on touche un peu à une forme de "fascination du papier" qui perdure, et donnerait une forme de primauté à ce qui est imprimé par rapport à ce qui peut se développer en ligne. (Je suis peut-être un peu en train de prêcher pour ma paroisse, mais je note par exemple le distinguo fort établi sur le sujet dans l'article sur le "fanzine" récemment paru dans le Dictionnaire de Neuvième Art -- même chose sur "bédéphilie" ou "critique": la publication en ligne reste un impensé)


tu l'as dit plus haut, c'est un non-dit ; mais je doute que ce soit un impensé (c'est une des premières choses qui motiva la naissance de P.C., dans un rapport qui va du dialogue à la lutte entre les modalités, et dont nous causions dans tes pages, d'ailleurs) parce que la question, devant le papier, pour la critique et la théorie, n'est pas tant celle d'un fétichisme historique qu'un désir de clarté sur le désir qu'on a d'elles. Si PC est sur papier, et je suppose des motivations de cet ordre jusque dans les publications les plus racoleuses, c'est en gardant tendue cette volonté qu'on aille chercher la théorie, qu'on l'acquiert, qu'on paye pour ça, simplement par que la mise en ligne est depuis quelques années la fatalité de la recherche, pas sa chance, et qu'on ne sait plus très bien pourquoi on fait tout ça quand on enquille ses lignes si aucune demande ne vient, à un moment, se formuler.


Xavier :
2. l'idée (qui s'appuie sur la précédente) que ces Cahiers de la BD vont donner de la visibilité aux œuvres qu'ils évoqueront (grâce à ce fameux "poids du papier").


étrange déclaration, Xavier... On causerait de tou ça pour quoi ? Ce point de credo est celui qui sous-tend toute activité éditoriale, même si personne n'est dupe de l'exagération nécessaire qu'il implique, ne serait-ce que pour se mettre au boulot. Nous en parlons, de part et d'autre, en prenant en considération l'objectif exposé d'une entreprise éditoriale, et c'est dans cette mesure qu'on lui dispute ou qu'on lui accorde sa légitimité, selon nos régimes éthiques, intellectuels, etc. Sinon, on pourrait se retrouver à faire cette étrange déclaration (et y croirais-tu toi-même ?) : effectivement, ils peuvent bien y faire la promotion des idées les plus déplaisantes jusqu'à l'ignominie, ça n'a aucune importance puisqu'ils ne donnent pas de visibilité à ces idées.

Xavier :
Mais il faut bien garder en tête que ce que les Cahiers de la BD cherchent à rendre visible en premier lieu, ce sont les Cahiers de la BD.


sans aucun doute

Xavier :
3. l'idée ensuite que ces Cahiers de la BD pourraient être le lieu où pourrait devenir visible un discours critique exigeant. Là, tu soulignes toi-même toutes les contraintes et limites que cela implique. A chacun de savoir s'il est prêt à accepter un tel fonctionnement...


hmmm... Longue histoire, ça, Xavier, dont tu connais comme moi la perversité structurelle : pure autovérification par laquelle la presse, les médias, circulent dans la merde qu'ils établissent en nature. La vulgate libérale, et très notamment dans le monde du divertissement et des mass medias, ne fonctionne que sur cette circularité autovérifiée. Dès que des exceptions médiatiques ou culturelles, qui essaiment l'histoire des médias, exposent des réussites publiques (je veux dire conquièrent l'intérêt trsè au-delà de ce que le mépris apriorique leur concédait), elles sont tenues pour des exceptions, des bruits parasites, qui ne découragent jamais l'autorité du système.

Xavier :
J'allais écrire "à quel prix", mais justement, c'est là que s'introduit ce truc qu'on écarte rapidement, mais qui a une importance fondamentale dans l'histoire: la dimension alimentaire (sans que ce soit péjoratif) du papier, qui reste, il est vrai, infiniment supérieur à ce que le web peut proposer. Car le nœud de l'histoire est bien là: ce n'est pas tant "écrire sur des choses obscures" qui importe, ni "développer un discours critique", mais bien essayer de le faire tout en étant payé pour.


Tu veux dire que tous ces rédacteurs ne vont pas, comme je le croyais, écrire dans des revues aux ambitions médiocres, que parce que Pré Carré ne leur ouvre pas ses portes ? Ooooh, comme je suis déçu, nous pensions avoir suscité un tel désir d'écrire, rayonner comme un tel modèle de pensée, de bravoure !
Ceci dit, je pense sincèrement que si une revue en kisoque émettait des signes d'intérêt non-feint pour notre discipline dans ses aspects les plus immédiats - et bien au-delà de mes propres marottes, je ne suis pas obsédé par l'adéquation de mon cadre éditorial à mes goûts, que même Pré Carré ne reflète pas, ni par les oeuvres, ni par les axes théoriques - sans cette répugnante guirlande clignotante de vulgarité et de paresse affichée par les nouveaux (ça m'écorche la gueule) cahiers, je serais heureux, nous serions nombreux, à y écrire sans nous soucier de ce que ça rapporte, tu ne crois pas ? C'est pas une question de pognon qui rend adéquat à la vulgarité, c'est l'opportunité de rester aussi feignasse qu'on peut l'être là où on vous encourage à le faire. Si on filait du fric à toute cette belle brochette pour bosser dans du9 ou Pré Carré, tu crois vraiment qu'ils deviendraient d'un seul coup capables d'un vrai travail théorique ou d'un intérêt subit pour Benjamin Bergman ou Paul Creus ? ça fait combien de siècles que Peeters a pas eu le début de la queue d'une idée ? C'est quand, Beaujean théoricien ?
Bref, c'est bien le sentiment d'un beau gachis de possible (contrairement à toi je pense que l'ampleur économicotechnique et la qualité de la presse en kiosque ne sont pas incompatible d'emblée), d'un coup pour rien écrit d'avance, qui suscite je pense autant d'attachement et d'agacemen sur ce fil, ici ou ailleurs.

Glotz, 17.07.2017 à 12:29366117
Il a fallu plus de 20 ans et l'arrivée de Frédéric Hojlo pour qu'ActuaBD se mette à évoquer des éditeurs et auteurs alternatifs qui n'y avaient jusque là guère droit de cité, au milieu d'une masse d'articles toujours aussi affligeants ; on doit pouvoir espérer que dans les CBD version Bernière cela prendra moins de temps... Je me demande comment il réagirait à des propositions de papier sur Huet ou Adverse pour le numéro 2.

Reste à savoir si les articles isolés sur des auteurs ou structures exigeants dans des titres grand public ont une influence sur le lectorat. Ainsi, LLDM, par curiosité, sais-tu si des gens sont venus à ton travail depuis l'article de mars dernier sur ActuaBD ?

Allister Baudin, 17.07.2017 à 12:05366116
Xavier :
Allister Baudin :
Je le redis encore, ce ne sera pas facile. Non seulement on écrit des articles qui d’emblée ne sont pas parfaits – en tout cas en ce qui me concerne je n’ai pas cette prétention, d’autant que la limitation en nombre de signe oriente en amont la pensée vers ce qu’elle a de plus bégayant (à propos de mon propre article, j’ai bien des réserves) -, mais en plus ils seront édités et réé-édités (coupés, réécrits, accolés à des textes que l’on n’a pas écrit - légendes, chapeau, etc). Avant de maîtriser tout ça, ou de pouvoir agir sur tout ça, il faudra de la persévérance et pas mal d’espoir. Néanmoins la possibilité qu’il en reste quelque chose existe (pour l’instant, on verra a posteriori) et au lieu de cracher dessus on fait tout pour que cette possibilité s’actualise. Peut-être que tout ceci est conjuratoire et que je pressens bien que tout est foutu, peut-être que mon aveuglement disparaitra avec le premier numéro imprimé, et peut-être qu’en fait je serai agréablement surpris.


En ce qui me concerne, il y a là tout un tas de choses non dites qui troublent un peu le débat.

1. l'idée que ces Cahiers de la BD vont toucher un large public, et donc potentiellement changer la donne. Alors oui, le magazine est annoncé en kiosque pour le 26 septembre 2017, mais en même temps, je note qu'on a à peine 368 "KissBankers" (dont certains ne sont peut-être que des collectionneurs opportunistes), ce qui encourage à une certaine mesure. A mon sens, on touche un peu à une forme de "fascination du papier" qui perdure, et donnerait une forme de primauté à ce qui est imprimé par rapport à ce qui peut se développer en ligne. (Je suis peut-être un peu en train de prêcher pour ma paroisse, mais je note par exemple le distinguo fort établi sur le sujet dans l'article sur le "fanzine" récemment paru dans le Dictionnaire de Neuvième Art -- même chose sur "bédéphilie" ou "critique": la publication en ligne reste un impensé)

2. l'idée (qui s'appuie sur la précédente) que ces Cahiers de la BD vont donner de la visibilité aux œuvres qu'ils évoqueront (grâce à ce fameux "poids du papier"). Tout dépendra largement de la hiérarchie qui va s'établir dans la revue, entre les sujets "majeurs" (les dessins sur nappe de Vives?) et des aspects considérés comme plus mineurs. Mais il faut bien garder en tête que ce que les Cahiers de la BD cherchent à rendre visible en premier lieu, ce sont les Cahiers de la BD. (autres exemples: tout le tintouin fait autour du dernier numéro du Débat a surtout affirmé la légitimité du Débat, et le Festival d'Angoulême a toujours plus œuvré à affirmer sa propre importance que celle de la bande dessinée)

3. l'idée ensuite que ces Cahiers de la BD pourraient être le lieu où pourrait devenir visible un discours critique exigeant. Là, tu soulignes toi-même toutes les contraintes et limites que cela implique. A chacun de savoir s'il est prêt à accepter un tel fonctionnement...
J'allais écrire "à quel prix", mais justement, c'est là que s'introduit ce truc qu'on écarte rapidement, mais qui a une importance fondamentale dans l'histoire: la dimension alimentaire (sans que ce soit péjoratif) du papier, qui reste, il est vrai, infiniment supérieur à ce que le web peut proposer. Car le nœud de l'histoire est bien là: ce n'est pas tant "écrire sur des choses obscures" qui importe, ni "développer un discours critique", mais bien essayer de le faire tout en étant payé pour.

Et c'est là probablement que se situe la compromission irréconciliable avec l'approche d'un Pré Carré. Ce choix de faire, à sa manière, sans attendre d'avoir une forme d'autorisation, sans conditions.


Je suis globalement d'accord avec ces remarques.

1. Alors si j'ai donné l'impression que les Cahiers vont changer la donne, j'avoue que c'est d'abord parce que j'ai une fascination (archivisme ? fétichisme ? ringardise? amour pour les attrapes-poussières ?) pour la presse papier. Le simple fait de pouvoir trouver en kiosque une revue qui traite de sujets qui me plaisent, de façon au moins décente, voire parfois intéressante comme Atom, peut me rendre très heureux. C'est peut-être un défaut.
Après, si j'ai pu donner l'impression que je croyais en une donne qui allait changer, c'était 1) pour les contributeurs qui non seulement peuvent être rémunérés pour leur travail - ce qui revient à ta remarque finale 2) non parce qu'un large public allait être touché mais éventuellement un autre public de celui de du9 ou Pré Carré - je reste hypothétique, mais mes tendances optimistes me poussent à croire qu'il est bon de recommander du DeForge au lecteur de Blake et Mortimer. Encore une fois, c'est peut être un tort. 3) Bon je ne trompe personne, tu as bien vu juste, le fétichisme de papier est peut-être à l'origine de l'importance que l'on fait par ci et par là de ce futur titre. C'est également ce que je soulevais lorsque je disais qu'il était bien ridicule de donner au Cahier une importance "mythique" ; les réactions souvent outrées à l'annonce de cette ressortie témoignent également de cette "fascination du papier".

2. Oui, tu as raison pour les hiérarchies, et on a déjà tous une petites idées de ce qu'elles vont être. Pourtant, de nombreux signes/conversations avec le rédacteur en chef et Mael me laissent penser qu'elles pourront finalement être renversées, au moins sporadiquement. De plus, "poids du papier" ou non, donner une certaine visibilité à des oeuvres qui en manquent me semble toujours bon à prendre, et c'est pourquoi une critique de Mael sur BoDoi (en ligne) comme celle du Préteseille n'a pas a être méprisée. En ce qui me concerne, j'ai calé où j'ai pu des renvois à des oeuvres que la revue n'avait pas prévu d'aborder frontalement ; comme je l'écrivais plus bas, même si c'est rejeté dans l'ombre au sein de la revue elle-même, ça y sera au moins présent, on en est a biaiser, à contourner des trucs pour citer un titre ou deux, mais au moins ça sort, ça existe, ça peut circuler. Et peut-être que par la suite il ne faudra même pas ruser pour parler de certains auteurs.

3. Accepter un tel fonctionnement : pour l'instant je crois malgré tout qu'au prix de certaines acrobaties il est possible de faire sauter le verrou qui semble séparer les rédacteurs du produit fini et d'obtenir un controle sur celui-ci. C'est très possible que je me trompe, mais si j'y arrive ce sera le résultat d'efforts difficiles. J'ai eu des petites déceptions lors de mon unique incursion précédente dans la presse, à laquelle Pierre fait allusion (en exagérant un peu sur le démantèlement, mais peut-être que je l'avais moi-même exagéré lorsque je lui en ai parlé au moment de la sortie du numéro, vivant mal les altérations de textes qui me demandent des semaines/mois de travail - par ailleurs j'ai compris après des échanges avec le rédacteur en chef que j'étais partiellement responsable de ce qui s'était produit), mais j'ai fini par comprendre, à force de discussion avec des amis qui travaillent dans les journaux les plus divers, que des trucs comme des "relectures à la maquette" peuvent être obtenues à force d'insistance et que l'on est toujours finalement responsable de ce qu'on laisse faire.


lldm :

Ce n'est pas LA question. Du coup, devant cette lecture éclairée de si peu de choses, en lisant ça

Allister Baudin :

Ok, je me la ferme et je continue de lire tes articles avec un plaisir entrecoupé d’agacement à chaque faux-sens sur des concepts aristotéliciens (mais c’est vrai, ta lecture fautive d’Aristote permet quelques trouvailles pour traiter heureusement d’autres œuvres


c'est moi qui ai ri
je vais prendre le risque de me passer de tes bons points


J'ai mal utilisé ces mots bêtes de "fautifs" et de "faux-sens", dus à un post écrit trop tôt après une nuit trop courte qui donne effectivement l'impression que je voulais distribuer des bons points, décidément cette conversation par forum aura été menée très vite, trop vite pour ma façon d'écrire et sans doute de penser. Il y a juste des choses qui m'ont intrigué dans ta façon d'aborder Aristote, qui ne correspondent pas forcément à ma façon de le fréquenter, j'aurais aimé en discuter, précisément parce que je souhaitais questionner ma façon d'y voir une lecture fautive. Je n'ai pas de bons points à distribuer.

lldm, 17.07.2017 à 11:45366115
Allister Baudin :

La question de LL De Mars à Maël était : va-t-il utiliser cet espace pour parler d’œuvres dont personne ne parle ?


Ce n'est pas LA question. Du coup, devant cette lecture éclairée de si peu de choses, en lisant ça

Allister Baudin :

Ok, je me la ferme et je continue de lire tes articles avec un plaisir entrecoupé d’agacement à chaque faux-sens sur des concepts aristotéliciens (mais c’est vrai, ta lecture fautive d’Aristote permet quelques trouvailles pour traiter heureusement d’autres œuvres


c'est moi qui ai ri
je vais prendre le risque de me passer de tes bons points

Xavier, 17.07.2017 à 10:52366114
Allister Baudin :
Je le redis encore, ce ne sera pas facile. Non seulement on écrit des articles qui d’emblée ne sont pas parfaits – en tout cas en ce qui me concerne je n’ai pas cette prétention, d’autant que la limitation en nombre de signe oriente en amont la pensée vers ce qu’elle a de plus bégayant (à propos de mon propre article, j’ai bien des réserves) -, mais en plus ils seront édités et réé-édités (coupés, réécrits, accolés à des textes que l’on n’a pas écrit - légendes, chapeau, etc). Avant de maîtriser tout ça, ou de pouvoir agir sur tout ça, il faudra de la persévérance et pas mal d’espoir. Néanmoins la possibilité qu’il en reste quelque chose existe (pour l’instant, on verra a posteriori) et au lieu de cracher dessus on fait tout pour que cette possibilité s’actualise. Peut-être que tout ceci est conjuratoire et que je pressens bien que tout est foutu, peut-être que mon aveuglement disparaitra avec le premier numéro imprimé, et peut-être qu’en fait je serai agréablement surpris.


En ce qui me concerne, il y a là tout un tas de choses non dites qui troublent un peu le débat.

1. l'idée que ces Cahiers de la BD vont toucher un large public, et donc potentiellement changer la donne. Alors oui, le magazine est annoncé en kiosque pour le 26 septembre 2017, mais en même temps, je note qu'on a à peine 368 "KissBankers" (dont certains ne sont peut-être que des collectionneurs opportunistes), ce qui encourage à une certaine mesure. A mon sens, on touche un peu à une forme de "fascination du papier" qui perdure, et donnerait une forme de primauté à ce qui est imprimé par rapport à ce qui peut se développer en ligne. (Je suis peut-être un peu en train de prêcher pour ma paroisse, mais je note par exemple le distinguo fort établi sur le sujet dans l'article sur le "fanzine" récemment paru dans le Dictionnaire de Neuvième Art -- même chose sur "bédéphilie" ou "critique": la publication en ligne reste un impensé)

2. l'idée (qui s'appuie sur la précédente) que ces Cahiers de la BD vont donner de la visibilité aux œuvres qu'ils évoqueront (grâce à ce fameux "poids du papier"). Tout dépendra largement de la hiérarchie qui va s'établir dans la revue, entre les sujets "majeurs" (les dessins sur nappe de Vives?) et des aspects considérés comme plus mineurs. Mais il faut bien garder en tête que ce que les Cahiers de la BD cherchent à rendre visible en premier lieu, ce sont les Cahiers de la BD. (autres exemples: tout le tintouin fait autour du dernier numéro du Débat a surtout affirmé la légitimité du Débat, et le Festival d'Angoulême a toujours plus œuvré à affirmer sa propre importance que celle de la bande dessinée)

3. l'idée ensuite que ces Cahiers de la BD pourraient être le lieu où pourrait devenir visible un discours critique exigeant. Là, tu soulignes toi-même toutes les contraintes et limites que cela implique. A chacun de savoir s'il est prêt à accepter un tel fonctionnement...
J'allais écrire "à quel prix", mais justement, c'est là que s'introduit ce truc qu'on écarte rapidement, mais qui a une importance fondamentale dans l'histoire: la dimension alimentaire (sans que ce soit péjoratif) du papier, qui reste, il est vrai, infiniment supérieur à ce que le web peut proposer. Car le nœud de l'histoire est bien là: ce n'est pas tant "écrire sur des choses obscures" qui importe, ni "développer un discours critique", mais bien essayer de le faire tout en étant payé pour.

Et c'est là probablement que se situe la compromission irréconciliable avec l'approche d'un Pré Carré. Ce choix de faire, à sa manière, sans attendre d'avoir une forme d'autorisation, sans conditions.

Pierre, 17.07.2017 à 10:35366113
A priori peu séduit par ce come-back que je n'avais pas vu arriver, mais le peu qu'il semble subsister après publication, des dossiers d'Allister Baudin dans Beau Arts Magazine (à ce propos je serais curieux de voir le avant/après) et leur démantèlement méthodique par un maquettiste fou, me fait craindre le pire ... Je jugerai sur pièce à la rentrée.

C'était ma contribution inutile au débat !

Allister Baudin, 17.07.2017 à 7:29366110
Docteur C :
Tu sembles vouloir poser un rapport concurrentiel d'avec les cahiers de la BD à paraître qui me paraît absurde, dans vos ambitions d'écritures.

Blake & Mortimer en couverture du 1, un premier hors-série sur Goscinny, le sommaire du premier numéro et sa couverture envoie une dernière fois beaucoup de signaux très négatifs, dans une nuée de slogans détestables. Peut-être lirais-je quelques numéros de cette revue, empruntés en bibliothèque, mais mon soutien apriorique est impossible, entends-le.


Bon, c’est dommage, à ce niveau –là c’est pas du dialogue de sourd, tu me fais dire l’inverse de ce que j’ai écrit. Je mets volontiers ça sur le compte de mon écriture semi-orale « spéciale forum ». J’imagine que le dialogue s’exténue tout seul également, on ne peut pas se répéter à l’infini. Je vais quand même le répéter : j’écrivais précisément que j’avais lu/entendu ailleurs des phrases qui comparaient Pré Carré et Les Cahiers, c’est une comparaison que je trouve absurde et je l’ai relevé dans mon précédent message. C’est exactement ce que tu écris toi-même. C’est une comparaison absurde, non seulement dans les ambitions d’écritures, mais surtout dans les conditions d’écritures (cf. la liste des contraintes déplaisantes qu’un rédacteur pour la « presse » doit se manger). Bon, voilà qui est établi.
J’ai re-mobilisé Pré Carré par ailleurs pour tout autre chose dans un argument idiot, dont j’ai reconnu la bêtise (qui affirmait que le fait que tu écrives sur Schrauwen dans Pré Carré était le signe du fait que c’était un auteur « peu visible »). C’est tout, pas de concurrence.
Pour le soutien apriorique, tu ne sembles pas comprendre que personne ne te le demande, et personne ne nous le demande non plus si ça signifie adhérer à tout ce que la revue va proposer. Je pense qu’on a tous une certaine représentation du 1er numéro assez proche. De la couverture Blake et Mortimer au thème principal en passant par l’absence de sujet postposé dans la question qui l’énonce, on est conscients de ce à quoi va ressembler une partie de la revue.
Il se trouve que le rédacteur en chef nous a laissé la possibilité de proposer des choses qui abordent des œuvres différentes de celles présentes en couverture, ou d’écrire des textes qui correspondent à notre vision de la critique. Evidemment, ce ne sera pas si facile à faire de façon satisfaisante (je le répète, il faudra du temps) mais je ne me voyais pas refuser cette occasion pour critiquer après-coup le contenu des Cahiers en déplorant que l’on n’y trouve pas ce que précisément on nous a proposé d’apporter!
Je le redis encore, ce ne sera pas facile. Non seulement on écrit des articles qui d’emblée ne sont pas parfaits – en tout cas en ce qui me concerne je n’ai pas cette prétention, d’autant que la limitation en nombre de signe oriente en amont la pensée vers ce qu’elle a de plus bégayant (à propos de mon propre article, j’ai bien des réserves) -, mais en plus ils seront édités et réé-édités (coupés, réécrits, accolés à des textes que l’on n’a pas écrit - légendes, chapeau, etc). Avant de maîtriser tout ça, ou de pouvoir agir sur tout ça, il faudra de la persévérance et pas mal d’espoir. Néanmoins la possibilité qu’il en reste quelque chose existe (pour l’instant, on verra a posteriori) et au lieu de cracher dessus on fait tout pour que cette possibilité s’actualise. Peut-être que tout ceci est conjuratoire et que je pressens bien que tout est foutu, peut-être que mon aveuglement disparaitra avec le premier numéro imprimé, et peut-être qu’en fait je serai agréablement surpris.

La question de LL De Mars à Maël était : va-t-il utiliser cet espace pour parler d’œuvres dont personne ne parle ? La réponse est oui. C’est tout. Pour le reste, on verra, il faudra du temps (et bien d'autres choses), c’est certain.

lldm :
Allister Baudin :

C'est drôle, il y aura normalement un article dans Les Cahiers qui traite ironiquement des différentes tentatives de définir "LA" bd, et qui insiste précisément sur la tendance idiote à l'hypostasier et à l'unifier (comme quoi, le nom d'une revue peut être fissuré de l'intérieur).


c’est très insuffisant pour produire de la connivence : se retrouver dans un espace où aprioriquement est détesté « l’art contemporain » par balourdise, ne crée aucun sentiment de confraternité si l’objet de cet exécration est également, pour telle ou telle raison, détesté par moi. J’ai également quelques exigences sur mon partage de l’ironie, et très notamment parce qu’elle est essentiellement maniée aujourd’hui par des imbéciles cyniques sans culture. On verra, donc, si « c’est drôle ». J’attends de juger sur pièce.


Je crois que tu peux enlever « ironiquement » de ma phrase et le remplacer par « vite-fait », mais on verra sur place, je ne sais pas ce que ça va donner non plus.
lldm :
Il serait assez bon de ne pas enterrer les concepts et les notions dans des mausolées ; la spécificité est bien d’autres choses, notamment la série des caractères de distinction propres à un champ (ici et là, quand j’en cause, à ma discipline). Et ceci implique possiblement la ductilité de ces caractères, leur acculturation, leur extension, leur agencement. Tout sauf de l’essentialisation.


Je me méfie des sorties par la ductilité ou la plasticité, je crois que je vais rester dans mon mausolée en ce qui concerne la notion de « spécificité » (de façon globale, si parler de « spécificité » permet de dire qu’une chose est « plus ou moins » de la bande dessinée, alors cette spécificité implique précisément une vision essentialiste de la bande dessinée, qui serait « plus ou moins » réalisée – c’est d’ailleurs précisément par série de distinction que se réalise l’espèce et la forme, jolis petits programmes unifiés, chez Aristote.)
lldm :
Pour éviter une fois encore les généralités abusives, je veux bien discuter de chaque usage de chaque italicisation chez moi avec qui en aura envie.


J’ai ri.
lldm :
Peut-être également que, continuant à dialoguer avec des vieux grecs jusque dans ce numéro 10 en train de s’écrire, j’attendrai que nous ayons toi et moi fait un peu plus de chemin ensemble avec Aristote (voici, donc, une italique). Ce qui m’intéresse, ce sont les points de capillarité théorique dans l’histoire des théories. Ce qui d’Aristote est vivant ne veut pas dire « toujours vivant », mais « toujours fécond ».

Ok, je me la ferme et je continue de lire tes articles avec un plaisir entrecoupé d’agacement à chaque faux-sens sur des concepts aristotéliciens (mais c’est vrai, ta lecture fautive d’Aristote permet quelques trouvailles pour traiter heureusement d’autres œuvres comme celles de Varlez – après je ne suis pas sûr que ce soit ainsi que les grands textes doivent montrer leur fécondité, mais c’est mon côté poussiéreux).
lldm :
Bon. Sinon, c'est trop le bordel dans ma bibliothèque, impossible de refoutre la main sur "Oxymore". Je retomberai dessu par hasard, j'imagine.

Aïe, mon article était nullissime, mais j’avais 17 ans (et je voulais y justifier des fanzines ratés encore plus nullissimes que j’avais fait précédemment) mais le projet de la revue était bien (dans le N°01 surnageaient, aux côtés de nos considérations adolescentes à Mael et moi, de mémoire –j’ai perdu mon exemplaire- un texte de Jérôme Leglatin, de Quievreux et de Jannequin).


lldm, 17.07.2017 à 1:55366109
Mael :

Pour le reste Allister défend mieux la revue que moi, pour avoir participé plus activement à l'élaboration de ce numéro 1. Moi je me suis simplement énervé parce que le procès d'intention au nom de la pureté (c'est malgré tout ça)


tu lis un mot sur dix pour arriver à cette conclusion ?
évoquer le "procès d'intention" fait partie de la même mélasse rhétorique et politicarde que le refuge derrière les accusations de bigoterie (sociale, politique, intellectuelle) et le hochet sempiternel de la pureté. On peut, par ailleurs, également être une pure saloperie. Ne jamais douter de ses arrangements sociaux au noms de buts louables et beaux et sentant bon la fraise inlassablement repoussés est une bonne façon d'y parvenir.
Je te laisse continuer à lustrer ton impeccable miroir. Mais cette activité cosmétique ne te donne pas la hauteur, gagnée sur rien et sans bouger ton cul, contrairement à ce que tu semble croire, de prendre tes interlocuteurs pour des idiots. Peut-être, pour une fois dans ta vie, devrais-tu écouter quelque chose. C'est quand, Maël, la dernière fois que tu as écouté ?

Mael, 17.07.2017 à 1:25366108
Docteur C :
Allister Baudin :
Schrauwen, argument à la noix ? Quand Pré Carré en parle (sous la plume de Docteur C !!), les auteurs peuvent se vanter d'aborder des oeuvres qu'on n'aborde pas ailleurs, mais quand Mael en parle, on se souvient tout d'un coup qu'il est publié chez Fantagraphics ?


Houla, c'est postuler l'invisibilité du travail d'Olivier Schrauwen qui est un argument à la noix. L'a-t-on fait lorsque le Pré Carré 6 est paru ? Je n'en ai pas souvenir.

Je n'interdis pas d'écrire à son sujet et j'avais relayé ici-même le copieux dossier que lui a consacré Neuvième art, qui le place au panthéon d'une trentaine d'auteurs incontournables. Je répète : invisible, Schrauwen?

Pour le reste je n'ai pas grand-chose à ajouter, je crains que vous ne constatiez sur le papier la triste destinée de vos ambitions d'écritures pour cette revue. Mais vous serez tou-te-s payé-e-s, cela justifie sans doute la sueur qui coulera de vous pour la défendre.


Mea culpa sur l'argument invisibilité, c'était pas le bon. De fait dans ce premier numéro j'ai été peu investi et ne parle que d'un Schrauwen, d'un Reuzé et de BD l'hebdo de la BD (seul article réellement de fond que j'ai écris, et c'est plus du récit historique que de l'analyse, je l'admet).

Je n'ai aucun pb avec le travail de commande, j'en fais d'autres, bien plus douteux, mais éthiquement ça va, ils ne sont pas possédés par des gens destatable, ce n'est pas de l'argent sale et la position est claire (je ne parle pas des Cahiers mais d'autres boulots de commandes). Bref les Cahiers oui c'est l'occasion d'avoir de la place pour écrire en étant payé, c'est un argument qui se reçoit, mais aussi de la place pour défendre des choses et pour ma part tout ce qui est le fanzinat justement je compte bien l'utiliser.

Anecdote : c'est par Gorgonzola que je suis arrivé aux Cahiers, et donc on y retrouvera le même types d'articles. Je compte bien parler de BD alternative, de fanzines et de patrimoine Dupuis. Je comprends que vous trouviez ça aberrant mais ça ne s'appelle pas vouloir être aimer par tout le monde, juste aimer différents trucs pas toujorus incohérents quand on voit l'importance des références à certaines BD très classiques voire planplan dans les oeuvres alternatives.

Pour le reste Allister défend mieux la revue que moi, pour avoir participé plus activement à l'élaboration de ce numéro 1. Moi je me suis simplement énervé parce que le procès d'intention au nom de la pureté (c'est malgré tout ça) est énervant. Si j'écris sur des auteurs peu grand public (un de mes derniers articles sur Bodoï c'était Musée Spectre de Préteseille au fait) on considère que c'est soit dans des choses de niches, soit noyés dans une masse alors c'est sans intérêt. Il y a des craintes légitimes, ce n'est pas notre revue. Sauf que quand je fais une revue moi, c'est en effet pour un petit public. Alors je préfère faire les deux, ça me semble plus utile. J'ai compris la position, mais je trouve ça idiot et ai certaines espérances pour la suite des cahiers.

lldm, 17.07.2017 à 1:21366107
Allister Baudin :


C'est drôle, il y aura normalement un article dans Les Cahiers qui traite ironiquement des différentes tentatives de définir "LA" bd, et qui insiste précisément sur la tendance idiote à l'hypostasier et à l'unifier (comme quoi, le nom d'une revue peut être fissuré de l'intérieur).


c’est très insuffisant pour produire de la connivence : se retrouver dans un espace où aprioriquement est détesté « l’art contemporain » par balourdise, ne crée aucun sentiment de confraternité si l’objet de cet exécration est également, pour telle ou telle raison, détesté par moi. J’ai également quelques exigences sur mon partage de l’ironie, et très notamment parce qu’elle est essentiellement maniée aujourd’hui par des imbéciles cyniques sans culture. On verra, donc, si « c’est drôle ». J’attends de juger sur pièce.

Allister Baudin :
J'ajoute que l'essentialisation et uniformisation de la BD et de sa critique ressurgit partout, y compris dans ta bouche lorsque tu parles dès que tu le peux des "spécificités" de la BD (spécificité = langage de l'essence, repensée en espèce chez Artistote).


Il serait assez bon de ne pas enterrer les concepts et les notions dans des mausolées ; la spécificité est bien d’autres choses, notamment la série des caractères de distinction propres à un champ (ici et là, quand j’en cause, à ma discipline). Et ceci implique possiblement la ductilité de ces caractères, leur acculturation, leur extension, leur agencement. Tout sauf de l’essentialisation.

Allister Baudin :
Pour ce qui est de la façon uniforme de faire de la théorie, je suis bien d'accord que Pré Carré la met à mal largement et de façon salutaire (sans éviter par ailleurs certaines constantes qui rampent dans la critique, comme cette foutue utilisation de l'italique, qui semble permettre aux auteurs de chier des concepts en se contentant de pencher les lettres d'un mot, et qui est à la mode chez les critiques de bande dessinée, je sais pas d'où ça sort, peut-être une tendance à vouloir se prendre pour Deleuze sans passer par Hippolyte).


« Cette foutue utilisation de l’italique » n’est pas non plus une sorte d’universel, sa valeur change d’un rédacteur à un autre. Pour certains, c’est un tic. Pour d’autres, un écart nécessaire et léger (moins connotatif et excluant que les guillemets, par exemple) de l’éclairage de telle ou telle donnée. On trouve de la jean-foutrerie sous toutes sortes de clavier. Pour éviter une fois encore les généralités abusives, je veux bien discuter de chaque usage de chaque italicisation chez moi avec qui en aura envie.

Allister Baudin :
autres en permanence (d'ailleurs je serai ravi de tailler le bout de gras sur la philosophie antique et Aristote, j'ai lu récemment Synoptikon et je pense que y'a un truc douteux dans ta façon d'aborder le rapport substance/mouvement mais peut-être que tu t'en fiches).


Peut-être également que, continuant à dialoguer avec des vieux grecs jusque dans ce numéro 10 en train de s’écrire, j’attendrai que nous ayons toi et moi fait un peu plus de chemin ensemble avec Aristote (voici, donc, une italique). Ce qui m’intéresse, ce sont les points de capillarité théorique dans l’histoire des théories. Ce qui d’Aristote est vivant ne veut pas dire « toujours vivant », mais « toujours fécond ».

Bon. Sinon, c'est trop le bordel dans ma bibliothèque, impossible de refoutre la main sur "Oxymore". Je retomberai dessu par hasard, j'imagine.

Allister Baudin, 17.07.2017 à 0:16366106
lldm :
Allister Baudin :
J'avais bien compris que c'était postuler l’invisibilité que tu considérais comme un argument à la noix. Et je réitère ce que j'ai dis, puisque Pré Carré prétend aborder des auteurs que des grosses machines comme Les Cahiers rendraient invisibles, je ne vois pas pourquoi cette prétention ne s'étendrait pas à ton article, qui parlerait alors d'un article invisible - mais je conclus sans doute mal et Pré Carré n'a donc pas la prétention de n'aborder que des oeuvres invisibles, très bien, je reconnais mon erreur de jugement.


Pré Carré a également la prétention d'aborder les formes invisibles de la théorie, de la critique, et même de produire des formes éditoriales nouvelles pour y parvenir, quels que soient ses objets. Schrauwen, par exemple. Il ne s'agit pas de finasser, mais d'englober comme un seul et même problème - ce dont cette formule repoussante sur les intellos rend parfaitement compte pour ce que visent ces cahiers de "la BD" (moi, tu vois, c'est pas "BD", dont je me fous, qui me chagrine, mas la prétention infinie qu'abrite ce "LA" à savoir de quoi on cause, savoir proportionnel, sans doute, à la peau de chagrin à laquelle on aura réduit son objet) - englober comme un même problème, disais-je, ce dont on parle et la façon dont on en parle.


C'est drôle, il y aura normalement un article dans Les Cahiers qui traite ironiquement des différentes tentatives de définir "LA" bd, et qui insiste précisément sur la tendance idiote à l'hypostasier et à l'unifier (comme quoi, le nom d'une revue peut être fissuré de l'intérieur). D'ailleurs, j'ai été étonné de voir dans tes articles qu'on avait la même liste de mots qui sont utilisés de façon pseudo-anodine par les critiques et qu'il faudrait réinterroger (de "langage" à "genre"). J'ajoute que l'essentialisation et uniformisation de la BD et de sa critique ressurgit partout, y compris dans ta bouche lorsque tu parles dès que tu le peux des "spécificités" de la BD (spécificité = langage de l'essence, repensée en espèce chez Artistote). C'est la même chose lorsque l'on transpose le couple acte/puissance pour parler des "potentialités" de la BD (toute potentialité actualise un programme prédéfini et unifié).

Pour ce qui est de la façon uniforme de faire de la théorie, je suis bien d'accord que Pré Carré la met à mal largement et de façon salutaire (sans éviter par ailleurs certaines constantes qui rampent dans la critique, comme cette foutue utilisation de l'italique, qui semble permettre aux auteurs de chier des concepts en se contentant de pencher les lettres d'un mot, et qui est à la mode chez les critiques de bande dessinée, je sais pas d'où ça sort, peut-être une tendance à vouloir se prendre pour Deleuze sans passer par Hippolyte).

En ce qui me concerne j'avais abordé (quand j'avais 18 ans, avec Mael) le cas du fanzinat dans un petit fanzine théorique (bien différent de ce qui se faisait à l'époque), Oxymore. C'était bancal et ça n'avait eu aucun écho, tout le monde s'en foutait. Par la suite, j'avais abordé quand j'avais 21 ans Pepito dans un article (publié en introduction dans l'anthologie Cornélius) qui analyse l'oeuvre bien au delà de ses simples aspects formels (ce à quoi l'école groensteen semble avoir réduit "la" théorie de la BD), et il a été gentiment accueilli par le mépris de la part de ceux qui repoussent en se bouchant le nez toute bande dessinée réalisée dans le cadre d'une industrie (celle des petits formats) et par l'anti-intellectualisme primaire de la part des lecteurs habituels de ce genre de bande dessinée. Donc les formes invisibles de théorie, je vois très bien de quoi tu parles et je me penche sérieusement sur le boulot des autres en permanence (d'ailleurs je serai ravi de tailler le bout de gras sur la philosophie antique et Aristote, j'ai lu récemment Synoptikon et je pense que y'a un truc douteux dans ta façon d'aborder le rapport substance/mouvement mais peut-être que tu t'en fiches).

lldm :
Allister Baudin :

Ensuite, tu te trompes : ma paie ne justifie pas que je transpire à défendre la revue, je dirai ce que j'en pense à sa sortie. En revanche, je transpire à essayer d'y caler des trucs dont personne ne parle et plus encore, des réflexions que personne ne fait. C'est tout. Si le résultat imprimé me fait mal à la gueule, ce sera comme ça, j'aurais (on aura) essayé.


Hm. Je sais pas si c'est de la candeur, de l'aveuglement ou si c'est purement conjuratoire, mais j'ai pas de mots pour donner une mesure de la parallaxe entre tes déclarations et tous les signes de saloperies que présente ce projet cracra...


C'est un peu tout ce que tu dis mais j'ai encore de l'espoir. J'espère que les trucs bien qu'on a fait seront respectés. C'est conjuratoire, mais ma candeur associée au bulldozer des Rannou portera peut-être ses fruits.

Allister Baudin, 17.07.2017 à 0:16366105
lldm :
Allister Baudin :
J'avais bien compris que c'était postuler l’invisibilité que tu considérais comme un argument à la noix. Et je réitère ce que j'ai dis, puisque Pré Carré prétend aborder des auteurs que des grosses machines comme Les Cahiers rendraient invisibles, je ne vois pas pourquoi cette prétention ne s'étendrait pas à ton article, qui parlerait alors d'un article invisible - mais je conclus sans doute mal et Pré Carré n'a donc pas la prétention de n'aborder que des oeuvres invisibles, très bien, je reconnais mon erreur de jugement.


Pré Carré a également la prétention d'aborder les formes invisibles de la théorie, de la critique, et même de produire des formes éditoriales nouvelles pour y parvenir, quels que soient ses objets. Schrauwen, par exemple. Il ne s'agit pas de finasser, mais d'englober comme un seul et même problème - ce dont cette formule repoussante sur les intellos rend parfaitement compte pour ce que visent ces cahiers de "la BD" (moi, tu vois, c'est pas "BD", dont je me fous, qui me chagrine, mas la prétention infinie qu'abrite ce "LA" à savoir de quoi on cause, savoir proportionnel, sans doute, à la peau de chagrin à laquelle on aura réduit son objet) - englober comme un même problème, disais-je, ce dont on parle et la façon dont on en parle.


C'est drôle, il y aura normalement un article dans Les Cahiers qui traite ironiquement des différentes tentatives de définir "LA" bd, et qui insiste précisément sur la tendance idiote à l'hypostasier et à l'unifier (comme quoi, le nom d'une revue peut être fissuré de l'intérieur). D'ailleurs, j'ai été étonné de voir dans tes articles qu'on avait la même liste de mots qui sont utilisés de façon pseudo-anodine par les critiques et qu'il faudrait réinterroger (de "langage" à "genre"). J'ajoute que l'essentialisation et uniformisation de la BD et de sa critique ressurgit partout, y compris dans ta bouche lorsque tu parles dès que tu le peux des "spécificités" de la BD (spécificité = langage de l'essence, repensée en espèce chez Artistote). C'est la même chose lorsque l'on transpose le couple acte/puissance pour parler des "potentialités" de la BD (toute potentialité actualise un programme prédéfini et unifié).

Pour ce qui est de la façon uniforme de faire de la théorie, je suis bien d'accord que Pré Carré la met à mal largement et de façon salutaire (sans éviter par ailleurs certaines constantes qui rampent dans la critique, comme cette foutue utilisation de l'italique, qui semble permettre aux auteurs de chier des concepts en se contentant de pencher les lettres d'un mot, et qui est à la mode chez les critiques de bande dessinée, je sais pas d'où ça sort, peut-être une tendance à vouloir se prendre pour Deleuze sans passer par Hippolyte).

En ce qui me concerne j'avais abordé (quand j'avais 18 ans, avec Mael) le cas du fanzinat dans un petit fanzine théorique (bien différent de ce qui se faisait à l'époque), Oxymore. C'était bancal et ça n'avait eu aucun écho, tout le monde s'en foutait. Par la suite, j'avais abordé quand j'avais 21 ans Pepito dans un article (publié en introduction dans l'anthologie Cornélius) qui analyse l'oeuvre bien au delà de ses simples aspects formels (ce à quoi l'école groensteen semble avoir réduit "la" théorie de la BD), et il a été gentiment accueilli par le mépris de la part de ceux qui repoussent en se bouchant le nez toute bande dessinée réalisée dans le cadre d'une industrie (celle des petits formats) et par l'anti-intellectualisme primaire de la part des lecteurs habituels de ce genre de bande dessinée. Donc les formes invisibles de théorie, je vois très bien de quoi tu parles et je me penche sérieusement sur le boulot des autres en permanence (d'ailleurs je serai ravi de tailler le bout de gras sur la philosophie antique et Aristote, j'ai lu récemment Synoptikon et je pense que y'a un truc douteux dans ta façon d'aborder le rapport substance/mouvement mais peut-être que tu t'en fiches).

lldm :
Allister Baudin :

Ensuite, tu te trompes : ma paie ne justifie pas que je transpire à défendre la revue, je dirai ce que j'en pense à sa sortie. En revanche, je transpire à essayer d'y caler des trucs dont personne ne parle et plus encore, des réflexions que personne ne fait. C'est tout. Si le résultat imprimé me fait mal à la gueule, ce sera comme ça, j'aurais (on aura) essayé.


Hm. Je sais pas si c'est de la candeur, de l'aveuglement ou si c'est purement conjuratoire, mais j'ai pas de mots pour donner une mesure de la parallaxe entre tes déclarations et tous les signes de saloperies que présente ce projet cracra...


C'est un peu tout ce que tu dis mais j'ai encore de l'espoir. J'espère que les trucs bien qu'on a fait seront respectés. C'est conjuratoire, mais ma candeur associée au bulldozer Rannou portera peut-être ses fruits.

Docteur C, 17.07.2017 à 0:07366104
Allister Baudin :
J'avais bien compris que c'était postuler l’invisibilité que tu considérais comme un argument à la noix. Et je réitère ce que j'ai dis, puisque Pré Carré prétend aborder des auteurs que des grosses machines comme Les Cahiers rendraient invisibles, je ne vois pas pourquoi cette prétention ne s'étendrait pas à ton article, qui parlerait alors d'un article invisible - mais je conclus sans doute mal et Pré Carré n'a donc pas la prétention de n'aborder que des oeuvres invisibles, très bien, je reconnais mon erreur de jugement.

Pour ma part, je pense que Schrauwen, Umezu, LL de Mars, Lynd Ward, Kurtzman, DeForge sont des auteurs dont tout le monde se branle et que les Cahiers aborderont. Le top de 9e art me semble peu révélateur de la visibilité de Schrauwen.


Ceci ressemble de plus en plus à un dialogue de sourds mais :
Mael :

Niveaux chroniques j'y parle de trucs que tu hais et d'autres trucs que tu classeras dans ceux dont on ne parle jamais (Schrauwen par ex, mais je sais même que quelqu'un cause d'Adverse).


C'est sur cette phrase que j'ai tiqué, pardon, je trouve qu'il y a de quoi tiquer, car tu me demandes d'admettre que Schrauwen est un auteur dont on ne parle jamais, mais sur lequel j'ai en effet écrit un texte dans Pré Carré 6, sur son Arsène Schrauwen, paru chez Fantagraphics (mais d'abord en trois fascicules risographié auto-édité). Je suppose qu'il s'agira d'une mention ou d'un bref commentaire de la réédition du Miroir de Mogwli à L'association, deux activités d'écritures qu'on jugera équivalentes...

Quant à Pré Carré j'en ai quitté le comité éditorial il y a un bout de temps, ne compte plus jamais rien y publier, donc je me vois mal parler au nom de cette revue, en déclarer les intentions. Tu sembles vouloir poser un rapport concurrentiel d'avec les cahiers de la BD à paraître qui me paraît absurde, dans vos ambitions d'écritures.

Blake & Mortimer en couverture du 1, un premier hors-série sur Goscinny, le sommaire du premier numéro et sa couverture envoie une dernière fois beaucoup de signaux très négatifs, dans une nuée de slogans détestables. Peut-être lirais-je quelques numéros de cette revue, empruntés en bibliothèque, mais mon soutien apriorique est impossible, entends-le.

lldm, 16.07.2017 à 23:17366103
Allister Baudin :

Ensuite, tu te trompes : ma paie ne justifie pas que je transpire à défendre la revue, je dirai ce que j'en pense à sa sortie. En revanche, je transpire à essayer d'y caler des trucs dont personne ne parle et plus encore, des réflexions que personne ne fait. C'est tout. Si le résultat imprimé me fait mal à la gueule, ce sera comme ça, j'aurais (on aura) essayé.


Hm. Je sais pas si c'est de la candeur, de l'aveuglement ou si c'est purement conjuratoire, mais j'ai pas de mots pour donner une mesure de la parallaxe entre tes déclarations et tous les signes de saloperies que présente ce projet cracra...

lldm, 16.07.2017 à 23:00366102
Allister Baudin :
J'avais bien compris que c'était postuler l’invisibilité que tu considérais comme un argument à la noix. Et je réitère ce que j'ai dis, puisque Pré Carré prétend aborder des auteurs que des grosses machines comme Les Cahiers rendraient invisibles, je ne vois pas pourquoi cette prétention ne s'étendrait pas à ton article, qui parlerait alors d'un article invisible - mais je conclus sans doute mal et Pré Carré n'a donc pas la prétention de n'aborder que des oeuvres invisibles, très bien, je reconnais mon erreur de jugement.


Pré Carré a également la prétention d'aborder les formes invisibles de la théorie, de la critique, et même de produire des formes éditoriales nouvelles pour y parvenir, quels que soient ses objets. Schrauwen, par exemple. Il ne s'agit pas de finasser, mais d'englober comme un seul et même problème - ce dont cette formule repoussante sur les intellos rend parfaitement compte pour ce que visent ces cahiers de "la BD" (moi, tu vois, c'est pas "BD", dont je me fous, qui me chagrine, mas la prétention infinie qu'abrite ce "LA" à savoir de quoi on cause, savoir proportionnel, sans doute, à la peau de chagrin à laquelle on aura réduit son objet) - englober comme un même problème, disais-je, ce dont on parle et la façon dont on en parle.

Allister Baudin, 16.07.2017 à 22:26366101
J'avais bien compris que c'était postuler l’invisibilité que tu considérais comme un argument à la noix. Et je réitère ce que j'ai dis, puisque Pré Carré prétend aborder des auteurs que des grosses machines comme Les Cahiers rendraient invisibles, je ne vois pas pourquoi cette prétention ne s'étendrait pas à ton article, qui parlerait alors d'un article invisible - mais je conclus sans doute mal et Pré Carré n'a donc pas la prétention de n'aborder que des oeuvres invisibles, très bien, je reconnais mon erreur de jugement.

Pour ma part, je pense que Schrauwen, Umezu, LL de Mars, Lynd Ward, Kurtzman, DeForge sont des auteurs dont tout le monde se branle et que les Cahiers aborderont. Le top de 9e art me semble peu révélateur de la visibilité de Schrauwen.

Ensuite, tu te trompes : ma paie ne justifie pas que je transpire à défendre la revue, je dirai ce que j'en pense à sa sortie. En revanche, je transpire à essayer d'y caler des trucs dont personne ne parle et plus encore, des réflexions que personne ne fait. C'est tout. Si le résultat imprimé me fait mal à la gueule, ce sera comme ça, j'aurais (on aura) essayé.

lldm :
Tsss, tsss tss..
Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire de savoir dans quelles conditions de créations naissent toutes ces choses incroyables, belles et invisibles, d’en connaître la fragilité existentielle, économique, poétique, de les cotoyer dans ton fanzine et d’en cotoyer les auteurs, et de ne pas faire de la première occasion qui se présente de les arracher à leur précarité éditoriale et artistique un impératif catégorique ?
Qu'est-ce que ça veut dire de venir nous rappeler que tu publies des pages des plus humbles d’entre nous dans une revue que nous sommes également les seuls à lire et à défendre, quand tu vas enquiller des articles parfaitement inutiles de plus sur des livres que tout le monde a déjà lu mille fois dans une revue qui jouit avant même d'exister d'une publicité garantissant un impact que ni gorgonzola ni aucun des auteurs que nous évoquons ne connaissent ni ne connaitront? Quel est le sens de ces va et viens ?
Il y a bien un moment où il faudra être un peu plus clair là dessus et te demander si ce n’est pas carrément merdique de vouloir conserver l’amour de ceux que tout le monde méprise en alimentant les machines de guerre qui sont la courroie de transmission de ce mépris ?
Tu veux faire ton malin en me parlant de pureté pour louvoyer et échapper au sens réel de ces questions (sur la circularité d'un monde qui s'établit par la violence économique en état de nature), en ramenant ça à des petits problèmes de moralisme à la con, mais c’est toujours le mouvement que les gens qui salopent tout sur leur passage font quand on leur dit qu’ils pourrissent le monde avec leur déchets : ils te rappellent que chacun faisant sa part de déchets, il est inutile de changer leurs habitudes. Rappelez à un baffreur de monde qu’il peut vivre sans toute la marchandise dont il s’entoure, il cherchera partout si vous n’avez pas une montre douteuse en plastoc pour vivre sa dévoration tranquillement. Il en fera une question d'inexpugnable pureté et vous transformera en bigot pour garder sa place au soleil.
Demander un minimum de clarté éthique ce n’est pas demander grand-chose, mais c’est encore trop pour qui ne voit dans les exigences éthiques qu’un moyen décoratif d’être aimable tant que ça ne restreint pas l’ampleur de son appétit social. Tu peux vraiment continuer à trouver du génie à des gens dont cette revue de merde célèbre tout ce qui les invisibilise violemment, participer à cette brutalité du même inlassablement reconduit par la force du monde tel qu’il est, et ramener mes questions à des exigences de pureté ? Arrête un peu tes conneries, Maël. Tu veux à la fois le frétillement social qui permet de nager librement dans les mondanités d’un monde stupide voué à la marchandise, et la reconnaissance de ton attention soutenue aux damnés de la terre. Je ne suis pas ta petite caution morale, et je ne passe pas des planches à Gorgonzola pour te permettre de dormir tranquille en te disant que tu fais ta bonne action avec les pauvres. Le fanzinat, c’est la source de toute création dans notre discipline, et ça doit se défendre intégralement contre les gros éditeurs qui ne ratent aucune occasion de rappeler combien ils en méprisent tous les aspects. Va écrire ça dans les pages de ce torche cul en compagnie de nos fossoyeurs.



1) Justement, Mael, Irène et moi on saisit l'occasion pour arracher ceux-là de leur invisibilité. C'est difficile, on lutte, on se mange des refus, mais on fait tout pour, on biaise à crever pour citer un nom, pour sortir une référence au détour d'une phrase. On en chie parfois. Quand on arrive à faire accepter un article entier, fin théoriquement, qui dépasse la simple "notule", on fait péter le champagne. Et ça arrive dans ces nouveaux Cahiers. Plusieurs fois.

2) "Les seuls à défendre" (Gorgonzola). C'est heureux, c'est devenu une belle revue, et notamment grâce à tes contributions. Mael qui multiplie les articles inutiles sur des trucs déjà lus et relus ? Ben pas dans les Cahiers. T'es le seul a avoir lu et relu Schrauwen et l'intégralité de la revue B.D de Cavanna.Et c'est grâce à Mael que j'y suis, à parler d'Umezu, de Kurtzman, qu'irène parle de DeForge.

3) "Tu peux vraiment continuer à trouver du génie à des gens dont cette revue de merde célèbre tout ce qui les invisibilise violemment, participer à cette brutalité du même inlassablement reconduit par la force du monde tel qu’il est, et ramener mes questions à des exigences de pureté ? "
Cf Point 1. Le but est justement de pousser vers une célébration de ce que cette grosse machine semble pour l'instant invisibiliser. Et ce n'est pas facile. C'est sur le long terme. Mais pour l'instant on commence à essayer à choper un bout du truc. On va voir si on réussit à le tirer plus loin où si on se reprend l'élastique dans la gueule.

Docteur C, 16.07.2017 à 22:11366100
Allister Baudin :
Schrauwen, argument à la noix ? Quand Pré Carré en parle (sous la plume de Docteur C !!), les auteurs peuvent se vanter d'aborder des oeuvres qu'on n'aborde pas ailleurs, mais quand Mael en parle, on se souvient tout d'un coup qu'il est publié chez Fantagraphics ?


Houla, c'est postuler l'invisibilité du travail d'Olivier Schrauwen qui est un argument à la noix. L'a-t-on fait lorsque le Pré Carré 6 est paru ? Je n'en ai pas souvenir.

Je n'interdis pas d'écrire à son sujet et j'avais relayé ici-même le copieux dossier que lui a consacré Neuvième art, qui le place au panthéon d'une trentaine d'auteurs incontournables. Je répète : invisible, Schrauwen?

Pour le reste je n'ai pas grand-chose à ajouter, je crains que vous ne constatiez sur le papier la triste destinée de vos ambitions d'écritures pour cette revue. Mais vous serez tou-te-s payé-e-s, cela justifie sans doute la sueur qui coulera de vous pour la défendre.

Allister Baudin, 16.07.2017 à 21:32366099
J’ai rédigé une partie de ce post avant celui du Docteur, mais finalement apres-coup je vois qu’il répondait déjà à son angoisse sur le « comment ». Je le comprends, je trouvais ça bizarre de se soucier à tout prix qu’on l’on parle d’œuvres peu abordées, comme si cela suffisait et que c’était déjà perdu d’avance qu’il puisse y avoir sur elles des articles intéressants.

Bon et bien, je vais répondre d’emblée à Docteur, qui semble dire que 1) même si on aborde des œuvres peu communes on le fera dans des articles de merde vite-torchés 2) et ce sera à côté d’autres articles affreux et publicités à gerber. Bon alors je peux répondre sur le point 1), celui qui compte pour moi : il y aura des bons articles, intéressants, denses (loin d'être des "chroniquettes"), bien écrits, en plus d’aborder des œuvres peu communes. Malheureusement on ne sait pas ce qui sera fait de ces articles (l’ «editing » comme ils disent ne pardonne pas parfois) ni –et là Docteur a un peu raison, c’est le point 2) - ce qu’ils côtoieront.


Les Cahiers sont ouverts à toute suggestion de chroniques et d’article de la part de son équipe : Mael avait des choses à dire sur Olivier Schrauwen pour ce premier numéro, moi j’avais des choses sur Je suis Shingo d’Umezu à proposer, et le rédac’ chef les a acceptées (oui parce que j’y participe aussi, même si mon nom n’apparaît pas dans les pages qui ont annoncé la revue). Schrauwen, argument à la noix ? Quand Pré Carré en parle (sous la plume de Docteur C !!), les auteurs peuvent se vanter d'aborder des oeuvres qu'on n'aborde pas ailleurs, mais quand Mael en parle, on se souvient tout d'un coup qu'il est publié chez Fantagraphics ?

On peut tout dire sur Bernière mais globalement, il est à l’écoute et est ouvert à toutes les suggestions de sujets. Cela dit, même avec tous les efforts possibles, notre poids en tant que rédacteurs est limité - comme c’est souvent le cas dans la presse, le rédac’chef édite (coupe, modifie, allonge, change) les articles et on ne sait pas toujours à l’avance ce qui va rester du texte quand ça sort (ni ce qui va lui être ajouté). Bref, si Mael veut parler d’une œuvre « dont personne ne parle », il pourra, et il le fait dès ce premier numéro.

Sur le comment :
Je crois que Les Cahiers seront une auberge espagnole où bien des choses antagonistes se côtoieront, et j’espère que le résultat sera plus intéressant que prévu (en tout cas ce sera pas pire qu’actuaBD, et tout le monde salue le travail d’Hojlo malgré le fait qu’il côtoie les pires articles-pubs). En ce qui me concerne, j’ai abordé pour ce premier numéro un auteur dont « personne ne parle », Harvey Kurtzman (c’est factuel, à part des articles d’archiviste sans analyses de Dutrey dans le Collectionneur de bande dessinée, il n’y a aucun article conséquent sur Kurtzman écrit en France), à travers un long article introductif où j’ai tenté de présenter diverses lignes de force de son œuvre à partir des histoires du Jungle Book. Une fois encore, je ne sais pas ce qui va rester de l’article lorsqu’il sortira, mais en l’état je pense avoir réussi à faire passer quelques idées, et ceci malgré toutes les contraintes de l’écriture de presse (au-delà du fait que l’article sera remâché par le rédac chef, ce type d’écriture pousse à choisir parfois un vocabulaire insatisfaisant ou que l’on ne peut prendre le temps de justifier).

En tout cas, pour l’instant, ce que je remarque, c’est qu’il est possible de proposer un long article qui présente à la fois des analyses historiques et esthétiques sur un auteur qui n’a jusque là connu aucun article de fond en France (putain, il y a des nuances que j’ai pas pu faire, ça me stresse, mais on va y aller quand même, j’ai passé tout mon temps à déplorer qu’un tel espace pour des analyses consistantes n’existe pas dans la presse – à vrai dire, au fond, même la possibilité de lire un grand article de Peeters sur Topffer en presse me plait, quand bien même le sujet est archi-violé et rabâché, par les mêmes barbons depuis 30 ans).

Parmi les autres bonnes choses annoncées dans ce numéro, l’article d’Irène Leroy Ladurie a de grandes qualités et utilise des exemples pour nourrir son propos qui ne se limitent pas à ce dont tout le monde parle (un beau paragraphe est consacré au Big Kids de Michael DeForge). Et Comment ? Irène le fait très bien, sa pensée est dense et intéressante. Encore une fois, je ne sais pas ce que ça donnera une fois « édité ». Il y aura au moins un autre article qui sera à la fois bien fait et sur un sujet intéressant, mais je ne m'avance pas.

Il y a de fortes chances que, non seulement sous l’impulsion de Mael de plus en plus d’espace soit dédié aux œuvres souvent passées sous silence, mais en outre que des choses intéressantes soient écrites dessus. Je me montre optimiste, mais j’ai bien entendu des doutes sur bien des aspects de la revue (que je ne me prive pas de partager au rédac chef d’ailleurs). Pour ce qui est de la question « Pourquoi les intellos ne s’intéressent-ils pas à la BD ? » ( lldm revient dessus en commentaire sur du9), j’ai d’emblée affirmé au rédac’ chef qu’elle m’a fait hausser un sourcil, mais il semblerait que cette formulation grandguignolesque soit volontairement balancée au bulldozer et ironique : ce n’est pas le titre d’un article mais vraisemblablement d’une interview (que je n’ai pas lu) du rédac chef de la revue Le Débat. « Intellos » ici désignerait non pas ceux qui font usage d’un intellect mais une forme de bureaucratie façon Finkelkraut et cie. Je n’ai pas lu l’article (je n’attends rien de ce genre de rubrique tendance, qui ne m’est vraiment pas destinée mais genre pas du tout, et que j'ai tendance à fuir) mais ces explications ont eu le mérite de me faire descendre mon sourcil de quelques centimètres (mais je suis certain que bien des choses publiées me le feront rehausser illico-presto).

Bon en bref, je ne sais pas trop à quoi tout ça va ressembler, mais j’ai de l’espoir.
J’ai lu par ci et par là qu’on parlait du « scandale » que serait cette reprise, ça me fait bien marrer :
1) « Les Cahiers de la bande dessinée » a toujours été un magazine où il y avait à boire, à chier et à manger, que ce soit dans la formule « fanboy » de Jacques Glénat (avec des interviews souvent plates, à l’exception de celle de Forest, qui trouve toujours le moyen de dire des trucs dignes d’intérêt), dans celle « biaisée à en crever et destinée à aborder jusqu’au trognon la BD à travers la sémiotique et la psychanalyse » (riche en erreurs factuelles et analyses discutables – à chaque fois que je lis un de ces numéros, c’est un vrai festival de contresens qui s’en dégage, preuve que la revue n’a pas si bien « vieilli »), dans celle « bling bling » de Numa Sadoul ou celle « fantomatique » de Fillipini. Que JC Menu crie au scandale -au delà du fait qu'il soit lui-même édité par Benoit "Ecritures" Peeters et dans Pandora et par Bamboo-, lui qui n’hésite pas à appeler sa thèse « La bande dessinée et son double » d’après une référence à Artaud aussi théoriquement injustifiée que celle de Pasamonik à Kant dans « La Critique de la bande dessinée pure » peut faire sourire. On voit que ce monsieur n’hésite plus à qualifier de « scandale » tout ce qu’il veut garder dans son petit musée personnel (ses strips dans les Cahiers de la bande dessinée étaient rigolos mais ça ne suffit pas à faire de cette revue un mythe, désolé).

2) Ceux qui déplorent que les articles seront consensuels ou médiocres intellectuellement dans les futurs Cahiers, à la différence d’autres tentatives théoriques – j’ai lu des commentaires ici et là regrettant Comix Club, d’autres se félicitant qu’il « reste » Pré Carré – sur la base de l’annonce d’une partie du contenu d’un premier numéro qu’ils n’ont pas lu…
Je ne sais pas quoi dire face à de tels arguments tant tout ça n’a rien à voir. On ne peut pas tout confondre. La seule chose que je peux dire, c’est qu’il est d’une part assez peu malin de flinguer les contributeurs qui tentent de tirer les Cahiers vers le haut, au prix d’efforts que l’on n’imagine pas (Docteur parle d’une « compromission », mais s’il savait le nombre de putain de coup de fils passés pour sauver un texte, un mot, pour rendre possible une pensée…) et qu’il est d’autre part absurde de faire de Comix Club et de Pré Carré des modèles de revue critiques (ce que ces revues récus(ai)ent évidemment de façon intelligente dans leurs intentions mêmes, si je les ai bien lues).
3) Ceux qui reviennent inlassablement sur la distinction « BD » et « bande dessinée » pour déplorer qu’on ait affaire ici aux « Cahiers de la BD » et pas de la « bande dessinée ». Alors certes, c’est une distinction facile à comprendre, certes, elle est séduisante, mais un simple tour sur du9 (par exemple sur l’article « Les aventures de la bande dessinée ») montre que des articles condescendants sur « la BD » n’hésitent plus à parler aussi de « bande dessinée », invalidant cette distinction (que Lecigne désignait déjà dans Contreverse comme sans intérêt).

Bref, Les Cahiers de la BD, je l’espère, laisse ouvert en presse un espace pour des articles de fonds, qui seront certes en décalage avec d’autres aspects de la revue. Bon, je risque d’être déçu mais pour l’instant, on peut seulement dire qu’on a bossé, avec notre marge d’action de rédacteurs, pour en faire quelque chose de plus grand que ce qui se laisse voir dans les annonces publiées ici et là. On verra ce qu'il restera de ce travail quand ça sortira.

lldm, 16.07.2017 à 21:30366098
Tsss, tsss tss..
Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire de savoir dans quelles conditions de créations naissent toutes ces choses incroyables, belles et invisibles, d’en connaître la fragilité existentielle, économique, poétique, de les cotoyer dans ton fanzine et d’en cotoyer les auteurs, et de ne pas faire de la première occasion qui se présente de les arracher à leur précarité éditoriale et artistique un impératif catégorique ?
Qu'est-ce que ça veut dire de venir nous rappeler que tu publies des pages des plus humbles d’entre nous dans une revue que nous sommes également les seuls à lire et à défendre, quand tu vas enquiller des articles parfaitement inutiles de plus sur des livres que tout le monde a déjà lu mille fois dans une revue qui jouit avant même d'exister d'une publicité garantissant un impact que ni gorgonzola ni aucun des auteurs que nous évoquons ne connaissent ni ne connaitront? Quel est le sens de ces va et viens ?
Il y a bien un moment où il faudra être un peu plus clair là dessus et te demander si ce n’est pas carrément merdique de vouloir conserver l’amour de ceux que tout le monde méprise en alimentant les machines de guerre qui sont la courroie de transmission de ce mépris ?
Tu veux faire ton malin en me parlant de pureté pour louvoyer et échapper au sens réel de ces questions (sur la circularité d'un monde qui s'établit par la violence économique en état de nature), en ramenant ça à des petits problèmes de moralisme à la con, mais c’est toujours le mouvement que les gens qui salopent tout sur leur passage font quand on leur dit qu’ils pourrissent le monde avec leur déchets : ils te rappellent que chacun faisant sa part de déchets, il est inutile de changer leurs habitudes. Rappelez à un baffreur de monde qu’il peut vivre sans toute la marchandise dont il s’entoure, il cherchera partout si vous n’avez pas une montre douteuse en plastoc pour vivre sa dévoration tranquillement. Il en fera une question d'inexpugnable pureté et vous transformera en bigot pour garder sa place au soleil.
Demander un minimum de clarté éthique ce n’est pas demander grand-chose, mais c’est encore trop pour qui ne voit dans les exigences éthiques qu’un moyen décoratif d’être aimable tant que ça ne restreint pas l’ampleur de son appétit social. Tu peux vraiment continuer à trouver du génie à des gens dont cette revue de merde célèbre tout ce qui les invisibilise violemment, participer à cette brutalité du même inlassablement reconduit par la force du monde tel qu’il est, et ramener mes questions à des exigences de pureté ? Arrête un peu tes conneries, Maël. Tu veux à la fois le frétillement social qui permet de nager librement dans les mondanités d’un monde stupide voué à la marchandise, et la reconnaissance de ton attention soutenue aux damnés de la terre. Je ne suis pas ta petite caution morale, et je ne passe pas des planches à Gorgonzola pour te permettre de dormir tranquille en te disant que tu fais ta bonne action avec les pauvres. Le fanzinat, c’est la source de toute création dans notre discipline, et ça doit se défendre intégralement contre les gros éditeurs qui ne ratent aucune occasion de rappeler combien ils en méprisent tous les aspects. Va écrire ça dans les pages de ce torche cul en compagnie de nos fossoyeurs.

Docteur C, 16.07.2017 à 19:52366097
Ouais c'est un sujet que j'ai essayé d'éviter, d'autant qu'en effet je connais perso plusieurs des plumes impliquées dans cet infect projet de nouveaux « Cahiers de la BD ».

Le problème n'est pas tant le pourquoi ? Le pourquoi le pain, difficile de nous embobiner avec ce pourquoi ? Pour le pain de Lucie Servin et d'Irène Le Roy Ladurie, qui est d'une faux-culterie sans nom.

Mais je ne vois moi aucune occasion dans cette revue. Peu importe a priori sur qui ou quoi que vous irez les écrire, vos chroniquettes, et je n'ignore pas à quel degré de journalisme BD l'écriture de notre cher Maël peut atteindre, c'est le comment qui est rédhibitoire. Après tout qui veut n'être qu'un des petits grains de la lessive où vous vous vendrez dans votre paquet de lessive globale ? Qui veut être la came que vous fourguerez entre les quatre pans inexpugnables du carton de la langue et l'image publicitaires les plus laides ?

Schrauwen invisible avec Arsène chez Fantagraphics, l'éditeur de bande dessinée le plus en vue du monde, bof hein, argument à la noix.

Après chacun-e mesure ses compromissions, mais ces « Cahiers de la BD » puent solidement à mon odorat, par tous les petits signaux olfactifs qu'ils envoient, que cela soit désagréable à tout ceux qui me liront.

(dire que je pensais mon rapport à ces conneries plus apaisé et lointain... Bref, j'irai lire autre chose que cette revue, pour la santé de mes nerfs, toujours incertaine.)

Mael, 16.07.2017 à 18:34366096
Oui, je vais faire comme d'habitude. Parler de vieux trucs qu'on me commande et parler aussi de trucs dont personne ne parle dont tu causes ci-dessous.

Car si je parle de Tillieux (en fait ça fait longtemps) je cause aussi d'autres trucs, mais tu ne dois pas les lire - puisque tu ne lis pas ces presses, ce que je comprends.

Pour la nouvelle version c'est clairement pas ce que j'en aurai fait, mais avec quelques autres (dont certains cachés ici) ont parle de choses que je trouve très bien. Et ça a de laisser place aussi à une autre génération malgré tout en la rémunérant (Lucie Servin, Irène Le roy Ladurie, moi-même, d'autres...), même si là ça fait un peu mix étrange. Pour ma part j'ai peu participé à ce premier numéro, je participerai + aux autres. Dans celui là il y aura un papier historique sur BD hebdo, qui n'invente donc rien, mais dit des choses.

Niveaux chroniques j'y parle de trucs que tu hais et d'autres trucs que tu classeras dans ceux dont on ne parle jamais (Schrauwen par ex, mais je sais même que quelqu'un cause d'Adverse).

Je compte bien y développer des choses. Sur Bodoï on parlait beaucoup de THC, je venais de faire un papier sur Préteseille... bref, je comprends ce que tu dis mais je trouve très désagréable ta manière de dire que je dis un amour fou en privé de certaines choses que je défends continuellement dans Gorgonzola, ici, sur facebook (que j'utilise beaucoup pour ça), et même dans des chroniques diverses, etc. Mais sans doute mes actions ne seront elles jamais assez pures alors je vais justement retourner au gorgonzola 23, à des travaux de commandes et à d'autres plus personnels, et à l'intégrale Imagex qu'on relance enfin !

lldm, 16.07.2017 à 13:50366094
à propos de cette nouvelle (façon de parler) et visiblement dispensable publication, j'aurais une question à Maël qui figure à ce générique (ce qui est d'ailleurs assez peu rassurant, on y croise essentiellement des momies mondaines) : vas-tu enfin te décider à y écrire sur ces bandes dessinées dont personne ne parle et dont tu dis dans la vie quotidienne tout l'amour que tu as pour elle, ou vas-tu pusillanimement accompagner ce choeur de vieux cons autosatisfaits dans les louanges pour des trucs qui se vendent déjà partout tout le temps très bien sans qu'une ligne d'écriture ne soit nécessaire?

NDZ, 07.07.2017 à 13:04366037
J'ai continué:

- Tardi ne dit rien de vraiment intéressant, et ne parle pas de ses choix d'oeuvres et de sujets par le prisme politique

- Le Clézio c'est le néant (alors moi je reçois ça, je ne le publie même pas, Jean-Marie Gustave ou non)

- Benoît Peeters nous parle de... lui. Et de ses livres de critique. Son propos sur l'auteur complet n'est pas si navrant mais peine à convaincre. Son rattrapage sur le duo d'inséparables scénariste et dessinateur est raté.

- Garcia a bien quelques fulgurances mais se perd très rapidement dans une espèce de plan pré-établi très mauvais (la bédé enfant >>). Je préfère ce genre d'écrivain là à JMG du coup, même si c'est pénible à lire tant c'est scolaire et psychanalysant. Bwoufff. Mais où sont Eric Chevillard et Mathias Enard, deux qui m'intéressent un peu plus ces derniers temps quand ils parlent (à la) bd...

Le problème pour le moment, c'est que mis à part deux ou trois idées nouvelles ou remarques/exemples bien sentis, on a un magma de propos qui ne sort rien de fracassant. Tout le monde à l'air de faire semblant de réfléchir sur un sujet imposé qui fait chier. Pas de passion, pas de vision.

J'en suis au 2/3

lanjingling, 07.07.2017 à 9:15366036
NDZ :
Frank Lloyd Wright
Tu placerais où ses vitraux géométriques dans l'histoire de la B.D. :) ?

Mael, 07.07.2017 à 8:27366035
Le texte de Le Clézio n'a vraiment aucun intérêt mais fait moins d'une page. Et c'est plus "quand j'étais petit j'aimais bien la BD, je voulais être dessinateur. Ha la BD ! La ligne blabla" (il ne dit pas ligne claire d'ailleurs mais utilises un autre mot, mais je ne suis plus sur, "ligne simple" ? En tous cas rien d'intelligent)

Mael, 07.07.2017 à 8:24366034
Le texte de Le Clézio n'a vraiment aucun intérêt mais fait moins d'une page. Et c'est plus "quand j'étais petit j'aimais bien la BD, je voulais être dessinateur. Ha la BD ! La ligne blabla" (il ne dit pas ligne claire d'ailleurs mais utilises un autre mot, mais je ne suis plus sur, "ligne simple" ? En tous cas rien d'intelligent)

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