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Verdict panoramique de vos dernières lectures...

Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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Glotz, 19.09.2018 à 10:55369948
lldm :
Quand le même auteur se présente ailleurs comme féministe, quel sorte de bienfaits le féminisme, déjà suffisamment conspué un peu partout, peut bien tirer de cette schize éditoriale, franchement ? Bon sang que ça m'énerve.

Ta critique de cet album de 2008 paraît un peu injuste : personne ne considérait Bagieu comme féministe à l'époque ; elle était cible de critiques féroces pour l'image des femmes véhiculée par ses BD « girly ». Ce n'est que depuis 2015 et la publication de sa biographie de Cass Elliot puis sa série de biographies de femmes Les Culottées (disponible en ligne gratuitement) qu'elle se réclame du féminisme. Il y a quelques mois elle avait même le « le rageomètre au max » contre le patriarcat :)

Cela dit Bagieu ne renie pas tout tout ses premières œuvres. En 2013, elle rejetait les critiques : « Après, sur les critiques disant que ce type de BD dégrade l'image de la femme, c'est aller un peu loin : ça se veut juste léger et pour faire sourire. » En 2016, elle déclarait : « La BD girly et la BD féministe, c’est la même chose », point de vue partagé par d'autres. J'imagine que c'est ce genre de point de vue que tu rejettes ?

lldm, 19.09.2018 à 10:13369947
Pierre :


Tout cela a à voir avec l'auto-objectivation non ?


on peut être accablé des effets de l'objectivation sur cette objectivation même, comme processus inévitable de renforcement. Quand le même auteur se présente ailleurs comme féministe, quel sorte de bienfaits le féminisme, déjà suffisamment conspué un peu partout, peut bien tirer de cette schize éditoriale, franchement ? Bon sang que ça m'énerve.

Pierre :
Ce qui est rigolo, c'est que selon ton analyse, Marilou Berry (l'interprète de l'adaptation cinématographique de ce chef d'oeuvre) serait donc un homme ?


c'est malin, tsss tsss

Thierry, 17.09.2018 à 14:01369937
crepp :
Mr_Switch :
Tu vas plutôt te précipiter sur




Avoue !

Ben j'espère bien, j'attends son avis ! :o)


parce que je vous aime encore, j'ai acheté la chose ce weekend, mais en VO parce que la maquette est beaucoup plus belle et je crains que ce genre d'exercice ne se prète difficilement à la traduction partielle. Graphiquement, l'allure de Nick cave est parfaitement captutée et, au feuilletage, le dernier chapitre qui joue sur Higgs Boson Blues semble très beau.
J'ai aussi acheté Sabrina, le nouveau Nick Drnaso (première bande dessinée finaliste du Booker Prize, après un Beverly très prometteur) et le Book of Magic de Gaiman & cie comme curiosité

Pierre, 16.09.2018 à 19:33369934
lldm :
Ce Pénélope Bagieu est un gros con misogyne de la pire espèce ; avoir choisi un pseudonyme féminin pour exposer de façon encore plus insolente sa conception calamiteuse des femmes n'est pas la pire crapulerie de ce pensum qui devrait déchaîner la colère des moins féministes. L'espèce de singerie molle, fadasse, puérile, de tous le sponcifs qu'un esprit embrumé s'imagine d'une façon ou d'une autre former un trait "féminin", est non seulement insultante, réductrice, mais trahit tout de même une belle dose d'arrogance aveugle à ses propres limites : comment l'auteur peut-il s'imaginer que quiconque prendra cette caricature ridicule pour un livre de femme?


Tout cela a à voir avec l'auto-objectivation non ?

Ce qui est rigolo, c'est que selon ton analyse, Marilou Berry (l'interprète de l'adaptation cinématographique de ce chef d'oeuvre) serait donc un homme ?

lldm, 16.09.2018 à 1:05369929
Ce Pénélope Bagieu est un gros con misogyne de la pire espèce ; avoir choisi un pseudonyme féminin pour exposer de façon encore plus insolente sa conception calamiteuse des femmes n'est pas la pire crapulerie de ce pensum qui devrait déchaîner la colère des moins féministes. L'espèce de singerie molle, fadasse, puérile, de tous le sponcifs qu'un esprit embrumé s'imagine d'une façon ou d'une autre former un trait "féminin", est non seulement insultante, réductrice, mais trahit tout de même une belle dose d'arrogance aveugle à ses propres limites : comment l'auteur peut-il s'imaginer que quiconque prendra cette caricature ridicule pour un livre de femme?

Mr_Switch, 09.09.2018 à 20:08369817
Non, pas forcément cul. Mais résolument adulte. Je l'ai feuilleté et j'ai pensé à Ici, justement. Merci ;)

crepp, 09.09.2018 à 19:14369816
Mr_Switch :
J'ai vu ce bouquin jeudi (et donc mis dans la base jeudi). Ce qui a attiré mon oeil, c'est d'un côté cette couverture trouillotée, et d'un autre l'éditeur. On n'a pas l'habitude de voir Thierry Magnier dans une littérature non jeunesse.

Ce Thierry Magnier était placé avec les bandes adulte-adulte.

Tu trouves que ce livre n'est réellement pas destiné à tous les yeux ?


Hein ? par "adulte adulte" tu parles de cul là ? :o) Non mais si on parle bien d'" A travers", il n'y a rien d'interdit dedans, c'est visible par tous les yeux, grands, petits, bleus, verts ...
C'est très beau, poétique, maintenant il y a ce coté touchant par cette vision du temps qui passe, est ce que cela touchera autant des jeunes, je ne suis pas sur.

Mr_Switch, 09.09.2018 à 17:43369815
J'ai vu ce bouquin jeudi (et donc mis dans la base jeudi). Ce qui a attiré mon oeil, c'est d'un côté cette couverture trouillotée, et d'un autre l'éditeur. On n'a pas l'habitude de voir Thierry Magnier dans une littérature non jeunesse.

Ce Thierry Magnier était placé avec les bandes adulte-adulte.

Tu trouves que ce livre n'est réellement pas destiné à tous les yeux ?

crepp, 08.09.2018 à 18:13369811




"A travers" c'est l'histoire d'une vie, donc cela commence dans le ventre de la mère en décembre 1955, pour se poursuivre pendant des années. Ainsi le lecteur va suivre l'histoire d'un homme dans la grande Histoire des hommes, et cela par le bout de la lorgnette.
Car ici Tom Haugomat part d'une idée assez simple: la page de gauche montre un dessin avec un personnage (souvent le "héros") , celle de droite montrera ce que voit le même personnage.
Une image vaut mieux qu'un explication :



Et ça marche, cette description du temps qui passe, pour nous rappeler que nous sommes juste un grain de poussière dans le tout, me touche beaucoup. J'y retrouve l'ambiance que dégage "Ici" de Richard McGuire.
Je pensais que mon album de l'année sera et restera "Moi ce que j'aime c'est les monstres", et ben il y aura match.

coup de coeur

lanjingling, 08.09.2018 à 11:07369809
crepp :
le "sous-art" (je ne trouve pas d'autre mot pour le moment) que représentent les couvertures des mags d'horreur.

Oui, en anglais, on dit 'high-art' et 'low-art', en francais c'est moins direct, on parle d'art elitiste et d'art populaire.
On peut aussi parler de contre-culture, qui est beaucoup plus developpee aux Etats-Unis d'Amerique.

Comme Satrapi, Emil Ferris ne vient pas de la B.D., ce qui lui permet une plus grande liberte d'expression quant au medium, et vient d'ailleurs (paralysee plusieurs annees, cela exclue un peu de la societe).
Dans les deux cas, cela apporte un vent nouveau qui se transforme en tempete dans l'edition.
Grand succes critique, et commercial aussi, malgre le prix.

D'apres les extraits que j'en ai vus, elle m'a l'air tres talentueuse.

crepp, 08.09.2018 à 10:44369808
lanjingling :


Premier coup de cœur en septembre? Il serait presque temps....:)
Tu pourrais en dire un peu plus?


P'tain et sinon second coup de coeur juste après le premier avec "A travers" de Tom Haugomat, si c'est pas beau ça :o) (j'en parle un peu plus tard)

crepp, 08.09.2018 à 10:42369807
lanjingling :
crepp :




Premier coup de cœur de l'année, un régal.


Premier coup de cœur en septembre? Il serait presque temps....:)
Tu pourrais en dire un peu plus?


Ce n'est pas toujours évident de parler d'un coup de cœur (lecture, film, tableau etc etc) sans paraître trop dans l'admiration stérile. Alors je vais mettre un petit résumé lu à la fin de la BD qui retranscrit bien l'idée de mon émotion à la fin de cette lecture:
"Cette oeuvre magnifique mesure 204 mm de large sur 267 mm de haut et compte 416 pages. Elle est le résultat d'une expérience de laboratoire composée de 42% de mystère, 18% de fiction historique, 6% de romance, 21% de souvenirs, 5% de réalisme urbain, 6% de critique sociale mordante, 10% d'humour, et de 3% de thriller surnaturel. Elle est aussi faite de nombreux cœurs qui battent et battent encore, de milliers de crocs prêts à mordre, de puissantes sensations souterraines et d'un appétit féroce pour la vie".
Car l'histoire de cette gamine, vivant dans le Chicago des années 60, voulant absolument devenir un monstre est captivante, passionnante, enrichissante et touchante.
C'était annoncé comme une merveille (une pluie de prix en tout genre sur ce premier tome outre atlantique), et ça tient ses promesses !! alors je dis bravo à Emil Ferris pour cette entrée fracassante, et vivement la suite.

Et sinon Réussir à sortir graphiquement quelque chose d'aussi incroyable (elle a été paralysée au point de se scotcher un stylo sur sa main pour pouvoir dessiner), je baisse mon chapeau bien bien bas (on est d'accord hein, ce n'est pas ce qui fait que l'album est bien :o)
Autre chose aussi que j'ai beaucoup apprécié et qui est rare dans un album, c'est de parler d'art (par l'intermédiaire d'un musée) et de le mélanger aussi habilement avec le "sous-art" (je ne trouve pas d'autre mot pour le moment) que représentent les couvertures des mags d'horreur.

lanjingling, 07.09.2018 à 22:20369804
crepp :




Premier coup de cœur de l'année, un régal.


Premier coup de cœur en septembre? Il serait presque temps....:)
Tu pourrais en dire un peu plus?

chrisB, 07.09.2018 à 17:07369801
crepp :




Premier coup de cœur de l'année, un régal.


acheté hier (avec le dernier Brecht Evens !)

crepp, 07.09.2018 à 12:55369797




Premier coup de cœur de l'année, un régal.

crepp, 03.09.2018 à 15:02369773
Mr_Switch :
Tu vas plutôt te précipiter sur




Avoue !


Ben j'espère bien, j'attends son avis ! :o)

Mr_Switch, 03.09.2018 à 13:59369772
Tu vas plutôt te précipiter sur




Avoue !

Thierry, 03.09.2018 à 11:24369769
cela faisait longtemps que je voulais découvrir Conan en bande dessinée. Le Conan classique... pas le Conan vu par... que Glénat vient de lancer. Un passage forcé à la gare de Paris-Montparnasse (il ne manque que des potences pour se pendre tant cet édifice est déprimant), je suis tombé sur une pile d'anthologies "Savage Sword of Conan" (donc pas la vignette mais le contenu se chevauche) dont le tome 1, comprenant entre autres Les Clous Rouges, était au prix de 3.99 EUR. Scénarios de Roy Thomas et dessin de Barry Windsor-Smith, John Buscema, Gil Kane... du beau monde en soi.
Dès les premières pages, je remarque une traduction boiteuse. Le style est probablement déjà emphatique en anglais. Il est lourdingue en français, sans mentionner une orthographe déficiente dans laquelle les chevaux boivent dans la marre et où Conan navigue sur le golf. Le seul intérêt pour moi reste le graphisme plutôt impressionant et la sensation devoir l'une des sources d'inspiration d'Andreas. Le première histoire évoque aussi très fort certains récits de Thorgal. On ne peut pas dire que je sois fan (même pas encore arrivé au bout et je ne suis pas trop pressé de me replonger dedans pour en finir) mais c'est plutôt pas mal à regarder malgré un aspect un peu daté.

crepp, 27.08.2018 à 10:15369723


Sur l'ancienne terre, une riche femme a un idée folle :redonner vie à sa fille. Pour cela elle va enlever sur Mars un scientifique sulfureux, peut être la seule personne à pouvoir faire aboutir ce projet, mais à quel prix.

adaptation d'un roman de SF de Stefan Wul. la mort vivante s'attaque à la psychose du pouvoir de la science (principalement). Même si les auteurs montrent la technologie de ce futur, ils nous amènent surtout à un huis clos dans un chateau perché dans une montagne, avec une ambiance XIX ième qu'incarne cette ancienne terre, je pense ainsi à Frankenstein (du coté ambiance), à Dracula (pour le coté carnet).
L'intrigue peut être dite de "légère", mais ce n'est pas le problème de mon coté, car je pense que le principal intérêt de cette lecture est l'ambiance dégagée de ce huis clos. Le problème c'est que cette ambiance coince tout de même, car pour la réussir il faut des bons personnages, et là les deux principaux sont assez fades, il reste le serviteur de service (un robot) qui est bien amené, et qui est bien entendu le plus humain en fin de compte.
Le dessin de Varanda tend vers l'illustration mais sans perdre de mouvement (référence à Wrightson, Doré), il pose tout de même des moments de peur, de tension, de solitude, mais là aussi tout ne fonctionne pas complètement à cause de ces moments trop classiques, et surtout amenés trop brutalement, comme la fin par exemple.
Hier j'étais près à mettre 3 poulpes, mais ce sera plutôt 2.

Glotz, 26.08.2018 à 10:39369715
J'ai découvert avec surprise ce cinquième collectif de la collection « Histoires graphiques » dirigé par Groensteen chez Autrement entre 1994 et 1996. Il ne me disait absolument rien, et c'est le moins bullenoté des cinq, alors que je l'ai trouvé plutôt bon.

Consacré au nationalisme, il fleure bien son époque avec trois récits plutôt satiriques ancrés dans une Yougoslavie plus ou moins fictionnelles (Rabaté, Tjoyas, Garrigue), et une histoire plus lyrique potentiellement rwandaise (Alagbé).

Rabaté met en scène un échange de cadavre malheureux dans une ville frontière, prétexte à une comédie familiale comme il les aime. Garrigue démontre par l'absurde (un peu lourdement) l'hypocrisie de ceux qui tirent profit de ces nationalismes, des potentats locaux aux grandes entreprises occidentales.

Tjoyas imagine la chute d'un sculpteur issu d'une lignée politique glorieuse confronté aux exigences contradictoires de ses commanditaires, puis aux facéties d'un groupe d'étudiants. C'est pour moi le meilleur récit du collectif (son scénario est bien supérieur à Foligatto) : je me demande pourquoi Tjoyas, qui avait un dessin intéressant, a ensuite quasiment arrêté la bande dessinée.

Quant à Alagbé, il suit dans son style habituel (dessin dépouillé, alternance de voix en récitatif) un Africain en fuite qui force la femme de son frère décédé à l'accompagner, jusqu'à leur mort. Plus je le lis, plus je l'apprécie.

Le hasard a fait que j'ai également lu il y a peu les numéros 4 et 5 du Cheval sans tête d'Amok, publiés en 1997 et également consacrés en partie à des questions de nationalisme. Alagbé y est également très bons. On y trouve également un récit à suivre (abandonné ?) assez expérimental de Bézian.

Mael, 21.08.2018 à 14:09369689
Évidemment c'&était pour la page sur les bullesommaire.

Mael, 21.08.2018 à 11:28369688
Une aprèm à la BnF pour des sommaires ça fait pas tant de bouquins mais faut voir le nombre de pages des aaarg hein.

Bon j'ai une carte annuelle désormais, on va se faire des sessions ça va être fun !

Mr_Switch, 04.08.2018 à 12:02369595
Oui. Lecture artificiellement exigeante, disais-je. Et si mon bilan pour le premier tome est positif, ça ne veut pas dire que je me precipiterais sur le tome 2...

Gantois, 04.08.2018 à 11:49369594
Mr_Switch :
C'est Gantois qui avait aiguillé mon attention vers ce bouquin.


Ah oui? J'ai pas réussi a dépasser les 10 pages, tellement que ça me tombait des mains.

Mr_Switch, 04.08.2018 à 0:14369590
C'est Gantois qui avait aiguillé mon attention vers ce bouquin. Soyons honnête : ce qui donne envie de lire le bouquin, c'est la forme avant le fond. Le dessin est donc uniquement constitué de gravure du XIXe (ainsi que de rares extraits photographiques de documents).
Le pari est-il réussi. Oui. Si on accepte le postulat, oui. C'est d'ailleurs peut-être la première fois que je peux voir des gravures détournées dans un but non parodique, non humoristique.

Le fond en vaut-il la peine. Il s'agit d'abord d'une enquête sur un homme, Lavalette, puis d'une évocation des événements conduisant à la Commune. Et personnellement, ça m'a interpellé : j'ai beau tourné ça dans tous les sens, je n'ai jamais dû étudier la Commune. Ca a toujours dû être la 5e roue de mon carrosse éducato-historique.

L'auteur voulant se borner aux faits, il nous présente des tenants sans forcément tous les aboutissants. Qui plus est, il suit la logique de son enquête, puis embraye avec sa mise en image de la Commune. Il en résulte un cheminement qui est au début non chronologique pour enfin le devenir. Ce qui rend la lecture exigeante, peut-être parfois parfois trop artificiellement.

Quoi qu'il en soit, merci Gantois !

Mr_Switch, 03.08.2018 à 15:19369577
C'est la critique qui revient à chaque nouveauté vf de Kenji Tsuruta, me semble-t-il. C'est beau, mais c'est vide/vain/mal exploité.

Mister Miracle, 02.08.2018 à 20:22369564



Déçu de cet album. C'est beau, le concept de base est intéressant mais le tout n'est pas assez exploité et l'ensemble est donc vide.


Pierre, 30.07.2018 à 22:11369540
Mr_Switch :
Mes partouzes est célèbre : la couverture originale ne montrait pas la dame sous les draps à fixer la place vide ; elle montrait la dame sur les draps en train de se masturber en fixant la place vide. Cette couverture n'a donc pas dépassé le stade des premières impressions-tests et est devenue un exemple de censure des années 1980.


En dehors de la mention dans le BDM (pensez, c'est un titre qui impressionne quand on est pré-adolescent) je n'avais jamais ni vu, ni entendu parler des dessins de Catherine Beaunez (un pseudo j'imagine ?), ça en dit long sur une certaine forme d'ostracisme. Pour le style, ça lorgne aussi du côté de Reiser. Et je trouve ce dessin marrant sur google (à défaut d'être original), bien dans l'esprit des débats de notre époque:

Mr_Switch, 30.07.2018 à 21:17369539
Mes partouzes est célèbre : la couverture originale ne montrait pas la dame sous les draps à fixer la place vide ; elle montrait la dame sur les draps en train de se masturber en fixant la place vide. Cette couverture n'a donc pas dépassé le stade des premières impressions-tests et est devenue un exemple de censure des années 1980.

Pierre, 30.07.2018 à 18:49369538
Aba Sourdi :

Ça représente bien ce qu'a été la quasi-totalité de la "BD d'humour" de ces années : une volonté de parler vrai ici et là, mais avec quasiment toujours un enrobage ultra-testostéroné écœurant (chez les auteurs masculins, ça ne se cantonnait malheureusement pas au rédactionnel ; comment feuilleter un Lauzier ou un Lob sans avoir honte de son genre ?).


Tu as lu (ou relus) l'homme au landau ?





Je n'irais pas jusqu'à avancer qu'il s'agit d'une oeuvre féministe, mais on y trouve tout autre chose cet "enrobage ultra-testostéroné" que tu évoques. La mise en scène que l'auteur fait de son alter ego fictionnel en dit long tout de même sur son degré de lucidité quant à sa perception de la femme en général (en matière d'objectivation etc.).

Aba Sourdi, 30.07.2018 à 18:25369537
J'ai découvert par hasard Catherine Beaunez chez un bouquiniste, une sorte de Wolinski au féminin, aucun bouquin dans la base. La biblio est ici

J'ai feuilleté son tout premier bouquin "Mes partouzes", titre sans doute volontairement racoleur alors que c'est tout à fait doux et gentillet. La quatrième de couv' est caricaturale au possible : "vous allez voir, enfin une nana qui parle de cul mais sans vous dégoûter de l'amour (sic) ! ça y va fort, rhalala qu'elle est libérée pour une fille, sexe sexe sexe que c'est croustillant", bref l'emballage machiste habituel de la "BD pour adultes" (on est quand même déjà en 1984, même si c'est vrai que son type de finesse sociologique était peut-être encore rare). On ne sait pas à quel point c'est un jeu conscient avec l'éditeur, si chacun joue son rôle : la dernière page, c'est un lecteur qui achète le bouquin sur un stand en espérant être émoustillé et qui exprime sa déception par un "mince, encore un truc de féministe !".
Ça représente bien ce qu'a été la quasi-totalité de la "BD d'humour" de ces années : une volonté de parler vrai ici et là, mais avec quasiment toujours un enrobage ultra-testostéroné écœurant (chez les auteurs masculins, ça ne se cantonnait malheureusement pas au rédactionnel ; comment feuilleter un Lauzier ou un Lob sans avoir honte de son genre ?).

Thierry, 18.07.2018 à 14:39369479
J'ai profité de l'intégrale à petit pris de cette série pour la rattraper 25 ans après la sortie du premier tome. Pourquoi m'y suis-je attelé ? Je ne sais pas trop. Pour le Chomet ? Parce que Chevillard vient de signer un nouveau livre ? Je ne sais pas trop.
Qui dit intégrale à petit prix dit format réduit, ce qui n'est pas toujours idéal pour la lisbilité. Mais je n'aurais certainement pas payé le prix plein pour découvrir cette histoire.
Le point de départ est simple: un monde clos régi par des lois absurdes et un personnage principal qui remet en cause l'ordre des choses. S'en suit des péripéties en tous genres. Très vite, je me rends comte de l'écueil de ce genre de livre. En 42(!) planches pour le premier tome, il faut faire rentrer la description d'un univers, poser les bases d'une intrigue et présenter des personnages avec un minimum de psychologie. Les auteurs n'arrivent à rien de tout ça. Graphiquement, il y a de belles images. Il y a un effort pour donner corps à un monde original qui s'articule autour d'un pont planté dans la vase. Mais en quoi ce monde existe-t-il au delà d'une représentation parcellaire ? Le parti-pris de l'ignorance ne doit pas pour autant signifier qu'on peut se limiter à composer des décors sans qu'on sente un minimum de cohérence dans l'ensemble. En tant que lecteur, j'ai eu l'impression de passer d'un tableau à l'autre, sans que cet univers n'ait la moindre substance. Sans doute y-a-til eu un gros travail en amont pour imaginer un monde: sa genèse, son fonctionnement... ou pas. Mais si c'est le cas, rien ne transparait vraiment dans la trame, sauf si cela fait avancer l'intrigue. Nous sommes placés devant un fait accompli que nous sommes prié d'accepter. Et si vous espérezque les choses vont s'éclaircir en cours de route, il y a bien quelques pistes évoquées, mais qui ne débouchent sur rien. Les auteurs ont clairement décidé de ne rien expliquer. C'est un choix qui peut fonctionner à la condition que le lecteur sente qu'il y a derrière des fondations solides. Se ce n'est pas le cas, l'ensemble paraître bancal et gratuit. Il ne faut pas nécessairement tomber dans l'exhaustivité d'un Bourgeon qui rajoute un hors-série complet pour expliquer le monde de Cyann. En tout cas, Chomet et Chevillard ne prennent aucun risque de ce côté-là.
Les personnages en eux-mêmes sont terriblement monolithiques. Aucune substance particulière, juste quelques caractéristiques pour les plus chanceux. Sinon on est dans l'interchangeable de gueules sans fonds, interchangeables. Aucun personnage semble n'avoir de backstory qui apporte un éclairage sur leurs motivations. Quant à l'histoire, le trame est classique. Les récit avance doucement, distillant quelques révélations qui nedébouchent sur rien de particulier au final. Par contre, il est toujours intéressant de constater queles personnages féminins onttoujours vocation à être abusées à un moment ou un autre. De préférence de manière un peu glauque et gratuite parce que c'est de la BD adulte (selon la définition Glénat: des nichons ou la mort). On se croirait presque dans du Jodo lorsque l'héroïne est droguée, déguisée en vierge-nonne et offerte (contre rétribution, faut pas déconner non plus) aux mâles mal dégrossis. On y croise aussi une femme à barbe et gros seins et un clown blanc qui fait la vache avec une walkyrie au gros cul. Sans l'outrance du Chilien, ce genre de péripétie paraît juste putassière petit joueur.
Reste une narration qui alterne passé et présent, le principe était que l'histoire principale est découverte par une femme, bien des années plus tard, après que le journal de Camille Parks ait été découvert. Le déséquilibre entre les 2 partie est flagrant. Difficile à dire dans un premier temps si c'est un gadget narratif ou si cela implique une véritable histoire parallèle. On est dans le deuxième cas de figure mais comme il y a très peu de pages pour présenter l'intrigue principale, cette intrigue secondaire est ramenée à la portion à peine congrue. Et encore, soit cette série a été abandonnée, forçant les auteurs à conclure de manière anticipée, soit la fin est simplement ratée, expédiant l'intrigue en 2 pages. Et nous n'en saurons pas plus sur l'origine de ce monde, ni d'où vient Orlandus. Rien n'est expliqué, rien n'est résolu. Aucune piste n'est vraiment proposée. Que s'est-il passé entre temps ? Débrouillez-vous. C'est comme si on vous faisait lire une version abrégée des 2 premiers tomes d'une trilogie et qu'on vous balançait ensuite un rapide résumé du dernier chapitre du dernier tome. Frustrant et sans guère d'intérêt.
Nous avons donc la vague promesse d'un univers original qui se conclut sur un monde clos, une boîte à malices qu'on entr'ouvre et qu'on referme brusquement, ayant juste laissé deviner quelques éléments dont on ne sait s'ils font partie d'un tout cohérent ou d'un assemblage bancal de quelques idées disparates de valeurs inégales. Les maîtres-savants qui tentent de comprendre l'usage d'artefacts du monde d'avant n'est pas une mauvaise idée, mais des policiers à dos de rhinocéros qui patrouillent sur une ville-pont, mis à part l'image gentiment surréaliste, c'est surtout n'importe quoi si on tente de l'intégrer dans un monde crédible. Pennac disait que l'imagination n'est pas le mensonge. Ce n'est pas non plus la porte ouverte à n'importe quoi.
Ce n'est pas mal dessinée, cela dit. mais cela ne casse pas non plus 3 pattes à un canard.
Je suis blasé, décidément.

Glotz, 12.07.2018 à 10:55369429
Prenez un strip de Nancy :



Analysez-le sur 276 pages, selon 42 angles différents, plus une vingtaine d'annexes :



Une lecture assez fascinante pour qui s'intéresse au comic strip et son histoire, mais aussi à la bande dessinée en général, puisque l'ambition des auteurs est d'expliquer les mécanismes de notre art de prédilection à partir de ces trois petites cases.

Comme Karasik et Newgarden raffinent cet exemple depuis le milieu des années 1980, leur travail est très convaincant : il n'apporte pas grand chose à la théorie de la bande dessinée (même dans les livres américains, on a droit à Groensteen dès la première page de l'intro), mais c'est une démonstration rigoureuse des possibilités quasi-infinie du commentaire de planche, qui ne tombe jamais dans les excès de l'exercice.

Je n'avais aucun image de Nancy, sinon d'une série un peu ringarde, ce livre m'a montré son intérêt — et j'ai souvent ri en parcourant le florilège final d'environ 170 strips...

Pour en savoir plus, lire cette interview des deux auteurs publiée à l'automne dernier par The Comics Journal lors de la parution du livre.

(Disponible sur le site tueur de librairies dont on ne dit pas le nom pour le prix ridicule de 13€)

Mr_Switch, 09.07.2018 à 18:09369402
Un album Bamboo sur le harcèlement scolaire. Ce qu'il y a de bien, c'est que ce n'est pas forcé : ça n'a pas le goût d'un travail de commande et/ou institutionnel.
Il s'agit d'une succession de gags en une planche formant bon an mal an un récit complet. C'est le point fort, c'est le point faible.
C'est positif avec le bouquin n'est pas pesant : quelqu'un de concerné peut l'ouvrir sans se sentir écraser par le poids de la réalité exposée.
C'est moins positif quand les gags se suivent sans qu'ils aient l'air raccord (celui de la page 20 est abscons après celui de la page 19)(gag de page 19 qui tombait d'ailleurs comme un cheveu sur la soupe. Et qui rend irréaliste une situation que tout le monde ne peut déjà pas croire, hélas)
C'est moins positif quand on sacrifie un message sur l'autel du gag. Ca arrive peu mais en page 38, c'est le cas. Ce gag est d'ailleurs assez éclairant. D'une part, l'album est censé se passer en école primaire. Or sur ce gag, on voit quatre directeurs d'école, en costume cravate. C'est possible, bien sûr. Ils ressemblent quand même plus à des directeurs de collèges ou à des proviseurs. Tous les directeurs d'école n'ont pas une décharge d'enseignement...
D'autre part, le gag en question est plutôt bien vu et a du sens en réalité. Mais il est malgré tout destiné à un lectorat adulte. Et donc, on peut se demander à qui est destiné ce bouquin ? A des écoliers ? A des collégiens ? Ou aux parents de ceux-ci ? Et en fait, ce sont plutôt les adultes qui sont interpellés, au niveau de certains gags, et explicitement dans le cahier annexe. (Ce n'est pas explicitement du Bamboo Jeunesse, d'ailleurs...)
C'est moins positif quand au final, on ne croise aucun adulte compétent au fil des 40 pages.

Enfin les auteurs le disent eux-mêmes, le harcèlement présenté est plutôt soft. Et de fait, on a presque cette impression. Sauf qu'à y réfléchir, c'est plutôt que chaque point ou situation présenté est plus ou moins rapidement dédramatisé. Les ecchymoses dues aux coups de pieds répétés sont dédramatisées ; la tentative d'intimidation d'une gamine sur son instit n'existe plus d'une page à la suivante ; le sentiment de culpabilité possible de la victime envers son bourreau est également abordé mais rien n'est finalement dit à ce sujet.


Le gag de la page 21 est criant d'une cynique vérité (un parent préfèrera que ce soit l'enfant d'autrui qui ait des problèmes de harcèlement plutôt que son propre enfant. Pire, que tel enfant soit le bouc émissaire permet aux autres enfants d'être tranquilles). Mais zut, ce gag est anxiogène qui comprendrait le mécanisme (et qui n'y aurait pas pensé avant lecture)


Bref, ce livre aborde plein de sujets rares, tabous. Mais divers éléments font que je ne le trouve pas extraordinaire.
Et pourtant, j'en conseillerais bien la lecture. A des adultes (ou enfants bien accompagnés).

beuzno, 07.07.2018 à 19:49369380

premières histoires (9)
de Yaro Abe (sur le même principe que dans "la cantine de minuit") autour d'un salon "mimikaki" (se curer les oreilles) avec un mimikaki (petite tige de bambou recourbé)
ouh! que ça a l'air bon!
un très bon manga!

Mr_Switch, 29.06.2018 à 17:01369316
C'est un cas limite, oui, d'intérêt historique.
La prise à partie du lecteur n'a lieu que sur la première planche.

lanjingling, 29.06.2018 à 16:20369315
C'est vraiment de la bande dessinée ?
La planche présentée me fait plus penser à un cas limite; et du mauvais côté de la limite.

Mr_Switch, 29.06.2018 à 14:45369314
Les Deux Coqs - Van Hoytema est un illustrateur hollandais de la fin du XIX. Et j'ai eu un coup de coeur pour les lithographies de ce livre hollandais, adaptation graphique d'un conte d'Andersen. Un livre coédité par Albin Michel et la BnF.
Catherine Renaud est la traductrice de ce livre, à partir du danois.
Vous la voyez venir l'embrouille ? Eh bien moi, non, pas sur le moment.

Mais à la lecture de la deuxième planche, j'ai vraiment trouvé la traduction et l'adaptation médiocre. Les planches originales sont disponibles sur Gallica ; et Google Traduction génère une traduction plus convaincante...
Et pourquoi la traduction du livre m'a-t-elle gêné dès la deuxième planche ? Parce que le cartouche de texte évoque une palissade séparant une basse-cour d'une autre ferme, et dans cette ferme un tas de fumier.
Et l'image montre une basse-cour avec un tas de fumier entouré de planches (une clôture à peine plus haute qu'une poule et demi). Bref c'est assez différent pour se demander s'il y a bien une autre ferme que l'on ne voit pas ; pour se demander si l'on a bien lu.
Et sur le reste du livre, ci et là, quelques bizarreries étonnent (les enjeux du texte n'étant d'ailleurs pas toujours raccord avec les faits des images)

Alors Catherine Renaud a-t-elle traduit à la va-vite ce livre ? Non. Catherine Renaud N'a PAS traduit ce livre. Bin, oui, un livre des Pays-Bas traduit du danois, forcément, il y avait entourloupe !
Catherine Renaud a vraisemblablement traduit la version originale (et danoise) du conte ; et cette traduction a été placée sous les lithographies.
Vouloir revenir à l'essence du conte aurait pu être une initiative louable. Mais ici, ça tourne court.

Van Hoytema a sans doute utilisé une version repensée du conte, ou l'a lui même remis à son goût. Quoi qu'il en soit texte et image vont de concert dans le livre original. Notre version française, elle, fait entendre des couacs.

L'affaire est d'autant plus regrettable que cette version française marche sur la tête. On s'est donné la peine de traduire le texte du danois ; on a forcément remarqué que les images n'étaient pas forcément fidèles à ce nouveau texte ; on a pourtant laissé ainsi ; on a donc relégué les lithographies à un rôle illustratif accessoire. C'est le message du texte qui prévaut, et non ce que montre l'image - « tant pis si l'image fait fausse route par rapport au texte ! »
Pourtant, l'intérêt éditorial du livre venait de ces lithographies. Le but de la BnF, c'est de publier ces planches, c'est de publier cette vision du conte d'Andersen, ce n'est pas en soi de publier un conte d'Andersen.

Cela dit, je suis réellement content d'avoir découvert ce livre, ces planches. Heureusement, la plupart des planches fonctionnent avec le texte qu'on leur soumet.
Je me joins aux éloges sur les dessins.
Je suis d'accord que je découvre un conte méconnu.
Je suis seulement désolé que les avis dithyrambiques sur ce livre occultent le fait que l'alchimie ne fonctionne pas comme il conviendrait. (Et je suis désolé pour Catherine Renaud à qui l'on a fait un cadeau empoisonné...)

Mister Miracle, 26.06.2018 à 21:04369293


Relecture d'une petite mort d'Alan Moore et Oscar Zarate. Toujours aussi bon que dans mes souvenirs! A travers l'écriture de Moore et les planches de Zarate, on subit bien les angoisses du personnage principal.

En parallèle je suis tombé d'occas sur le demi monde (version kiosque) de Mantlo et Mignola côté comics. Ces derniers nous présentent la première mini-série sur Rocket Racoon et ses tribulations dans cet univers ou les animaux doués de langage sont au service...d'humains dérangés qu'ils doivent protéger et divertir. C'est sympa sans plus, mais pour 2 euros je ne vais pas faire la fine bouche.

crepp, 23.06.2018 à 9:25369281
Mr_Switch :

...Bref, un bonne découverte ! Merci Crepp d'avoir attiré notre attention dessus !


ah ben de rien. De mon coté il était sur ma liste de cadeaux à une époque mais personne ne me l'a acheté :o)
Sinon la réédition, toujours chez 2024, de l'histoire de la sainte Russie de Gustave Doré me fait de l'oeil.

Mr_Switch, 22.06.2018 à 14:52369279
Trois histoires de G.Ri. de 1906, 1912 et 1915. Alternance de planches n&b et couleur. Les planches de la première rappellent un peu la gravure du XIX, du fait de certaines hachures et trames. Par la suite, l'effet s'estompe : le noir et blanc se fait plus contrasté. La ligne plus claire N L'empreinte d'une évolution de l'auteur ?

Quoi qu'il en soit, c'est plutôt beau. On apprécie la (relativr) clairvoyance prédictive de G.Ri. quand il s'agit de représenter la technologie à venir (même s'il n'est pas question de technologie à venir). La seconde histoire ne cache pas son ambition de retracer l'histoire de la Terre, de ses premières heures à celles de G.Ri.

Je ne regrette aucunement que les planches couleur n'aient pas été recolorisées. Bien sûr, elles restent de fait cantonnées à un intérêt documentaire. Mais l'aspect estampe, les ratés d'impression ont leur charme ici. Et il n'était pas question de faire du neuf du vieux. Bref 2024 fait un bon boulot : les planches ne sont ni trop nettoyées ni trop dans leur jus.


Bref, un bonne découverte ! Merci Crepp d'avoir attiré notre attention dessus !

lanjingling, 22.06.2018 à 12:31369278
C'est vraiment le surfer d'argent en couverture ? On dirait qu'il souffre d'une maladie dégénérative.

Mister Miracle, 22.06.2018 à 10:25369275


Trouvé les 5 revues d'occas et comme Panini ne semblait pas à se décider à publier en librairie le Weirdworld d'Aaron et que dans la revue il y avait aussi Where Monsters Dwell d'Ennis j'ai acheté le lot!

Les revues se composent des séries à suivre Weirwold, Where Monsters Dwell, Runaway, Master of Kung-fu et quelques one-shot. Le tout a pour cadre le crossover Secret War qui dispatche differents univers sur une même planète en différentes zones.

Assez déçu car même si certains One-Shot se laissent lire, Runayway et Master of Kung-Fu ne sont pas terrible et même si son histoire se laisse lire, la série d'Ennis ne m'a pas laissé un souvenir impérissable ( après je n'ai pas lu War is Hell dont le personnage principal est tiré).

Venant en donc à Weirdworld ( qui porte bien son nom!) d'Aaron qui voit le barbare Arkon (n'ayons pas peur des mots, clone Marvel de Conan le barbare) perdu dans ce monde de tous les dangers et qui cherche à regagner sa glorieuse contrée qu'est Polemachus. Si Aaron se sert habilement du trait et de la palette de couleurs de Del Mundo, le récit est clairement au dessus du lot des autres histoires ( en même temps pas difficile...) et aurait bien mérité de se voir porté en librairie.
Pas le meilleur travail d'Aaron, mais pas le pire, un bon divertissement sur thème d'héroic Fantasy.

Pierre, 20.06.2018 à 21:43369259
Allister Baudin :
Pierre :
Lauzier avait des choses à dire, et il a utilisé accessoirement la bande dessinée pour s'exprimer: un exemple ? Prenons la tranche de vie "Du côté de chez Chan" qui est une satire délectable de l'endoctrinement maoïste. Ce récit m'avait marqué au point que j'en avais établi une transposition littérale, sans image et de fait, cela pouvait se lire très bien sans le recours au dessin (tiens, il faudrait que je retrouve ça).


C'est peut-être ce qui leur a donné cette idée de BD lue à voix haute..


Contre toute attente, j'ai retrouvé ce texte ! Ainsi donc, pour les curieux, la novélisation de: Du côté de chez Chan.

Allister Baudin, 20.06.2018 à 18:02369254
Pierre :
Lauzier avait des choses à dire, et il a utilisé accessoirement la bande dessinée pour s'exprimer: un exemple ? Prenons la tranche de vie "Du côté de chez Chan" qui est une satire délectable de l'endoctrinement maoïste. Ce récit m'avait marqué au point que j'en avais établi une transposition littérale, sans image et de fait, cela pouvait se lire très bien sans le recours au dessin (tiens, il faudrait que je retrouve ça).


C'est peut-être ce qui leur a donné cette idée de BD lue à voix haute..

Allister Baudin, 20.06.2018 à 17:57369253
Mael :
La réédition toute récente explique les expos je pense, mais il y a des trucs divers (je me souviens qu'Allister m'avait montré un échange croisé avec Sattouf par exemple, tu peux le trouver sur youtube, l'intérêt est quasi nul par contre).

Et oui, le fait est que ses bandes dessinées sont quand même assez réussies, et parfois vraiment très bonnes (idem dans un recueil de dessins gags "Les Cadres", globalement moyen mais tu as quelques éclairs de génie) alors que le reste de sa production bon. Oubliable est le terme juste.


En plus de la rencontre Sattouf / Lauzier en 2006 pour créer des sortes de filiation entre auteurs Dargaud dans le cadre d'un documentaire publicitaire sur Poisson Pilote, il y a eu une étrange (? je ne trouve pas le bon qualificatif) initiative en 2010 au Festival d'Angoulême, qui consistait à faire lire des bandes dessinées de Sattouf par Michael Lonsdale et des bandes dessinées de Lauzier par Mathieu Amalric (trouvable sur youtube).

Pierre, 20.06.2018 à 17:52369252
Lauzier avait des choses à dire, et il a utilisé accessoirement la bande dessinée pour s'exprimer: un exemple ? Prenons la tranche de vie "Du côté de chez Chan" qui est une satire délectable de l'endoctrinement maoïste. Ce récit m'avait marqué au point que j'en avais établi une transposition littérale, sans image et de fait, cela pouvait se lire très bien sans le recours au dessin (tiens, il faudrait que je retrouve ça).

Son graphisme, je le qualifierais faute de mieux d'"utilitariste", il est issu du dessin de presse, c'est dessiné vite, ce n'est pas beau, mais c'est lisible, efficace et tient la route techniquement. Finalement, il n'est pas vraiment daté.

Sinon je ne crois pas avoir lu les Chroniques de l'Île Grande où il évoque son passé de gauchiste clandestin au Brésil (il est revenu sur cette autre "tranche de vie" dans plusieurs interviews), mais on m'en a dit le plus grand bien.





Paradoxalement c'est après Mai 68 qu'il est passé à droite. Je me souviens aussi qu'était évoquée dans cette même interview une fâcherie durable entre Cabu et Lauzier occasionnée par la connerie de Cavanna qui accusa le second d'avoir plagié le premier ...

Glotz, 20.06.2018 à 17:08369250
Et en plus ça a été adapté en chanson.

Le PBE, 20.06.2018 à 16:56369249
Lauzier c'est aussi les scénarios d'Al Crane pour Alexis. Et ça c'est très bien.

Mael, 20.06.2018 à 16:00369247
C'est celui qui était recommandé pour mon BTS ;-) Un bon souvenir de la lecture à ce moment là :-)

Pierre, 20.06.2018 à 14:08369242




Figure parmi les lectures de bandes dessinées qui m'ont le plus marquées, mais cela date d'il y a longtemps. Je crains d'être déçu en le relisant.

Mael, 20.06.2018 à 12:57369241
La réédition toute récente explique les expos je pense, mais il y a des trucs divers (je me souviens qu'Allister m'avait montré un échange croisé avec Sattouf par exemple, tu peux le trouver sur youtube, l'intérêt est quasi nul par contre).

Et oui, le fait est que ses bandes dessinées sont quand même assez réussies, et parfois vraiment très bonnes (idem dans un recueil de dessins gags "Les Cadres", globalement moyen mais tu as quelques éclairs de génie) alors que le reste de sa production bon. Oubliable est le terme juste.

lldm, 20.06.2018 à 10:38369238
Mael :


Certes il n'est pas hyper connu mais loin d'être mésestimé ou dans l'indifférence, il semble même plutôt apprécié des amateurs de BD alternative comme des collectionneurs planplan (le côté de droite y joue sans doute, il le revendiquait d'ailleurs). La seule chose qui fait sans doute qu'il a eu une carrière limitée dans le temps (1974-1986) c'est qu'il a lui même stoppé la bande dessinée pour faire des films, car il trouvait ça mieux (et pour avoir vu une adaptation de sa propre BD "La Course du rat", c'était nettement moins réussi). Et encore son "grand retour" avec un album (Portrait de l'artiste en 1992) lui a valu le Grand Prix à Angoulême.


merci ; tout ça éclaire au moins pour moi la question de la bd " motivée par elle ou branlée par défaut faute d'autre chose,", ce faute d'autre chose étant le cinéma (oui, le film dont tu causes est en effet oubliable, ce qui laisse toute de même penser qu'il y a bien "de la bande" dans ses bandes, en terme de puissance à fabriquer quelque chose de significatif par elle qui ne puisse se déplacer sans perte). Je suis content de voir qu'il ne disparait pas complètement du champ de vision, en tout cas.

Mael, 20.06.2018 à 7:54369235
lldm :
chaque fois que je lis un Lauzier je me dis que sa discrétion dans l'histoire de notre discipline et l'inintérêt visible qu'il suscite est étonnante


Je n'aurai pas dit ça quand même, s'il y a un creux ces derniers temps il a quand même été largement salué et est toujours reconnu. Quand j'étais en BTS (encore récemment donc) et que le sujet de culture gé sur deux était "Rire, pourquoi faire ?" il était la seule BD au programme avec Les Frustré (ce qui me fait penser que les examinateurs avaient grandi à la fin des 70's-début 80's), l'an dernier le Quaid es bulles lui a consacré une expo consacrée, en ce moment à Paris il y en a une chez Huberty & Breyne Gallery, ces expos accompagne la réédition de son intégrale dessinée chez Dargaud, etc.

Certes il n'est pas hyper connu mais loin d'être mésestimé ou dans l'indifférence, il semble même plutôt apprécié des amateurs de BD alternative comme des collectionneurs planplan (le côté de droite y joue sans doute, il le revendiquait d'ailleurs). La seule chose qui fait sans doute qu'il a eu une carrière limitée dans le temps (1974-1986) c'est qu'il a lui même stoppé la bande dessinée pour faire des films, car il trouvait ça mieux (et pour avoir vu une adaptation de sa propre BD "La Course du rat", c'était nettement moins réussi). Et encore son "grand retour" avec un album (Portrait de l'artiste en 1992) lui a valu le Grand Prix à Angoulême.

lldm, 20.06.2018 à 1:23369233

Livre reposant pour le chroniqueur : il n'y a rien à en dire.

lldm, 20.06.2018 à 0:26369230

Jamais su dire si le dessin de Lauzier était complètement laid ou simplement sans soucis d'être quoi que ce soit de précis, si son approche de la bande dessinée était vraiment motivée par elle ou branlée par défaut faute d'autre chose, mais c'est toujours étonnant : étonnant de rythmes coulissants, de subtilité dans le jeu des angles narratifs croisés l'air de rien, sans ostentation, sans truc, fascinant de cruauté et de clarté de vue dans l'analyse des sentiments et dans la mise en scène de leurs compositions sociales ; bref : chaque fois que je lis un Lauzier je me dis que sa discrétion dans l'histoire de notre discipline et l'inintérêt visible qu'il suscite est étonnante au vu de sa singularité et de l'intelligence noire qui se diffuse dans ses pages. Son côté réac, sans doute, sa vraie misanthropie, sont peu raccord avec l'idée nunuche et moralisante de gauche décorative que le monde de la bd se fait de lui-même. Dommage. Trop de voix off dans celui-ci, sans doute, à vrai dire pas assez de bande dessinée dans cette bande dessinée à quelques exceptionnels moments près, mais ça a quand même été une lecture excitante, à laquelle je vous invite.

lldm, 19.06.2018 à 15:09369226
C'est un peu dommage (mais je comprends bien qu'on n'en sortirait plus si on commençait à tremper un pied là-dedans) qu'il n'y ait que des bandes traduites dans la bullebase, qu'on ne partage pas ici nos découvertes dans d'autres langues, étant donné que la plupart d'entre elles sont commandables en ligne et qu'il n'est jamais certains qu'elles soient toutes traduites un jour ou l'autre dans notre langue ; mieux vaut tard que jamais, mais je me décide, en trainant dans la bibliothèque de quelqu'un d'autre, comme je le fais souvent, à me plonger dans des choses que j'avais jusqu'ici laissé de côté (ou dans de visibles horreurs quand j'en trouve). Je viens donc de m'ouvrir enfin un peu aux travaux de Brian Chippendale ; voilà de nombreuses années que Jérôme LeGlatin tente de m'y mettre le nez et que malgré la confiance aveugle que je peux avoir en son jugement, je range ça dans la case post punk pénible qui radote depuis la fin des années 70 et que je sauterais rapidement dans un Kramers Ergot. Hé bien, c'est dommage, parce que son "Maggots" - publié chez Picture Box - est d'une force incroyable, et produit un moment lecture d'une rare intensité ; collé à ce boustrophédon quasi muet, brutal, digressif, graphiquement saturé et hypnotique, on se prend à rêver d'un livre infini. En voyant défiler ces pages ou celles de son imposant "Ninja" (également publié par Picture Box), certains mouvements plastiques et narratifs de jeunes auteurs européens qui ont très certainement autant biberonné à tout ça qu'à Panters s'éclairent d'une généalogie nouvelles, les fécondant de sens nouveaux (ou les détruisant pour les plus subordonnés à leur modèle). Quoiqu'il en soit, cette petite lecture de rattrapage a été assez stimulante et m'a lavé la tête d'autre trucs trouvé dans cette bibliothèque (voir un peu plus bas).
Voilà. Pardon, Jérôme, d'avoir douté de toi, pardon, pardon, pardon (mais ne compte pas sur moi pour lire Jacobs).

lldm, 19.06.2018 à 10:57369221
pas encore de vignette pour le "Parzan et autres saveurs", de Bertoyas, deuxième volume de l'anthologie des comics Kobé en cours de publication, partagée entre Adverse et Arbitraire (publié, pour celui ci, par Arbitraire sous une jolie couverture sérigraphiée). Même les lecteurs de longue date de Bertoyas ont pu passer à côté d'un titre de notre prolifique inventeur ou, tout simplement, souhaiteront partager leur amour inconditionnel de ce travail hors-norme, inépuisable, stimulant et guerrier : de quoi faire de beaux cadeaux, découvrir des pages inédites ou désormais introuvables, se refaire des lectures au long cours.
Pour compléter, donc, votre premier volume de "l'anthologie des narrations décrispées"


.

lldm, 19.06.2018 à 10:01369218
On pourrait difficilement mieux donner du corps au mot "bavardage". De quoi a-t-il été décidé de faire un livre ? Deux vieilles dames qui se pèsent mutuellement la sagacité en radotant et en se flattant la bio autour de notion sur lesquelles elles n'ont rien de plus à dire que la météo. Chacun y fait ce qu'il fait le mieux : Rosset pontifie, namedroppe ; Menu confond, bâcle. Les deux ont en commun cette certitude sans faille : rien de ce qui vient d'eux ne saurait échapper à la publication, car leur respiration même édifie. L'intérêt qu'ils se portent force l'admiration.
Ce minuscule livre s'achève par une note de Menu enjoué de nous informer de ceci : qu'il est malin ce Christian Rosset ! (qu'il est malin, entendons bien, d'interroger Menu). Une sonde parfaitement adaptée à ce type de profondeur, en somme.

Allister Baudin, 17.06.2018 à 11:30369194
Pierre :
beuzno :


Étrange, on dirait presque du Baru ! L'auteure était-elle en âge de lire l'Autoroute du soleil quand c'est sorti au Japon ? Qu'en as-tu pensé ?


J'étais aussi attiré par le dessin mais je suis mort d'ennui et affligé par la bétise générale du ton de ce truc.

beuzno, 17.06.2018 à 11:19369193
oui, c'est le dessin qui m'a attiré et c'est aussi un road movie
elle est née en 1986
je ne l'ai pas encore lue, j'ai du retard
mais herbv l'a noté (4*) et pourra nous en toucher un mot avant moi

Mael, 17.06.2018 à 11:18369192
Vu combien je trouvais excellentes les vulgarisations de Tu mourras moins bête ou son livre sur l'IA, je suis un peu déçu par celui-ci. Il est assurément bien fichu mais un peu long, l'enquillage d'entrainement devenant parfois franchement pénible. Certes le but est justement de monter l'envers du décors et ses aspects moins sexy (l'ennui, les odeurs, les couches...) mais bon. Il y a des passages vraiment très biens mais ça manque globalement de rythme. 3 combis.

Plutôt très bien même si le texte noir sur fond blanc parfois utilisé n'est pas évident à lire. On sent bien la volonté de démanichéeniser la guerre, de parler des civils, des comparaisons qui peuvent se faire. Cette DMZ autonome dans des états américains en guerre où la propagande sert d'arme fatale et où un gamin stagiaire d'une grosse TV va se retrouver reporter respecté est bien fichue. Par contre à la fin du premier volume j'avais l'impression que ça pouvait s'arrêter, c'était intéressant, il y a eu des rebondissements apportant d'autres manières de voir etc. mais je commençais à me lasser. Donc étonné de voir qu'il y a quatre autre tome. M'enfin celui là est très bien, je regarderai les autres, 4 hélicos en flammes.

Baudelaire revient, au XXIème siècle, et zone avec des punks drogués et poètes. Une bonne idée avec des séquences amusantes mais qui tient mal la longueur. Deux poèmes en prose.


Petit livre de dessins d'humour absurde, jouant sur le décalage, le bizarre, le nonsense. Fastier est un auteur rare et très fort, le livre est modeste et le contenu dépasse ses ambitions. C'est drôle et parfois féroce (et surprise j'y ai retrouvé une page publiée dans Gorgonzola quelques années avant). 4 rictus.


Le dessin et les compositions de Marc Bell sont fascinants, les couleurs rajoutent (c'est rare) à son leurs intérêt. Par contre, là où j'avais été vraiment emporté par le précédent livre traduit, celui ci m'a semblé parfois un peu vain dans son décalage, impression vite compensée par des passages très inventifs et une langue rebondissante qui a du faire s'arracher les cheveux aux traducteurs. J'ai pas noté, j'hésite entre 3 et 4.

Très beau dessin de Pichard et scénario inventif de Lob mais récit inachevé et en effet mal édité par Glénat (un noir et blanc pour faire classe mais cela sacrifie justement de très belle couleurs faisant le charme de la BD, certaines pages très mal reproduites, aucun appareil critique, manque tous les récits courts...). 4 et 3 étoiles pour les volume 1 et 2 (mais pas pour l'édition Glénat).

L'équipe de la revue s’agrandit et si elle était déjà intéressante ça devient vraiment très bon. Bon je dis ça j'ai trouvé que la BD de Thomas Mathoieu était une des moins bonnes mais Yoann Constantin m'a agréablement surpris, Frédéric Mancini aussi, toujours fan d'Elsa Abderhamani et Oriane Lassus. Une vraie belle revue politique. 4 cravates.

Pierre, 17.06.2018 à 10:32369191
beuzno :


Étrange, on dirait presque du Baru ! L'auteure était-elle en âge de lire l'Autoroute du soleil quand c'est sorti au Japon ? Qu'en as-tu pensé ?

Mister Miracle, 17.06.2018 à 7:15369188


1er tome intéressant, belle immersion dans l'univers du jazz.

Je ne connaissais pas cet auteur, je jetterai un œil à l'occasion sur Vertical, son autre série.

lldm, 15.06.2018 à 14:23369174
Mael :
Je ne vois pas comment j'aurai pu rater le fond critique et politique quand à la marchandisation du monde, mais ce n'est absolument pas incompatible avec l'aspect pochade et gag. Très réussi et rigolo donc.

Et assurément très profond, d'ailleurs il y a un trou au milieu alors hein.

PS : Je te rappelle que quand je l'ai acheté tu t'es plains que "parmi tant de merveilles sur cette table tu ais choisi cette connerie" (j'ai souvenir que tu ais aussi parlé de "blague potache" mais je doute que ce soit vrai, ça ne me semble pas coller), mon commentaire l'anoblie considérablement.


je me contente de déplier ton commentaire "C'est très bête, j'ai ris" , et je ne veux juste pas laisser imaginer à ceux qui le lisent que je passerais dix secondes de ma vie à mettre en forme un truc juste pour faire un gag (c'est précisément tout ce qui m'énerve dans le monde de la bd) ; que tu le penses ne me fait aucun problème, que tu le laisses publiquement imaginer m'embête, c'est tout. Sinon, "blague potache", non, pas possible, tu bricoles ta mémoire, Maël; Quand à la "connerie", c'est juste une remarque du marchand de soupe qui chouine parce que tu lui achètes la babiole la moins chère de son rayon alors qu'il vient de faire 600 km pour tenter de vendre des bazars exténuants à réaliser dont il espère bien rentabiliser la fabrication le plus vite possible. Pas joli joli, mais c'est le drame quotidien de la micro publication déchirée entre l'économie hardiment sacrificielle et l'envie, pourtant, de continuer à fabriquer soigneusement (de plus en plus soigneusement, d'ailleurs) des bitonios.

lanjingling, 15.06.2018 à 1:48369161
beuzno :


les états-unis dans les années 30 avec ses mythes : le privé, la boxe, hollywood et ses acteurs, le spectacle pour l'armée dans une ile du pacifique...
les relations difficiles mère-fille, frère-soeur
et des dessins époustouflants de Jules Feiffer à 85 ans
la bd est dédié à Eisner (entre autres) mais j'ai aussi beaucoup pensé à Gus Bofa

Depuis le temps que je dis qu'il faut voter Feiffer pour le bulleGP...

Mael, 14.06.2018 à 20:07369157
lldm :
Maël, Maël, Maël, ne serais-tu pas aveuglé par tes habitudes de lecture, trop vite persuadé que se marrer et penser des petits trucs au-delà du double-fond satyrique est incompatible, et sans doute convaincu que la modestie d'un objet est synonyme de la modestie de ses enjeux.


Je ne vois pas comment j'aurai pu rater le fond critique et politique quand à la marchandisation du monde, mais ce n'est absolument pas incompatible avec l'aspect pochade et gag. Très réussi et rigolo donc.

Et assurément très profond, d'ailleurs il y a un trou au milieu alors hein.

PS : Je te rappelle que quand je l'ai acheté tu t'es plains que "parmi tant de merveilles sur cette table tu ais choisi cette connerie" (j'ai souvenir que tu ais aussi parlé de "blague potache" mais je doute que ce soit vrai, ça ne me semble pas coller), mon commentaire l'anoblie considérablement.

beuzno, 14.06.2018 à 18:56369154


Debeurme réussit haut-la-main son entrée en BD "grand public" avec un traitement plus classique de ses thèmes de prédilection tels les problèmes de l'adolescence, la peur de la différence et la difficile relation père-fils
j'attends avec impatience le 3ème et dernier tome

lldm, 14.06.2018 à 14:41369149
lldm :
(qui doit quelque chose, je suis obligé de l'admettre, au joli passage de "l'Homme sans qualité" dans lequel Ulrich s'étonne de l'enchaînement des manies esthétiques de sa soeur


merde, j'ai un trou (lecture qui date beaucoup) ; c'est sans doute pas sa soeur, mais plutôt sa vieille amie qui cintre gentiment, Clarisse... Plus qu'à relire.

lldm, 14.06.2018 à 14:38369148
lldm :
c'est donc un livre curatif et politique à la fois. Sinon, c'est la version papier de ça.


(c'est assez moche et torché, mais ça a été redessiné et mal sérigraphié pour l'occasion)

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