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Tribune et Defouloir [ Discussions générales, Duels, petits jeux rigolos... ] retour forum
 | |  |  | >> si on veut faire une proposition concrète, moi je veux bien qu'on demande à tous ceux qui téléchargent gratuitement de reverser une partie (je suis sympa je demande pas la totalité ;)) de ce qu'ils économisent à des associations caritatives.
Accéder à un bien gratuit issu d'un don, ce n'est pas économiser quoi que ce soit.
C'est entrer dans une autre perspective, que la généralisation de ces échanges (et quelles qu'en soient les raisons, quand bien même ce serait pour une surconsommation à outrance, qui le plus souvent d'aileurs s'autorégule avec le temps) permet de dégager.
C'est là que me semble résider le propos de l'article.
>> le véritable acte gratuit selon moi c'est de faire du bénévolat auprès dec gens qui en ont réellement besoin pas de filer des films gratuitement à des gens dont le salaire moyen permet largement de profiter de la culture en général.
Ce n'est pas du tout le sujet de l'article dont on discute.
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 | |  |  | enfin soyons sérieux, ceux qui téléchargent des films et de la musique gratuitement sur internet sont vraiment loin de penser de cette manière (désolé pour ceux-là et je sais qu'ils sont nombreux...)
le but c'est de consommer gratis et puis de consommer à outrance je trouve.
quand moi il me faut 15 jours, 3 semaines pour bien apprécier un album, on en voit qui téléchargent une centaine d'album dans le même temps.
sur les gens avec qui j'ai discuté et ceux que j'ai pu voir en interview à la télé, c'est plutôt du genre "c'est à disposition, je me sers et puis après moi le déluge ; de toute façon les maisons de disque se font du beurre sur notre dos, etc..."
si on veut faire une proposition concrète, moi je veux bien qu'on demande à tous ceux qui téléchargent gratuitement de reverser une partie (je suis sympa je demande pas la totalité ;)) de ce qu'ils économisent à des associations caritatives.
le véritable acte gratuit selon moi c'est de faire du bénévolat auprès dec gens qui en ont réellement besoin pas de filer des films gratuitement à des gens dont le salaire moyen permet largement de profiter de la culture en général.
c'est toujours les mêmes qu'en profitent !! |
 | |  |  | "On nous présente ainsi comme une nécessité économique ce qui n'est que le cercle vicieux engendré par un système bien particulier qui permet l'accumulation de rentes astronomiques et n'a plus aucun rapport avec les coûts réels de production au sens strict."
Ce passage me semble particulièrement important.
D'autant plus qu'il me semble refléter un mode de fonctionnement général et pas seulement limité au domaine des biens culturels.
Briser le discours dominant qui présente la situation actuelle comme une nécessité économique a priori, c'est libérer un espace qui permet de penser ce qui est soigneusement laissé dans le domaine de l'impensable par les tenants du système en place.
Je trouve que l'auteur de l'article met assez bien en évidence comment le développement du phénomène de gratuité est une manifestation concrete qui ouvre tout aussi concrètement des espaces de pensée que le système en place peine à contrôler pour l'instant.
Et le concret, ce n'est pas vraiment le registre de l'utopie...
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 | |  |  | >> ça n'a rien à voir et en plus, il ne décrit pas ce qui est en place.
ben si quand même, quand il prône la subvention par la puissance publique de la culture, ça revient au système d'intermittence (c-à-d de payer les artistes quand ils créent et qu'ils ne peuvent être rémunéré de ce qu'ils n'ont pas encore produit).
je trouve que proposer comme solution quelque chose d'aussi proche alors qu'on voit l'impasse dans lequel est le système aujourd'hui, c'est ridicule.
la solution n'est certainement pas ici.
(mais bon sorti de ça si on était obligé de créer une société non plus sur des rapports de pognon, mais sur de la créativité et de l'expression, moi je suis preneur mais bon faut être clair, c'est quand même de l'utopie...) |
 | |  |  | >> Il est possible que cette problématique s'étende un jour, si demande il y a, aux odeurs, goûts et sensations tactiles. On peut même imaginer un terminal qui serait un petit robot domestique capable, à partir des ingrédients de base de la chimie organique, de fabriquer n'importe quelle molécule pharmaceutique dont la formule aurait été téléchargée. Science-fiction ? Certes aujourd'hui, mais d'ici quelque temps ?
Oué bein faudra pas chopper un virus informatique, parce que sinon ce sera un allez simple au cimetière...
Quoique ça peut avoir un autre avantage. Il y aura peut-être quelque formules qui circuleront illégalement. De quoi touché l'héritage plus vite que prévu ;o))))) |
 | | J-C, 14.05.2004 à 10:17 | 154699 |
|  |  | ça n'a rien à voir et en plus, il ne décrit pas ce qui est en place.
At'chao ! |
 | |  |  | en même temps, c'est super faux jeton cette histoire de subvention de la culture par l'état quand on voit où en sont les intermittents aujourd'hui.
(n'empêche ouah, putain, le monde qui vire coco !!! O_O |
 | | J-C, 14.05.2004 à 7:50 | 154686 |
|  |  | intéressant point de vue.
At'chao ! |
 | | frads, 14.05.2004 à 0:16 | 154684 |
|  |  | Un spectre hante le capitalisme : la gratuité, par Pierre-Noël Giraud
LE MONDE | 05.05.04
Une fois de plus, l'économie redécouvre ce que l'anthropologie sait de longue date : l'importance du don. Quand apparurent les échanges de fichiers musicaux et de films "de pair à pair" (P2P) sur Internet, de nombreux experts prédirent, sur la base de l'hypothèse d'un comportement "économique rationnel" des individus, que tout le monde voudrait utiliser le P2P égoïstement - charger des fichiers - sans se donner la peiner de créer des fichiers à la disposition des autres, et que donc cela ne fonctionnerait pas, ou marginalement.
Or, pas du tout : les échanges P2P ont véritablement explosé. Quelles qu'en soient les raisons - estime de soi, sentiment d'appartenance, volonté de reconnaissance ou plaisir de violer sans danger excessif des règles qu'on juge absurdes -, c'est un fait : une part importante de l'humanité désire donner.
Désir longtemps contenu par le coût du don matériel. Désir désormais libéré, puisque donner un fichier numérique ne coûte pratiquement rien, alors que ce fichier peut avoir une grande valeur pour celui qui, à l'autre bout du monde, le reçoit. Désir qui serait frustré par toute tentative d'entraver les échanges privés sur Internet. Nul ne peut dire quelle serait, en particulier dans la jeunesse, l'ampleur et les conséquences de cette frustration.
Ce développement fulgurant du P2P suscite, dans les premières industries concernées, une véritable panique. L'industrie du disque est la première touchée. Celle du cinéma commence de l'être. La réaction des producteurs de contenus numérisables est d'abord de tenter de donner mauvaise conscience aux utilisateurs du P2P en martelant ad nauseam que l'échange gratuit et la violation massive par le P2P des droits d'auteur qu'il implique, vont conduire à la mort de la création artistique, ou du moins à une forte réduction de sa diversité.
Ainsi drapés dans la défense de la création et de l'intérêt général, les majors du disque et du cinéma s'ingénient à inventer des moyens de dissuader ou de faire payer ce que le progrès technique a rendu quasi gratuit : la recherche, la reproduction et l'échange de fichiers numériques. Par des voies soit juridiques : procès contre les usagers du P2P, soit techniques : cryptage, ou même par des méthodes économiques telles que la proposition récente de taxer les flux sortant des ordinateurs individuels.
Comme toute tentative de s'opposer aux libertés nouvelles qu'offre la technique, ces méthodes seront au mieux inefficaces, quand elles n'auront pas de graves effets pervers. Il s'agit de combats d'arrière-garde qui ne feront que retarder l'inéluctable gratuité. Ceux qui les mènent ont autant de chances de succès que ceux qui se seraient opposés à l'imprimerie pour sauvegarder l'emploi des copistes et l'art de la calligraphie dans l'Occident médiéval.
De plus, ces combats reposent sur une argumentation pour le moins contestable. Dans quelle mesure, en effet, la création est- elle vraiment en danger ? On sait que l'essentiel des 150 milliards de fichiers musicaux échangés en 2003 sont ceux du "Top 50", et qu'il en est de même pour les films.
Ce que met donc en danger le P2P, c'est avant tout "l'économie de la Sierra Madre" qui caractérise ces industries. Que signifie ce concept économique, apparu dans les années 1990 pour désigner les processus où "le gagnant rafle tout" ? Tout l'or de la Sierra Madre, s'il était équitablement partagé entre les prospecteurs qui se lancent à sa recherche, leur procurerait un revenu décent. Mais l'économie de la prospection minière est telle que seuls quelques-uns trouveront les filons et feront fortune, tandis que les autres auront tout perdu.
S'agissant de la musique, le phénomène se manifeste ainsi : avant le disque, un chanteur d'opéra célèbre gagnait peut-être 20 fois plus que le chanteur moyen. Maria Callas avec le disque noir, 200 fois plus. Luciano Pavarotti avec la télévision, les CD et les DVD, 2 000 fois plus (chiffres donnés ici à titre de simple illustration du phénomène).
C'est donc avant tout pour l'extrême concentration des gains dans les industries musicales et cinématographiques que le P2P est un véritable danger, puisque les fichiers copiés et échangés sont dans leur écrasante majorité ceux des "œuvres" les plus médiatisées.
La création n'en sera-t-elle pas malgré tout affectée de manière indirecte, puisque les producteurs des grands succès publics prétendent qu'ils financent ainsi des œuvres plus difficiles ? Sans s'attarder sur le caractère empiriquement fort douteux de cet argument, il faut en revenir aux fondamentaux des évolutions en cours : l'inévitable gratuité des versions numériques dérive de ce que la numérisation rend les œuvres non rivales (donner celles que je détiens ne m'empêche pas d'en jouir) et non exclusives (il est excessivement coûteux d'en interdire l'accès à quiconque dès qu'elles sont en circulation).
En jargon économique, ces deux caractéristiques désignent un "bien public pur". Or, un bien public pur ne peut être produit en quantité suffisante que s'il est financé par l'impôt et mis gratuitement à disposition du public. Dans ces conditions,
- soit, première hypothèse, l'économie de la création est entièrement repensée et parvient à ne reposer que sur une exploitation dans un cadre privé de l'amont et du latéral (produits d'accompagnement et dérivés, etc.) des fichiers numériques,
- soit, seconde hypothèse, il faudra tirer la conséquence qui s'impose de la transformation en bien public des versions numériques : la création devra être en partie financée par la puissance publique.
La première hypothèse n'a rien d'invraisemblable. Quand le seul mode de diffusion du cinéma était les projections en salles et celui de la musique, le concert et la partition, a-t-on créé moins de chefs-d'œuvre et la diversité était-elle moindre qu'aujourd'hui ? Qu'il soit permis d'en douter. Certes, certains films devront coûter moins cher à produire et à lancer pour pouvoir être rentabilisés principalement par l'exploitation en salles. Mais pourquoi coûtent-ils si cher aujourd'hui, si ce n'est précisément en raison de l'économie de Sierra Madre ?
On nous présente ainsi comme une nécessité économique ce qui n'est que le cercle vicieux engendré par un système bien particulier qui permet l'accumulation de rentes astronomiques et n'a plus aucun rapport avec les coûts réels de production au sens strict.
Il n'est certes pas de bon ton, à l'heure où pour beaucoup l'Etat doit avant tout être réduit, d'évoquer la seconde hypothèse : un financement en partie public de la création. Mais en réalité, de la Grèce antique aux Etats modernes en passant par les Médicis, n'en a-t-il pas toujours été ainsi ?
Le spectre de la gratuité hante désormais la musique et le cinéma. Ces deux industries ne font cependant qu'expérimenter ainsi un processus qui ne peut que se déployer à beaucoup plus grande échelle. Le point-clé est le terminal, qui transforme le fichier numérique en objet ou directement en perception. Dès qu'on aura trouvé un terminal rendant la lecture d'un fichier texte meilleur marché et aussi agréable d'emploi que le livre et le journal (et l'on y travaille d'arrache-pied) c'est toute l'édition et la presse écrite qui seront concernées.
Il est possible que cette problématique s'étende un jour, si demande il y a, aux odeurs, goûts et sensations tactiles. On peut même imaginer un terminal qui serait un petit robot domestique capable, à partir des ingrédients de base de la chimie organique, de fabriquer n'importe quelle molécule pharmaceutique dont la formule aurait été téléchargée. Science-fiction ? Certes aujourd'hui, mais d'ici quelque temps ?
La course au profit dans certains secteurs conduit donc dans d'autres à la gratuité et à la disparition des profits, évolution ultime du progrès technique. Paradoxe ? Evidemment, mais n'en a-t-on pas vu d'autres et n'en voit-on pas de plus graves comme, par exemple, le fait que la course au profit engendre spontanément une surexploitation du capital naturel qui détruira à terme la source de tout profit ?
Les contradictions engendrées par ce type de paradoxe, le vieux Karl Marx les croyait fatales au capitalisme. Lui qui admirait tant son extraordinaire capacité au développement des "forces productives", pensait cependant que ses rapports sociaux, et avant tout les droits de propriété privée, entraveraient inévitablement ce développement. Sur ce dernier point il s'est trompé. Les capitalismes ont jusqu'ici démontré qu'ils étaient capables, serait-ce dans de graves crises, de reformer à temps les rapports sociaux qui entravaient leur seule et unique justification pratique : fournir toujours plus de biens pour toujours moins cher. Les défenseurs du statu quo, ceux qui s'arc-boutent sur la défense de systèmes de droits de propriété intellectuelle et de modes de régulation manifestement sapés par la technique, voudraient-ils donc que Marx ait enfin raison ?
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 | | cubik, 13.05.2004 à 14:11 | 154571 |
|  |  | bon ben ils ont trouve un accord
le film sera distribue par quelqu'un d'autre |
 | | J-C, 13.05.2004 à 7:54 | 154511 |
|  |  | depuis quand Disney est une entreprise qui fait la promotion de la libre expression ? si c'était vrai, ça se saurait !
At'chao ! |
 | | cubik, 12.05.2004 à 22:45 | 154499 |
|  |  | puisqu'on en parle, je rappelle juste que le film de mickael moore en question est en competition a cannes
et aussi qu'au pire, il pourra etre distribue aux usa par un autre que disney, mais bon, ca rapporterait moins a miramax, donc pour l'instant, ils tentent de negocier |
 | | Guewan, 12.05.2004 à 22:35 | 154497 |
|  |  | Peut être pas aussi préoccupant que l'Irak, mais en rapport quand même :
May 6, 2004 - Editorial, New York Times Disney's Craven Behavior Give the Walt Disney Company a gold medal for cowardice for blocking its Miramax division from distributing a film that criticizes President Bush and his family.
A company that ought to be championing free expression has instead chosen to censor a documentary that clearly falls within the bounds of acceptable political commentary. The documentary was prepared by Michael Moore, a controversial filmmaker who likes to skewer the rich and powerful. As described by Jim Rutenberg yesterday in The Times, the film, "Fahrenheit 9/11," links the Bush family with prominent Saudis, including the family of Osama bin Laden. It describes financial ties that go back three decades and explores the role of the government in evacuating relatives of Mr. bin Laden from the United States shortly after the Sept. 11 terrorist attacks. The film was financed by Miramax and was expected to be released this summer. Mr. Moore's agent said that Michael Eisner, Disney's chief executive, had expressed concern that the film might jeopardize tax breaks granted to Disney for its theme park, hotels and other ventures in Florida, where Jeb Bush is governor. If that is the reason for Disney's move, it would underscore the dangers of allowing huge conglomerates to gobble up diverse media companies. On the other hand, a senior Disney executive says the real reason is that Disney caters to families of all political stripes and that many of them might be alienated by the film. Those families, of course, would not have to watch the documentary. It is hard to say which rationale for blocking distribution is more depressing. But it is clear that Disney loves its bottom line more than the freedom of political discourse.
Et le ptit mot de Mr Moore :
Friends, Below you will find today's New York Times Editorial. Please pass it around. Thanks for all of your letters of support. No news to report today, hopefully tomorrow. Yours, Michael Moore http://www.michaelmoore.com |
 | |  |  | Allez, en ce samedi pluvieux, un peu de grisaille sale entre deux BD. Et c'est au sujet de la guerre d'Irak, qui dévoile toute sa saleté au fur et à mesure du temps qui passe.
Souvenez vous, l'administration américaine avait promis l'eden au peuple irakien : elle envoyait ses courageux soldats, dignes héritiers des hommes du débarquement, pour éradiquer les fameuses "armes de déstruction massive" qui, finalement, n'existaient pas -presque un détail- et apporter la démocratie à l'occidentale à ce peuple irakien martyr, en guerre depuis plus de trente ans.
Plus d'un an après, on découvre la honte. La honte de l'armée américaine et de ses "violences criminelles, déchaînées, flagrantes et sadiques" selon les termes d'un rapport de la police militaire américaine (source "Le Canard Enchaîné"). La honte de ces soldats qu'on présentait comme les libérateurs du peuple irakien, dignes "successeurs" des soldats de 1944, qui n'ont fait que salir leur nom, au travers de celle de l'armée américaine.
Et ces actes sont loins d'être isolés. Selon un soldat américain de 25 ans de la police militaire, les sévices dans les prisons américaines en Irak étaient une «pratique courante». «Je voyais des coups tout le temps, a déclaré le sergent Mark Sindar, 25 ans, il ne s'agissait pas seulement de six personnes.» a t-il déclaré à l'agence Reuters (Source "Libération").
Même Donald Rumsfeld, qui a pour une fois abandonné son petit sourire étrange, l'a reconnu à demi-mots. Mais il refuse pourtant -et pour le moment- de démissioner, ne voulant sans doute pas servir de fusible à une administration qu'il croit être, peut-être, responsable dans son ensemble. Et il n'aurait pas tort.
Mais allez, pour une fois, je mets un excellent article du journal "L'Humanité" (y'a pas de raison) qui résume fort bien ce que je pense de cette guerre de "libération" qui a pris le visage grimaçant d'une guerre d'occupation.
Irak. La honte de l’armée américaine
" Ils prétendaient apporter la liberté, ils avaient la torture dans leurs valises. Les révélations de ces derniers jours éclaboussent le véritable " guerre business " qui gravite autour du Pentagone et confirment l’impasse de l’occupation.
La campagne d’Irak de George W. Bush et de Tony Blair vient d’entrer dans l’histoire. Par la petite porte. Loin des déclarations triomphantes de la " démocratie en marche ", de la " liberté retrouvée de tout un peuple ", de l’élimination (pour l’instant politique) d’un dictateur, la soldatesque se comporte selon le modèle inébranlable des armées d’occupation, des troupes coloniales. Si les pertes civiles occasionnées par la guerre semblent passer par pertes et profits - mais les douleurs des familles couplées aux blessures physiques irréparables pour des centaines de milliers d’entre eux sont bel et bien là - les méthodes employées depuis plus d’un an horrifient chaque jour un peu plus l’opinion publique internationale. Il y a quelques semaines, le siège de la ville de Falouja, à quelques kilomètres de Bagdad, s’est soldé par des dizaines, voire des centaines de morts : artillerie lourde, raids aériens. rien n’a été laissé au hasard par des marines qui, quoi qu’ils fassent ne viennent pas à bout d’une résistance irakienne disparate mais qui tend à s’unifier chaque jour un peu plus. Cette guerre, menée contre le droit international, est sanglante.
Alors, faut-il vraiment s’étonner d’apprendre que dans les centres de détention, les prisons, souvent rouvertes après la chute de Saddam Hussein, on pratique les " tortures modernes " ? Certes, il ne s’agit plus directement de la fameuse gégène, des ongles arrachés et autres supplices que beaucoup d’armées du monde (celle des États-Unis mais aussi de la France) ont pratiqué. Ce qui se passe à Abou Gharib s’apparente plus à ce qui se passe dans les prisons israéliennes ou dans les camps de détention spécialement créés pour les Palestiniens et souvent dénoncés par des organisations comme Betselem : on tente de détruire toute résistance psychologique. Par des tabassages soigneusement étudiés, des humiliations physiques ou sexuelles, on " prépare " les détenus aux interrogatoires du renseignement militaire et, au passage, on se fabrique des souvenirs en réalisant quelques clichés qu’on pourra montrer lors des longues soirées d’hiver dans le fin fond du Texas.
On sait maintenant que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait, dès l’automne dernier, dénoncé les conditions de détention à Abou Gharib (lire ci-après). Mais, avant que ne soient rendues public ces exactions, le sort des prisonniers a été le même. La porte-parole du CICR a expliqué à l’Humanité qu’après chaque visite de ses équipes, une entrevue avait lieu avec le responsable de la prison pour lui communiquer les remarques et les éventuelles modifications à apporter pour se conformer aux conventions de Genève. Soit. Mais dans un numéro du New Yorker, paru en avril, le journaliste Seymour M. Hersh parle de Janis Karpinski, générale de brigade de réserve, nommée commandant de la 800e brigade de police militaire et en charge des prisons militaires en Irak ; on apprend ainsi que depuis l’âge de cinq ans elle ne rêvait que de ça : être militaire. Actuellement, seule femme à un poste de commandement dans ce pays, elle a servi dans les forces spéciales pendant la guerre du Golfe, en 1991. Elle dirigeait - jusqu’à sa suspension il y a quelques semaines - trois grandes prisons, 8 bataillons et 3 400 réservistes. Hersh écrit : " Dans une interview au mois de décembre dernier, elle ne cachait pas son enthousiasme et affirmait que pour beaucoup de prisonniers à Abou Gharib, "les conditions de vie maintenant sont meilleures en prison que chez eux. D’ailleurs, ce qui nous inquiète c’est qu’ils risquent de ne plus vouloir partir". Un mois plus tard, elle était suspendue. " Manier le cynisme à ce point relève du grand art. Visiblement, les " conseils " donnés par les équipes du CICR n’ont pas servi à grand-chose. Surtout, cela montre que, contrairement à ce qu’affirment la Maison-Blanche, le Pentagone et le département d’État américain, il ne s’agit pas de faits isolés mais de pratiques courantes couvertes par la hiérarchie militaire. D’ailleurs Gary Myers, avocat d’un des soldats mis en cause a expliqué à Hersh : " Vous pensez vraiment qu’un groupe de gosses venant de la rurale Virginie ont décidé d’eux-mêmes de faire une chose pareille ? Décidé que la meilleure façon de mettre des Arabes dans l’embarras et de les faire parler c’est de les faire déambuler tout nu ? " Selon le général Antonio Taguba, auteur d’un rapport sur le sujet, délivré en février mais qui stipulait que cela ne devait pas être porté à la connaissance du public, entre octobre et décembre 2003, Abou Gharib a été le théâtre " d’abus sadiques, flagrants et injustifiés ". Les prisonniers d’Irak peuvent être rassurés. Janis Karpinski est repartie outre-Atlantique. Elle est remplacée par un spécialiste du genre, le général Geoffrey Miller. " Si vous attaquez l’Amérique, alors vous aussi, vous pourriez finir à Guantanamo ", avait menacé Miller lorsqu’il avait pris le contrôle de la base américaine située à la pointe est de Cuba, où sont incarcérés les taliban présumés ou membres supposés d’al Qaeda, capturés notamment en Afghanistan, l’un des plus grands dénis du droit international. Il vient d’être appelé dare-dare en Irak pour y exercer ses talents.
Là, il retrouvera bien sûr les hommes de troupe mais également ces employés de firmes privées, qui font parler de plus en plus d’eux. Lors des tragiques événements de Falouja, où des Américains avaient été tués, dépecés, décapités et leurs corps suspendus à un pont, la question était venue sur le devant de la scène : qui sont ces hommes ? Ces agences présentées comme spécialisées dans la sécurité, sont en réalité la version moderne du mercenariat. Le 5 mai dernier, le Washington Post notait d’ailleurs que " l’utilisation de firmes (privées, NDLR) a augmenté de façon significative depuis le 11 septembre 2001 et la frontière entre le militaire et ces firmes de défense devient de plus en plus floue ". À l’instar de CACI International (lire ci-après), il y aurait, selon Deborah Avant, professeur à l’université George-Washington, au moins 35 de ces firmes basées aux États-Unis. " L’utilisation de ces compagnies militaires privées - principalement basées aux États-Unis, en Angleterre et en Afrique du Sud - ont proliféré dans l’après-guerre froide. " On les retrouve d’ailleurs dans de nombreux pays de l’est européen, comme en Hongrie pour restructurer l’armée en vue de l’adhésion à l’OTAN, en Croatie et en Bosnie en 1995 pour l’entraînement et l’équipement des troupes ou encore en Colombie pour un certain nombre de missions. Un véritable business s’est développé, alliant intervention armée et loi du marché capitaliste : toutes ces entreprises sont cotées en Bourse. Selon Deborah Arent, les projections de l’industrie privée dans ce domaine tablent sur une augmentation des revenus de 55,6 milliards de dollars en 1990 à 202 milliards en 2010. Ces mercenaires des temps modernes ne sont plus seulement des supplétifs. À Abou Gharib ils participent aux interrogatoires des prisonniers avec les méthodes que l’on sait. Après tout, comme on peut le constater sur le site Internet de l’une de ces sociétés (http://blackwatersecurity.com), le but est " soutenir la liberté et la démocratie partout ". Peu importent les moyens.
Pierre Barbancey"
Journal L'Humanité.
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 | | San, 23.04.2004 à 19:52 | 152045 |
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 | | J-C, 20.04.2004 à 17:57 | 151584 |
|  |  | M. Powell avait mis en garde M. Bush contre une invasion de l'Irak
LE MONDE | 19.04.04
Un livre raconte le mécanisme de la marche à la guerre et les conflits internes qui l'ont accompagnée.
Washington de notre correspondant
Un nouveau livre de Bob Woodward raconte, vus de l'intérieur de l'équipe dirigeante américaine, les événements qui ont abouti au déclenchement de la guerre d'Irak, le 19 mars 2003. Le mécanisme de la marche à la guerre et les conflits internes qui l'ont accompagnée sont exposés pour la première fois de façon aussi complète, si l'on en juge par les "bonnes feuilles" que le Washington Post a commencé à publier, dimanche 18 avril.
Enquêteur vedette du Washington Post depuis le scandale du Watergate, il y a trente ans, Woodward avait déjà bénéficié d'un accès sans égal aux acteurs et aux documents de la Maison Blanche pour son livre précédent, Bush at War (Bush s'en va-t-en guerre, éditions Denoël), qui portait sur les attentats du 11 septembre 2001 et sur leurs suites. Pour Plan of Attack("Le Plan d'attaque", édité chez Simon & Schuster), il a pu interroger 75 responsables de l'administration Bush, mais seuls les propos du président lui-même, avec lequel il a eu trois heures et demie d'entretiens au total, sont rapportés au style direct.
Woodward raconte que, le 21 novembre 2002, George Bush a demandé au secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, de mettre en route la préparation de plans pour une opération en Irak. La guerre n'était pas terminée, alors, en Afghanistan. Le président américain a donné consigne à M. Rumsfeld de faire en sorte que ces préparatifs se fassent en secret. Il s'en explique en disant que s'ils avaient été rendus publics, ces plans auraient provoqué "une angoisse internationale et une spéculation intérieure énormes".
Cinq semaines plus tard, le 28 décembre, quand M. Bush a reçu, dans son ranch de Crawford, le général Tonny Franks, chef du Commandement central, l'état-major compétent pour cette partie du monde, l'entretien a porté entièrement sur l'Irak, mais ils ont affirmé à la presse qu'ils avaient parlé de l'Afghanistan.
Lors de sa tournée en Europe et en Russie, fin mai 2002, le président américain a déclaré qu'il n'avait "pas de plans sur -son- bureau" pour agir militairement contre Saddam Hussein, alors que l'état-major y travaillait depuis six mois. Selon Bob Woodward, ce travail de planification a créé une dynamique en faveur de la guerre, quand bien même M. Bush affirmait n'avoir rien décidé. Cette dynamique était alimentée par le vice-président, Richard Cheney, et par ceux qui partageaient son point de vue, c'est- à-dire M. Rumsfeld et, plus encore, le secrétaire adjoint à la défense, Paul Wolfowitz, et le sous-secrétaire chargé de la politique, Douglas Feith.
L'auteur écrit qu'aux yeux du secrétaire d'Etat, Colin Powell, opposé à l'option militaire, M. Cheney faisait "une fixation malsaine" sur l'Irak. M. Powell soupçonnait le vice-président et ses partisans d'avoir constitué un gouvernement parallèle. Il donnait au groupe d'analystes du renseignement constitué par M. Feith le surnom de "Gestapo".
M. Powell a mis en garde M. Bush, à plusieurs reprises, contre une invasion de l'Irak. Au cours d'un dîner à la Maison Blanche, le 5 août 2002, avant que le président ne parte en vacances, le secrétaire d'Etat lui a dit qu'il ne devait pas se laisser entraîner dans cette entreprise. "Vous allez être le fier propriétaire de 25 millions de personnes, de leurs espoirs, de leurs aspirations et de leurs problèmes", a-t-il prévenu.
Le secrétaire d'Etat est revenu plusieurs fois, par la suite, sur ce que son adjoint, Richard Armitage, appelait "la règle de Pottery Barn", du nom d'une chaîne de magasins de vaisselle : "Ce que vous cassez vous appartient." La tension entre M. Powell et M. Cheney était telle que c'était à peine s'ils se parlaient.
Woodward raconte que, le 21 décembre, M. Bush s'est fait présenter les éléments dont disposait la CIA (Agence centrale de renseignement) sur les armes de destruction massive que Saddam Hussein était accusé de détenir. Etonné de la faiblesse de ce qui lui était montré, il a interrogé le directeur de la CIA, George Tenet, qui lui a affirmé : "Ne vous inquiétez pas, c'est un slam dunk !" Ce terme de basket-ball désigne un point tellement facile que le joueur qui le marque se suspend un instant au panier pour narguer l'adversaire.
C'est au tout début janvier 2003, selon Woodward, que le président a pris la décision d'employer la force, mais en essayant d'obtenir l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU, parce que le premier ministre britannique, Tony Blair, y jouait sa survie politique.
Le 11 janvier, M. Cheney a informé l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington. M. Powell l'a été le 13, de peur qu'il ne l'apprenne par le diplomate saoudien. "Etes-vous avec moi là-dessus ?", lui a demandé M. Bush au cours d'une entrevue de douze minutes. "Je ferai de mon mieux. Oui, Monsieur, je vous soutiendrai", a répondu le secrétaire d'Etat. Ancien militaire, ancien chef d'état-major interarmes, M. Powell a jugé qu'il ne pouvait pas démissionner au moment où son pays allait partir en guerre.
Patrick Jarreau
At'chao ! |
 | | cubik, 29.03.2004 à 10:26 | 148308 |
|  |  | en ce moment, y a souvent une pub a la radio pour des cereales qui vous rendent heureux et dynamique sans avoir besoin de prendre de vacances
j'ai po retenu le nom des cereales, mais ca doit etre un truc genre medef >) |
 | |  |  | MOSCOU (AP)
" Le croiseur russe à propulsion nucléaire «Pierre Le Grand», fleuron de la Flotte du Nord, victime d'une avarie, est à quai en situation d'urgence, a annoncé mardi le commandant de la Marine russe l'amiral Vladimir Kouroïedov, dont les propos étaient rapportés par l'agence Itar-tass.
»Le navire est dans un tel état qu'il peut sauter d'une minute à l'autre. C'est particulièrement dangereux étant donné qu'il est équipé d'un générateur d'énergie nucléaire», a-t-il déclaré à la presse.
Sans fournir de précisions sur la nature exacte de l'avarie, il a ensuite ajouté avoir donné deux semaines au capitaine pour effecteur les réparations, selon l'agence Interfax.
Ces déclarations sont particulièrement choquantes, le «Pierre Le Grand» ayant été salué officiellement comme meilleur bâtiment de la flotee l'année dernière.
Et la presse russe, notamment le quotidien économique »Kommersant», estime qu'il s'agit en fait d'un règlement de comptes personnel, l'amiral Kouroïedov étant en conflit avec l'amiral à la retraite Igor Kasatonov, l'oncle du capitaine du navire, le contre-amiral Vladimir Kasatonov.
Kouroïedov pourrait aussi chercher à viser l'ancien patron de la Flotte du Nord, l'amiral Gennadi Souchkov. Ce dernier est actuellement suspendu en attendant les résultats de l'enquête sur le naufrage en août d'un sous-marin K-159, qui avait fait neuf morts.
En outre, Kouroïedov a été vivement critiqué par la presse pour son rôle dans le dramatique naufrage en août 2000 du sous-marin le Koursk, et son échec à améliorer l'état de complète dégradation de la Marine russe. Alors qu'on s'attendait à son limogeage par le président Vladimir Poutine, l'amiral Kouroïedov a réussi à conserver son poste. " AP
En attendant, ce qui est chouette avec les russes, c'est qu'il n'y a même pas besoin de guerre ou d'attentat pour risquer à tout moment un cataclysme nucléaire.
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 | | J-C, 12.03.2004 à 14:57 | 146185 |
|  |  | un bras cassé ? ah zut, je l'ai raté :-))
At'chao ! |
 | |  |  | | En l'occurence, le bout des convictions de Contassot, ce fut une chambre d'hôpital ;o) |
 | | frads, 12.03.2004 à 14:28 | 146181 |
|  |  | | Moi j'trouve ça bien d'aller au bout de ses convictions :o) |
 | |  |  | | A Paris, Yves Contassot, le Maire-Adjoint chargé de l’environnement, s'était déjà essayé aux joies du vélo dans les rues. Bilan : un bras amoché. |
 | |  |  | Salut a toi, ecolo suisse !
(lu dans charlie)
Au moment meme ou s'ouvrait a geneve la ceremonie officielle de la grand messe de l'automobile, C. Ferrazino, le maire de la ville, donnais une conference de presse pour annoncer la fermeture de certaine rues au trafic automobile ! Ancien defenseur des locataires, élu en suisse malgré une etiquette d'extrem gauche, M. le maire a carrément refusé de se rentre au 74eme Salon de l'auto, la plus grande manifestation public annuelle du pays. "j'essaie de développer la mobilité alternative, je ne vais tout de meme pas couper le ruban du Salon", rigole le provocateur. Robert Cramer, élu des Verts genevois, a fait pire : il est allé au salon pour vanter le vélo ete la marche a pied, et dire qu'il n'avait pas le permis.
On espere de tout coeur que Bertrand Delanoë suivra l'exemple de son homologue genevois a l'occasion du prochain Mondial de l'auto ! |
 | | J-C, 06.03.2004 à 16:10 | 145331 |
|  |  | ah oui, Windows Millenium, un grand pas vers la régression :-))
At'chao ! |
 | |  |  | | Le bug de l'an 2000 s'appelait Windows Millenium, en fait :o) |
 | |  |  | Dans la catégorie "attention on vous offre un super logiciel avec votre nouvelle ordi", ma cousine a acheté il y a 2 - 3 ans un Compaq avec windows millenium. Le logiciel de d'analyse et de dianostic du systeme est bo produit compaq. Dans la barre de titre, on nous precise meme que c'est la version pour windows 3.0 ( donc celle d'avant le 3.1 )
Mmmm, ca exister les super pentium , les lecteur de dvd et tout ca a l'epoque ?
:oþ |
 | | Le PBE, 27.02.2004 à 18:29 | 144239 |
|  |  | Pause musicale
Dans le cadre de cet appel contre la guerre à l'intelligence, une soirée est organisée en faveur de diverses associations, cela s'appelle Avis de KO Social, c'est au Zénith lundi 1er mars à 19h et pour 10€ vous pourrez voir Bénabar, les Têtes Raides, Fabulous Troubadors, M, Dominique A, Rachid Taha, Le Peuple de l'Herbe, Java....
Fin de la pause musicale |
 | |  |  | | ouais mais le bordel, c'est toujours la faute des autres, et c'est surtout pas ce que décrivent les gens qui sont les premiers concernés. J'ai tendance à penser que si les problèmes actuels arrivent à mobiliser plus de 80% des chercheurs (ça n'a rien a voir avec des revendications par une frange minoritaire dans ce cas là, 80% des chercheurs, ça dépasse les clivages politiques, syndicaux, etc... surtout que y'a pas de profil type dans ce domaine (contrairement à l'education nationale, par exemple, réputée à gauche)), peut-être faudrait-il éventuellement songer à les écouter, ils connaissent peut-être pas si mal le système qui les fait vivre... |
 | | J-C, 27.02.2004 à 17:58 | 144231 |
|  |  | oui, je suis bien d'accord avec toi, il y a bien un manque d'argent et un bordel innomable dans la gestion du bidule mais ça aussi, c'est dit dans les 2 articles que j'ai posté.
At'chao ! |
 | |  |  | mouais, enfin il y a surtout des rapports dans tous les sens,l'audit cité par les Echos, n'a rien a voir dans les conclusions avec le rapport de la cour des comptes (pas réputés pour leur laxisme pourtant), qui lui pointe clairement du doigt le ministère de la recherche avec une gestion lamentable des financements, et aucun controle.
Donc bon, pour les uns, c'est la faute du cnrs, pour les autres, le ministère. En attendant, ça manque réellement d'argent dans beaucoup de labos. Que ça vienne des uns ou des autres. |
 | | J-C, 27.02.2004 à 17:49 | 144227 |
|  |  | c'est bien là que devrait se situer le débat, Claude, pas sur le manque ou pas d'argent, car il y en a. pour ce qui est des projets à long terme, ton raisonnement ne tient pas car ils sont gérés par les autorisations de programme et leur financement est donc bien échelonné dans le temps.
le fait d'avoir gelé des dépenses pour que les EPTS puisent dans leur cagnotte est un peu simpliste à mon goût dans la mesure où l'on aurait pu redéployer cet argent sur d'autres organismes ou projet.
je suis bien d'accord avec toi qu'il faudrait que l'on m'explique ce qu'est un "bon" ou un "moins bon" laboratoire. c'est une notion qui m'échappe dans le contexte de la recherche mais je ne suis pas de la partie.
At'chao ! |
 | |  |  | bin oui, en attendant, le système de l'excellence est une aberration.
On cherche à imposer une obligation de résultat dans un domaine qui ne peut pas en avoir. Un chercheur qui ne 'trouve' pas devient de fait un mauvais chercheur. C'est le meilleur moyen pour sabrer tout d'un coup.
Et encore une fois, on ne parle que des chercheurs installés (et pas de tous), pas des thésards et post-docs, par exemple. C'est même plus des postes au rabais à ce niveau là...
Bref, ça colle toujours avec le tableau, ce qui n'est pas rentable à cours terme, on le jette .la politique de l'écureuil du CNRS, même s'il y a des abus vient aussi du fait, que de nombreux projets doivent être menés sur le long terme, et que s'il est possible d'économiser sur une année, autant le faire pour assurer les années d'après. La politique du gouvernement de geler les crédits, ça revient clairement à dire "vous avez économisé, maintenant vous avez des sous d'avance, pas la peine qu'on vous paye".
C'est comme ça que par exemple un labo d'hépatologie se retrouve avec comme budget 2004, 8000 euros. Faut pas casser une seule éprouvette à ce tarif là. mais bon, ça doit être un mauvais labo... |
 | | J-C, 27.02.2004 à 17:26 | 144217 |
|  |  | Recherche : l'audit financier contredit les chercheurs
Les Echos du 27/02/2004
L'audit financier des établissements publics de recherchemontre que ni les dépenses ni le effectifs n'ont baissé au cours des dernières années. Des données en contradiction avec les déclarations de ces dernières semaines.
"Les dépenes totales des organismes de recherche publique ont progressé de 17,8% depuis 1997. Cette augmentation s'est principalement manifestée entre 2000 et 2002." Les conclusions de la commission chargée d'expertiser le budget des organismes de recherche publics suffiront-elles à calmer la colère des chercheurs ? On peut en douter, tant les données publiées hier sont en contradiction avec les déclarations de ces dernières semaines.
Selon la commission présidée par l'ancien directeur général de l'Anvar, Henri Guillaume, il s'agit en fait d'une "baisse apparente", conséquence de l'opacité de la comptabilité publique. Pour comprendre l'origine de ce quasi-miracle, il faut entrer dans le labyrinthe des budgets des Etablissements publics scientifiques et techniques (EPST). Ces organismes fonctionnent avec de l'argent "vrai" (les crédits de paiements) et des montants échelonnés (les autorisations de programme). Ces dernière années, de nombreux responsables de laboratoires ont pris l'habitude de na pas dépenser la totalité de leurs dotations. Le CNRS est ainsi le champion de cette stratégie de l'écureuil. Fin 2001, il possédait un matelas de 500 millions d'euros non engagés. Pour les grand EPST (CNRS, Inserm, Inra et Inria), cette tirelire atteignait , fin 2001, le total de 675 millions.
Le gouvernement a donc rétabli l'équilibre en gelant une partie des crédits de paiement. Sur un plan strictement financier, la baisse des crédits d'état (réelle) n'a donc pas pénalisé le fonctionnement des EPST, le manque à gagner ayant été compensé par un prélévement dans les cagnottes existantes. L'enquête confirme d'ailleurs que les dépenses totales des EPST n'ont pas baissé entre 1997 et 2003, contrairement aux déclarations des chercheurs : 3.22 milliards d'euros en 1999, 3.43 milliards en 2001, 3.68 milliards en 2002 et 3.67 milliards en 2003.
Mais tout le monde n'a pas profité de cette situation. La mise en place d'une politique d'excellence voulue par Claudie Haignéré a bénéficié à certains laboratoires (les bons) et en a pénalisé d'autres (les moins bons). La multiplication des crédits incitatifs a accentué un processus de sélection des progets par les budgets qui existe dans tous les pays développés.
Culture de l'excellence
Les laboratoires qui ont vu leurs ressources diminuer brutalement ne se sont donc pas rendu compte qu'ils vivaient la fin d'une époque : celle de la reconduction automatique et sans évaluation de leur budget annuel. La commission précise d'ailleurs ce point clairement : "Les notifications de crédits annoncés en forte baisse résultent de processus internes de pilotage et d'arbitrage des organismes."
Les mêmes conclusions valent pour les effectifs qui sont resté stables. Mais, là encore, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.La "culture de la performance" qui prévaut désormais rue Descartes implique la multiplication des postes contractuels, considérés comme des "postes au rabais" par les chercheurs, attachés à leur statut de fonctionnaire. "C'est un changement de culture douloureux", résume Henri Guillaume. La prochaine loi de programmation sur la recherche devrait prendre en compte ses éléments et proposer la réforme d'un systéme tellement opaque "qu'il n'est pas possible de savoir où va l'argent public et quel usage il en est fait".
Alain Perez
At'chao ! |
 | |  |  | Si on tente de faire une synthèse de ce que dit l'auteur :
1° Les moyens publics consacrés à la recherche sont suffisants, ce sont les financements privés qui manquent. Il faudrait donc confier l'ensemble de la recherche à des groupes privés. Superbe vision !
2° Le gouvernement actuel n'y est pour rien dans la crise que traverse la recherche française. On comprend mieux pourquoi Ferry l'avait choisi pour rendre son fameux rapport.
3° La recherche publique est caricaturale, et il faudrait virer tous ces fichus fonctionnaires.
4° D'ailleurs, l'érosion de la part de la recherche française dans le monde est due à ces fonctionnaires ! Comment n'y avait-on pas pensé avant ??
5° Le seul salut est la recherche industrielle, et le fric qui va avec.
6° Ces questions, personne ne veut les entendre. M. Belloc est un grand incompris.
7° Claude Allègres (pour le citer) aurait dû retranscrire exactement le fonctionnement de Berkeley en france, au lieu d'aller y bosser de temps en temps.
8° Le diplôme national, et le service public d'enseignement supérieur égalitaire sont des tromperies honteuses. Vive la sélection à l'entrée de l'université, vivent les passe-droits, vivent les diplômes locaux.
9° Les Universités ont droit à une complète autonomie pour faire ce qu'elles veulent.
10° La gratuité d'accès à l'Université est un échec ! (On devrait également supprimer les bourses, tant qu'on y'est)
11° Le monde idéal rêvé par les intellectuels français n'existe pas. Ces sales utopistes feraient mieux de travailler pour des labos pharmaceutiques et rentrer un peu d'argent pour s'acheter une BMW.
12° Vive le service public Universitaire confié à des collectivités locales, et encore mieux à des organismes privés !
Superbes perspectives. |
 | |  |  | >>Voici donc lancé l'appel contre la guerre à l'intelligence ! La démarche illustre assez bien un de nos défauts les plus graves : surtout ne posons pas les vrais problèmes, de peur que nous ne trouvions de bonnes solutions !
Et bien évidemment, il faut une solution avant d'aborder un problème...
>>Des pans entiers de notre société seraient donc menacés par ce prétendu anti-intellectualisme d'Etat dénoncé par de nombreux pétitionnaires ! En réalité, ce sont à chaque fois les pouvoirs et les moyens publics qui sont appelés à la rescousse. C'est la seule politique qui vaille aux yeux des pétitionnaires !
Et le recours au privé est la seule qui vaille aux yeux de leurs detracteurs (cf ci dessous), qui eux ne manquent pas de rappeller que l'état est impuissant et n'a de toute façon pas à s'en mêler. Très fin dans l'analyse.
>> Posons seulement quelques questions relatives à l'enseignement supérieur et à la recherche. Les moyens qui leur sont consacrés dans notre pays ne sont pas assez importants, mais les moyens privés, pas les moyens publics. La part des moyens publics consacrés à la recherche et à l'enseignement supérieur, par rapport au PIB, est tout à fait honorable pour notre pays.
Sans chiffres et documents, difficiles à infirmer, mais difficile à confirmer également.
>> Pour la recherche, il y a au moins deux grandes différences entre la France et les grandes nations qui la devancent : les financements privés y sont beaucoup plus importants et le statut des chercheurs et des laboratoires de recherche y est différent.
>>La fuite des cerveaux, tant évoquée, n'est pas le produit de la politique actuelle.
Euh, il me semble que dans tout domaine de ce type, la conséquence est le produit d'une politique (au sens action concertée selon la volonté des organismes dirigeants). Notion étrange du terme politique, donc.
>>Il suffit d'interroger des chercheurs français installés à l'étranger pour comprendre que c'est la qualité de l'environnement de travail, la flexibilité dans l'organisation des laboratoires et la transparence dans le financement des projets de recherche qui les motivent, et pas seulement la rémunération.
C'est très exactement ce que dénoncent les chercheurs français pétitionnaires quand ils demandent plus de moyens. Ca veut pas dire nécessairement être payés plus. C'est aussi et surtout des conditions de travail correctes.
>>Par ailleurs, à l'étranger, les chercheurs sont rarement fonctionnaires, du moins au sens où nous l'entendons ici, avec une fonction publique de statut et non de mission. C'est parce qu'ils sont conscients que le statut de chercheur fonctionnaire, au sein d'une recherche publique caricaturale dans la rigidité de son organisation, ne leur permettra pas de s'exprimer que nos meilleurs cerveaux sont tentés par l'étranger.
On mélange un peu tout, histoire de brouiller les pistes, fonctionnaires (avec toute l'imagerie négative du terme), chercheur installé, et on oublie les innombrables thésards et post-doc (rien à voir avec un fonctionnaire, son contrat ne dure que 2-3 ans à chaque fois, payés a peu près pas grand chose), on zappe aussi les cas particuliers des enseignants-chercheurs, sans qui beaucoup de facs ne tourneraient pas...
>>Autre point : le début de l'érosion de la part de la recherche française dans le monde coïncide presque année pour année avec la fonctionnarisation généralisée de tous les chercheurs en France. N'y voyons qu'une coïncidence, mais qu'ont à dire là-dessus nos pétitionnaires ? Comment accepter que perdure une situation où l'évaluation est le mot tabou de nos systèmes d'enseignement supérieur et de recherche, alors que ce devrait en être la pierre d'angle, avec une évaluation externe, fondée sur des critères transparents ? Comment arrive-t-on à éluder tout débat national sérieux sur la catastrophique absence d'articulation recherche-industrie en France, sur notre incapacité à créer ces cercles vertueux recherche-innovation-transfert-financement, dont l'absence risque de nous conduire à ne plus pouvoir jouer dans la cour des grands ?
Etrange, quand on sait que la recherche appliquée est le seul domaine qui est à peu près bien loti, et que les premiers pétitionnaires sont dans le domaine de la recherche fondamentale, et donc sans application industrielle directe a court et moyen terme. Question pas forcément inintéressante, mais hors-sujet.
"dont l'absence risque de nous conduire à ne plus pouvoir jouer dans la cour des grands" jouer dans la cour des grands, c'est donc, uniquement dans le secteur de la recherche industrielle. Dans le fait de gagner des sous. Conception très américaine donc.
>>Bien sûr, les réponses à ces questions seraient sans doute contraires aux dogmes dans lesquels s'enferme notre pays. Pourquoi passer sous silence ces rapports qui accablent l'organisation actuelle des grands organismes de recherche, souvent dirigés par de très grands scientifiques, mais qui ne se rendent pas compte qu'il y a bien longtemps que le gouvernail du bateau a été démonté par ceux qui n'ont pas intérêt à un pilotage plus clair ? Est-ce ce gouvernement qui est responsable de tout cela ? Bien entendu que non.
>> Bien entendu que si. Le rapport de la cour des compte paru en janvier indique clairement que le ministère de la recherche ne fait pas son boulot. C'est lui qui est chargé de délivrer les financements (normal) et il est dans le même temps chargé de veiller à ce que ces crédits soient bien employés. Il a pouvoir de sanction en cas de non respect du projet initial. Aucune démarche dans ce sens n'a jamais été faite, les contrôles sont déjà peu nombreux, et aucun laboratoire n'a jamais été sanctionné. Donc si dérive il y a (et il y en a, la question du fonctionnement du cnrs, est un vrai problème, et il y aurait beaucoup à améliorer).
>>Et certains de nos anciens responsables qui clament qu'eux-mêmes vont aller passer plus de la moitié de leur temps à Berkeley feraient mieux de nous expliquer pourquoi, lorsqu'ils en avaient le pouvoir, ils n'ont pas essayé de transposer en France quelques-uns des éléments d'un système auquel apparemment ils trouvent quelques mérites. Et pourquoi ils n'ont rien fait pour modifier ce système ridicule dans lequel nombre de nos conseils scientifiques, dans les universités et les organismes de recherche, sont élus sur listes syndicales. Est-ce un tel système que nos responsables émigrés à temps partiel à Berkeley peuvent voir fonctionner sous leurs yeux ? Pourquoi ce silence sur ce point essentiel ?
Suite de ce qui précède. Même s'il y a des choses justes, c'est vraiment histoire de renvoyer la balle dans l'autre camp, au lieu d'admettre des responsabilités partout.
>>Ayant été responsable récemment de la Conférence des présidents d'université, j'ai cru naïvement que certaines des idées que nous avions formulées allaient pouvoir passer dans les faits compte tenu du consensus apparent dont elles bénéficiaient auprès de ministres d'orientations politiques différentes. Un peu d'autonomie, un peu de différence et un zeste de compétition entre établissements ? Que nenni, surtout ne pas risquer de détruire les misérables rentes que notre service public génère sans compter ! Franchement quel avantage y a-t-il à perpétuer encore l'illusion du diplôme national et celle d'un service public d'enseignement supérieur égalitaire, alors que les vraies hiérarchies sont connues et que la réforme européenne en cours va dissoudre le caractère national des diplômes ?
Mouais... le culte de la compétition...
>>Quelle tromperie honteuse à l'égard des étudiants les plus fragiles socialement ! Qui dénonce cela ? Quel avantage y a-t-il à maintenir sous tutelle des universités dont toutes n'ont certes pas la capacité d'assumer une autonomie pleinement responsable mais dont certaines pourraient tirer avantage et, par un effet moteur, entraîner tout le système vers le haut. Non : tutelle organisée pour tous, nivellement par le bas et maintien des rentes individuelles assuré !
Prime à la compétitivité. Il y en a encore qui pense que dans un système concurentiel, le premier tire le dernier. Feraient bien de regarder un ou deux évènements sportifs à la télé. On comprend assez vite comment ça marche. :o)
>>Le tabou des droits d'inscription ? Toutes les enquêtes montrent que la gratuité n'a pas permis la démocratisation de l'enseignement supérieur. Au contraire, ce sont les enfants des classes aisées qui profitent le plus de cette gratuité !
C'est vrai, l'accès à l'éducation n'est pas égalitaire.
Mais aucune n'a jamais démontré que faire payer plus augmente la proportion d'étudiants des classes défavorisées. Ou alors faut le dire très vite et pas l'écrire trop gros...
>>Même sur un plan quantitatif, c'est un échec. Deux données terribles pour notre service public : aux Etats-Unis, la proportion d'une classe d'âge obtenant un diplôme universitaire est largement plus importante qu'en France, et 10 points séparent le pourcentage de salariés diplômés de l'enseignement supérieur aux Etats-Unis des salariés français titulaires d'un diplôme post-bac. On me dit que tous les diplômes américains ne valent pas les diplômes français, mais mieux vaut un diplôme que pas de diplôme du tout.
Mouais, ça reste à voir. On compare des systèmes complètement différents pour conclure sans avoir vraiment démontré. L'équivalence des diplomes US/France n'existe pas, il y en a des plus côtés que d'autres, ça dépend du domaine, du niveau d'étude (bac ou bac plus 5?), de plus il peut très bien y avoir plus de 10 points d'carts entre salariés diplomés post bac entre Us et France, mais on ne sait rien de leurs salaires, du type de métier, etc...
Bref, c'est très très flou. Et pas convaincant du tout.
>>On aimerait qu'avant de pétitionner les intellectuels français fassent leur métier.
C'est vrai que les chercheurs français sont des vraies machines à pétition, on parle tout le temps d'eux. Plus sérieusement, celle-ci est la première "d'envergure", le reste n'ayant été jusque là que des alertes sur le cas des thésards et post-doc en général.
>>Qu'ils réfléchissent au fond et dans la durée ! Ils possèdent le vrai pouvoir, celui des idées et du verbe, et disposent de ce qui est devenu si rare : le temps et la liberté de réfléchir.
C'est vrai qu'ils devraient être raisonnable, on leur annonce que leur situation devrait être réglée à l'horizon 2010. Ils peuvent bien attendre 6 ans quand même, ils ont le temps. C'estvrai que quand 80% de la population concernée se mobilise, il n'y a pas vraiment urgence, juste une mauvaise habitude de gueuler a tort et à travers.
>> Qu'ils cessent de s'enfermer dans des querelles politiciennes franco-françaises et regardent le monde en face : il n'est plus ce monde idéal qu'ils aiment imaginer. Ils doivent abandonner leurs certitudes idéologiques et considérer avec respect les avantages de solutions qui contredisent leurs dogmes.
Valable pour eux comme pour l'auteur du texte. Encore une fois, on utilise les mêmes effets que ceux qu'on reproche aux autres, ça ne prouve rien, ne fait rien avancer, mais ça impressionne. Et en l'occurence ça permet de faire des chercheurs de doux rêveurs pas bien conscients des réalités "ils sont bien gentils, on leur en veut pas, mais ça ne fonctionne pas comme ça, nous on sait ce qu'il en est, eux, ils planent". C'est gentiment discéditant. redoutable comme arme.
>>Si nous avons aujourd'hui cet appel contre la guerre à l'intelligence, c'est aussi parce que se trouve enracinée dans notre pays une culture du tout-Etat dont il nous faudra bien sortir : point de solution hors des pouvoirs et des financements publics ! Cette vision écarte malheureusement d'emblée de nombreuses solutions qui s'avéreraient souvent aussi efficaces qu'équitables. Bien entendu, l'Etat doit réguler de nombreux domaines et définir le périmètre et les objectifs du service public, mais nous pouvons aussi observer que dans bien des cas le moyen de faire vivre ce service public ne passe pas par une organisation systématiquement publique forcément trop rigide. Plusieurs des questions que nous nous posons pourraient trouver leur solution, y compris dans un périmètre bien balisé en termes de contraintes de service public, non seulement grâce à une plus grande décentralisation, fonctionnelle et territoriale, mais aussi par la voie de délégations de service public à des organismes privés. Il faut imaginer des solutions vraiment nouvelles et considérer avec objectivité les avantages et inconvénients de chacune d'elles, sans a priori idéologique et avec beaucoup de pragmatisme. Plutôt que de camper sur des positions désuètes et de fuir les vraies questions, déclarons tous la guerre aux idées reçues et aux a priori.
Pour finir, ménageons la chèvre et le chou. Soyons tous ensemble, alors que je viens de vous renvoyer à vos chères études,vous avez raison, il y a un problème, mais vous n'en avez compris ni les causes, ni tiré les bonnes conclusions.
"Bien entendu, l'Etat doit réguler de nombreux domaines et définir le périmètre et les objectifs du service public, mais nous pouvons aussi observer que dans bien des cas le moyen de faire vivre ce service public ne passe pas par une organisation systématiquement publique forcément trop rigide. Plusieurs des questions que nous nous posons pourraient trouver leur solution, y compris dans un périmètre bien balisé en termes de contraintes de service public, non seulement grâce à une plus grande décentralisation, fonctionnelle et territoriale, mais aussi par la voie de délégations de service public à des organismes privés." Contre le tout-état, mais dites moi, cher monsieur, a qui il faut s'adresser quand ça va pas et qu'il s'agit de la recherche publique? Si il faut décentraliser, ou je ne sais quoi, il faut bien le faire faire par l'Etat, personne ne va décider de ça à sa place.
En bref, l'auteur dénonce le fait qu'on s'en remette à l'Etat, alors qu'il s'agit du seul organisme valable, puisqu'aucun organisme privé n'existe... C'est très étrange...
Bref, je suis pas trop d'accord avec ce monsieur, qui tout prof universitaire qu'ilsoit, me parait un peu léger dans sa démonstration, et même sa rhétorique. |
 | | cubik, 27.02.2004 à 16:31 | 144196 |
|  |  | mouais
comme toujours, comment essayer de rendre rentable une activite qui ne genere pas d'argent (ou pas assez)
ca me rappelle un truc que j'avais vu au zapping
un chercheur de l'industrie pharmaceutique qui travaillait sur une molecule pour combattre le cancer du sein
les resultats etaient tres prometteurs (exemple simple: un flacon temoin sans molecule rempli de tumeur, un avec la molecule ou les tumeurs sont a peine plus grosse qu'un grain de beaute)
resultat: la molecule ne permettant pas de generer suffisament de benefices au gout du labo, placard
et ca, c'est pour un truc qui a une application concrete
la recherche theorique, ca doit etre poubelle tout de suite |
 | |  |  | "l'appel contre la guerre a l'intelligence" c'est tres con sur la forme, mais ca change rien sur le fond (la diminution des moyens de la recherche publique, la liquidation du statut des intermitents... etc)
Mais c'est surtout du pain benis pour le gouvernement et le Medef qui peut pondre des beaux articles plein de conneries comme celui la :o)) |
 | | J-C, 27.02.2004 à 16:07 | 144191 |
|  |  | Appel contre la guerre à l'intelligence, un drame français de plus !
Les Echos du 27/02/2004
Voici donc lancé l'appel contre la guerre à l'intelligence ! La démarche illustre assez bien un de nos défauts les plus graves : surtout ne posons pas les vrais problèmes, de peur que nous ne trouvions de bonnes solutions ! Des pans entiers de notre société seraient donc menacés par ce prétendu anti-intellectualisme d'Etat dénoncé par de nombreux pétitionnaires ! En réalité, ce sont à chaque fois les pouvoirs et les moyens publics qui sont appelés à la rescousse. C'est la seule politique qui vaille aux yeux des pétitionnaires !
Inutile de reprendre l'appel dans tous ses détails. Posons seulement quelques questions relatives à l'enseignement supérieur et à la recherche. Les moyens qui leur sont consacrés dans notre pays ne sont pas assez importants, mais les moyens privés, pas les moyens publics. La part des moyens publics consacrés à la recherche et à l'enseignement supérieur, par rapport au PIB, est tout à fait honorable pour notre pays. Pour la recherche, il y a au moins deux grandes différences entre la France et les grandes nations qui la devancent : les financements privés y sont beaucoup plus importants et le statut des chercheurs et des laboratoires de recherche y est différent. La fuite des cerveaux, tant évoquée, n'est pas le produit de la politique actuelle. Il suffit d'interroger des chercheurs français installés à l'étranger pour comprendre que c'est la qualité de l'environnement de travail, la flexibilité dans l'organisation des laboratoires et la transparence dans le financement des projets de recherche qui les motivent, et pas seulement la rémunération.
Par ailleurs, à l'étranger, les chercheurs sont rarement fonctionnaires, du moins au sens où nous l'entendons ici, avec une fonction publique de statut et non de mission. C'est parce qu'ils sont conscients que le statut de chercheur fonctionnaire, au sein d'une recherche publique caricaturale dans la rigidité de son organisation, ne leur permettra pas de s'exprimer que nos meilleurs cerveaux sont tentés par l'étranger.
Autre point : le début de l'érosion de la part de la recherche française dans le monde coïncide presque année pour année avec la fonctionnarisation généralisée de tous les chercheurs en France. N'y voyons qu'une coïncidence, mais qu'ont à dire là-dessus nos pétitionnaires ? Comment accepter que perdure une situation où l'évaluation est le mot tabou de nos systèmes d'enseignement supérieur et de recherche, alors que ce devrait en être la pierre d'angle, avec une évaluation externe, fondée sur des critères transparents ? Comment arrive-t-on à éluder tout débat national sérieux sur la catastrophique absence d'articulation recherche-industrie en France, sur notre incapacité à créer ces cercles vertueux recherche-innovation-transfert-financement, dont l'absence risque de nous conduire à ne plus pouvoir jouer dans la cour des grands ?
Bien sûr, les réponses à ces questions seraient sans doute contraires aux dogmes dans lesquels s'enferme notre pays. Pourquoi passer sous silence ces rapports qui accablent l'organisation actuelle des grands organismes de recherche, souvent dirigés par de très grands scientifiques, mais qui ne se rendent pas compte qu'il y a bien longtemps que le gouvernail du bateau a été démonté par ceux qui n'ont pas intérêt à un pilotage plus clair ? Est-ce ce gouvernement qui est responsable de tout cela ? Bien entendu que non. Et certains de nos anciens responsables qui clament qu'eux-mêmes vont aller passer plus de la moitié de leur temps à Berkeley feraient mieux de nous expliquer pourquoi, lorsqu'ils en avaient le pouvoir, ils n'ont pas essayé de transposer en France quelques-uns des éléments d'un système auquel apparemment ils trouvent quelques mérites. Et pourquoi ils n'ont rien fait pour modifier ce système ridicule dans lequel nombre de nos conseils scientifiques, dans les universités et les organismes de recherche, sont élus sur listes syndicales. Est-ce un tel système que nos responsables émigrés à temps partiel à Berkeley peuvent voir fonctionner sous leurs yeux ? Pourquoi ce silence sur ce point essentiel ?
Ayant été responsable récemment de la Conférence des présidents d'université, j'ai cru naïvement que certaines des idées que nous avions formulées allaient pouvoir passer dans les faits compte tenu du consensus apparent dont elles bénéficiaient auprès de ministres d'orientations politiques différentes. Un peu d'autonomie, un peu de différence et un zeste de compétition entre établissements ? Que nenni, surtout ne pas risquer de détruire les misérables rentes que notre service public génère sans compter ! Franchement quel avantage y a-t-il à perpétuer encore l'illusion du diplôme national et celle d'un service public d'enseignement supérieur égalitaire, alors que les vraies hiérarchies sont connues et que la réforme européenne en cours va dissoudre le caractère national des diplômes ? Quelle tromperie honteuse à l'égard des étudiants les plus fragiles socialement ! Qui dénonce cela ? Quel avantage y a-t-il à maintenir sous tutelle des universités dont toutes n'ont certes pas la capacité d'assumer une autonomie pleinement responsable mais dont certaines pourraient tirer avantage et, par un effet moteur, entraîner tout le système vers le haut. Non : tutelle organisée pour tous, nivellement par le bas et maintien des rentes individuelles assuré !
Le tabou des droits d'inscription ? Toutes les enquêtes montrent que la gratuité n'a pas permis la démocratisation de l'enseignement supérieur. Au contraire, ce sont les enfants des classes aisées qui profitent le plus de cette gratuité ! Même sur un plan quantitatif, c'est un échec. Deux données terribles pour notre service public : aux Etats-Unis, la proportion d'une classe d'âge obtenant un diplôme universitaire est largement plus importante qu'en France, et 10 points séparent le pourcentage de salariés diplômés de l'enseignement supérieur aux Etats-Unis des salariés français titulaires d'un diplôme post-bac. On me dit que tous les diplômes américains ne valent pas les diplômes français, mais mieux vaut un diplôme que pas de diplôme du tout.
On aimerait qu'avant de pétitionner les intellectuels français fassent leur métier. Qu'ils réfléchissent au fond et dans la durée ! Ils possèdent le vrai pouvoir, celui des idées et du verbe, et disposent de ce qui est devenu si rare : le temps et la liberté de réfléchir. Qu'ils cessent de s'enfermer dans des querelles politiciennes franco-françaises et regardent le monde en face : il n'est plus ce monde idéal qu'ils aiment imaginer. Ils doivent abandonner leurs certitudes idéologiques et considérer avec respect les avantages de solutions qui contredisent leurs dogmes.
Si nous avons aujourd'hui cet appel contre la guerre à l'intelligence, c'est aussi parce que se trouve enracinée dans notre pays une culture du tout-Etat dont il nous faudra bien sortir : point de solution hors des pouvoirs et des financements publics ! Cette vision écarte malheureusement d'emblée de nombreuses solutions qui s'avéreraient souvent aussi efficaces qu'équitables. Bien entendu, l'Etat doit réguler de nombreux domaines et définir le périmètre et les objectifs du service public, mais nous pouvons aussi observer que dans bien des cas le moyen de faire vivre ce service public ne passe pas par une organisation systématiquement publique forcément trop rigide. Plusieurs des questions que nous nous posons pourraient trouver leur solution, y compris dans un périmètre bien balisé en termes de contraintes de service public, non seulement grâce à une plus grande décentralisation, fonctionnelle et territoriale, mais aussi par la voie de délégations de service public à des organismes privés. Il faut imaginer des solutions vraiment nouvelles et considérer avec objectivité les avantages et inconvénients de chacune d'elles, sans a priori idéologique et avec beaucoup de pragmatisme. Plutôt que de camper sur des positions désuètes et de fuir les vraies questions, déclarons tous la guerre aux idées reçues et aux a priori.
BERNARD BELLOC est professeur à l'université de Toulouse-I, président honoraire de l'université de Toulouse.
At'chao ! |
 | | J-C, 26.02.2004 à 16:35 | 144006 |
|  |  | Les produits de viande français interdits de marché américain
Les Echos le 26/02/2004
Les mesures portent sur 10 millions d'Euros de chiffre d'affaire par an. La filière foie gras est la plus touchée.
Critiquée coté français, la décision, mardi soir, du département américain de l'Agriculture de suspendre toutes les importations de produits de viande français, dont le foie gras et la charcuterie, est justifiée aux Etats-Unis par des "carences" du système français de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments. Pris conteste vigoureusement ces mesures, qui portent sur 10 millions d'Euros d'exportations annuelles, dont 4 millions pour le foie gras. "La France ne partage ni les constats qui ont été effectués par les autorités américaines ni les conclusions qu'elles ont cru devoir en tirer", a indiqué le ministère de l'Agriculture dans un communiqué. "La sécurité sanitaire des aliments n'a jamais été mise en défaut par les directions départementales des services vétérinaires."
Une délégation du ministère français s'est rendu lundi à Washington pour présenter les mesures déjà prises par la France en réponse aux exigences américaines. Des représentants de l'union Europèenne étaient aussi présent pour évoquer plus largement les problèmes dus aux différences de normes entre l'UE, qui applique un standard international connu sous le sigle HACCP ("hazard analysis and critical control point"), et les Etats-Unis, qui en appliquent une version dérivée. Des différences à l'origine d'autres tensions avec d'autres pays comme l'Italie, les Pays-Bas, l'Irlande, la Pologne ou encore la Hongrie, qui viennent de subir la même interdiction que la France.
Une analyse différente
La mesure annoncée par Washington a surpris par son ampleurcar les 11 établissements agréés en France sont frappés d'interdiction. Or les inspections américaines réalisées du 15 janvier au 5 février n'avaient débouché que sur la radiation de 3 établissements. Le retrait d'agrément à tous les établissements d'un pays "n'arrive pas souvent", a reconnu à Bruxelles la porte-parole du commissaire chargé de la santé, David Byrne. L'Union Européenne a "regretté" la décision américaine et va assister la France dans le règlement du dossier.
"Le problème vient d'une analyse du risque différente de chaque coté de l'Atlantique", souligne une source européenne. Ainsi, dans une des usines de foie gras inspectée, l'inspecteur américain a estimé qu'il y avait un risque que des sous-produits normalement placés dans des bacs gris lors de la transformation se mélangent accidentellement au foie gras placé dans des bacs jaunes. L'usine a été prise en défaut pour ne pas avoir fait d'étude sur ce risque potentiel -qui ne s'est jamais matérialisé-, et donc pour ne pas avoir mis en place une procédure de prévention... On relève aussi, coté européen, que les inspecteurs envoyés à l'étranger n'appartiennent pas au même corps que ceux qui inspectent les usines situées aux Etats-Unis, ce qui alimente les soupçons de double standard : moins sévère pour les produits locaux et plus pour les produits importés.
Nicolas Barré
At'chao ! |
 | |  |  | | En parlant de foie gras et autres volailleries, les américains devraient plutôt interdire les Bush. |
 | | cubik, 25.02.2004 à 20:26 | 143803 |
|  |  | | les 100% de surtaxe sur le foie gras, c'est effectivement pasqu'on veut po de leur boeuf aux hormones |
 | |  |  | Les etats unis interdisent l'import de foie gras et autres volailleries. Pkoi ? Nos verifications de qualité sont differentes des leurs.
D'un autre coté, on refuse l'import de leurs poussins d'1 jour sur notre territoire. Raison ? Hygiene encore.
Bref, les 2 coté se reprochent des trucs equivalents :o) |
 | | J-C, 25.02.2004 à 17:35 | 143748 |
|  |  | pareil que jon.
At'chao ! |
 | |  |  | | C'est juste que c'est la période des élections Us et que toutes les voix sont bonnes à prendre pour Bush. |
 | | cubik, 25.02.2004 à 17:12 | 143742 |
|  |  | tiens, j'ai entendu ce matin aussi que les etats-uniens interdisaient l'importation des cochonailles francaises, et autres specialites de viande genre le foie gras
apparement, y a des inspecteurs qui seraient venus visiter des entreprises francaises et sur la vingtaine visitee, y en aurait 3 ou il y aurait des problemes mineurs, genre des bordereau de livraison qui n'auraient pas une couleur habituelle
du coup, ils ont ferme les importations
le foie gras etaient deja taxe a 100%, maintenant, c'est "on prend plus"
y nous aiment vraiment po, hein?
ou c'est just epour sauver des emplois ricains? |
 | | J-C, 25.02.2004 à 16:49 | 143735 |
|  |  | Américains et Indiens : un nouveau western !
Les Echos le 25/02/2004
Alors que la France s'interroge sur sa désindustrialisation, l'Amérique s'inquiète de la fuite de ses services. Les délocalisations d'emplois qualifiés (programmeurs informatiques, analystes financiers, experts-comptables, etc.) sont aujourd'hui au centre de la précampagne électorale américaine. Une nouvelle fois, ce sont les Indiens qui sont la cible des Américains - mais dans ce nouveau western, il s'agit des Indiens de Bangalore (la Silicon Valley indienne) et de Bombay. Aux Etats-Unis en effet, la croissance est là, pas les emplois : pour l'opinion, les pays à très bas salaires - l'Inde, la Chine, voire la Bulgarie ou la Russie - en sont les responsables.
A quelques mois de la présidentielle, ce débat alimente les pressions protectionnistes. Soucieux du soutien des syndicats, aucun candidat à la candidature démocrate n'a osé jusqu'à présent reprendre le discours, très libre-échangiste, qu'avait tenu, en son temps, Bill Clinton. Les républicains ne font guère preuve de davantage de courage. Dans plusieurs Etats comme au niveau fédéral, des lois visant à sanctionner les entreprises qui procèdent à des délocalisations sont en débat. Au grand dam du business - les plus prestigieux, les Hewlett-Packard, Microsoft, General Electric ou Intel étant, en la matière, des champions.
Pour les économistes des deux camps, également convaincus que rien ne serait pire que de légiférer pour empêcher les délocalisations, le climat est particulièrement délicat. Gregory Mankiw, le chef des conseillers économiques du président George W. Bush, a failli en perdre son job. L'ex-professeur de Harvard avait déclaré au Congrès que « les délocalisations (celle-là comme les autres) sont certainement à long terme un plus pour l'économie ». La « gaffe » a provoqué une violente poussée de fièvre chez les républicains. L'hebdomadaire « Barron's » a suggéré que la Maison-Blanche délocalise ses conseillers économiques ! Du côté démocrate, Alan Blinder, l'un des proches de John Kerry, se fait très discret. Il a publié, il y a peu, un livre (« Downsizing in America : Reality, Causes and Consequences ») dans lequel il expliquait que, conformément à la « destruction créatrice » chère à Joseph Schumpeter, aux Etats-Unis, « le nombre de nouveaux emplois créés a toujours été, et de loin, très supérieur à celui des emplois supprimés ».
Cela étant, si le débat sur les délocalisations n'est pas nouveau, il n'en prend pas moins aujourd'hui une nouvelle dimension. Ce sont en effet désormais des emplois que l'on croyait préservés du risque de fuite qui quittent l'Amérique. Dans une première étape, les délocalisations avaient affecté les emplois industriels les moins qualifiés (textile, habillement, jouet, électronique, etc.). Dans une seconde phase, le mouvement migratoire s'était élargi aux activités de services exigeant encore des qualifications relativement modestes (centres d'appels, comptabilité, services après-vente, etc.). La grande nouveauté, c'est qu'aujourd'hui, « Internet et l'Inde » ouvrent la voie à des migrations massives de postes à haute qualification. A Davos au début de l'année, parmi les industriels du high-tech, le constat était unanime : ce sont désormais leurs départements echerche et développement qu'ils vont tous, de Microsoft à Siemens, installer à Bangalore ou à Shanghai. Avec des salaires et charges de cinq à dix fois inférieurs, les coûts y sont moins élevés, les personnels beaucoup plus motivés, et les contraintes réglementaires moins fortes.
Pour les économistes des deux camps, il n'y aurait pas matière à paniquer. Si elle donne quelques signes de faiblesse, la machine à créer des emplois va reprendre son souffle. Comme toujours, il y aurait un décalage dans le temps entre le redémarrage de l'activité et la reprise des emplois. Ce décalage serait cette fois-ci un peu plus long parce qu'il fait suite à une phase de « surembauche », à cause aussi des gains exceptionnels de la productivité (4,2 % en 2003 après 4,9 % en 2002) rendus possibles par la révolution technologique en cours. Dans les années à venir, la progression de ces gains devrait se ralentir et obliger les entreprises à reprendre leurs embauches.
De fait, essoufflée depuis l'explosion de la bulle Internet, la machine n'en a pas moins produit une performance remarquable. Entre 1980 et 2002, la population américaine a augmenté de 24 % alors que le nombre de jobs dans le pays a crû de 37 %. Il y a aujourd'hui près de 140 millions d'Américains au travail (près de 64 % de la population totale), un niveau légèrement inférieur à celui atteint en 2000, mais qui reste proche des records historiques. Face à cela, la délocalisation vers les pays en développement évaluée par le cabinet Forrester pour les quinze prochaines années à quelque 3,3 millions d'emplois ne devrait pas constituer un problème majeur. De nouveaux jobs viendront les remplacer - et au-delà.
Dans une récente tribune publiée par le « Wall Street Journal », représentative du point de vue des industriels américains, Carly Fiorina, le PDG de Hewlett-Packard, rejette naturellement toute réaction protectionniste et plaide pour un effort accru, dans les entreprises comme au niveau de l'Etat fédéral, « en matière de formation, de recherche et développement et de créativité ». A l'instar de Steven Ballmer, le PDG de Microsoft, de nombreux dirigeants craignent que ces délocalisations ne démobilisent le pays : « Les Etats-Unis ne sont déjà plus qu'au troisième rang dans le monde par le nombre, chaque année, de diplômés des sciences informatiques, derrière l'Inde et la Chine », faisait-il remarquer récemment, ce qui, à ses yeux, constitue une menace pour la maîtrise, par l'Amérique, de son leadership dans ces industries nouvelles.
L'industrie de base hier, les services aujourd'hui, la recherche et développement demain : l'extension du champ couvert devrait conduire à s'interroger sur la pertinence d'une réponse aux délocalisations par la seule qualification. De toutes les matières premières, la matière grise est, à l'évidence, la plus mobile, la plus délocalisable aussi. Au-delà de l'incantation à la formation, à l'innovation et à la qualification, les pays industriels devraient peut-être chercher à cultiver, pour les emplois de demain, un autre gisement autrement plus prometteur, celui des emplois « indélocalisables » - des emplois de service à la personne par exemple. Jamais, depuis Bangalore, un jeune Indien, même très bien formé et mal payé, ne pourra aider à se déplacer une personne âgée dans sa maison de retraite de Miami. Jamais, depuis Shanghai, un Chinois, même de très haute qualification, ne pourra arranger les jardins publics de Strasbourg !
ERIK IZRAELEWICZ est rédacteur en chef éditorialiste des « Echos »
At'chao ! |
 | |  |  | >> Et pour les belges (pour les non-belges y'a des liens pour ceux que ça intéresse):
>> http://ducarme.tuxfilter.org
Entre ça et le statut des intermittents en France, sale temps pour les artistes...
Ca laisse présager des lendemains radieux pour starAc et consort. :o((((((
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 | |  |  | >>"La mésaventure, a-t-il dit, l'a convaincu que la présidentielle russe était "un jeu sans règles"
Pourquoi, il en doutait ? |
 | | bat, 14.02.2004 à 20:52 | 141428 |
|  |  | je sais pas si c'est vrai, mais, en tout cas, ça me fait bien rire (jaune) :
Le candidat russe Rybkine restera à l'étranger jusqu'à la présidentielle
LONDRES (AP) - Yvan Rybkine, ce candidat à la présidentielle russe qui avait mystérieusement disparu pendant plusieurs jours, a déclaré vendredi à Londres qu'il avait été drogué et que l'on avait tourné un film compromettant à son insu pendant qu'il était détenu en Ukraine.
M. Rybkine a annoncé son intention de poursuivre sa campagne électorale mais depuis Londres car il craint pour sa vie.
Juste après sa réapparition en Ukraine, le candidat avait d'abord annoncé qu'il avait simplement pris quelques jours de congé" à Kiev, alors que son équipe de campagne avait signalé sa disparition à la police. Il a indiqué vendredi devant une foule de journalistes à Londres qu'on l'avait fait venir à Kiev en lui laissant espérer un entretien avec le président tchétchène déchu Aslan Maskhadov sur de possibles propositions de paix.
M. Rybkine, qui est un adversaire acharné du président Vladimir Poutine, a promis la fin des hostilités en Tchétchénie dans les six mois s'il était élu le 14 mars.
Il a subitement eu sommeil après qu'on lui eut servi du thé et des sandwiches dans un appartement de Kiev où il était censé rencontrer M. Maskhadov le vendredi 6 février. Il s'est réveillé plus tard dans un autre appartement où deux hommes armés lui ont dit qu'on était mardi 10. Ses interlocuteurs lui ont montré les articles signalant sa disparition ainsi qu'une cassette vidéo compromettante. Yvan Rybkine a refusé de préciser en quoi consistaient les images, se bornant simplement à dire que c'était l'oeuvre de "pervers".
La mésaventure, a-t-il dit, l'a convaincu que la présidentielle russe était "un jeu sans règles". AP
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 | | frads, 09.02.2004 à 16:37 | 139642 |
|  |  | Et ça:
Le rock belge francophone en émoi
S.L.
Mis en ligne le 03/02/2004
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Le secteur du rock belge francophone se mobilise. Artistes, organisateurs de concerts, labels, agents... devaient se réunir mardi en fin de soirée au Théâtre de Namur, afin de décider d'éventuelles actions de protestation. En cause: la diminution drastique des budgets alloués par la Communauté française au rock, à la suite d'une redistribution des aides au sein du secteur des musiques non-classiques. Celle-ci, décidée dans le cadre du budget 2004 par le ministre des Arts et Lettres Daniel Ducarme (MR), est, par contre, favorable à de gros événements comme les Francofolies.
Au bout du compte, les aides allouées par le «Programme Rock» de la Communauté (aides à la diffusion et à la promotion), qui avaient atteint 200000 € en 2003, pourraient être réduites à 57000€ en 2004, s'inquiète l'asbl Court-Circuit, organisatrice de la réunion de mardi. Et ce alors que le rock wallon et bruxellois a particulièrement le vent en poupe. «C'est tout un milieu et des années de travail qui s'effondrent», déplore l'asbl au nom du secteur. Si l'intervention de la Communauté dans les cachets des artistes soutenus diminue ou disparaît, «soit ils devront jouer au rabais, soit des concerts seront annulés - c'est déjà le cas de quelques-uns».
© La Libre Belgique 2004 |
 | | frads, 09.02.2004 à 16:35 | 139641 |
|  |  | Puis ça:
Rock, jazz et world montent le son
Sophie Lebrun et C.Pt
Mis en ligne le 04/02/2004
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Le secteur «non classique» s'organise pour protester contre le manque de moyens et de reconnaissance.
Des festivals vont refuser la subvention communautaire.
JULINE HUNIN
Un vent de révolte a soufflé, mardi soir, dans le salon du Théâtre de Namur. Une septantaine d'acteurs du rock, mais aussi du jazz, du blues et des musiques du monde (artistes, organisateurs de concerts et de festivals, distributeurs, labels...) avait répondu à l'appel de l'asbl Court-Circuit. Le centre d'information et de promotion de la scène belge francophone avait tiré la sonnette d'alarme, face à la diminution des budgets alloués aux musiques dites non classiques en 2004, et probablement à une redistribution favorable à quelques gros événements tels les Francofolies, la Biennale de la chanson, le festival Eu'Ritmix.
Le rock est l'un des secteurs qui fera les frais de cette nouvelle donne, dessinée par le ministre des Arts et Lettres, Daniel Ducarme (MR), et approuvée en décembre par le Parlement de la Communauté. Le budget total consacré à la diffusion (tournées) et la promotion des artistes rock, très complexe tant il est éclaté entre différents postes, avoisinait les 250000 € en 2003 (y compris la diffusion en maisons de jeunes et via les organes d'éducation permanente, et la Boutique Rock, bourse annuelle aux spectacles). Or, ce budget risque d'être réduit de trois quarts en 2004, évalue-t-on à l'administration de la Communauté. Seul petit espoir (mais pas de quoi combler le fossé): une éventuelle rallonge issue des budgets «bourses et prix», qu'aurait promise Daniel Ducarme.
Réunion avec Ducarme le 16
Le coup semble d'autant plus dur que le rock belge francophone se porte bien. L'exemple le plus récent est le joli succès que connaît le concert de Girls in Hawaii, Sharko et Ghinzu, le 12 février à l'Ancienne Belgique: la grande salle affiche complet. Au moment où le secteur prend un bel envol, on lui coupe les ailes?
A cette interpellation, le ministre Ducarme, contacté par nos soins, répond, par la voix de son porte-parole, qu'il a pris
«connaissance de la situation», et doit rencontrer les membres de la Commission consultative des musiques non classiques le 16 février, pour étudier la situation. Tout en signalant que son intention reste de « renforcer des pôles d'excellence, comme le sont les festivals leader » en Communauté française...
En attendant, Fabrice Lamproye, responsable du label et organisateur de concerts Soundstation (Liège), s'étonne que des députés disent avoir été «mal informés» et n'avoir pu obtenir le détail des budgets. «Je ne comprends pas qu'ils soient si mal informés, alors qu'on a élaboré un rapport consistant sur les musiques non classiques il y a moins de deux ans. Comment peut-on en faire fi?»
Le secteur balaie toutefois devant sa porte: il ne se fait pas assez connaître des élus du peuple. «Face à la crise, il nous manque un esprit d'équipe, une association représentative pour faire du lobbying politique» résume Olivier Marette, directeur de Distrisound (distributeur).
D'autres soucis
En outre, le manque de moyens n'est que le symptôme du manque de reconnaissance de ces musiques «non classiques» - ainsi que les pouvoirs publics s'obstinent à les définir négativement. «C'est une crédibilité, du respect, que nous devons récupérer, dit le chanteur de Yel, Jean-Christophe Van Achter. Nous aussi, nous attirons beaucoup de monde, nous sommes porteurs de culture, des artistes à part entière. Et pas les «fumeurs de joints» auxquels certains nous réduisent.» Les artistes francophones cumulent d'ailleurs les soucis, fait remarquer Loïc Bodson, chanteur de Flexa Lyndo: statut de l'artiste, problèmes de droits d'auteur - «On impose un précompte sur les droits d'auteur... comme si on vivait tous de notre musique!» - manque de salles... D'autres dénoncent la «politisation des budgets des festivals».
Agir avant les élections
Les artistes et organisateurs sont bien décidés à sensibiliser le public.
«Les élections régionales, c'est en juin, rappelle Carlo Di Antonio, interpellons les politiques.» Le directeur du festival de Dour a déjà pris une autre décision: «Dour refusera sa subvention cette année. Mieux vaut être tout à fait libre qu'avoir des miettes. On fera un festival sans subvention de la Communauté et on l'affichera.» L'organisateur du Nandrin Festival, Michel Lemmens, annonce qu'il fera de même. Et Esperanzah! pourrait suivre le mouvement. Tandis que certains artistes ont décidé d'énumérer leurs revendications avant leurs concerts. «Jazz, blues, world, rock: on est tous dans la même galère», rappelle Philippe Dethy, co-organisateur de Nam'In'Jazz.
Dans l'immédiat, le secteur diffuse son SOS par courriel interposé, envoyé tous azimuts.
© La Libre Belgique 2004 |
 | | frads, 09.02.2004 à 16:34 | 139638 |
|  |  | On commence par ça:
Va-t-on continuer à faire de la musique?
QUENTIN DUJARDIN
Mis en ligne le 05/02/2004
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La répartition des subventions pour la musique non classique favorise de plus en plus les diffuseurs au dépens des créateurs. Il est temps de tirer la sonnette d'alarme
Guitariste-compositeur
Quand le rêve de devenir artiste en Communauté française se transforme en réalité jour après jour, c'est un accomplissement. Quand ce rêve s'accompagne d'un combat honnête et quotidien pour se faire reconnaître, c'est une profonde joie. Quand ce rêve se frotte à l'aberration de certaines décisions politiques, c'est un danger pour la culture en général, bien plus, un risque de voir disparaître les réelles forces de création en Communauté française.
Derrière ce terme aberration qui pourrait passer pour relativement choquant aux oreilles du ministre Ducarme (*), ne se cache rien d'autre qu'une envie de tirer la sonnette d'alarme au nom de la grande majorité des artistes actifs en Communauté française: attention, Monsieur le Ministre, on ne joue pas avec notre fabuleux destin!
Quelques chiffres en disent long sur la situation de plus en plus précaire pour les artistes du secteur des musiques dites «non-classiques» (rock, world, jazz, pop...). Ainsi de la subvention annuelle allouée en 2003, qui équivaut à 1,573 millions d'euros contre 23,921 millions d'euros pour le secteur des musiques dites «classiques».
A noter que cette subvention octroyée au secteur non classique est en recul systématique depuis quelques années mais voit, par contre, celle du secteur classique en augmentation par rapport à l'année 2002. L'évidente inégalité entre ces deux postes se veut encore plus forte lorsque l'on s'aperçoit que malgré tout, le domaine de la création en non-classique est en augmentation au vu du nombre de dossiers introduits en 2003 auprès de la Communauté française dont une grande majorité passe, malheureusement, à la trappe par manque de subsides. Attention, il ne s'agit surtout pas de nous battre avec nos amis du classique mais tout simplement d'attirer l'attention sur ce déséquilibre que nous pourrions qualifier de bizarre, bizarre, nous avons bien dit bizarre...
Autre évidence: le nombre de créations de nouveaux festivals inscrits dans le cadre de cette démarche culturelle appelée aujourd'hui «diversifiée» est en explosion. Et même plus, leur fréquentation se porte à merveille. Ne citons que ces quelques exemples impressionnants du Festival Esperanzah', qui pour sa seconde année d'existence a drainé une foule de quelque 5000 personnes cet été, ou encore du Wardin'rock ou bien encore le Festival d'Art de Huy; la liste pourrait encore s'allonger....
Mais revenons-en un instant à ce malaise de la création en vous exposant mon cas, loin d'être isolé!
A la mi 2003, j'ai introduit mon dossier auprès de la Commission responsable des aides à la production discographique afin d'obtenir 3602,44 euros. Une somme qui a peut-être une signification concrète obscure, mais non moins réelle. Sans elle, moins d'aisance pour la création, moins de facilités pour les heures passées en studio, moins de possibilités de soigner le mixage, d'ajouter des instrumentations ou de faire venir des musiciens supplémentaires pour parvenir au bout de son idée.Si minimes soient ces aides, elles ont pour un artiste qui tente de vivre de sa musique un aspect très palpable. S'en priver, c'est condamner la création à ne plus parler que d'une seule voix, c'est se contenter d'une création qui restera toujours en surface.
Pour toute réponse à ma demande respective, je reçois quelques mois plus tard en retour une lettre annonçant, je cite: « Nous sommes au regret de vous annoncer qu'il n'a pas été possible de réserver une suite favorable pour votre dossier. En effet, celui-ci n'a même pas pu être examiné par les secteurs des Musiques non-classiques, tous les subsides de l'année étant épuisés. »
Pauvre Communauté française! L'essentiel n'est plus aujourd'hui de mettre en balance la qualité de nos productions. Mais ce n'est plus non plus une question d'argent, puisqu'il n'y en a plus. Par contre, sans doute faudrait-il penser à se recycler dans des métiers tels que diffuseurs de créations car là, il y a des sous, si on en juge par la nouvelle répartition des subsides publics dans le secteur «non-classique».
Plus de 50 pc de ce budget annuel sont en effet consacrés à la seule diffusion de la musique contre 12pc seulement pour la production discographique. Logique implacable de la politique actuelle: mieux vaut sponsoriser avec ce budget la diffusion de quelques événements annuels et faire sensation auprès du public avec une grosse campagne de pub, matraquage à l'appui, plutôt que d'aider 100 «petits artistes» à développer leurs créations.
Quels artistes belges verra-t-on aux grands festivals d'été en 2015, sinon peut-être l'un ou l'autre pur produit belge expatrié en France non plus par habitude mais par obligation? Quelle sera la représentation offerte à la musique traditionnelle en 2010 quand on sait que sa subvention annuelle représente, en 2003, 0,52pc du budget annuel du secteur «musique non classique», soit environ 66300 euros. (Par comparaison, la clef de répartition attribue 23,89 pc du budget à la chanson, 21,02pc au rock et au blues, 21,02pc au jazz, 19,17pc aux musiques du monde, 11,46pc et 4,36pc à la chanson jeune public.) A-t-on mesuré combien d'artistes dépendent de ce qui n'est parfois que des miettes?
L'impression que tout cela nous laisse est que l'on scie la branche sur laquelle nous sommes tous assis, artistes comme programmateurs, politiciens comme managers. De notre côté, nous proposons de nous arrêter un instant et d'en reparler sérieusement. Quelle culture pour demain? Sur quelles certitudes les artistes pourront-ils se baser demain? Qui fera encore, demain, le choix d'être artiste en Communauté française? Est-on certain d'avoir fait les bons choix afin d'offrir à chacun une chance de connaître ce métier d'artiste? Va-t-on continuer à faire de la musique?
Quentin Dujardin, musicien issu de la world-music, était cet été sur les scènes du Gaume Jazz Festival, du Festival d'art de Huy ou encore au Théâtre royal de Marrakech. Il est responsable d'Agua Productions.
Webhttp://www. quentindujardin.com
(*) Lire l'article en Culture sur la mobilisation du Programme rock avec la réaction du Ministre Ducarme.
© La Libre Belgique 2004 |
 | | cubik, 03.02.2004 à 14:12 | 138272 |
|  |  | >> pour revenir sur tapie, d'accord il ne fait plus de politique, mais ce qui me gène, c'est qu'on oublie qui est le personnage et qu'on commence à l'admirer ou le trouver sympathique... c'est quand même relativement inquitétant, je trouve...
ben s'il est bon acteur, je vois po de raison de po l'admirer
je dis ca sans jamais l'avoir vu sur scene hein :) |
 | |  |  | Quant à Bernard Tapie, il a été jugé et condamné, non ? Il a donc payé sa dette envers la société. Et même les (anciens) escrocs peuvent être sympathiques.
Pour ma part, je n'ai pas une grande sympathie pour Tapie, mais je préfère autant qu'il présente des émissions de télé et soit acteur. Au moins, ça lui évite de diriger des entreprises, et de les mener à la faillite ;o) |
 | |  |  | Comme le souligne claude, c'est un triste spectacle que nous donnent, encore une fois, les élus chargés en théorie de nous représenter, et de régler nos problèmes : chômage, précarité, éducation, liens sociaux, perspectives d'avenir, etc, etc...
Et je ne crois pas non plus que le petit sort personel de Juppé soit la préocupation prioritaire des gens de la "France d'en bas".
Mais l'affaire Juppé a ceci d'important qu'elle est, encore une fois, la révélatrice du fossé grandissant qu'il y'a entre les politiques (et leurs magouilles réelles ou supposées) et les préocupations des gens.
A ce propos, je ne crois pas que le ton adopté pour la campagne des régionales au PS soit très judicieux (Huchon vient de traiter les gens de l'UMP de "menteurs et bonimenteurs"). Si ça commence comme ça, ça promet un débat des plus élevés, et proche de nos préocupations quotidiennes. |
 | | bat, 03.02.2004 à 12:39 | 138228 |
|  |  | | pour revenir sur tapie, d'accord il ne fait plus de politique, mais ce qui me gène, c'est qu'on oublie qui est le personnage et qu'on commence à l'admirer ou le trouver sympathique... c'est quand même relativement inquitétant, je trouve... |
 | |  |  | c'est pas tant le fait qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre (le 'tous pourris' très peu pour moi), c'est le fait qu'en se réjouissant de ça, ils jouent exactement le même jeu de ceux qui trouvent ça injuste.
Y'a absolument rien à commenter, ni en bien ni en mal, et si pour eux, le fait que Juppé soit présent ou non dans le paysage politique est si important, c'est vraiment qu'ils n'ont pas grand chose à proposer (à droite comme à gauche). |
 | | J-C, 03.02.2004 à 12:27 | 138223 |
|  |  | bien d'accord avec toi, jon, je répondais juste au gens qui les mettent dans le même panier.
attention, je ne pleure pas sur le sort de Juppé, loin de là. mais je suis scandalisé de voir les réactions des autres partis qui crient victoire comme si il y avait eu une grosse bagarre, alors que franchement, il n'y en a pas un pour rattrapper l'autre.
comme je l'ai dit et répèté, il est responsable d'agissements contraire à la loi, il a été trouvé coupable, il doit donc être condamné. il y a appel, on attend le jugement en appel, point !
At'chao ! |
 | |  |  | La question n'est pas de savoir si ce qu'il a fait, au nom du RPR, est pire ou moins pire qu'un acte de délinquance envers une vieille dame.
Les faits sont clairs. Il y'a une loi qui interdit certaines pratiques, loi qui prévoit des peines de prison et d'inéligibilité automatique, et cette loi a été violée par le responsable d'un parti politique, Alain Juppé, qui a été condamné pour ça. Point.
Les gens comprennent de moins en moins cette vieille idée ancrée dans la tête des politiques qui considèrent qu'ils sont "responsables mais pas coupables".
|
 | | J-C, 03.02.2004 à 12:19 | 138221 |
|  |  | ah mais j'ai pas dit qu'il ne devait pas être condamné mais disons que la finalité n'est pas la même. je le répète, ça n'excuse rien mais je dis juste que c'est différent des types qui agressent les gens dans le métro ou qui cambriolent les maisons. c'est pas bien, c'est normal qu'il paye.
At'chao ! |
 | | june, 03.02.2004 à 12:18 | 138220 |
|  |  | >Bravo la démocratie !
il faut assimiler que la démocratie comme garant d'un équilibre entre les différentes "couches" du peuple, ca n'est qu'un concept qui vaut quand meme beaucoup plus en théorie qu'en pratique, non ? comme la justice ou le communisme : c'est super chouette sur le papier.
et puis, Juppé qui tombe, je serais hyppocrite de m'en plaindre, c'est un régal, mais bon, dans l'autre camp (le bon, hin hin hin), on revoit aussi des mecs comme Fabius qui étaient censés ne plus faire parler d'eux pendant un looonnnnng moment, hein, suite a l'affaire que vous savez... Juppé n'a pas fini de nous les briser, n'ayons crainte, il reviendra. |
 | |  |  | | c'est ce que je dis, ça arrive à peine à m'énerver. Ces réactions là, mais aussi celles des partis qui crient victoire, que c'est bien et tout. Non, c'est pas bien, c'est juste une décision de justice, et si ils en sont à se féliciter de ça, c'est à pleurer devant leur sens étrange des priorités... |
 | |  |  | ouais enfin, le coup de "il a rien touché, c'etait pour le RPR" ca un peu limite comme excuse, avec les sous du parti on peut embaucher des amis (même si ce sont des vrais emplois), on peut payer des voitures de fonctions...
il a rien touché mais il en a beneficier quand meme indirectement.
prendre du surcis et de l'inegibilité pour ca, meme si il n'est que le "fusible", ca en fait pas un martyr... |
 | | J-C, 03.02.2004 à 11:59 | 138210 |
|  |  | sur le fait que les hommes politiques soient surpris que la loi s'applique à eux, il y aurait beaucoup à dire mais je je pense que la seule chose qui s'impose, c'est de se taire et de voir ce qui se dit en appel.
quant à savoir si Juppé est honnête ou pas, je pense que la question n'est pas là, il a été condamné pour des faits qui ne lui bénéficiaient pas à lui mais à son parti. c'est pas mieux mais c'est un peu différent de quelqu'un qui attaque une vieille dame pour lui piquer son sac.
At'chao ! |
 | |  |  | Tout à fait d'accord avec Nyl.
Pour Devedjian, au passage, il faut savoir que c'est un proche de Sarkozy, et que sa défense de Juppé, est...disons, un peu hypocrite. Et puis, c'est un Ministre de seconde zone. Mais il a été l'avocat de Chirac, et ferait mieux de se taire.
Non, le plus grave, sont les réactions du chef de l'Etat, du chef du gouvernement, du Ministre des Affaires étrangères, des autres ministres (sauf Sarkozy, rival politique de Juppé et qui en a dit le moins possible) et de tout l'UMP, pour dire que Juppé est un "homme honnête" et qu'en somme, le jugement ne valait rien, ce qui est tout à fait faux, vu que ce jugement fait certes l'objet d'un appel, mais qu'il n'est que suspendu pendant cet appel, et non infirmé comme voudraient nous le faire croire certains proches de Juppé, dont des éminents juristes).
Ce n'est que la Cour d'appel qui a le pouvoir d'infirmer ce jugement (effet dévolutif) et non le fait de faire appel. Ce jugement n'est donc, bien entendu, pas "ramené à zéro" comme on a pu l'entendre.
L'autre point choquant est le fait de mettre en doute la parole des hauts magistrats de Nanterre qui affirment avoir reçu des pressions et des menaces.
A ce propos, la commission administrative qui vient d'être nommée par Chirac n'est qu'un écran de fumée (même si elle est composée de hautes personnalités) et ce n'est qu'un juge d'instruction chargé spécifiquement d'enquêter sur ces affirmations qui aurait l'indépendance et l'autorité nécessaire pour faire tout la lumière. |
 | |  |  | d'accord merci :o)
tout pareil donc :) |
 | | nyl, 03.02.2004 à 11:25 | 138198 |
|  |  | Matthieu : c'est les réactions des "copains" de Juppé qui m'éffraient. Il serait mort ils réagiraient aussi fort : je comprends pas que les politiques discréditent autant les juges dès qu'il s'agit d'eux alors que quand c'est pour les ptits délinquants qui font du bruit dans les cages d'escalier faut être sévère. Je comprends pas qu'on puisse dire d'un type qui vient d'être condamné en première instance qu'il est indispensable au pays quand on est président de la république ou premier ministre. Je ocmprends pas que De Vedjian (chais pas comment ça s'écrit jprens l'option comme ça se prononce) puisse dire "c'est pas juste" . Dans ces cas là on se la ferme et on fait appel.
Je les avais jamais trouvé très crédible mais là je crois que c'est pire que tout. |
 | |  |  | | Ne sois pas dégouté, au second tour de la présidentielle, voter Chirac n'était pas un choix, mais une obligation (Eh, oui, on en est là...) |
 | | xaxa, 03.02.2004 à 10:04 | 138178 |
|  |  | Pareil de Jon, JC & Mr_CLAUDE.
personnellement, je fais parti des bonnes poires
qui se sont fendus d'1 vote Chirac,
parce que bon, faut pas déconner.
& quand je vois ce qu'il en retourne,
eh ben je suis de en dégouté.
Je me vois dans l'impossiblité de n'envisager
que l'abstention comme engagement politique?
Bravo la démocratie ! |
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