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Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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lldm, 24.04.2018 à 17:53368822
ibnalrabin :
lanjingling :

A l'inverse, ma directrice de maitrise, vieille dame (pour moi à l'époque, elle en était à sa dernière année d'enseignement avant la retraite) qui n'avait jamais lu une B.D. de sa vie, m'avait demandé, en toute ingénuité, mais surtout curiosité et honnêteté intellectuelles, si il fallait une formation spéciale pour absorber et comprendre en même temps texte et dessin.


Je ne sais plus où j'avais lu (ici, peut-être ?) qu'un test avait été fait de tenter de faire "comprendre" des bandes dessinées à une intelligence artificielle. L'idée était (si je me rappelle bien) de lui faire lire une suite de cases puis de lui faire choisir entre plusieurs possibilités quelle case devrait être la suivante.

Eh bien cette intelligence artificielle, dont les sœurs foutent la pâtée à n'importe quel grand maître d'échecs ou de Go, était complètement infoutue d'obtenir quelque résultat que ce soit. On peut en conclure que lire une bande dessinée est nettement plus difficile que maîtriser les échecs ou le Go.

Ceci dit, je pense sincèrement que beaucoup de gens ne savent pas lire une bande dessinée, je veux dire lire vraiment. Ça demande un certain entraînement.


Donner des cours de bandes dessinées, à des enfants ou des adultes, est un truc que je fais régulièrement (plus pour le fun que pour de quelconques raisons alimentaires),et les deux premières sessions sont toujours consacrées à l'apprentissage de la lecture. On monte à la bibliothèque, et au boulot!
Cette complexité de la lecture d'une bande dessinée est une chose bien peu évoquées et qui trahit un truc simple et triste : si la plupart des gens trouvent la bande dessinée pauvre, c'est parce qu'ils la lisent pauvrement (ils lisent les bulles et constatent le reste comme une sorte d'environnement illustré de ce discours supposément supérieur au service duquel tout est censé tourner, symboliquement, socialement, culturellement). Ce qui devient assez comique quand des auteurs ou des lecteurs de bandes dessinées eux-mêmes se trahissent un instant et parlent de "vrais livres" à propos de ce qu'ils s'imaginent être "la littérature" (catégorie sur l'existence douteuse de laquelle il faudrait quand même s'arrêter un jour), dans un petit moment de honte de soi, comme si ceux-ci étaient d'une complexité ontologique évidente alors que les bandes, bin, quand même, c'est plus simple. Cette hiérarchie imaginaire des complexités, je l'ai vue souvent reconduite dans notre propre sphère (je ne donne pas de noms, ça laisserait imaginer qu'il y en a peu et qu'on peut les compter). Est-il utile de préciser que ce fantasme est véhiculé essentiellement par des lecteurs aussi médiocres dans un champ que dans l'autre ?

ibnalrabin, 24.04.2018 à 0:14368819
lanjingling :

A l'inverse, ma directrice de maitrise, vieille dame (pour moi à l'époque, elle en était à sa dernière année d'enseignement avant la retraite) qui n'avait jamais lu une B.D. de sa vie, m'avait demandé, en toute ingénuité, mais surtout curiosité et honnêteté intellectuelles, si il fallait une formation spéciale pour absorber et comprendre en même temps texte et dessin.


Je ne sais plus où j'avais lu (ici, peut-être ?) qu'un test avait été fait de tenter de faire "comprendre" des bandes dessinées à une intelligence artificielle. L'idée était (si je me rappelle bien) de lui faire lire une suite de cases puis de lui faire choisir entre plusieurs possibilités quelle case devrait être la suivante.

Eh bien cette intelligence artificielle, dont les sœurs foutent la pâtée à n'importe quel grand maître d'échecs ou de Go, était complètement infoutue d'obtenir quelque résultat que ce soit. On peut en conclure que lire une bande dessinée est nettement plus difficile que maîtriser les échecs ou le Go.

Ceci dit, je pense sincèrement que beaucoup de gens ne savent pas lire une bande dessinée, je veux dire lire vraiment. Ça demande un certain entraînement.

Thierry, 23.04.2018 à 12:15368818
lldm :
lanjingling :

Personnellement, cela ne me déplait pas, au contraire même.


on pourrait en tirer une vraie joie si elle était regardée comme intenable, bordélique, sale, hideuse, incompréhensible de vulgarité et d'offense, scandaleuse (en gros si le rejet regardait les bandes par le prisme Gary Panter et pas par la lunette XIII). Mais ce n'est pas le cas. Les catégories de ce rejet poli et condescendant sont : puérilité, facilité, ringardise artistique, ou encore, positivement, accompagnement pédagogique, premier pas vers la vraie lecture, distraction légère et rapidement consommée.

aussi, face à quelques auteurs "adoubés" comme Moebius, Pratt, Bilal, Schuiten ou Tardi, les journalistes osent LA question:
Est-ce encore de la bédé ?
Ben, oui. Ce n'est pas parce qu'on prête soudain des qualités à un livre qu'il faut l'exclure du champ de la bande dessinée, comme une donnée aberrante qu'on écarte d'un échantillon statistique.
Mais à leur décharge, on trouve déjà une forme de ce mépris chez Hergé lui-même qui, devant le premier exemplaire du Lotus Bleu, aurait trouvé que "c'était trop beau pour des gosses". auto-mépris de son propre travail (en tout cas du média et de l'image qu'il se faisait de ses lecteurs) qui en dit long...

NDZ, 22.04.2018 à 9:44368815
On redoutait que l'usure du pouvoir (chez Ralph) se transforme en usure du lecteur (chez nous). C'est sans compter sur Lewis Trondheim qui, en 4 pages à la fin de l'album, relance la machine de manière finaude. Une ré(re-?)création toujours efficace.

lanjingling, 21.04.2018 à 10:02368812
Pierre :
Je n'ai pour ma part pas reçu la formation requise.

Je ne connais que des autodidactes en la matière :)

Pierre, 21.04.2018 à 9:21368811
lanjingling :
A l'inverse, ma directrice de maitrise, vieille dame (pour moi à l'époque, elle en était à sa dernière année d'enseignement avant la retraite) qui n'avait jamais lu une B.D. de sa vie, m'avait demandé, en toute ingénuité, mais surtout curiosité et honnêteté intellectuelles, si il fallait une formation spéciale pour absorber et comprendre en même temps texte et dessin.


Je n'ai pour ma part pas reçu la formation requise, mais après 35 ans de pratique, il me semble que je suis fondé à demander une VAE.

lanjingling, 21.04.2018 à 8:10368809
lldm :
on pourrait en tirer une vraie joie si elle était regardée comme intenable, bordélique, sale, hideuse, incompréhensible de vulgarité et d'offense, scandaleuse (en gros si le rejet regardait les bandes par le prisme Gary Panter et pas par la lunette XIII).
Fierté pourrait en être tirée, de cette place d'irréductibles rebelles, mais la place officielle est déjà prise par le punk (dont de nombreux représentants ont à ce titre leur étoile sur le Hollywood Hall of Fame ou ont été décorés par la reine d'Angleterre).

lldm :
Mais ce n'est pas le cas. Les catégories de ce rejet poli et condescendant sont : puérilité, facilité, ringardise artistique, ou encore, positivement, accompagnement pédagogique, premier pas vers la vraie lecture, distraction légère et rapidement consommée.

Et même, en ce qui concerne cette bienveillance positive et paternaliste, la B.D. se situe loin derrière les livres pour la jeunesse (combien de librairies ont tout un rayon "littérature jeunesse", mais aucune B.D., en dehors éventuellement des dernier Astérix, XIII, et d'une B.D. "indée" "recommandée par Télérama ou les Inrocks")

La facilité est un grief qui pourrait aussi bien s'appliquer à la musique, au cinéma ou à la peinture(on peut tout écouter, regarder ou voir d'une oreille distraite), mais qui ne l'est qu'à la B.D., par malhonnêteté et stupidité, plus qu'ignorance. A l'inverse, ma directrice de maitrise, vieille dame (pour moi à l'époque, elle en était à sa dernière année d'enseignement avant la retraite) qui n'avait jamais lu une B.D. de sa vie, m'avait demandé, en toute ingénuité, mais surtout curiosité et honnêteté intellectuelles, si il fallait une formation spéciale pour absorber et comprendre en même temps texte et dessin.

Pierre, 20.04.2018 à 13:59368802
lldm :
Pierre :

Largo Winch est l'adaptation en bande dessinée d'une oeuvre littéraire, ne l'oublions pas ! Des romans ... de gare.

Il est en effet notoire que la littérature "populaire" ne semble pas décrédibiliser la "grande" littérature auprès des gens de goût, alors que c'est le cas pour les oeuvres de bande dessinée. Cette perception différenciée, voilà un objet de réflexion inépuisable, peut-être vain à moins que de cette réflexion n'aboutisse une meilleure compréhension de la bande dessinée elle-même.


C'est en cours ; un bouquin (en bandes, feuilletonné dans "l'échaudée") est en préparation chez Ab Irato, et j'y aborderai ce problème, sous cet angle, entre mille autres aspects de notre champ éditorial.
Gelée dans une vision enfantine de son histoire (par ses spécialistes mêmes, ce qui n'est pas pour rien dans l'enlisement du jugement collectif sur les bandes dessinées), figée dans une égale vision sociale (cet aspect de la rengaine sur le "populaire" devrait être abordé dans le prochain numéro de Nicole si tout va bien), notre discipline est comme invisibilisée par un écran apriorique général, malgré son grand âge et la puissance incroyable des livres qui s'y essaiment depuis sa naissance.


Curieux de lire ça !

"Enfantine" et "populaire", certainement les pionniers de l'histoire de la bande dessinée ont tué dans l'oeuf son crédit futur. Un crime impuni. Et Charlie mensuel en était déjà le témoin indigné mais inaudible dès le début des années 70 !

lldm, 20.04.2018 à 13:45368801
lanjingling :

Personnellement, cela ne me déplait pas, au contraire même.


on pourrait en tirer une vraie joie si elle était regardée comme intenable, bordélique, sale, hideuse, incompréhensible de vulgarité et d'offense, scandaleuse (en gros si le rejet regardait les bandes par le prisme Gary Panter et pas par la lunette XIII). Mais ce n'est pas le cas. Les catégories de ce rejet poli et condescendant sont : puérilité, facilité, ringardise artistique, ou encore, positivement, accompagnement pédagogique, premier pas vers la vraie lecture, distraction légère et rapidement consommée.

lldm, 20.04.2018 à 13:37368800
qu'évidemment quelques petits malins pas malins du tout avancent qu'on sauve la bande dessinée de ce regard méprisant par la pédagogie, les grands sujets historiques ou sociaux, expose la parfaite nullité du regard de ces pauvres créatures sur notre discipline elle-même : il y a mille fois plus à apprendre dans deux pages de Bertoyas, de Bicéphale et de Musturi PAR la bande, que dans l'intégralité des pensums historicisant, tout rougissant de fierté qu'ils sont d'aborder des grandes questions avec des moyens archaïques de narration et en se plaçant toujours de dix crans au dessous de toute véritable recherche, dont ils ne sont que le petit reflet timoré et piètrement illustré.
S'imaginer qu'on sauve (comme si elles devaient l'être) les bandes par l'Histoire, le social, la pédagogie, "les grands sujets", c'est croire que ce qui sauve la peinture du XXe Siècle c'est le réalisme socialiste ou que le meilleur de la littérature du XXe, c'est Maurice Druon. Là encore, vaste sujet possible de travail sur les malentendus entrenus par les acteurs de notre scène eux-mêmes, encore plus bêtes, bornés, aveugles à la beauté et à la force de la bande dessinée que ceux qui n'en lisent pas;

lanjingling, 20.04.2018 à 13:33368799
Pierre :
Il est en effet notoire que la littérature "populaire" ne semble pas décrédibiliser la "grande" littérature auprès des gens de goût, alors que c'est le cas pour les oeuvres de bande dessinée.

Mais...cela est aussi valables, pour les beaux-arts, non atteints dans leur statut par les pires croutes, le cinéma, la photo, dont les selfies n'entament pas le statut d'art, la sculpture (et pourtant, tous les villages ont leurs hideux monuments aux morts), la danse, malgré les boys bands, la musique, bref, seule la B.D. ne peut sortir du stade du vilain petit canard.
Personnellement, cela ne me déplait pas, au contraire même.

crepp, 20.04.2018 à 13:29368798
Pierre :
Puisqu'il s'est trouvé quelques spéléologues pour explorer ce puits sans fond, je me permets de me joindre à vous (même pour quelques mètres de descente): je suis convaincu que la nature du média est en jeu. Vu de loin, rien ne permet de distinguer Guillaume Musso de Flaubert, qui tous deux se présentent sous la forme d'une série de caractères imprimés. Alors que la bande dessinée qui se présente à nous apparaît tout d'abord sous sa forme graphique, qui est généralement un visage hideux (voir ci-dessous). L'homme de goût identifiant ce visage, en déduit que la bande dessinée dans son ensemble est vilaine.



J'ai du mal avec ce coté un peu radical, tu vois une œuvre d'un peintre, elle ne te plait pas, les gens ne vont pas dire que la peinture est vilaine dans son ensemble.
Je vois plutôt le fait qu'un livre garde une image "intellectuelle" dès le début, même sans connaître l'auteur.
"ah tu lis un livre mon fils ?! c'est bien continue, on mange d'ici 1h00"
"Ah tu lis une BD mon fils ?! A table tout de suite"*

* (il y a un coté vécu dans ce détail, je l'avoue)

lldm, 20.04.2018 à 13:28368797
Pierre :
Puisqu'il s'est trouvé quelques spéléologues pour explorer ce puits sans fond, je me permets de me joindre à vous (même pour quelques mètres de descente): je suis convaincu que la nature du média est en jeu. Vu de loin, rien ne permet de distinguer Guillaume Musso de Flaubert, qui tous deux se présentent sous la forme d'une série de caractères imprimés. Alors que la bande dessinée qui se présente à nous apparaît tout d'abord sous sa forme graphique, qui est généralement un visage hideux (voir ci-dessous). L'homme de goût identifiant ce visage, en déduit que la bande dessinée dans son ensemble est vilaine.


oui (que dire d'autre ?)

lldm, 20.04.2018 à 13:27368796
Pierre :

Largo Winch est l'adaptation en bande dessinée d'une oeuvre littéraire, ne l'oublions pas ! Des romans ... de gare.

Il est en effet notoire que la littérature "populaire" ne semble pas décrédibiliser la "grande" littérature auprès des gens de goût, alors que c'est le cas pour les oeuvres de bande dessinée. Cette perception différenciée, voilà un objet de réflexion inépuisable, peut-être vain à moins que de cette réflexion n'aboutisse une meilleure compréhension de la bande dessinée elle-même.


C'est en cours ; un bouquin (en bandes, feuilletonné dans "l'échaudée") est en préparation chez Ab Irato, et j'y aborderai ce problème, sous cet angle, entre mille autres aspects de notre champ éditorial.
Gelée dans une vision enfantine de son histoire (par ses spécialistes mêmes, ce qui n'est pas pour rien dans l'enlisement du jugement collectif sur les bandes dessinées), figée dans une égale vision sociale (cet aspect de la rengaine sur le "populaire" devrait être abordé dans le prochain numéro de Nicole si tout va bien), notre discipline est comme invisibilisée par un écran apriorique général, malgré son grand âge et la puissance incroyable des livres qui s'y essaiment depuis sa naissance.

Pierre, 20.04.2018 à 13:19368795
Puisqu'il s'est trouvé quelques spéléologues pour explorer ce puits sans fond, je me permets de me joindre à vous (même pour quelques mètres de descente): je suis convaincu que la nature du média est en jeu. Vu de loin, rien ne permet de distinguer Guillaume Musso de Flaubert, qui tous deux se présentent sous la forme d'une série de caractères imprimés. Alors que la bande dessinée qui se présente à nous apparaît tout d'abord sous sa forme graphique, qui est généralement un visage hideux (voir ci-dessous). L'homme de goût identifiant ce visage, en déduit que la bande dessinée dans son ensemble est vilaine.

Thierry, 20.04.2018 à 12:25368794
crepp :
Pierre :

Il est en effet notoire que la littérature "populaire" ne semble pas décrédibiliser la "grande" littérature auprès des gens de goût, alors que c'est le cas pour les oeuvres de bande dessinée...


Je te rejoins tout à fait sur ce point, Et si quelqu'un peut m'expliquer le pourquoi de la chose, je suis preneur.

je suis toutà-fait d'accord sur les symptômes. Il y a sans doute d'un côté une méconnaissance des médias qui la traitent de manière souvent trop superficielle, incapables de dépasser des considérations triviales souvent lié aux ventes. De l'autre, il y a cette volonté de promouvoir une espèce de grande famille de la bande dessinée ou tout le monde s'aime et fait le même métier. Un des axes de 'plates-bandes' de Menu était une remise en cause de ce qu'il appelait le microcosme. Pourtant, de l'extérieur, cela donne une impression d'homogénéoté de la bande dessinée. En fait, lorsqu'on parle de bande dessinée, on parle rarement de ses spécificités. On préfère parler chiffres, et on tombe sur les best-sellers, les nouveautés qui explosent, démontrant la santé éclatante du secteur.
Et de toutes façons, s'il y a des dessins, c'est abêtissant.

crepp, 20.04.2018 à 12:13368793
Pierre :

Il est en effet notoire que la littérature "populaire" ne semble pas décrédibiliser la "grande" littérature auprès des gens de goût, alors que c'est le cas pour les oeuvres de bande dessinée...


Je te rejoins tout à fait sur ce point, Et si quelqu'un peut m'expliquer le pourquoi de la chose, je suis preneur.

Pierre, 20.04.2018 à 11:32368792
lldm :
lanjingling :
lldm :
C'était pas que pénible ; ça m'a rappelé aussi - parce que c'est l'image qu'ils ont d'elle - pourquoi pas mal de gens (également parmi mes proches, qui n'en lisent jamais) méprisent a priori la bande dessinée ; c'est à ce genre de merde qu'ils pensent quand ils se disent que, quand même, la bd, ça vaut pas grand-chose...

Au moins, tu connais des gens de goût. D'autres, de trop nombreux autres, disent au contraire apprécier et aimer la bande dessinée en pensant justement à ce genre de trucs...


Il y aurait de quoi s'en réjouir si ce goût ils l'exerçaient de temps en temps sur les bandes... Mais comme la partie la plus visible de l'océan éditorial de notre champ disciplinaire est celle qui est marron caca, difficile pour beaucoup de gens qu'on va dire, par raccourci, de goût, d'imaginer que ça vaut le coup de mettre des bottes et de s'aventurer un peu plus loin... Du coup, un certain nombre de proches se demandent quand même pourquoi diable j'ai lâché l'écriture et l'art contemporain pour faire des trucs pareils ; même le gars qui a écrit sur la scène rennaise de BD un bouquin pour les édition Goater, et qui me connaissait d'avant, de cette période où je m'occupais d'une revue littéraire, m'a demandé le plus sérieusement du monde, avec un poil de commisération, comme si j'avais dégringolé mentalement et artistiquement, comment je pouvais être le gars qui écrivait ces trucs là dans ces endroits là avant, et qui maintenant faisait de la bande dessinée... Pourtant, la bd, il semble que ça l'intéresse assez pour qu'il ait passé quelques années penché sur les pages de Lumineau, de Grandpey ou de Naz, quand même ! Et bin non. Même lui se fait une haute opinion d'un grand truc qui serait la littérature, d'un autre grand truc qui serait l'art, tous deux sans rapport perceptible avec la bande dessinée. C'est pas gagné ...


Largo Winch est l'adaptation en bande dessinée d'une oeuvre littéraire, ne l'oublions pas ! Des romans ... de gare.

Il est en effet notoire que la littérature "populaire" ne semble pas décrédibiliser la "grande" littérature auprès des gens de goût, alors que c'est le cas pour les oeuvres de bande dessinée. Cette perception différenciée, voilà un objet de réflexion inépuisable, peut-être vain à moins que de cette réflexion n'aboutisse une meilleure compréhension de la bande dessinée elle-même.

lldm, 20.04.2018 à 3:32368790
lanjingling :
lldm :
C'était pas que pénible ; ça m'a rappelé aussi - parce que c'est l'image qu'ils ont d'elle - pourquoi pas mal de gens (également parmi mes proches, qui n'en lisent jamais) méprisent a priori la bande dessinée ; c'est à ce genre de merde qu'ils pensent quand ils se disent que, quand même, la bd, ça vaut pas grand-chose...

Au moins, tu connais des gens de goût. D'autres, de trop nombreux autres, disent au contraire apprécier et aimer la bande dessinée en pensant justement à ce genre de trucs...


Il y aurait de quoi s'en réjouir si ce goût ils l'exerçaient de temps en temps sur les bandes... Mais comme la partie la plus visible de l'océan éditorial de notre champ disciplinaire est celle qui est marron caca, difficile pour beaucoup de gens qu'on va dire, par raccourci, de goût, d'imaginer que ça vaut le coup de mettre des bottes et de s'aventurer un peu plus loin... Du coup, un certain nombre de proches se demandent quand même pourquoi diable j'ai lâché l'écriture et l'art contemporain pour faire des trucs pareils ; même le gars qui a écrit sur la scène rennaise de BD un bouquin pour les édition Goater, et qui me connaissait d'avant, de cette période où je m'occupais d'une revue littéraire, m'a demandé le plus sérieusement du monde, avec un poil de commisération, comme si j'avais dégringolé mentalement et artistiquement, comment je pouvais être le gars qui écrivait ces trucs là dans ces endroits là avant, et qui maintenant faisait de la bande dessinée... Pourtant, la bd, il semble que ça l'intéresse assez pour qu'il ait passé quelques années penché sur les pages de Lumineau, de Grandpey ou de Naz, quand même ! Et bin non. Même lui se fait une haute opinion d'un grand truc qui serait la littérature, d'un autre grand truc qui serait l'art, tous deux sans rapport perceptible avec la bande dessinée. C'est pas gagné ...

lanjingling, 20.04.2018 à 3:10368789
lldm :
C'était pas que pénible ; ça m'a rappelé aussi - parce que c'est l'image qu'ils ont d'elle - pourquoi pas mal de gens (également parmi mes proches, qui n'en lisent jamais) méprisent a priori la bande dessinée ; c'est à ce genre de merde qu'ils pensent quand ils se disent que, quand même, la bd, ça vaut pas grand-chose...

Au moins, tu connais des gens de goût. D'autres, de trop nombreux autres, disent au contraire apprécier et aimer la bande dessinée en pensant justement à ce genre de trucs...

lldm, 19.04.2018 à 22:22368787
Pierre :

Quelle expérience pénible ce dut être. Tu devrais plutôt lire le nouveau Olivier Schwrauwen si ce n'est déjà fait !


J'ai pris ce que je trouvais, et je trouvais peu. C'était pas que pénible ; ça m'a rappelé aussi - parce que c'est l'image qu'ils ont d'elle - pourquoi pas mal de gens (également parmi mes proches, qui n'en lisent jamais) méprisent a priori la bande dessinée ; c'est à ce genre de merde qu'ils pensent quand ils se disent que, quand même, la bd, ça vaut pas grand-chose...

Pierre, 19.04.2018 à 20:45368785
lldm :

J'ai donc lu mon premier Largo Winch. C'était compliqué comme choix, là où nous étions reclus (en montagne, à plus de 40 bornes de lacets en épingles à cheveux d'un truc qu'on aurait pu appeler librairie). C'était soit 10 volumes de cette cochonnerie, soit 10 volumes d'une horreur dessinée par un coiffeur, appelée Niklos Koda, soit Interpol-je-sais-plus-quoi ou un voyage égaré de Delille dont la seule vraie spécialité est le surplace.
Qu'en dire ? C'est tellement au-dessous de toute possibilité d'en dire quoi que ce soit de bien à tous les niveaux - graphique, narratif, dialogique, politique - que j'imagine que tout ce qui pouvait en être écrit de mal l'a déjà été mille fois. Du coup, je vais passer mon tour, ça sert à rien.


Quelle expérience pénible ce dut être. Tu devrais plutôt lire le nouveau Olivier Schwrauwen si ce n'est déjà fait !

Mael, 19.04.2018 à 14:39368782
Et Laurelinee ?

Allister Baudin, 19.04.2018 à 14:26368781
Être dans un endroit reculé et se retrouver à devoir choisir entre Francq et Grenson. Je crois que j'ai déjà fait ce cauchemar, sans doute une nuit où j'avais trop pris de valériane.

lldm, 19.04.2018 à 13:48368780

J'ai donc lu mon premier Largo Winch. C'était compliqué comme choix, là où nous étions reclus (en montagne, à plus de 40 bornes de lacets en épingles à cheveux d'un truc qu'on aurait pu appeler librairie). C'était soit 10 volumes de cette cochonnerie, soit 10 volumes d'une horreur dessinée par un coiffeur, appelée Niklos Koda, soit Interpol-je-sais-plus-quoi ou un voyage égaré de Delille dont la seule vraie spécialité est le surplace.
Qu'en dire ? C'est tellement au-dessous de toute possibilité d'en dire quoi que ce soit de bien à tous les niveaux - graphique, narratif, dialogique, politique - que j'imagine que tout ce qui pouvait en être écrit de mal l'a déjà été mille fois. Du coup, je vais passer mon tour, ça sert à rien.

Thierry, 18.04.2018 à 15:17368777
[ad_after_death : album sans vignette] un OVNI étonnant, difficilement résumable sans spoiler son contenu et vraiment réussi.

Mael, 16.04.2018 à 15:40368773
De là à payer 40€ un album qui en vaut 14...

grimmy, 16.04.2018 à 15:11368772
Et ces cahiers sont en noir et blanc. Et Théodore poussin en noir et blanc c'est la grande classe.

NDZ, 15.04.2018 à 22:41368770
Mr_Switch :
C'est donc les Cahiers Théodore Poussin et les Cahiers de la BD n'ont rien à voir avec cette histoire.


Oui, c'est bien ça. On m'a offert les 3 premiers (apparemment ça ne se vend pas des masses, il en restait assez pour Noel), j'ai pris le 4ème. Le format est sympa même si super cher pour du cahier souple. Je pense que Dupuis va beaucoup plus cartonner avec la même formule déclinée au Tif et Tondu de Blutch :)

lanjingling, 14.04.2018 à 13:16368759
Mr_Switch :
C'est donc les Cahiers Théodore Poussin

Et le site précise bien que ce sont des collectors, pour ceux qui seraient réticents à débourser 52 euros pour les 4 cahiers :)
Théodore Poussin, "le Corto Maltese de la ligne claire"; et pourquoi pas "le Fantasio à lunettes", vu ses cheveux rebelles ?

Mael, 14.04.2018 à 11:49368758
A ceci pret que l'intervew d cahiers théodore semble se retrouver (en version remaniée sans doute) dans le xahier de la BD 3.

Mr_Switch, 14.04.2018 à 10:11368757
C'est donc les Cahiers Théodore Poussin et les Cahiers de la BD n'ont rien à voir avec cette histoire.

lanjingling, 14.04.2018 à 3:42368753
OK, je comprends mieux; j'avais tiqué en voyant
NDZ :
Dans cette même interview (la n°4), il m'a d'ailleurs essentiellement passionné [...] Dans la n°3 j'avais adoré comment il rapportait ses souvenirs de jeunesse relatifs au cinéma... et dans le n°1 ou le n°2 les références littéraires.
; NDZ a lu une longue interview étalée sur 4 numéros des Cahiers de la B.D. dont trois seulement sont sortis, quid ?

C'est cher, certes, mais c'est collector, car ce ne sera pas réédité j'imagine. Ne jamais sous-estimer la collectionomanie de nombreux lecteurs de B.D. :)

Mael, 13.04.2018 à 23:57368752
lanjingling :
NDZ :
[Du coup, je serai bien passé voir FLG ce soir, comme il va papoter dans une grande librairie rennaise. Juste pour prolonger la longue interview très agréable présentée dans les cahiers.

Le dernier cahier, çui oukia pas encore de sommaire ? Il y dit ce qu'il a fait ces dix dernières années ?

Alors je me met au sommaire du Cahier mais je pense que NDZ parle des "Cahiers Théodore Poussin" car le T13 est sorti en 4 Cahiers, sorte de journaux, comme les étrangleur en leur temps (c'est un peu mode de faire ça depuis et souvent sans le sens de l'étrangleur/feuilleton, il semble qu'ici ce soit apprécié) . Je trouve ça assez dingue car tous coûtent 13€ pour 32 pages quand l'album coûte 14,50€ mais bon, il y a une longue interview sur les 4 cahiers qu'on ne trouve pas dans l'album. Au moins elle est bonne visiblement (mais il me semble en fait que c'est la même dans les cahiers de la BD3, ce qui coute donc moins cher à acheter avec l'album que les 4 Cahiers).

lanjingling, 13.04.2018 à 17:41368749
NDZ :
concernant l'humour, j'ai tout relu il y a peu et même si on a toujours un ou deux traits d'humour par album, ça n'est clairement pas une série humoristique. Pour ce dernier tome, je parle vraiment de deux tirades à jeu de mots, de la bouche de Novembre.

Evidemment, et de qui d'autre, si pas de lui ?
Un peu d'humour, parfois, oui, mais surtout quelques situations qui arrachent un sourire doux-amer; douce amertume, plus qu'humour noir, qu'on retrouve particulièrement dans ses "Petits contes noirs".
Pour l'humour, il y a son scénario de Lapinot, album que j'aime beaucoup, bien que je sois incapable de discerner si et dans quelle mesure Trondheim a aussi participé au scénario (qu'il ne l'ait pas fait me semble hautement improbable.)

NDZ, 13.04.2018 à 16:22368747
lanjingling :
NDZ :
[theodore_poussin13 : album sans vignette] Vraiment très bien cet album. Faux rythme, faux semblants. On a un héros qui a sa part d'ombre, qui n'est pas 100% positif, un brin mélancolique, un brin violent. Un bémol à cause des quelques mauvais bons mots disséminés par-ci par-là, en partie parce qu'on les voit arriver à des km... et qu'il n'y aucun effet au final.

Pas lu de TD depuis longtemps (et pour cause parmi d'autres, le dernier remonte à plus de 10 ans), mais pas de souvenir de mots (bons bons ou mauvais bons) dans cette série. C'est nouveau, ou c'est ma mémoire qui est défaillante ?

NDZ :
[Du coup, je serai bien passé voir FLG ce soir, comme il va papoter dans une grande librairie rennaise. Juste pour prolonger la longue interview très agréable présentée dans les cahiers.

Le dernier cahier, çui oukia pas encore de sommaire ? Il y dit ce qu'il a fait ces dix dernières années ?

NDZ :
Vivement le prochain Theodore, en Europe apparemment.
Vivement, tu veux dire avant dix ans ? :)


Dans l'ordre:

concernant l'humour, j'ai tout relu il y a peu et même si on a toujours un ou deux traits d'humour par album, ça n'est clairement pas une série humoristique. Pour ce dernier tome, je parle vraiment de deux tirades à jeu de mots, de la bouche de Novembre. D'autres moments sont "drôles" sans que cela passe par les mots (plus par les situations) et ça m'est apparu comme beaucoup plus réussi (comme Novembre et Martin faisant les voix du conciliabule de Poussin avec un autre personnage - limite La classe américaine).

il est assez évasif sur ce qu'il a fait ces dix dernières années... ça revient plusieurs fois sous la forme "les aléas de la vie" ou bien "la vie réelle m'a rattrapé". Galères persos en gros qui l'on empêché de se consacrer sereinement à son art... il a donc peint (pas toujours très bien selon lui), et a surtout galéré sur les 38 premières pages (sur plus de 100 prévues il me semble) de son projet qui devait sortir chez Aire Libre et nommé Mary Jane. Ila écrit pour d'autres (cf fiche bubulle). Et puis il y a eu son Spirou qui s'est fait, selon lui, relativement "naturellement"...

Il annonce clairement à la fin de l'interview (fin janvier 2017) qu'il a déjà prévu le retour de Poussin. L'intéressant de l'interview, à mon avis, tiens à ce qu'il dit que l'écriture de la dernière histoire n'a jamais bloqué (62 pages écrites vite si je me rappelle bien), tant pour le déroulé que pour les dialogues et que la difficulté à plutôt été du côté du dessin. Qu'il a recherché sa spontanéité et sa prise de risque de "quant il était jeune". Dans cette même interview (la n°4), il m'a d'ailleurs essentiellement passionné en décrivant les techniques pinceau vs plume ou pinceau puis plume ou bien plume + pinceau + plume, etc. apprises auprès de ses camarades ou figures tutélaires... Dans la n°3 j'avais adoré comment il rapportait ses souvenirs de jeunesse relatifs au cinéma... et dans le n°1 ou le n°2 les références littéraires. Bref, pas de scoop mais un bon moment au coin du feu à écouter quelqu'un de passionné, érudit, tristoune, sensible, ...

lanjingling, 13.04.2018 à 15:49368745
NDZ :
[theodore_poussin13 : album sans vignette] Vraiment très bien cet album. Faux rythme, faux semblants. On a un héros qui a sa part d'ombre, qui n'est pas 100% positif, un brin mélancolique, un brin violent. Un bémol à cause des quelques mauvais bons mots disséminés par-ci par-là, en partie parce qu'on les voit arriver à des km... et qu'il n'y aucun effet au final.

Pas lu de TD depuis longtemps (et pour cause parmi d'autres, le dernier remonte à plus de 10 ans), mais pas de souvenir de mots (bons bons ou mauvais bons) dans cette série. C'est nouveau, ou c'est ma mémoire qui est défaillante ?

NDZ :
[Du coup, je serai bien passé voir FLG ce soir, comme il va papoter dans une grande librairie rennaise. Juste pour prolonger la longue interview très agréable présentée dans les cahiers.

Le dernier cahier, çui oukia pas encore de sommaire ? Il y dit ce qu'il a fait ces dix dernières années ?

NDZ :
Vivement le prochain Theodore, en Europe apparemment.
Vivement, tu veux dire avant dix ans ? :)

NDZ, 13.04.2018 à 13:47368742
[theodore_poussin13 : album sans vignette] Vraiment très bien cet album. Faux rythme, faux semblants. On a un héros qui a sa part d'ombre, qui n'est pas 100% positif, un brin mélancolique, un brin violent. Un bémol à cause des quelques mauvais bons mots disséminés par-ci par-là, en partie parce qu'on les voit arriver à des km... et qu'il n'y aucun effet au final.

Du coup, je serai bien passé voir FLG ce soir, comme il va papoter dans une grande librairie rennaise. Juste pour prolonger la longue interview très agréable présentée dans les cahiers. Vivement le prochain Theodore, en Europe apparemment.

Pierre, 09.04.2018 à 15:35368714




Olivier Schrauwen s'attaque à la SF.

Meilleure lecture bd depuis le début de l'année et pire couverture d'album aussi, mais je pense que ça fait partie du concept et qu'il conviendrait d'écrire quelque chose là-dessous.

Le dernier (et long) récit du recueil m'a donné envie de relire le deuxième tome des Monde d'Edena de Moebius auquel on trouve m'a-t-il semblé bien des échos, malheureusement je n'ai pas cet album chez moi.

crepp, 07.04.2018 à 14:09368698




C'est toujours aussi prenant, aussi froid, aussi méthodique. Il y a des passages d'une très grande classe. Une série que je poursuis sans aucune hésitation.
4 meurtres.

lanjingling, 25.03.2018 à 7:49368626
Tant que ce n'est pas un roman-photo de son film La belle captive avec les photogrammes, comme Tintin et les oranges bleues...

lldm, 24.03.2018 à 1:09368622
lanjingling :
lldm :
j'ai eu là longtemps un bouquin de Robbe Grillet autour de toiles de Magritte, "la belle captive", qui pourrait peut-être même rejoindre la bullebase si on étendait notre conception de la bande)
Tu aurais un exemple visuel, histoire d'avoir une idée de la direction que prendrait cette extension ?


Ce bouquin est sous une tonne d'autres trucs que j'ai empaquetés pour les revendre il y a des années, et ça dort dans le grenier en attendant un hypothétique vide grenier ; grosso modo, dans ma mémoire, c'étaient des dérives de Robbe Grillet autour de tableau reproduits pleine page de Magritte (pas forcément ma came, même à l'époque où j'avais choppé le bouquin), et ce que ça produisait comme récit de va et vient était plutôt réussi. (bon, tout ça est peut-être très reconstruit par ma mémoire, hein!)

lanjingling :


lldm :
les Ateliers de l'Agneau ont été une première terre d'accueil géniale, avec la revue 25, pour Vaugh James
Ateliers sis à Gand, rapport au fameux retable des van Eyck ?


c'est malin. Non, c'est beaucoup plus prosaïque que ça, c'était rue de l'Agneau, à Liège.

lanjingling, 22.03.2018 à 13:16368615
lldm :
j'ai eu là longtemps un bouquin de Robbe Grillet autour de toiles de Magritte, "la belle captive", qui pourrait peut-être même rejoindre la bullebase si on étendait notre conception de la bande)
Tu aurais un exemple visuel, histoire d'avoir une idée de la direction que prendrait cette extension ?

lldm :
les Ateliers de l'Agneau ont été une première terre d'accueil géniale, avec la revue 25, pour Vaugh James
Ateliers sis à Gand, rapport au fameux retable des van Eyck ?

lldm, 20.03.2018 à 18:49368606
Première terre d'accueil _francophone_, hein, et pour un bouquin (en revue, y'a eu des trucs chez Minuit, j'ai pas regardé les dates de mes numéros, mais c'est avant ; comme ce après la bataille" réunit plein de trucs, on y trouve au passage les publications Minuit, revue où, je crois vous en avoir déjà causé, Robert Varlez publiait également). Je dis ça pour les pinailleurs éventuels qui pinailleraient éventuellement.

lldm, 20.03.2018 à 17:41368605

Dans les années 60, intellectuels et artistes français faisaient du surréalisme le marqueur fort de la modernité ou plutôt de sa momification, une sorte de seuil, de paradigme critique et historique qui séparait les définitivement ringards de son côté (s'y encroutaient effectivement toutes sortes de vieux machins poétiques et picturaux enquillant les revues mochasses et laborieuses) et les avant-gardes de l'autre, en liquidation totale (parfois assez abruptement, balançant parfois la poésie toute entière avec le surréalisme dans le cas de Tel quel, qui sans Denis Roche ou Pleynet seraient bien asséchés de ce côté-là. Mais fleurissaient autour toutes sortes d'autres revues dans lesquelles l'écriture poétique échappait au carnage. Bon je bavarde, c'est pas l'endroit). Ailleurs, il semble que le problème posé par l'espèce de spectre inévitable et omniprésent du surréalisme devenu poncif ait posé moins de problème, ait abouti à des jonctions souples et fécondes, et notamment chez les belges, pour lesquels le surréalisme n'est ni un problème ni même un mouvement, mais une sorte d'étrange "condition" qui touche tous les états de la vie, de l'art, et même de la politique et, je le soupçonne, de la biologie (Il faut même croire que le surréalisme, dès lors qu'il était belge, pouvait trouver un accueil chaleureux chez des intellectuel français ; j'ai eu là longtemps un bouquin de Robbe Grillet autour de toiles de Magritte, "la belle captive", qui pourrait peut-être même rejoindre la bullebase si on étendait notre conception de la bande); ça commence avant le surréalisme, et ça se poursuit aujourd'hui dans une grosse partie de la création belge, pour ma plus grande joie (moi qui ait pourtant en horreur absolue le surréalisme historiquesous n'importe quelle couture) Vaughn James a fait une grosse partie de son boulot au Canada, mais c'est bien en Belgique qu'il pouvait rencontrer la terre d'accueil la plus évidente pour son travail particulièrement transversal, tiqueté comme on le dit souvent de l'influence du dit "nouveau roman", mais aussi, et très visiblement dans ce bouquin là, "après la bataille", des montages surréalistes. La rencontre Varlez / Vaughn James a fait des merveilles ; les Ateliers de l'Agneau ont été une première terre d'accueil géniale, avec la revue 25, pour Vaugh James, et de l'amitié de ces deux là sont nées plein d'expériences, dont ce magnifique miscellanée.


ps : Il est peut-être possible d'en commander encore un ou deux à Robert Varlez, écrivez-moi en privé si ça vous intéresse, je vous mettrai en relation pour établir d'éventuelles conditions de commande si ça le branche.

Mr_Switch, 17.03.2018 à 16:11368560
lldm :
publié par je-sais-plus-qui
Par les frères Pasamonik

lldm, 16.03.2018 à 19:42368535
lanjingling :
NDZ :
Dieu que c'est con!

Mieux qu'assumé, c'est revendiqué par l'auteur.



cette réflexion me fait remarquer qu'il manque un bouquin de Kamagurka à la Bullebase, "Ça sent la connerie ici" (publié par je-sais-plus-qui et j'ai pas le courage de monter dans la froide bibliothèque de l'étage asteure)

Mael, 16.03.2018 à 9:31368520
Aussi absurde que ça puisse paraître c'est plutôt une bonne surprise. Une réinterprétation, c'est du quasi-oubapien même si c'est plutôt pauvre en terme de réflexion, du "Pratt pour enfant", des transpositions amusantes. C'est vraiment un produit marketing et en même temps un truc un peu improbable (j'ai du mal à imaginer que ce soit un si grand succès, la cible est un peu batarde) qui m'a amusé. Bref, totalement oubliable mais agréable. Trois catamarans.

lanjingling, 16.03.2018 à 4:24368517
NDZ :
Dieu que c'est con!

Mieux qu'assumé, c'est revendiqué par l'auteur.

Mael, 15.03.2018 à 16:20368511
NDZ :
il y aurait un prix du patrimoine en 2018, je sais déjà à qui je l'offrirai.


Huuum...

NDZ, 14.03.2018 à 21:55368503
Dieu que c'est con! ça me rappelle les fous rires provoqués par Snake'n'Bacon... il y aurait un prix du patrimoine en 2018, je sais déjà à qui je l'offrirai. Avec un cheval.

Thierry, 09.03.2018 à 10:58368439
Gantois :
Thierry :
j'admire la démarche, mais c'est chiant


J'avais déjà un peu ce problème avec son précédent.

c'est pire

Gantois, 09.03.2018 à 10:48368438
Thierry :
j'admire la démarche, mais c'est chiant


J'avais déjà un peu ce problème avec son précédent.

Thierry, 09.03.2018 à 10:26368437
j'admire la démarche, mais c'est chiant

lldm, 04.03.2018 à 16:45368411
lldm :
(et une fois de plus, merci à Bicéphale, sans qui je n'aurais jamais eu vent de l'existence de cette terrible merveille)


Je profite d'une petite commande de Crocs Electriques (les deux Tom de Pekin - Gracieux, Gays, Grotesque et Garnements - un magnifique Rebecka Tollens pour compléter celui des éditions Marguerite Waknine, le curieux bazar de Lolmède sur l'affaire Gregory et le BC 2033 de Pimpant, qui invente la dégueulure électronique pâteuse, un vrai choc plastique plein de pertinence et d'offense au goût) pour compléter le "Dirty" de Charon Mavado par le petit livre qu'il y a fait ;le format est différent de tous les autres (c'est un carré) et il y travaille pour une rare fois en couleurs. Beaux à plats aux chromies hors de toute mode comme de toute connotation. Livre obsessionnel déclinant jusqu'au vertige l'absurde motif informe de la limace pour des séries de pénétrations duremolles : le dessin peut faire un trou ou une saillie de tout trait commençant ;le maintiens des figures, de leur logique, rend tous ces arbitraires nettement perturbant.

Mael, 19.02.2018 à 17:24368335
Deux étoiles à eux deux, vivement les prochaines lectures alors !

Contrairement à une légende bulledairienne voulant que je déteste Gaiman c'est un auteur dont j'aime les livres, même si Sandman reste ce que j'ai lu de meilleur de lui. (le malentendu vient du fait que j'ai trouvé absurde que le seul bullegp patrimoine soit donné à une réédition de son travail qui n'offrait aucun travail patrimonial, pour le reste je ne trouverai pas aberrant qu'il soit bullegp même si je ne vote pas pour lui) Bref, quand j'ai l'occasion de croiser un Gaiman en bibliothèque j'ai toujours un apriori positif et je prends. Et "Comment aborder les filles en soirée" n'en est pas vraiment un mais une adaptation d'une de ses nouvelles. Il n'est donc peut-être pas responsable de l'absolu confusion kitsch de ce livre, où les grandes phrases étaient bien lourdingues et les démonstrations plutôt malhabiles et peu clair. Quelques images rendent assez bien, avec quelques belles pages, mais c'est plus que dispensable. Une boum.

Il y a des albums de la bédéthèque des savoirs que je prends juste comme ça, d'autres qui m'attirent réellement. Aimant le dessin de Casanave et appréciant Reeves j'étais curieux de celui-ci, grosse déception au bout : outre que le dessin n'est pas du meilleur Casanave c'est surtout assez peu concluant. Bien sur je ne m'attendais pas à tout savoir sur l'univers mais avec cette volonté de raconter une histoire et de connecter l'univers au vécu j'y ai trouvé très peu de substance, notamment scientifique (quelques pages) moi qui n'y connais quasiment rien. Une théorie sympathique sur le beau, qui vaut ce qu'elle vaut, mais aucune explication de ce que représente l'univers : sa définition à travers les siècles, ce que c'est d'être composé d'autant de galaxie, on me dit qu'il est en expansion, il n'est donc pas infini, j'aimerai qu'on m'éclaire là dessus, on me parle d'observations nombreuses mais je n'en retire rien. C'est dommage et je me sens un peu floué comme lecteur. Bon, une déception ça arrive. Un téléscope.

lldm, 19.02.2018 à 15:01368333
Bicephale :
lldm :
(et une fois de plus, merci à Bicéphale, sans qui je n'aurais jamais eu vent de l'existence de cette terrible merveille)

(de rien de rien...)


bin mine de rien, malgré mon insistance à traquer les petits trucs cachés sous les gros, il y en a toujours un bon paquet qui m'échappent et dont je te dois la découverte. Donc, normal les merci et tout.

Bicephale, 18.02.2018 à 22:00368330
lldm :
(et une fois de plus, merci à Bicéphale, sans qui je n'aurais jamais eu vent de l'existence de cette terrible merveille)

(de rien de rien...)

Mael, 18.02.2018 à 18:47368329
Je connais bien le travail de Mancini pour l'avoir souvent publié dans Gorgonzola (il réalise d'ailleurs la couv du dernier) mais quelle surprise de voir ce livre en librairie ! A priori il s'agit d'une commande, autour de l'univers de Burroughs, mais le moins que l'on puisse dire est que la commande colle à merveille à l'univers de Pedro Mancini : divagations oniriques, créations fantasmatiques, errances à la frontière de deux monde et du fantastique. En imaginant l'enfance de l'écrivain, Mancini utilise sans doute nombre de références mais même les non-initiés comme moi (je n'ai jamais lu un des textes de l'auteur auquel il est rendu hommage) y trouvent leur compte. L'édition est soigné, le dessin se simplifie tout en conservant sa force (on est plus dans l'abus de hachures du début pour remplir, et on sort de l'influence Moebiusienne, tout en conservant un certain impact graphique), seule regret : ça se lit quand même très vite. 4 vagabondages.

lldm, 17.02.2018 à 18:59368326
(et une fois de plus, merci à Bicéphale, sans qui je n'aurais jamais eu vent de l'existence de cette terrible merveille)

lldm, 17.02.2018 à 18:21368325
[dirty : album sans vignette]

la couverture arrive ; dans l'édition courante elle est en noir et blanc, mais il en existe une plus luxueuse, sérigraphiée en trois passages.
Rien d'équivalent en bandes jusqu'ici ; guère que l'énumération hallucinée de la troisième partie des "120 journées de Sodome" qui puisse donner une idée de qui se déroule dans ce livre terrifiant, ou encore l'infinie carte prostitutionnelle et meurtrière dépliée dans les livres de Guyotat. Déroulement, d'ailleurs, assez littéral, : les scènes générales, brouillées de corps agglutinés par le coït et le meurtre, s'enchainent en pleines doubles pages à bords perdus, articulées comme une longue bande historiée, une frise monstrueuse. Pourtant, brutalement, comme des sas de narration plus précise, quelques pages viennent aérer ces massacres démesurés d'une abominable "intimité", avant qu'ils ne reprennent de plus belle, que le panorama ne s'ouvrent à nouveau sur l'enfer dans toute son étendue.
Une des choses les plus insoutenables du livre, sans doute, dans cette bouillie où s'indifférencient activité et passivité meurtrière, bourreaux et victimes, est que quelque chose de "personnages" - de singularités - résiste à s'y engloutir complètement.
La dernière fois que j'ai frissonné devant des images, c'était devant les terribles fresques de Pomarancio à Santo Stefano Rotondo. Je n'imaginais pas vivre un choc plus violent, plus renversant, un jour, que devant ce martyrologe maniériste de la plus grande crudité. C'est pourtant ce que ce livre incroyable vient de faire.

http://mavadocharon.blogspot.fr/?zx=866567e61213bf9e



lldm, 15.02.2018 à 21:46368313
Glotz :
Ravi que ça t'ait plu. Un cinquième volume pourrait arriver au printemps !


bien, je m'en encombrerai avec plaisir

reçu également, trop tard pour le festival et le compte-rendu, dommage, le livre de collages de Varlez chez la Cinquième Couche. Bel ensemble, qui arrive à la fois à donner la dimension très étendue de ce travail et son ancrage dans la longue pratique de R.V, et à ne pas l'y geler, à montrer quelle puissance travaille encore dans ces images en dehors de ses liens (avec le surréalisme, avec 1.25 etc.) ; dommage, peut-être, la couv, qui ne joue pas cette finesse là et réancre le boulot dans le passé. Faut pas s'y fier, et bien voir ce qu'il y a de terriblement vivant dans ces collages (le collage à l'ancienne - non numérique, donc - est loin d'être une pratique morte ou stérile, et j'invite ceux qui en douteraient à découvrir le très beau boulot de collationnement international que fait Bill Noir depuis des années dans sa revue Mekanik Copulaire http://cargocollective.com/mekanikcopulaire )

Glotz, 15.02.2018 à 20:09368312
Ravi que ça t'ait plu. Un cinquième volume pourrait arriver au printemps !

lldm, 15.02.2018 à 15:27368311
Commandés et lus (dans la foulée de leur évocation ici par Glotz). C'est plutôt bien, ce travail, le tissage dramatique est en soi bien fichu, ouvert de façon assez large aux possibilités d'articulations pour qu'on puisse s'abandonner assez vite à celles qui se présentent sans craindre de rencontrer trop vite leur limite ; mais en fait, c'est le processus de dépliement de l'espace (qui y imbrique des dépliements historicisés) qui me plait le plus, en temps que processus même ; ça me renvoie à l'ouverture de l'économie libidinale de Lyotard, un des bouquins assez fondateurs théoriquement pour moi, dans ma propre genèse (loin, déjà, oula, aïe). Le dépliement de ce qu'il appelait la "grande bande libidinale" trouve un écho très inattendu dans la façon dont la nécessité produit son propre couloir de développement, fait croitre une espèce d'organicité de la nécessité poétique. Bref, c'est plus qu'un jeu. J'ai vite fini par oublier les petites faiblesses que je trouvais au dessin pour céder à la jolie machine de Pierre Jeanneau.

beuzno, 13.02.2018 à 12:21368304


découverte d'Haïti et du vaudou par deux dessinateurs alsaciens dans le cadre du jumelage strasbourg/jacmel

à coup d'anecdotes savoureuses, ils dressent un portrait rigolo des haïtiens malgré les difficultés de leur vie

leurs dessins se marient bien

alors? zombie d'origine anglaise ou zombi d'origine créole?

un bon bouquin de l'association

lldm, 09.02.2018 à 22:58368288



la récolte annuelle de petites merveilles d'Angoulême est en ligne sur du9
des tas d'adresses pour découvrir de belles choses, et des tas de pas adresses pour en éviter d'autres

NDZ, 08.02.2018 à 14:15368281
Je ne savais pas où je mettais les pieds et ça m'a rudement plu cette autobiographie, mi-sérieuse, mi-anecdotique au format Patte de mouche (coll. Asso). Un travail intéressant sur le plan graphique (notamment les couleurs) et en terme de récit mémoriel (qu'est-ce qu'un souvenir ? les noms, les lieux, les décors et les mots ?). Pourvu que l'aventure continue.

crepp, 07.02.2018 à 17:54368277




"Plus qu'un récit d'aventure, plus qu'un manifeste écologique, Traquemage pose tout simplement les bases d'un nouveau genre littéraire : la rural fantasy fromagère non pasteurisée, aux gros laids crus.
Traquemage : une histoire, un terroir, des traditions. En vente chez tous les bons libraires affineurs"

Voilà ce que l'on peut lire sur la quatrième de couverture du T1, voilà pourquoi j'ai pris les deux tomes à la biblio, car la présentation m'a bien plu, j'espérais y trouver dans un sens du Prattchet, et même si par moment le sourire est présent, on en est quand même très loin.

2 fromages.

Thierry, 01.02.2018 à 10:13368188
découvert Le Labyrinthe et relu Zil Zelub pour l'instant. Buzzelli est grand.

NDZ, 28.01.2018 à 23:22368152
50 ans d'histoire de l'Angleterre, en suivant un couple (les parents de l'auteur) au travers de leurs chamailleries politiques (une de droite, l'autre de gauche), leurs découvertes de la modernité (technologique ou domestique) ou des évolutions de la société, comme la représentation de la Famille. Et la guerre, présente tout au long du volume, comme si le vingtième siècle pouvait se résumer à cela, l'Homme fait la Guerre ; tout est dit. Ça m'a fait franchement penser à la vie de mes grands-parents avec 15/20 ans de plus. Et à du Posy Simmonds (l'humour et la tendresse compris), en un peu moins fluide dans le trait. C'est vraiment pas mal, sans sauter au plafond.

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