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Une vraie critique de la bande dessinée

Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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lanjingling, 16.06.2007 à 7:49287616
depechez-vous de casser les bouquins que vous n'aimez pas dans vos verdicts panoramiques & autres bullechroniques, parce que bientot, ca ne sera peut-etre plus possible

Australian ruling on food review leaves critics with a sour taste

Saturday, June 16, 2007

Australian food critics were mulling whether they could ever write a bad review again after the High Court ruled that an unfavorable appraisal of a Sydney restaurant was defamatory.
Critics say the decision could stifle true reviews of not just restaurants but theater, concerts and art.

The long-running legal case revolves around a bad review of Coco Roco restaurant carried in the Sydney Morning Herald in 2003 in which the reviewer said the flavors of one dish "jangled like a car crash."

The critic, Matthew Evans, wrote that "more than half the dishes I've tried at Coco Roco are simply unpalatable" and scored it a nine out of a possible 20.

He dined twice at the restaurant, which he said "was touted as `Sydney's most glamorous restaurant."' He added: "If glamour peaked at about 1985, then perhaps they're right."

Coco Roco closed within months of the review and its owners, who had spent A$3 million (HK$19.65 million) refitting the waterside premises, claimed they lost 2,700 customers immediately after it was published.

In a 6-1 decision, the High Court ruled the review was an attack on the restaurant as a business.

"Business capacity and reputation are different from personal reputation," the judgment said. "Harm to the former can be, as here, inflicted more directly and narrowly than harm to a person's reputation."

Further hearings will now be held for the newspaper to present its defense and for the court to determine what, if any, damages are applicable. But the judgment, according to the Herald's current chief restaurant critic, Simon Thomsen, meant that now "anything short of hagiography will be defamatory."

Veteran critic Leo Schofield was also unimpressed: "If a poor review leads to diminished returns at the box office of the theater, are we now going to say that it is due to the review and not to the quality of the work?"

Herbv, 01.06.2007 à 9:08286645
Malheureusement l'enregistrement n'est plus disponible sur le site de la BPI. J'en possède un pour ceux qui seraient intéressés mais il est de piètre qualité (il est rapidement insupportable d'entendre au premier plan le bruit que je fais avec des feuilles de papier :)).

Xavier, 01.06.2007 à 8:22286642
Nicolas :
Je me suis avancé sur deux points dans mon texte. A savoir que je considerais que Cornélius publiait des mangas dans le sens original de lecture par respect des oeuvres (et non pour les réserver à des initiés) et que la "mangamania" avait facilité l'édition d'auteurs japonais alternatifs. J'ai donc écrit à Cornélius pour avoir une confirmation. Ils m'ont répondu (brèvement à cause d'un planning chargé) "qu'en gros" je ne m'étais trompé en m'avançant ainsi.


Ce qu'avait indiqué Jean-Louis-de-Cornélius à une conférence sur les mangas à la BPI du Centre Pompidou, c'est qu'il lui avait d'abord fallu découvrir le manga avant de pouvoir en publier. Et que pour lui, les cloisonnements géographiques n'avaient pas de sens, et qu'il refusait de créer une collection "manga" -- pour lui, tout cela c'est de la bande dessinée.
Pour ceux que ça intéresse de l'entendre expliquer tout ça, un enregistrement de la conférence doit être disponible en ligne.

Nicolas, 01.06.2007 à 0:16286639
Je me suis avancé sur deux points dans mon texte. A savoir que je considerais que Cornélius publiait des mangas dans le sens original de lecture par respect des oeuvres (et non pour les réserver à des initiés) et que la "mangamania" avait facilité l'édition d'auteurs japonais alternatifs. J'ai donc écrit à Cornélius pour avoir une confirmation. Ils m'ont répondu (brèvement à cause d'un planning chargé) "qu'en gros" je ne m'étais trompé en m'avançant ainsi.

Charlie Brown, 26.05.2007 à 10:30286273
Bon, je suis entièrement d'accord avec tout ce que dit Marie et je tenais à le dire !... (et puis comme elle est d'accord avec moi par ailleurs, c'est cool !...)

Marie, 25.05.2007 à 9:22286225
Merci pour ta réponse plus nuancée Xavier.

Xavier :
[...] il y a un chapitre là-dessus dans le bouquin de ... Harry Morgan, je crois, sur les Littératures Dessinées. En gros, il revient sur la manière dont les historiens de la bande dessinée des années 60-70 mettaient en avant les strips qu'ils avaient lus durant leur jeunesse, en se basant plus sur la nostalgie que sur une quelconque valeur intrinsèque avérée.

Bah, c’est une réaction naturelle. Mais il n’est pas nécessaire de remonter aux années 60-70 pour entendre cette sentence qui se révèle naturellement aux hommes d'expérience. Rassemblez sur un forum quelques amateurs de bd ayant passé la trentaine et il y a de grandes chances pour qu'ils vous sortent sans sourciller qu’avant c’était génial et qu’actuellement on ne fait plus rien de bon ;o)

Dieu, 24.05.2007 à 20:21286195
Xavier :
Dieu :
Les éditeurs, par ce qu'ils publient et ne publient pas peuvent nous influencer. Chez beaucoup de lecteurs, le fait qu'il y'a beaucoup plus de mangas que de comics publiés aujourd'hui peut amener à penser qu'UN manga a plus de chance d'être meilleur qu'UN comics. Donc regarder de plus près le patrimoine manga, s’intéresser un peu à l’histoire de la bd, cela permet simplement de relativiser ces phénomènes d’édition et de trouver plus facilement des auteurs intéressants.


D'accord avec cette version des choses. Ton post précédent semblait laisser entendre une supériorité d'un patrimoine sur un autre, sujet qui (comme je l'ai signalé) me laisse parfaitement indifférent.
Et en effet, l'avantage de se pencher sur le patrimoine, également, c'est de pouvoir bénéficier d'un tri fait par la postérité, d'un recul qui permet de séparer le bon grain de l'ivraie.


Alors comme ça tu n'aimes pas les concours de bites? Pour l'anecdote, une petite blague dans un comics d'Adrian Tomine (l'Américain d'origine japonaise): "What's the difference between Asian and Caucasian? The cock."

Dieu, 24.05.2007 à 20:17286194
Noir Firebird :
Dieu :
Ca ne me semble pas être une mauvaise démarche de ma part de connaître la réalité au moment d'une surproduction française de manga que certains présentent comme révélatrice de la richesse de la bd japonaise.


J'ai pas dit ça, hein.
J'ai dit qu'au milieu de l'océan de titres mangas qui sortent dans l'anonymat, y'a de vrais beaux titres. Qui me touchent.
Et à cette aune, je trouve dommage que tu fasses des généralités basées sur le manque de discernement de certains éditeurs qui n'ont aucune démarche éditoriale.

Et, évidemment, tu as raison, on ne peut pas vraiment juger le patrimoine de la BD japonais avec seulement ce qui est traduit. Mais ça ne réduit en rien la qualité, à mes yeux, des titres que j'ai cités.


J'essaye simplement de me faire une opinion en fonction des informations dont je dispose. Qu'on me dise qu'il y a encore des trésors à découvrir dans la bd japonaise c'est bien, qu'on me le prouve c'est mieux.

Pour ce qui est du manque de discenement des éditeurs qui éditent des mangas, je tiens à préciser ma pensée. Ils ont su publier des grands livres (Matsumoto, Hino etc) il n'y a pas si longtemps. Donc je ne pense pas qu'ils soient mauvais. Il y a ceux qui veulent faire du chiffre et ceux qui (même dans une optique qualitative) doivent bien être obligés de publier des trucs moins bons après avoir déjà publié la crème du manga. Ce n'est pas normal qu'après avoir acheté tant de mangas il y a 3-4 ans, je ne trouve plus rien qui m'emballe. Il y a forcément un problème.

Xavier, 24.05.2007 à 17:43286186
Marie :
Xavier :
Et en effet, l'avantage de se pencher sur le patrimoine, également, c'est de pouvoir bénéficier d'un tri fait par la postérité, d'un recul qui permet de séparer le bon grain de l'ivraie.

Ah ben non quand même, le tri fait par la postérité n’est pas une référence indiscutable. Même à ce niveau l’influence des effets de mode se fait sentir. On peut y rajouter les manœuvres commerciales ou intellectualisantes et même le hasard. Pour prendre un exemple connu, le musicien exceptionnel qu’était Vivaldi n’a été redécouvert que vers la moitié du XXème siècle. Alors quand plus personne ne se souvenait de lui, il était nul ?


Je n'ai pas dit que le tri était bon, j'ai dit qu'il avait le mérite d'exister. Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu mentionnes, et il y a un chapitre là-dessus dans le bouquin de ... Harry Morgan, je crois, sur les Littératures Dessinées. En gros, il revient sur la manière dont les historiens de la bande dessinée des années 60-70 mettaient en avant les strips qu'ils avaient lus durant leur jeunesse, en se basant plus sur la nostalgie que sur une quelconque valeur intrinsèque avérée.

Bref. Sans compter qu'il existe des oeuvres qui sont importantes d'un point de vue historique (parce qu'elles étaient pionnières ou en rupture avec ce qui se faisait) mais qui, avec le recul de l'évolution accomplie, n'ont plus le même impact ou la même pertinence.

Marie, 24.05.2007 à 17:04286179
Xavier :
Et en effet, l'avantage de se pencher sur le patrimoine, également, c'est de pouvoir bénéficier d'un tri fait par la postérité, d'un recul qui permet de séparer le bon grain de l'ivraie.

Ah ben non quand même, le tri fait par la postérité n’est pas une référence indiscutable. Même à ce niveau l’influence des effets de mode se fait sentir. On peut y rajouter les manœuvres commerciales ou intellectualisantes et même le hasard. Pour prendre un exemple connu, le musicien exceptionnel qu’était Vivaldi n’a été redécouvert que vers la moitié du XXème siècle. Alors quand plus personne ne se souvenait de lui, il était nul ?

Pour la question de Nicolas, je dirais que les conseils d’un libraire peuvent me convaincre s’il témoigne d’une réelle connaissance du sujet et s’il ne se montre pas trop cantonné dans un seul genre de bd. Les discussions sur certains forums peuvent facilement éveiller ma curiosité et je lis également les avis de chroniqueurs dont je connais plus ou moins les goûts. Par exemple : je sais que si certains on adoré, moi je détesterai à coup sûr :o)
Un des grands intérêts des (bonnes) chroniques reste quand même l’analyse après lecture qui parfois peut faire évoluer notre première impression.


Charlie Brown :
Juste une réserve, une remarque qui n’est basée sur aucune étude concrète mais seulement sur mon ressenti. Je ne trouve pas que la qualité générale soit en baisse dans la production BD actuelle, je pense juste que la quantité d’œuvres de qualité est la même, seulement noyée dans une production exponentielle de choses probablement sans intérêt (je dis "probablement" parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne lis pas)... Personnellement, je trouve toujours mon compte dans la bande dessinée d’aujourd’hui.

Tout pareil et pourtant je lis de la bd depuis un paquet d'années.
Bravo et merci également à Nicolas pour son article très intéressant qui a eu pour effet indirect de me persuader de lire Là où vont nos pères ;o)

Xavier, 24.05.2007 à 13:25286158
Dieu :
Les éditeurs, par ce qu'ils publient et ne publient pas peuvent nous influencer. Chez beaucoup de lecteurs, le fait qu'il y'a beaucoup plus de mangas que de comics publiés aujourd'hui peut amener à penser qu'UN manga a plus de chance d'être meilleur qu'UN comics. Donc regarder de plus près le patrimoine manga, s’intéresser un peu à l’histoire de la bd, cela permet simplement de relativiser ces phénomènes d’édition et de trouver plus facilement des auteurs intéressants.


D'accord avec cette version des choses. Ton post précédent semblait laisser entendre une supériorité d'un patrimoine sur un autre, sujet qui (comme je l'ai signalé) me laisse parfaitement indifférent.
Et en effet, l'avantage de se pencher sur le patrimoine, également, c'est de pouvoir bénéficier d'un tri fait par la postérité, d'un recul qui permet de séparer le bon grain de l'ivraie.

Noir Firebird, 24.05.2007 à 0:18286114
Dieu :
Ca ne me semble pas être une mauvaise démarche de ma part de connaître la réalité au moment d'une surproduction française de manga que certains présentent comme révélatrice de la richesse de la bd japonaise.


J'ai pas dit ça, hein.
J'ai dit qu'au milieu de l'océan de titres mangas qui sortent dans l'anonymat, y'a de vrais beaux titres. Qui me touchent.
Et à cette aune, je trouve dommage que tu fasses des généralités basées sur le manque de discernement de certains éditeurs qui n'ont aucune démarche éditoriale.

Et, évidemment, tu as raison, on ne peut pas vraiment juger le patrimoine de la BD japonais avec seulement ce qui est traduit. Mais ça ne réduit en rien la qualité, à mes yeux, des titres que j'ai cités.

Dieu, 23.05.2007 à 20:15286105
Xavier :
Dieu :
J'ai comparé le patrimoine japonais au patrimoine européen car Noir Firebird m'a amené à le faire en disant qu'il y'avait autant de richesses. Je crois que ça tient plus du discours idéologique que de la réalité. Ca ne me semble pas être une mauvaise démarche de ma part de connaître la réalité au moment d'une surproduction française de manga que certains présentent comme révélatrice de la richesse de la bd japonaise. Dire que le patrimoine de la bd américaine est (peut être) plus riche que celui de la bd française est aussi une information qui a son intérêt.


Hm. Je n'aime pas trop ce genre de discours sur les mérites comparés de tel ou tel patrimoine -- il s'y cache toujours quelque chose de nauséabond, qui sous-entendrait une suprémacie culturelle de l'un sur l'autre.
Sans compter que franchement, je m'en fous largement -- je trouve plus important de trouver des oeuvres qui me touchent, m'émeuvent ou m'intéressent, que de se lancer dans un concours de longueur d'organe qui n'apporte finalement rien à rien.


Moi aussi je veux "trouver des oeuvres qui me touchent". Mais pour trouver il faut savoir où et jusqu'où on peut chercher.
Les éditeurs, par ce qu'ils publient et ne publient pas peuvent nous influencer. Chez beaucoup de lecteurs, le fait qu'il y'a beaucoup plus de mangas que de comics publiés aujourd'hui peut amener à penser qu'UN manga a plus de chance d'être meilleur qu'UN comics. Donc regarder de plus près le patrimoine manga, s’intéresser un peu à l’histoire de la bd, cela permet simplement de relativiser ces phénomènes d’édition et de trouver plus facilement des auteurs intéressants.

Charlie Brown, 23.05.2007 à 15:30286089
Nicolas :
Voici une question que je désirais vous poser: comment quantifieriez-vous l'impact des chroniques internet, des autres médias et des conseils des libraires sur vos choix d'achat? Les sélections des libraires ont-elles un impact sur les vôtres?


Je vais essayer de te répondre de la manière la plus précise possible.
La bande dessinée est un produit cher (de plus en plus cher), et comme je suis pas pété de thunes et que j’ai d’autres centres d’intérêt par ailleurs, ça fait longtemps que je ne me risque plus à acheter un album "pour essayer", pour découvrir... J’essaie toutefois d’acheter 1 à 2 albums par mois.

Mes critères d’achats sont les suivants :
- chaque nouvel album de mes auteurs favoris
- la suite d’une série que j’aime
- le comblement de trous dans une de mes collections
- les bouquins qui m’ont vraiment beaucoup plu après les avoir empruntés à la bibliothèque
- parfois, plus rarement, l’album d’un auteur rencontré lors d’un festival

Jusqu’à présent, je faisais mes choix de lecture en fonction de mes "connaissances" en histoire de la BD ainsi que de mes envies lorsque je fouille les bacs de la bibliothèque municipale.
Depuis que je fréquente les sites BD sur internet, je me fie de plus en plus aux "avis" des internautes que je considère comme dignes d’intérêt. Par exemple, quand un album est super bien "noté" sur BulleDair, j’en retiens immédiatement le titre, l’auteur et la couverture. Quand, en plus, les internautes avec lesquels je me sens des affinités en font des éloges flatteurs ou attribuent des notes plus qu’honorables, ça devient vraiment une priorité de lecture !

En revanche, je dois l’avouer même si j’en ai un peu honte, les sélections et/ou avis des libraires n’ont quasiment jamais d’impact sur mes achats.

La bibliothèque est le véritable lieu de découverte. J’emprunte et je lis des trucs que j’aurais même pas eu l’idée de regarder en librairie. Et quand un truc me plaît énormément, au point que je veuille le relire ou le prêter pour le faire découvrir, je vais l’acheter. J’ai découvert plein d’auteurs fondamentaux pour moi comme ça.

Bref, au bout du bout, pour résumer l’impact sur mes choix d’achat :
- impact des découvertes personnelles en bibliothèque : primordial
- impact des avis d’internautes : très fort
- impact des autres médias : nul
- impact des sélections des libraires : quasiment nul


daiboken, 23.05.2007 à 15:22286088
Xavier :
je trouve plus important de trouver des oeuvres qui me touchent, m'émeuvent ou m'intéressent, que de se lancer dans un concours de longueur d'organe qui n'apporte finalement rien à rien.


Importer chez nous le seppuku et faire des concours de longueur d'intestin n'aurait en effet pas beaucoup d'intérêt.

NDZ, 23.05.2007 à 15:09286081
Xavier :
et que les personnes qui défrichent et tentent de mettre en avant des choses nouvelles ou différentes sont assez rares.


(et aussi à propos des rapports annuels de M G. Ratier)

Rentabililté et logique économique obligent. Quel éditeur aussi courageux soit-il, aussi amoureux de l'art soit-il est prêt à crever de faim en prenant des risques avec un catalogue exigent mais donc pas "populaire". On voit bien l'état actuel de l'édition (tous livres confondus) tant soit peu soucieuse de tout cela (qualité des oeuvres, choix éditoriaux forts, etc) face au rouleau-compresseur des "gros". Le modèle économique unique, omnipotent et imposé à tous conduit donc bien à un formatage culturel (relayé par la presse qui ne fait plus sont boulot et qui assure surtout l'auto-promo déguisée car elle appartient aux mêmes grands groupes)... Bigard en BD, les Blondes et les Profs, c'est ça la vraie diversité culturelle aujourd'hui.

Donc pour attendre les nouvelles traductions de chefs-d'oeuvre encore inaccessibles, il vaut certainement mieux regarder du côté des philanthropes que sont Cornélius, Imho, Ego comme X, etc.

Et du coup ça risque d'être long. Très long.

Xavier, 23.05.2007 à 14:42286080
Dieu :
J'ai comparé le patrimoine japonais au patrimoine européen car Noir Firebird m'a amené à le faire en disant qu'il y'avait autant de richesses. Je crois que ça tient plus du discours idéologique que de la réalité. Ca ne me semble pas être une mauvaise démarche de ma part de connaître la réalité au moment d'une surproduction française de manga que certains présentent comme révélatrice de la richesse de la bd japonaise. Dire que le patrimoine de la bd américaine est (peut être) plus riche que celui de la bd française est aussi une information qui a son intérêt.


Hm. Je n'aime pas trop ce genre de discours sur les mérites comparés de tel ou tel patrimoine -- il s'y cache toujours quelque chose de nauséabond, qui sous-entendrait une suprémacie culturelle de l'un sur l'autre.
Sans compter que franchement, je m'en fous largement -- je trouve plus important de trouver des oeuvres qui me touchent, m'émeuvent ou m'intéressent, que de se lancer dans un concours de longueur d'organe qui n'apporte finalement rien à rien.
Cela ne fait que confirmer ce qu'évoquait le premier article dans la revue Labyrinthe n°25 ("La bande dessinée, ce qu'elle montre, ce qu'elle dit", de mémoire), à savoir que l'on souffre d'une absence de critique, et que l'on est principalement face à diverses populations (historiciens, théoriciens et collectionneurs) qui s'attachent à considérer la bande dessinée uniquement dans sa globalité. Tiens, c'est comme l'analyse annuelle de Gilles Ratier, qui met tout dans le même sac et se gargarise de comptabilités plus ou moins douteuses.
Ca nous apprend quoi? Rien.

Donc. Comme toutes les autres bandes dessinées, la bande dessinée Japonaise est riche d'oeuvres importantes -- par contre, elle est moins accessible, ce qui fait qu'il est souvent plus difficile de pouvoir découvrir les oeuvres en question.
Au passage, si l'on se limite à ce qui est traduit en Français, la bande dessinée anglo-saxonne est elle aussi, plutôt mal lotie. Mais on peut plus facilement lire en Anglais, alors que d'aller explorer les archives de Garo en Japonais n'est pas donné à tout le monde.
Rajoutons là-dessus qu'il me semble que la bande dessinée japonaise manque aussi pas mal de guides du côté occidental, et que les personnes qui défrichent et tentent de mettre en avant des choses nouvelles ou différentes sont assez rares.

Herbv, 23.05.2007 à 14:03286074
Dieu :
J'attends aussi la sortie de Xie Picabian Nights mais il vaut mieux ne pas trop s'emballer, il est annoncé depuis 2 ou 3 ans...

Ça... Je vanne Benoît Maurer (le responsable de IMHO) à chaque fois que je le vois à ce sujet. Et ça m'étonnerait qu'il y échappe à Japan Expo :)

Dieu, 23.05.2007 à 13:03286059
asacem :
Dieu :
ok merci pour ces quelques titres. J'ai l'impression d'avoir déjà feuilleté tout ça mais bon. Les éditeurs bénéficient poutant de toute l'histoire du manga pour nous étonner. Ces derniers temps, je lis surtout des "vieilles bd" et je vais de claques en claques avec Marc Caro, le dernier Francis Masse, Daniel Torres etc. Si un éditeur japonais se mettait à publier de la franco-belge de qualité, je ne sais pas si un lecteur japonais aurait eu la même impression de tarrissement de la source après 4 ou 5 ans en ayant comme base tout le patrimoine ancien ou récent de la francobelge.


Je comprends ce que tu veux dire et en même temps ça me paraît un jugement un peu trop général pour qu'il tienne la route. Comparez les mérites patrimoniaux de tel ou tel "genre" de BD de par leur origine géographique, franchement... A ce compte là, le patrimoine "comics" serait susceptible d'exploser le franco-belge. Et après?

Sur les futures claques en manga, je pense qu'on a pas encore épuisé le filon Garo, d'ailleurs une prochaine sortie chez Imho à l'air bien tentante (Xie Picabian Nights).


J'attends aussi la sortie de Xie Picabian Nights mais il vaut mieux ne pas trop s'emballer, il est annoncé depuis 2 ou 3 ans...

J'ai comparé le patrimoine japonais au patrimoine européen car Noir Firebird m'a amené à le faire en disant qu'il y'avait autant de richesses. Je crois que ça tient plus du discours idéologique que de la réalité. Ca ne me semble pas être une mauvaise démarche de ma part de connaître la réalité au moment d'une surproduction française de manga que certains présentent comme révélatrice de la richesse de la bd japonaise. Dire que le patrimoine de la bd américaine est (peut être) plus riche que celui de la bd française est aussi une information qui a son intérêt. Alors qu'on republie les 250 versions de Tintin, il n'y a plus d'équivalent à la collection copyright de Futuropolis. Si les éditeurs ne font pas parfaitement leur boulot, on est bien obligé d'avoir pour nous même une sorte de démarche éditoriale qui repose plus sur le patrimoine culturel que le patrimoine économique.

Nicolas, 23.05.2007 à 11:27286038
Nicolas :
Je grossissais le trait pour signaler qu'il fallait aussi prendre en compte le contexte de production et calibrer ses attentes en fonction.


Ce qui est aussi vrai pour des titres franco-belges qui n'en finissent pas... Et je parle d'une partie de la production japonaise. Toutes les bandes dessinées japonaises ne sont pas conçues selon ce principe. Et comme je l'avais dit plus bas, certaines séries conçues de manière "commerciale" parviennent à allier rythme soutenu de parution et de nombreuses qualités. Un feuilletoniste comme Alexandre Dumas le démontre bien en littérature.

Nicolas, 23.05.2007 à 11:05286037
Xavier :
Hm. C'est un point de vue un peu caricatural, d'un côté comme de l'autre. La forme, l'objet sont différents, mais ils ne dictent en rien la qualité du contenu (sa pérennité d'intérêt, pour synthétiser rapidement ce que tu sous-entends). D'autant plus qu'il me semble que la "dictature" du cartonné en France relève plus de l'habitude de tous les intervenants que d'un choix délibéré. (sachant que la couverture cartonnée coûte 1€ par album à fabriquer)


Tu as raison. C'est caricatural. Le manga est aussi une "école de la vie" pour les jeunes Japonais (comme signalé par Thierry Groensteen). Le manga est aussi important (voire plus important) que de nombreux autres médias au Japon. Je grossissais le trait pour signaler qu'il fallait aussi prendre en compte le contexte de production et calibrer ses attentes en fonction.

Xavier, 23.05.2007 à 9:47286026
Nicolas :
Il faut aussi considérer la plupart des mangas pour ce qu'ils sont: des lectures jetables. C'est le paradoxe de notre production. On ne partage pas avec le Japon ce goût du livre-objet. Chez nous, une bande dessinée doit être digne de trôner dans nos étagères (avec leur couverture cartonée...).


Hm. C'est un point de vue un peu caricatural, d'un côté comme de l'autre. La forme, l'objet sont différents, mais ils ne dictent en rien la qualité du contenu (sa pérennité d'intérêt, pour synthétiser rapidement ce que tu sous-entends). D'autant plus qu'il me semble que la "dictature" du cartonné en France relève plus de l'habitude de tous les intervenants que d'un choix délibéré. (sachant que la couverture cartonnée coûte 1€ par album à fabriquer)

Pour répondre à asacem, je suis un peu à penser comme Herbv sur le "filon" Garo. Il y a de grands auteurs qui ont été publiés dans Garo, mais il y a aussi énormément de déchets ou de choses moins remarquables -- ce qui est le lot de toutes les anthologies.
A cela s'ajoute le fait que, parmi les éditeurs qui s'y intéressent, il y en a quelques-uns dont l'approche éditoriale ne semble pas tendue vers le long terme (cf. le Seuil avec sa collection Mangaself), et d'autres qui publient peu pour des questions de capacité (cf. IMHO ou Cornélius).

Par contre, je ne serai pas aussi catégorique qu'Herbv pour dire "qu'il ne reste plus grand chose du manga de totalement inédit à découvrir". En effet, on a pu voir pas mal d'auteurs enfin traduits, mais à mon sens pas toujours avec l'oeuvre qu'il aurait fallu (je pense à Takahashi Tsutomu et Jiraishin, à Hara Hideo et Uchi ni oide yo, à Usamaru Furuya et Palepoli, à Shiriagari Kotobuki et Hako-bune ou Yaji-Kita).
Sans compter qu'à nouveau, on peut se demander quelle approche à long terme on va avoir avec ces auteurs. C'est bien d'en avoir un volume traduit, mais si il n'y a pas de suivi, la qualité globale de l'offre peut s'en ressentir.

Ce n'est peut-être pas forcément très clair ou cohérent, ça m'apprendra à répondre avant le café.

ingweil, 23.05.2007 à 9:28286023
Noir Firebird :
Liste forcément subjective mon cher Herbv. J'avais même pris soin de le préciser car je savais qu'il y en aurait bien un pour venir me chercher des poux, mais j'attendais plus Ingweil à ta place. Et ce n'est pas parce que tu n'aimes pas Sorcières (qui est le très bof, j'imagine) que d'autres n'aimeront pas.
Et en ce qui me concerne, Pink, c'est juste la BD de l'année, hein (enfin, jusqu'à maintenant).

Qu'il est taquin :o)
Je ne réagis pas à la liste, parce que je n'ai pas tout lu et que j'ai le sentiment que là-dedans ce n'est pas ma came. Je jetterai un coup d'œil à ce que je ne connais pas.
Pour Sorcières, on aime ou on n'aime pas certes, mais je n'y vois rien de fondamentalement nouveau (contrairement à Pink que je n'ai pas aimé non plus mais je reconnais un style et une écriture intéressants). C'est joli mais convenu. Je doute que tu aies pris une claque à sa lecture ;o)

Herbv, 23.05.2007 à 9:12286022
NF -> Bien sûr que ta liste est subjective. Trop, justement, et c'est ce que je lui reproche :)

Nicolas -> Pour répondre à ta quesrtion qui rencentre bien le sujet, je dirais que c'est surtout le net, pour être plus précis, les avis de certaines personnes, qui m'ont principalement conseillé. Actuellement, le bulleclasement des nouveautés m'aide pas mal pour mes achats.

J'ai un problème avec les libraires : il n'y a aucune bonne librairie proche de chez moi. Résultat, comme tout bon banlieusard parisien pressé, je fais mes achats dans deux chaînes d'une totale nullité : FNAC et Album (tenus par de simples pousse-cartons). Je n'attends rien d'eux autre que de mettre en rayon les nouveautés rapidement. Je n'ai pas le courage d'aller affronter la foule de Paris intra-muros le samedi, je ne fréquente donc aucune des éventuelles bonnes librairies qui s'y trouvent. En fait, le seul libraire dont j'écoute de temps en temps les conseils est celui qui tiend la seule librairie où je me rends avec plaisir : 9ème quai à Annecy. Mais comme ce n'est qu'une fois tous les 3-4 mois...

Dieu -> Il me semble qu'il ne reste plus grand chose du manga de totalement inédit à découvrir en francophonie. A part les vieilleries d'avant guerre, les oeuvres barrées de Tsuge, du Shitaro, un peu de Hagio et King Terry, je ne vois pas trop ce qui nous reste à découvrir d'ancien. 2006 nous a apporté un sacré lot de nouveautés en matière de mangasse.

asacem, 23.05.2007 à 8:57286021
Dieu :
ok merci pour ces quelques titres. J'ai l'impression d'avoir déjà feuilleté tout ça mais bon. Les éditeurs bénéficient poutant de toute l'histoire du manga pour nous étonner. Ces derniers temps, je lis surtout des "vieilles bd" et je vais de claques en claques avec Marc Caro, le dernier Francis Masse, Daniel Torres etc. Si un éditeur japonais se mettait à publier de la franco-belge de qualité, je ne sais pas si un lecteur japonais aurait eu la même impression de tarrissement de la source après 4 ou 5 ans en ayant comme base tout le patrimoine ancien ou récent de la francobelge.


Je comprends ce que tu veux dire et en même temps ça me paraît un jugement un peu trop général pour qu'il tienne la route. Comparez les mérites patrimoniaux de tel ou tel "genre" de BD de par leur origine géographique, franchement... A ce compte là, le patrimoine "comics" serait susceptible d'exploser le franco-belge. Et après?

Sur les futures claques en manga, je pense qu'on a pas encore épuisé le filon Garo, d'ailleurs une prochaine sortie chez Imho à l'air bien tentante (Xie Picabian Nights).



Ceci étant dit je recommande très fortement l'art attentat de Masse cradokolorisé par Bolino. C'est clairement un des plus beaux livres sortis ces derniers mois dans nos contrées.

Dieu, 23.05.2007 à 1:11286007
ok merci pour ces quelques titres. J'ai l'impression d'avoir déjà feuilleté tout ça mais bon. Les éditeurs bénéficient poutant de toute l'histoire du manga pour nous étonner. Ces derniers temps, je lis surtout des "vieilles bd" et je vais de claques en claques avec Marc Caro, le dernier Francis Masse, Daniel Torres etc. Si un éditeur japonais se mettait à publier de la franco-belge de qualité, je ne sais pas si un lecteur japonais aurait eu la même impression de tarrissement de la source après 4 ou 5 ans en ayant comme base tout le patrimoine ancien ou récent de la francobelge.


Noir Firebird, 22.05.2007 à 23:49286006
Je base mes achats de BDs à 75% sur ce que j'en lis sur le web. Pour le reste, c'est au feeling sur les étals ou sur des conseils de mon libraire.
Les sélections, j'y jette un oeil distrait, mais elles ne m'influencent que rarement.

Nicolas, 22.05.2007 à 23:45286005
Les claques franco-belges manquent tout autant...
Pour en revenir au débat initial, ce n'est pas tant notre perception du manga qui est en question mais bien celle des moins de vingt ans. Et je crains que Tatsumi les laissent bien froid... Mais moi aussi à leur âge...
Voic une question que je désirais vous poser: comment quantifieriez-vous l'impact des chroniques internet, des autres médias et des conseils des libraires sur vos choix d'achat? Les sélections des libraires ont-elles un impact sur les vôtres?

Noir Firebird, 22.05.2007 à 23:38286003
Liste forcément subjective mon cher Herbv. J'avais même pris soin de le préciser car je savais qu'il y en aurait bien un pour venir me chercher des poux, mais j'attendais plus Ingweil à ta place. Et ce n'est pas parce que tu n'aimes pas Sorcières (qui est le très bof, j'imagine) que d'autres n'aimeront pas.
Et en ce qui me concerne, Pink, c'est juste la BD de l'année, hein (enfin, jusqu'à maintenant).

Herbv, 22.05.2007 à 22:53286000
Pas terrible ta liste, Noir Firebird. Je ne sais pas si tu vas convaincre grand monde avec ça. Dans tout ce que tu cites, à par Les dessins de la vie et, à la limite, le best of de Golgo 13, le reste... ça va du très bien au très bof, mais rien qui puisse donner la claque mangasse de l'année, je pense.

Noir Firebird, 22.05.2007 à 22:34285999
Tiens, j'ai vu que Dieu n'avait pas aimé Les Dessins de la vie. Je me permets de la remplacer dans ma liste par Tensui, de Kazuichi Hanawa. ;)

Sinon, personnellement, mon auteur japonais préféré, c'est Hideki Arai. Je ne sais pas trop expliquer pourquoi, mais son travail me fait me sentir tout petit tant je le trouve puissant.
Mais oui, c'est sûr, faire mieux qu'un Matsumoto, c'est difficile!

THYUIG, 22.05.2007 à 22:25285998
Noir Firebird :
Je n'ai pas trop le temps de détailler, mais, dans les grandes lignes:
Ce que j'appelle "prodondément asiatique", ce sont des titres profondément ancrés culturellement, dotés d'une narration qui déroutera probablement les lecteurs de BD "classique". Pour moi, lire et aimer Ki-Itchi, ce n'est pas une évidence, tant ce titre est suprenant narrativement et met en cases des réactions qui paraîtront exagérées sans une certaine connaissance de la BD japonaise.
Sinon, bien sûr, tu as raison, une grande oeuvre est universelle, mais je pense quand même qu'il est plus simple pour un européen d'apprécier immédiatement une création culturelle qui barbote dans la même matrice que la sienne. Ce qui semblera drôle à une culture ne le sera peut-être pas pour une autre, par exemple.

Après, tu me demandes des bons mangas sur ces deux dernières années.
En dehors des titres que j'ai déjà cités, je vais exclure volontairement de ma liste (non exhaustive et bien sûr subjective) les titres ados et mainstream (qui ne te plairont clairement pas):
- Tout l'école Kyoko Okazaki qui inclut des auteurs comme Kiriko Nananan, Moyoco Anno et des titres comme Blue, In the clothes named fat, Pink (et d'autres).
- Le Pays des Cerisiers, de Fumiyo Kôno
- Les dessins de la vie, de Hirosuke Kizaki
- Les classiques de Takao Saito (Survivant, Golgo 13)
- Shiori et Shimiko de Daijiro Mohoroshi
- Le Cortège des 100 démons, d'Ima Ichiko
- Sorcières de Daisuke Igarashi

Je m'arrête là, mais je pourrais encore en citer un certain nombre.

Et puis si tu cherches des trucs vraiment différents, il y a d'excellentes choses dans la collection Hanguk de Casterman. Dans le même registre, je ne sais pas trop ce que les mangas de chez Picquier valent, mais ils n'ont pas mauvaise réputation.



Entièrement d'accord avec tout ça, ce genre de titres permet vraiment de croire que tout n'a pas été épuisé du paysage nippon.
Après, une claque comme celle d'Otomo ou de Matsumoto, ça fait moi aussi un bail que je l'attends, mais en franco-belge également.

Noir Firebird, 22.05.2007 à 21:44285997
Je n'ai pas trop le temps de détailler, mais, dans les grandes lignes:
Ce que j'appelle "prodondément asiatique", ce sont des titres profondément ancrés culturellement, dotés d'une narration qui déroutera probablement les lecteurs de BD "classique". Pour moi, lire et aimer Ki-Itchi, ce n'est pas une évidence, tant ce titre est suprenant narrativement et met en cases des réactions qui paraîtront exagérées sans une certaine connaissance de la BD japonaise.
Sinon, bien sûr, tu as raison, une grande oeuvre est universelle, mais je pense quand même qu'il est plus simple pour un européen d'apprécier immédiatement une création culturelle qui barbote dans la même matrice que la sienne. Ce qui semblera drôle à une culture ne le sera peut-être pas pour une autre, par exemple.

Après, tu me demandes des bons mangas sur ces deux dernières années.
En dehors des titres que j'ai déjà cités, je vais exclure volontairement de ma liste (non exhaustive et bien sûr subjective) les titres ados et mainstream (qui ne te plairont clairement pas):
- Tout l'école Kyoko Okazaki qui inclut des auteurs comme Kiriko Nananan, Moyoco Anno et des titres comme Blue, In the clothes named fat, Pink (et d'autres).
- Le Pays des Cerisiers, de Fumiyo Kôno
- Les dessins de la vie, de Hirosuke Kizaki
- Les classiques de Takao Saito (Survivant, Golgo 13)
- Shiori et Shimiko de Daijiro Mohoroshi
- Le Cortège des 100 démons, d'Ima Ichiko
- Sorcières de Daisuke Igarashi

Je m'arrête là, mais je pourrais encore en citer un certain nombre.

Et puis si tu cherches des trucs vraiment différents, il y a d'excellentes choses dans la collection Hanguk de Casterman. Dans le même registre, je ne sais pas trop ce que les mangas de chez Picquier valent, mais ils n'ont pas mauvaise réputation.

Après, ça ne te plaira peut-être pas, je n'en sais rien. Mais tu me permettras d'être un peu gêné aux entournures pas ton affirmation péremptoire concernant le manga alors que tu ne connais pas vraiment ce qui sort.

Dieu, 22.05.2007 à 20:53285994
Noir Firebird :
Ce que j'appelle un effort culturel c'est ne pas rechercher la même chose dans la BD asiatique que dans la BD occidentale, c'est tout. C'est une autre approche du monde qui nécessite un temps d'adpatation (du même genre qu'il m'a fallu pour enfin accrocher à la BD américaine).
J'essaye pas de te casser, hein, je te trouve juste réducteur.

Quant à des bons titres, pourquoi pas Ki-Itchi, de Hideki Arai? Ou Jacaranda, de Kotobuki Shiriagari? C'est des titres riches, différents. Sauf qu'ils sont profondément asiatiques et de fait, difficiles d'accès.


Moi je veux bien voir mais 2 titres sur les 2 dernières années c'est un peu mince. J'exagère volontairement mais honnètement je veux bien voir d'autres titres.

J'aimerais bien que tu m'expliques ce que tu veux dire par "profondément asiatiques". J'ai tendance à penser que les grandes oeuvres sont universelles et dépassent le "folklore" national. Et si tu fais référence à la pagination, ça ne me pose AUCUN problème. Je ne recherche rien en particulier dans la bd occidentale si ce n'est d'être surpris par la forme, le ton, le dessin etc et j'arrive encore à l'être alors que je ne vois plus un manga qui éveille ma curiosité depuis 2 ans.

dampremy jack, 22.05.2007 à 18:50285983
Je voulais juste féliciter Nico pour son super article.

Noir Firebird, 22.05.2007 à 18:29285982
Mon message précédent est adressé à Dieu, pas à Nicolas, évidemment. ;)

Noir Firebird, 22.05.2007 à 18:27285981
Ce que j'appelle un effort culturel c'est ne pas rechercher la même chose dans la BD asiatique que dans la BD occidentale, c'est tout. C'est une autre approche du monde qui nécessite un temps d'adpatation (du même genre qu'il m'a fallu pour enfin accrocher à la BD américaine).
J'essaye pas de te casser, hein, je te trouve juste réducteur.

Quant à des bons titres, pourquoi pas Ki-Itchi, de Hideki Arai? Ou Jacaranda, de Kotobuki Shiriagari? C'est des titres riches, différents. Sauf qu'ils sont profondément asiatiques et de fait, difficiles d'accès.

Nicolas, 22.05.2007 à 18:23285980
Noir Firebird :
Dieu :
Et puis finalement je me dis que la bd japonaise n'est pas si riche et variée que ça.


Tu as tort.
Y'a un océan de merdes qui sort en manga, mais bon, ça manque pas de richesse, y'en a autant qu'en franco-belge.
Mais c'est sûr que ça demande un petit effort culturel...


Il y a sans doute autant de richesses mais je crois que le meilleur de la bande dessinée nippone est loin d'être disponible en français.
Il faut aussi considérer la plupart des mangas pour ce qu'ils sont: des lectures jetables. C'est le paradoxe de notre production. On ne partage pas avec le Japon ce goût du livre-objet. Chez nous, une bande dessinée doit être digne de trôner dans nos étagères (avec leur couverture cartonée...). On attend d'elle autre chose que ce qu'attendent les Japonais. Pour eux, la bande dessinée se lit dans une revue le temps d'un trajet de métro puis se jette. Ceux qui désirent conserver leur série culte se les procurent ensuite dans une version "spéciale" (qui la forme que l'on connaît ici). Mais il y aussi des auteurs japonais plus alternatifs qui abordent leur art de manière différente (sans tomber dans le péril de la série), hors de la pression des éditeurs. Et puis il y a ces auteurs qui parviennent à faire des séries "mainstream" mais qui possèdent une fond (comme une certaine tendance du cinéma made in Hong Kong).
J'aime le manga pour sa capacité à me transporter dans des univers décalés mais cohérents. Comme je le signalais dans mon texte, "Blame!" est un univers cyberpunk très riche et très personnel. J'adore ce titre même si je n'ai pas été comblé par le final. Mais au fond, ce n'était pas trop grave car pendant 9 tomes, j'ai évolué avec le personnage dans un labyrinthe sublime (sans équivalent en franco-belge). "DragonHead" reste sans doute ma série favorite. Là aussi, j'ai découvert un univers post-apocalyptique captivant. L'auteur propose une réflexion sur la peur sous toutes ses formes. Un chef d'oeuvre de l'angoisse psychologique! Là aussi, je n'ai pas trouvé d'équivalent en franco-belge. En fait, je dirais que je trouve dans le manga ce que la bd franco-belge ne m'offre pas (et inversement). Et je ne place pas les mêmes attentes quand je lis l'une ou l'autre de ces productions.
Maintenant, des oeuvres comme l'Homme sans Talent (Japon) ou le Pont de No-Gun-Ri (Corée) ont dépassé le cadre de mes attentes. Ce sont des oeuvres majeures qui ne demandent pas d'"effort culturel". Comme les "Watchmen" ou "V pour Vendetta" dépassent du cadre des "albums de justiciers et de super-héros".
Mais au vu du programme de Cornélius, j'ai bon espoir que nous découvrions bientôt de nouvelles oeuvres de cette trempe.

Dieu, 22.05.2007 à 18:11285978
Noir Firebird :
Dieu :
Et puis finalement je me dis que la bd japonaise n'est pas si riche et variée que ça.


Tu as tort.
Y'a un océan de merdes qui sort en manga, mais bon, ça manque pas de richesse, y'en a autant qu'en franco-belge.
Mais c'est sûr que ça demande un petit effort culturel...


C'est quoi un effort culturel? Si c'est lire du Tatsumi, du Hino ou du Yokoyama je l'ai fait. Ce que je dis, c'est que ça fait deux ans que je n'ai pas vu un manga de cette trempe. Plutôt que chercher à me casser (vainement), donne moi quelques bons titres sortis ces deux dernières années en manga.

Noir Firebird, 22.05.2007 à 16:00285974
Dieu :
Et puis finalement je me dis que la bd japonaise n'est pas si riche et variée que ça.


Tu as tort.
Y'a un océan de merdes qui sort en manga, mais bon, ça manque pas de richesse, y'en a autant qu'en franco-belge.
Mais c'est sûr que ça demande un petit effort culturel...

Xavier, 22.05.2007 à 13:28285960
stanislas :
Xavier :

sachant que les éditeurs sont pour beaucoup dans une dynamique de pressage de citron.


Pas de racisme envers nos amis bridés s'il vous plait !


Oops, c'était complètement involontaire. Je cherchais une expression correspondant au "milk the cow" anglais. Damned.

stanislas, 22.05.2007 à 12:55285959
Xavier :

sachant que les éditeurs sont pour beaucoup dans une dynamique de pressage de citron.


Pas de racisme envers nos amis bridés s'il vous plait !

NDZ, 22.05.2007 à 11:42285947
NDZ :
comme je disais à ChrisB hier autour d'une bière


On est sobres, une bière pour deux...

NDZ :
Parcours très proche à celui de Charlie


Proche de ou comparable à, décidément, il ne faut pas me laisser seul à m'auto-commenter. Je vais aller bosser en fait.

NDZ, 22.05.2007 à 11:09285945
NDZ :
...et surtout via bibliothèque publique...


oui, ChrisB est une sorte de bibliothèque...

NDZ, 22.05.2007 à 11:07285944
Tout presque pareil que Charlie sauf que je suis à cheval sur la Génération Anime et celle qualifiée de "Taniguchi" (mes mangas préférés sont d'ailleurs dans cette deuxième catégorie, suite à quoi je me suis dit "quel vieux con je fais quand-même avec mes tout juste 30 ans", comme je disais à ChrisB hier autour d'une bière). Parcours très proche à celui de Charlie (même si, inscrit sur bulledair de longue date j'apparais comme beaucoup plus lent à la détente concernant les mangas du coup).
Je suis plein d'espoir dans la découverte de pépites pouvant me convenir sur le continent Manga, mais j'y vais lentement, sans vraiment acheter et surtout via bibliothèque publique, donc c'est plus lent comme exploration mais peut-être plus sûr quant à la qualité des achats (et notamment des séries éventuellement à rallonge).

Concernant mon propre point de vue de lecteur non lié à la profession (auteur, libraire ou autre), je suis tout à fait d'accord sur le rôle du Libraire tel que le décrit Nico : les libraires d'Expérience à Lyon ont énormément compté dans l'évolution de mes goûts et dans mon éducation (pas sentimentale).

Concernant la jeune génération, les bibliothèques jouent un rôle énorme à mon humble avis (pour cause de budget limité, empirisme basé sur une demi-douzaine de specimen proches), et donc les ventes ne sont pas UNIQUEMENT le critère représentatif de ce qui est lu et donc de ce qui plaît (comme le box-office pour le ciné) mais surtout représentatif des effets marketing (télé et bourrages de mou autres). Hélas comme pour les libraires, tout dépend des interlocuteurs qui sont face aux gamins, les parents ne s'y intéressant pas trop risquant de ne jamais voir leurs progénitures avoir dans les mains des Toto l'ornithorinque, Jules, De cape et de Crocs ou autres (les non-conseillés de mes specimen ne sortent pas du Titeuf-Lanfeust-Manga cheap).

Xavier, 22.05.2007 à 10:01285940
Dieu :
Je me suis mis au manga avec Matsumoto et j'ai poursuivi avec Tatsumi et une poignée d'autres. Ca fait peut être deux ans que je n'ai pas acheté un manga d'un nouvel auteur à part un Mizuki (offert) que je n'ai pas fini depuis 6 mois. Pas un dessinateur ne m'attire que ce soit dans l'underground ou le mainstream. Parfois je me dis que je passe à côté de quelque chose, que je ne suis pas capable d'apprécier les nouveaux Tezuka ou Wally Wood japonais. Et puis finalement je me dis que la bd japonaise n'est pas si riche et variée que ça.


Attention, il s'agit peut-être tout simplement de la bd japonaise qui est traduite -- sachant que les éditeurs sont pour beaucoup dans une dynamique de pressage de citron, et par conséquent vont chercher beaucoup de "me-too" products. Ah oui, et aussi que parmi ces éditeurs et directeurs de collection, il s'en trouve très peu qui savent lire le Japonais, et qui par conséquent voient leurs champs d'exploration d'autant limités.

Bon, ceci dit, il est vrai qu'une bonne partie de la production Japonaise donne dans la formule et le systématique. Mais il y a quand même pas mal de découvertes à faire. Après, c'est plus la place dans les étagères qui pose problème ...

Smiley_Bone, 21.05.2007 à 18:41285914
Nicolas :


Je me pose la même question. Est-ce que mon sentiment de déception face aux nouvelles sorties est lié au fait qu'après sept ans de travail en libraire je sois en partie désabusé? Suite à une discussion avec mes collègues, nous en arrivons à la conclusion que 90% de ce que nous lisons tient tout simplement de la perte de temps. Alors je fais preuve d'un enthousiasme débordant dès que je défends les 10% restants.


C'est bien tu as découvert la Sturgeon's Law (Ninety percent of everything is crud).^^

Dieu, 21.05.2007 à 13:06285901
Je me suis mis au manga avec Matsumoto et j'ai poursuivi avec Tatsumi et une poignée d'autres. Ca fait peut être deux ans que je n'ai pas acheté un manga d'un nouvel auteur à part un Mizuki (offert) que je n'ai pas fini depuis 6 mois. Pas un dessinateur ne m'attire que ce soit dans l'underground ou le mainstream. Parfois je me dis que je passe à côté de quelque chose, que je ne suis pas capable d'apprécier les nouveaux Tezuka ou Wally Wood japonais. Et puis finalement je me dis que la bd japonaise n'est pas si riche et variée que ça.

Charlie Brown, 21.05.2007 à 9:58285887
Merci Nicolas pour cet article intéressant et plutôt bien vu.
Même si je ne travaille pas dans ce milieu, j’ai déjà bossé en librairie et je trouve assez juste tes remarques sur le rôle du libraire.

J’ai bien aimé la typologie du lecteur de mangas et je me reconnais pleinement dans la catégorie des trentenaires (la "génération Taniguchi") telle que tu la dépeins.
Amateur de bande dessinée "mainstream" autant que de bande dessinée d’auteurs ("l’autre bande dessinée" comme ils disent sur du9...), j’ai effectivement commencé à pénétrer l’univers manga, après quelques réticences, par le biais de Taniguchi (j’avais commencé par Akira sur les conseils d’un ami plus jeune, mais je n’avais pas accroché), et c’est seulement après m’être inscrit sur BulleDair (il y a moins d'un an), et après avoir demandé conseils aux membres adeptes de mangas, que je me suis lancé dans la lecture d’auteurs comme Tatsumi, Tsuge, Mizuki, Oda ou Sasô, dont j’apprécie plus ou moins le boulot. De l’importance d’internet dans la découverte, l’ouverture et l’échange stimulants des points de vue, des goûts et des couleurs...

Petit à petit, je m’ouvre aussi au manga "mainstream" et aux séries "cultes" grâce à ma fille de 9 ans (pour l’instant je découvre Takahashi et j’aime beaucoup son univers et son humour).
En contrepartie, pour ne pas qu’elle s’enferme dans le manga et la tendance Witch mag, je lui fais découvrir la BD franco-belge depuis sa plus tendre enfance et je lui achète Spirou heBDo toutes les semaines (en même temps, ça me permet de le lire aussi...).
A ce propos, je te rejoins entièrement sur le travail éditorial de Dupuis que je trouve assez intéressant. D’ailleurs, je ne suis revenu au journal de Spirou que depuis leur très bonne nouvelle formule, au rédactionnel tendance "Fluide Glacial light", permettant différents niveaux de lecture. La réédition de classiques de la maison Dupuis aux côtés des nouveautés est une très bonne initiative aussi (même si je suis conscient qu’ils ne font pas ça uniquement pour faire découvrir au jeune public les "trésors" Dupuis comme ils disent, mais aussi pour flatter la nostalgie du père de famille que je suis et relancer les ventes du fonds de catalogue de la maison... Ça reste tout de même une bonne initiative).

Bref, je me retrouve bien dans cet article bien fichu.

Juste une réserve, une remarque qui n’est basée sur aucune étude concrète mais seulement sur mon ressenti. Je ne trouve pas que la qualité générale soit en baisse dans la production BD actuelle, je pense juste que la quantité d’œuvres de qualité est la même, seulement noyée dans une production exponentielle de choses probablement sans intérêt (je dis "probablement" parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne lis pas)... Personnellement, je trouve toujours mon compte dans la bande dessinée d’aujourd’hui.

Nicolas, 20.05.2007 à 20:05285868