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Pierre, 15.01.2016 à 11:10360923
NDZ :

Merci Pierre pour ce texte. ICI un embryon de réponse quant à l'utilisation des couleurs...


Très intéressant ! Dommage que l'analyse ne soit pas prolongée sur davantage de planches.

Thierry, 15.01.2016 à 10:44360921
Enfin lu ce livre de Zeina Abichared. Je l'avais offert à ma chérie, me disant quie le sujet et l'approche graphique devrait lui plaire. En effet, elle a aimé.
Je n'en avais jamais lu moi-même. Premier essai donc.
Le Piano Oriental est le récit croisé d'une double-culture.
Celle du grand-père de Zeina, qui rêvait de mettre au point un piano qui permette de jouer la musique orientale (qui réclame des quarts de ton là où le piano ne permet que les demi-tons, je suis une buse en musique, j'avoue) et celle de Zeina, qui a grandi dans cette double identité libanaise et française, mélant langues, traditions, habitudes arabe et française.
Le fond reste relativement léger, mais Zeina Abichareb réalise des pages remplies de petites idées, mélant dessin et texte, représentation métaphoriques, enluminures... qui rendent son livre délicieusement rafraichissant. Il y a de jolies choses, même si le livre est un peu trop long à mon gout. Il n'y a rien de révolutionnaire ni de particulièrement original, mais un bel équilibre pour un livre chaleureux et joli. Je vais oser une comparaison sans doute un peu ridicule, mais il y a une approche qui n'est pas sans rappeler Amélie Poulain: une histoire simple mais emballée dans un curieux mélange de bons sentiments, de friandises visuelles, de brics et de brocs qui constituent univers visuel séduisant, témoin d'un monde fantasmé (le Beyrouth d'avant la guerre civile) qui inspire la nostalgie.
C'est très joli, et c'est déjà bien.

NDZ, 13.01.2016 à 11:42360888
Pierre :




Arsène Schrauwen donc. Etonné de ne voir aucun avis sur cet album visiblement aussi bien placé dans le futur palmarès des Bulles d'Or. Je l'ai donc lu le weekend dernier. Je jette ces réflexions rapides.

Autant commencer par les quelques réserves que sa lecture a suscité chez moi: elles tiennent essentiellement à la forme. Il y a un procédé de distanciation mis en oeuvre qui m'a un peu agacé dans la typographie, avec ces accidents de composition (mots décentrés, floutés, semi-effacés, mal alignés...) rappelant les supports de publication bon marché de la bande dessinée d'avant-guerre (voire d'après). Je crois discerner à peu près où se situe l'intention, à l'ère du numérique et de ses prouesses mais cela m'a semblé une posture, un effet un peu artificiel. Un autre aspect, est l'utilisation du flou partiel sur certaines images, notamment les arrières-plans, qui heurte quelque peu mon sens esthétique. Encore, dans l'impression des vignettes, l'alternance du rouge et du bleu ne semble pas répondre à une logique interne mais plus au bon vouloir de l'auteur (à moins que je sois passé totalement à côté d'une clé de lecture).

Cela étant dit, j'ai eu l'impression d'avoir affaire-là à une entreprise artistique hors norme, d'une grande liberté formelle et d'une grande richesse de sens, en un mot une oeuvre ouverte ... Ce projet d'édification d'une cité idéale dans la jungle (et son échec) qui sert de trame n'est pas l'aspect le plus profondément original, c'est plus un prétexte, un moteur pour faire avancer l'action et mettre le héros en situation. A la fois biographie imaginaire (le narrateur est l'auteur qui énonce "mon grand-père", celui-ci étant à deux ou trois exceptions notables mis en scène tout au long du récit), roman d'apprentissage ou d'initiation (d'un homme-enfant et son passage vers l'âge adulte), rapport d'une expérience intérieure celle d'un occidental plongé dans un cadre inconnu qui met à mal sa santé psychique, exploration d'un imaginaire colonial hérité, projection dans le roman populaire et ses mythes, ses croyances et ses peurs tenaces (voir à cet égard les "vers éléphants" symbole de la contamination, et les hommes-léopards métaphore possible de la peur des relations interraciales et de la part sauvage de l'homme) ... Le bilan de l'expérience est contrasté pour le héros qui, s'il est devenu homme en affrontant symboliquement la forêt, n'en n'a pas moins été le jouet d'une sorte de conspiration (voir le retour à l'ordre qui suit son Aventure). On peut retenir aussi ce souci de traduire au plus près l'expérience sensitive, en recourant aux figures de rhétoriques, à la fois dans la narration ("si Arsène avait été un chien, il aurait...") et dans le dessin (illustration "au pied de la lettre" des images évoquées dans le texte). Réduire cette oeuvre à sa dimension critique et ironique quant aux archétypes de l'homme occidental serait lui dénier tout ce qu'elle a de beau, d'irréel, de sensible et d'émouvant en ce qu'elle respecte, sans jamais l'accabler d'un rire sarcastique facile, jusqu'au bout la naïveté de son étrange héros dans lequel peut se projeter le lecteur si averti du XXIe siècle.


Merci Pierre pour ce texte. ICI un embryon de réponse quant à l'utilisation des couleurs...

NDZ, 12.01.2016 à 11:37360858
Véritable coup de coeur de toutes les têtes blondes qui m'entourent (les gros lecteurs en parlent et en rêvassent autant qu'ils le font avec Star Wars). Oui, on a l'impression d'être face à un anime en BD, un vrai bon blockbuster, leur mix XXIème de "De la Terre à la Lune" et de "Seul sur Mars"/"Gravity". Toutefois, c'est ultra-trop-référencé pour des pré-ados, les ellipses sont parfois ardues, le rythme, les tournures de phrases et le scénario ont parfois (souvent) des ratés ou des saccades qui déroutent ou font perdre le fil. On a au final un truc efficace, qui a du souffle et qui fait rêver... mais combien auront été laissés sur le bord du chemin par ce truc pyrotechnique, flamboyant-pompier, ni exigent, ni populaire. Du blockbuster élitiste ? Mon avis de lecteur ? y'a d'autres trucs à lire pour nous, moi j'ai fait l'effort pour en discuter avec ma fille et lui faire lire du Jules Verne :)

NDZ, 12.01.2016 à 11:25360857
Décevant. Car, contrairement à d'autres, le bouquin sur Bourdelle m'avait plutôt agréablement surpris. Là, las, on assiste à une p'tite paresse de Bézian, qui joue peu avec le format, là où Rabaté s'en était amusé et nous amusait. Un courant d'art qui fait pshitt alors que ça aurait pu être brillant et maths à la fois.

crepp, 11.01.2016 à 22:28360852




Le carnet à la base je n'en suis pas trop fan, mais là Pozla a fait une belle petite réussite.
Il raconte donc sa vie face à la maladie, mais il ne parle pas que de ça, il y a aussi les hôpitaux, la famille, et lui.
C'est drôle, touchant, dur aussi, la représentation de la douleur fonctionne fortement.
Il y a juste la fin qui tombe comme cela sans prévenir.
J'avoue aussi que je reconnais certaines choses dans sa description. Tout le début avec la fameuse phrase "c'est dans ta tête gamin c'est psychosomatique", je l'ai vécu avec mon garçon. Mon garçon a eu le même discours pendant toute son adolescence, et maintenant on comprend depuis 6 mois que toutes ses douleurs ne sont pas dans sa tête mais dans son "deuxième cerveau". On est juste à la phase de recherche pour le moment, mais ça c'est une autre histoire :o)
Bref 4 médicaments pour cette lecture. Et une place pour les Bulles d'or

Pierre, 11.01.2016 à 18:45360850




Arsène Schrauwen donc. Etonné de ne voir aucun avis sur cet album visiblement aussi bien placé dans le futur palmarès des Bulles d'Or. Je l'ai donc lu le weekend dernier. Je jette ces réflexions rapides.

Autant commencer par les quelques réserves que sa lecture a suscité chez moi: elles tiennent essentiellement à la forme. Il y a un procédé de distanciation mis en oeuvre qui m'a un peu agacé dans la typographie, avec ces accidents de composition (mots décentrés, floutés, semi-effacés, mal alignés...) rappelant les supports de publication bon marché de la bande dessinée d'avant-guerre (voire d'après). Je crois discerner à peu près où se situe l'intention, à l'ère du numérique et de ses prouesses mais cela m'a semblé une posture, un effet un peu artificiel. Un autre aspect, est l'utilisation du flou partiel sur certaines images, notamment les arrières-plans, qui heurte quelque peu mon sens esthétique. Encore, dans l'impression des vignettes, l'alternance du rouge et du bleu ne semble pas répondre à une logique interne mais plus au bon vouloir de l'auteur (à moins que je sois passé totalement à côté d'une clé de lecture).

Cela étant dit, j'ai eu l'impression d'avoir affaire-là à une entreprise artistique hors norme, d'une grande liberté formelle et d'une grande richesse de sens, en un mot une oeuvre ouverte ... Ce projet d'édification d'une cité idéale dans la jungle (et son échec) qui sert de trame n'est pas l'aspect le plus profondément original, c'est plus un prétexte, un moteur pour faire avancer l'action et mettre le héros en situation. A la fois biographie imaginaire (le narrateur est l'auteur qui énonce "mon grand-père", celui-ci étant à deux ou trois exceptions notables mis en scène tout au long du récit), roman d'apprentissage ou d'initiation (d'un homme-enfant et son passage vers l'âge adulte), rapport d'une expérience intérieure celle d'un occidental plongé dans un cadre inconnu qui met à mal sa santé psychique, exploration d'un imaginaire colonial hérité, projection dans le roman populaire et ses mythes, ses croyances et ses peurs tenaces (voir à cet égard les "vers éléphants" symbole de la contamination, et les hommes-léopards métaphore possible de la peur des relations interraciales et de la part sauvage de l'homme) ... Le bilan de l'expérience est contrasté pour le héros qui, s'il est devenu homme en affrontant symboliquement la forêt, n'en n'a pas moins été le jouet d'une sorte de conspiration (voir le retour à l'ordre qui suit son Aventure). On peut retenir aussi ce souci de traduire au plus près l'expérience sensitive, en recourant aux figures de rhétoriques, à la fois dans la narration ("si Arsène avait été un chien, il aurait...") et dans le dessin (illustration "au pied de la lettre" des images évoquées dans le texte). Réduire cette oeuvre à sa dimension critique et ironique quant aux archétypes de l'homme occidental serait lui dénier tout ce qu'elle a de beau, d'irréel, de sensible et d'émouvant en ce qu'elle respecte, sans jamais l'accabler d'un rire sarcastique facile, jusqu'au bout la naïveté de son étrange héros dans lequel peut se projeter le lecteur si averti du XXIe siècle.

Allister Baudin, 10.01.2016 à 1:16360833
Une horreur absolue. Je ne sais même pas ce qui m'a pris d'ouvrir ce truc.

NDZ, 06.01.2016 à 23:03360727
Parfois malin comme un singe, ce livre n'évite toutefois pas certaines peaux de bananes (la lassitude par la répétition, les raccourcis et clichés, même si souvent, c'est drôle). Echoue au pied de ma sélection 2015.

Charlie Brown, 05.01.2016 à 11:37360579
lldm :
Sensualité d'une arial corps 10 sur un papier de bureau, trouble érotique d'un clipart pour exposé de business plan, puissance narrative d'une version homéopathique de Rohmer dilution 30 CH, ce « Blue » est d'une générosité et d'un souffle rarement atteints. Comme il ne faut pas abuser des bonnes choses, j'ai trouvé plus sage de ne pas dépasser la page 100, j'aurais pu mourir de bonheur. Ceux qui y ont survécu me raconteront la fin.


Je peux pas te raconter la fin, je suis mort de bonheur, il y longtemps maintenant.
Mécréant !

(Sinon, j'ai bien ri en lisant tes chroniquettes de Noël ! :o))


Thierry :
mon gamin a reçu cette bd à Noël.
J'ai lu.
Bon, les Minions font le job dans Moi, Moche et Méchant comme faire-valoir comique. Les personnages sont un aggrégat un peu indigeste de plein de choses, mais il y a une certaine énergie pour les faire exister. Puis il y eu le film des Minions, amusant un temps mais pénible sur la longueur. Quitte à traire la vache, une bande dessinée s'impose.
Bon, ben c'est une des choses les plus horribles que j'ai lu.
Les lapins crétins ne brillent pas par la finesse, mais il y a une volonté de s'amuser formellement avec la bande dessinée. C'est souvent plat, mais il y a des tentatives de vrais gags.
les Minions, c'est le degré zéro, du pas drôle, du moche visuellement... je suis même incapable de me rappeler du moindre gag sur la 40aine qui compose ce recueil. C'est dire.


Oui, j'essaie de "lire" ça petits bouts par petits bouts lors de mes lectures en retard du journal de Spirou, et je suis affligé ! Une belle idée du degré zéro, effectivement.
Et pourtant, contrairement à toi, j'ai beaucoup aimé le film consacré auxdits Minions ! (oui, je sais, je suis bon public ! :o))

chrisB, 04.01.2016 à 11:37360549
Thierry :
je suis même incapable de me rappeler du moindre gag sur la 40aine qui compose ce recueil. C'est dire.


Y'a pas celui où le minion renverse de la glace sur son copain ?

Tordant ce gag, je ne m'en lasse pas...

Thierry, 04.01.2016 à 10:06360544
mon gamin a reçu cette bd à Noël.
J'ai lu.
Bon, les Minions font le job dans Moi, Moche et Méchant comme faire-valoir comique. Les personnages sont un aggrégat un peu indigeste de plein de choses, mais il y a une certaine énergie pour les faire exister. Puis il y eu le film des Minions, amusant un temps mais pénible sur la longueur. Quitte à traire la vache, une bande dessinée s'impose.
Bon, ben c'est une des choses les plus horribles que j'ai lu.
Les lapins crétins ne brillent pas par la finesse, mais il y a une volonté de s'amuser formellement avec la bande dessinée. C'est souvent plat, mais il y a des tentatives de vrais gags.
les Minions, c'est le degré zéro, du pas drôle, du moche visuellement... je suis même incapable de me rappeler du moindre gag sur la 40aine qui compose ce recueil. C'est dire.

lldm, 03.01.2016 à 15:15360532
Mael :
lldm :
C'était mon premier passage dans une FNAC depuis plus de vingt ans. C'est jamais décevant.


Tente un Cultura, c'est fun aussi, il font moins semblant c'est déjà ça (sauf quand ils accolent leur logo sur du Willem, et c'est drôle).


Non non, je vais plus rien tenter du tout de la sorte, Maël, avant 20 autres années. Je vais me faire du bien, lire de bons livres et aller dans des endroits chouettes.

Mael, 03.01.2016 à 11:50360526
lldm :
C'était mon premier passage dans une FNAC depuis plus de vingt ans. C'est jamais décevant.


Tente un Cultura, c'est fun aussi, il font moins semblant c'est déjà ça (sauf quand ils accolent leur logo sur du Willem, et c'est drôle).

lldm, 02.01.2016 à 23:48360521
Pour parachever cette série de remarques sur des livres que je lis jamais, voici deux visites de librairies où je ne fous jamais les pieds.
Tout d'abord, la visite d'une librairie très hype qui vient de s'ouvrir à Bordeaux. Elle s'installe dans un quartier jusqu'ici populaire, peu à peu envahi, comme partout ailleurs, par les sempiternelles cohortes de petits bourgeois qui viennent y reproduire leur monde de fétiches merdiques parce qu'il le fuient dans leurs propres quartiers. Allez donc comprendre pourquoi, qu'ils viennent y vendre des burgers bio, des bouquins sur le Tatoo ou des vêtements équitables brodés par des lamas, ces abrutis prennent pour argument principal de leur exode de chercher ailleurs quelque chose d'authentique que leur premier mouvement est de détruire...
Cette librairie, cours Victor Hugo, émet tous les signes les plus répugnants de l'air du temps : il ne manque rien à ses gentils libraires peignés, pas un bouton de chemise sous un sous pull faussement étriqué à l'anglaise, pas un bout de barbe carrée rehaussée d'une coupe neo-afrika-korps, de lunettes d'écailles vintage, de thé chai au bar du fond, de rayon tag et street art ; et quand on regarde toute cette belle insolence culturelle calibrée d'un plus près, hé bien on y trouve ce qu'on devait s'attendre à y trouver : de la pusillanimité de là à là, et un manque d'imagination hypo télévisuel : un rayon LGBT qui ne déplacerait pas un sourcil d'évêque, un rayon philo pour auditeur prof de France Cul, et un rayon BD où Delcourt domine dans sa ligne de produits un peu bio, un peu indé pour bibliothèques sans BD. Un endroit qu'on a vraiment pas envie d'aimer. Une forme intestine de la gentrification, DANS les boutiques... On n'y chasse pas ostensiblement le nègre comme on le fait dans le quartier (mais il n'entre pas, ça, c'est certain, c'est fait pour ça, croyez-moi. On pourra toujours feindre de trouver ça dommage et même mettre ça sur son manque d'ouverture culturelle), mais d'autres bestioles indésirées, d'autres sortes de clandestins pas très propres, pas très sociables, pas trop faciles à concilier avec le Grand Projet Culturel Éthique &
Nature (un petit Bertoyas, tiens, un petit Bicéphale, un petit Reumann. Pourquoi pas un petit L.L. de Mars, hein?)
Sur ce boulevard, ça fait vraiment éperon colonial du Bien. Autant dire que je m'y suis senti Mal.

Deuxième visite, FNAC de Lorient. L'équivalent d'une vingtaine de meubles bibliothèques, sans doute plus. Ah, un rayon éditeurs indépendants. J'ai bien dit UN rayon, pas un coin ou une bibliothèque. Un rayon, encore trop grand pour abriter ses 24 titres (du coup le rayon "auteurs", avec sa grosse ligne de Gibrat, mord dessus). Dont 4 de patrimoine. Dont 6 sont des sorties ayant plus de cinq ans mais qui marchent encore bien (Shenzhen de Delisle). Soit, pour une ville d'environ 60 000 habitants dont la dernière librairie digne de ce nom vient de fermer (L'imaginaire, devenue la boulangerie salon de thé "l'imaginaire". ah ah ah ah), 14 titres pour représenter le travail éditorial dit indépendant (une cinquantaine d'éditeurs? Plus?). Le grand mystère c'est : comment les choisissent-ils? Ils ont quand même réussi à s'encombrer du Cambourakis faisant jouer Burns et Panter. Oui, c'est marrant, ok. Et pis c'est Burns et Panter. Mais franchement, quand c'est le naufrage et qu'il faut vite sauver 14 bouquins des vagues, Facetasm, c'est franchement un choix de glands.
C'était mon premier passage dans une FNAC depuis plus de vingt ans. C'est jamais décevant.

lldm, 02.01.2016 à 15:08360514
Mr_Switch :
Sorti même dès 1980, semble-t-il. Ce qui ne changera rien à ton appréciation, par ailleurs.

C'est une édition plus tardive, oui, postérieure à mon départ de la maison familiale (1985).

Mr_Switch, 02.01.2016 à 14:55360513
Sorti même dès 1980, semble-t-il. Ce qui ne changera rien à ton appréciation, par ailleurs.

lldm, 02.01.2016 à 14:42360512
Un crochet rapide par la bibliothèque familiale, retrouvaille avec toutes sortes de saloperies, et découverte accablante des Astérix post Goscinny que mes parents ont continué à acheter assez tardivement visiblement. Je lis ce « Forum » de Binet. J'ai aucun souvenir de ça. Il a sans doute été acheté dans le lot Bidochon/Kador soumis aux mêmes rites d'acquisition sans joie que les Astérix évoqués plus haut. C'est lourd et sinistre en 2016. Je doute que ça ait été drôle en 1987. Du coup, je relis un ou deux des albums de Binet oubliés depuis plus de trente ans dans la maison familiale. J'essai de trouver dans mes joues actuelles les mouvements de bouche rieuse de l'adolescent que j'étais. J'y arrive pas. Les muscles ont dû fondre entretemps, se déplacer, former d'autres noeuds (les Kamagurka, Filipandré, Schlingo de la même période ont rejoint très tôt ma bibliothèque. Je ne dis pas que je relis ça souvent, mais quand ça arrive, le rire revient, à peine effrité).
Il y a là deux rangées de bandes dessinées qui ont survécu parce qu'elles emblématisaient, j'imagine, pour mes parents, quelque chose de ma présence et, également, parce que mon père a continué à les lire. Je retrouve un instant suspendu dans ces questions récurrentes (déjà abordées sur Bulledair à propos de je ne sais plus quelle série à la con, Tintin, je crois), en me rappelant que la relecture compulsive de tout ce qu'on a aimé représente le gros de l'activité du lecteur de BD. Bon. Pas la peine de revenir là-dessus, on connait déjà l'issue de cette conversation (enlisement dans le relativisme généralisé). Mais ces Binet, bon sang, quelle pesanteur... J'ai pas osé réouvrir « l'Institution », qui est le seul dont je garde un souvenir un peu intense. Vaut mieux le laisser là où il est ...

lldm, 31.12.2015 à 23:33360494
lanjingling :
lldm :
Album de la maturité, ce « vingt ans après » vient pallier le petit défaut de notre «Histoire sans héros » par un subterfuge d'une finesse inouïe, permettant enfin de reconnaître en un instant chacun des personnages : le juif dit « Nom d'un rabbin! », et l'asiatique « Par les trois mille bouddhas!». Ça valait le coup de ciseler patiemment son travail d'écriture pendant 20 ans.

Oui, mais s'agit-il d'un juif ashkénaze ("Oy Wey!"), d'un sépharade, ou encore d'un Chinois ("Confucius me damne!"), d'un Japonais ("Que tous les Kamis nous protègent!")ou d'un Thailandais ? Plus qu'un an à patienter pour la suite "Quarante ans après".

(Tes verdicts commencent à manquer de souffle, on sent que les provisions du frigo s'épuisent)


C'est moi qui m'épuise un peu, en vérité. Je renonce à poursuivre ces critiques. Après m'être tapé le premier volume du "Combat Ordinaire" (j'ai ressenti un truc bizarre, normalement impossible hors d'un film de Romero : j'ai passé une heure avec un EEG complètement plat... J'ai vécu un truc assez cosmique, je me suis fondu dans le Grand Rien, j'ai été traversé par des grands courants de Que Dalle et j'ai eu un vertige de Nib) je me suis enquillé les deux premiers volumes de "Peter Pan" de Loisel. Là, c'était plus drôle du tout, ça devenait franchement répugnant. C'est là que j'ai commencé à être vraiment malade. J'ai failli mourir de chagrin.
Il y a des tas de trucs pour lesquels il vaut mieux rester dans cette espèce de vague lointain des titres et des impressions fugitives (émises par les lecteurs enamourés, par exemple, comme des boussoles qui indiquent le sud), des expériences qu'il n'est pas utile de faire pour savoir que c'est pas forcément bon pour vous. Il est temps que je retourne à des lectures moins destructrices pour ma santé.

Glotz, 31.12.2015 à 12:59360493
lldm :

Sensualité d'une arial corps 10 sur un papier de bureau, trouble érotique d'un clipart pour exposé de business plan, puissance narrative d'une version homéopathique de Rohmer dilution 30 CH, ce « Blue » est d'une générosité et d'un souffle rarement atteints. Comme il ne faut pas abuser des bonnes choses, j'ai trouvé plus sage de ne pas dépasser la page 100, j'aurais pu mourir de bonheur. Ceux qui y ont survécu me raconteront la fin.

En cliquant sur le lien de l'album, j'ai eu la désagréable surprise de relire une chronique de la honte.

lanjingling, 31.12.2015 à 4:01360490
lldm :
Album de la maturité, ce « vingt ans après » vient pallier le petit défaut de notre «Histoire sans héros » par un subterfuge d'une finesse inouïe, permettant enfin de reconnaître en un instant chacun des personnages : le juif dit « Nom d'un rabbin! », et l'asiatique « Par les trois mille bouddhas!». Ça valait le coup de ciseler patiemment son travail d'écriture pendant 20 ans.

Oui, mais s'agit-il d'un juif ashkénaze ("Oy Wey!"), d'un sépharade, ou encore d'un Chinois ("Confucius me damne!"), d'un Japonais ("Que tous les Kamis nous protègent!")ou d'un Thailandais ? Plus qu'un an à patienter pour la suite "Quarante ans après".

(Tes verdicts commencent à manquer de souffle, on sent que les provisions du frigo s'épuisent)

lldm, 29.12.2015 à 1:47360470

Sensualité d'une arial corps 10 sur un papier de bureau, trouble érotique d'un clipart pour exposé de business plan, puissance narrative d'une version homéopathique de Rohmer dilution 30 CH, ce « Blue » est d'une générosité et d'un souffle rarement atteints. Comme il ne faut pas abuser des bonnes choses, j'ai trouvé plus sage de ne pas dépasser la page 100, j'aurais pu mourir de bonheur. Ceux qui y ont survécu me raconteront la fin.

lldm, 29.12.2015 à 1:27360469
Album de la maturité, ce « vingt ans après » vient pallier le petit défaut de notre «Histoire sans héros » par un subterfuge d'une finesse inouïe, permettant enfin de reconnaître en un instant chacun des personnages : le juif dit « Nom d'un rabbin! », et l'asiatique « Par les trois mille bouddhas!». Ça valait le coup de ciseler patiemment son travail d'écriture pendant 20 ans.

chrisB, 27.12.2015 à 11:31360466
Très très bonne lecture de sous le sapin de Noyel !

lldm, 25.12.2015 à 23:32360459
Un Goossens en pleine forme pour ce second volet de « Route vers l'enfer », titré «Histoire sans héros ».
On regrettera sans doute qu'il ait laissé les pinceaux pour se concentrer sur l'écriture, préférant confier le dessin à un neveu, Dany, membre de l'APBP.
Goossens n'a rien perdu de son aptitude à saisir dans les formes les plus élimées du lieu commun le potentiel poétique involontaire qu'elles recèlent. Le récit appuie sans doute trop le côté farce et puéril par toutes sortes d'invraisemblances et d'exagérations, mais le vertige promis par les formes les plus extrêmes de la connardise autorise bien quelques effets. Les amateurs éclairés reconnaitront au fil des dialogues l'écho des anciens albums:
«Désolé mon vieux ! Mais il vaut mieux être vivant avec un million de dollars qu'être un squelette aux doigts intacts. Et vous offrir une crise de nerfs ne vous mènera à rien.
— Ho ho ! Jimmy-le-dur, comme au cinéma, hein ?!
— Ouais! Mon meilleur coup de poing depuis «La piste de l'outlaw»
Ah ah ah, sacré Goossens ...
« Qu'est-ce que vous croyez, Gringo ? Être née pauvre à Panama City, ça vous apprend pas mal de choses qui ne figurent pas précisément au programme du couvent des oiseaux...»
Ah ah ah, sacré Goossens !
Et c'est comme ça pendant 50 pages! Festival !
Le scenario est assez étrange : une équipe de touristes attrape dans la jungle une maladie tropicale qui fait couler inlassablement leur visage et mélange yeux, nez et bouches, qui bougent mollement comme des gouttes de beurre chaud sur des pommes. C'est la seule mauvaise idée du livre, rendant incompréhensible l'intrigue, faute de pouvoir reconnaître les personnages d'une case à l'autre. Je ne saurais même pas dire s'il y a plusieurs personnages féminins. Ah si, il y a une gouvernante, elle est anglaise (il écrit "de nationalité brittanique", ah ah ah, sacré Goossens), qui est psycho rigide et dit « My dear! » à la fin de ses phrases (ah ah ah, où va-t-il chercher tout ça?)
Sinon, je ne sais pas ce qui s'est passé avec l'exemplaire que j'ai entre les mains, mais un vilain virage couleur a tout salopé et je me suis déchiré la rétine sur une scène nocturne en dérapant sur une nappe de bleu Harpic. Foutus imprimeurs.

Mael, 25.12.2015 à 14:16360457
Moi j'adore ces lectures lldemarsiennes, il faut continuer, décrypter toute la bibliothèque ! Beau Noël.

ibnalrabin, 25.12.2015 à 1:32360454
lldm :

Et là, j'ouvre Littleul (Littleul? Y'a sûrement une raison à ce deux-té-eu-hu, sûrement) Kevin et bon sang ça remonte, tout ça, le dentiste, la chenille, l'envie de dégueuler la grosse chose qui est venue dans ma bouche, les CHEVEUX. C'est pas que la première case, hein, c'est partout : je feuillette fébrilement, comme un flip book, ça s'agite, partout des masses de cheveux luisantes posées dans des cases, sous lesquels pendent des corps crispés dans des rictus (ils ont PEUR de leurs cheveux, tu m'étonnes, ils ont commencé à être grignotés par eux, voilà la vérité, par le crâne, ils sont tétés par leurs poils collés en mottes dures).


Ceci est la meilleure critique de bouquin que j'ai lue ces derniers temps.

lldm, 24.12.2015 à 21:10360453
Faut que je lâche un peu cette bibliothèque, quand même. C'est comme une dope, je sens que ça ne me fait pas que du bien.
Je résiste, et paf, je vois une tranche de plus qui m'appelle : « ouvre-moi, allez, je suis une super bédée, tu vas voir, je vais être ton amie pour une heure, tu m'oublieras pas de si tôt! », je recule, je tiens bon, je vais me faire un café en sifflotant, je regarde obstinément ailleurs, vers l'ordi où je pourrais aller travailler. Mais une petite voix démoniaque me dit « Allez. Une petite dernière avant d'aller au boulot. Ça peut pas faire de mal.»
J'atteins des profondeurs insoupçonnées. « Malheig » de Stalner, c'est comme une nuit d'insomnie où malgré le donormyl, le sommeil ne vient pas parce qu'on est en vacances dans sa chambre d'enfant, chez maman, et que le lit est trop petit. Le cachet rend trop pâteux pour lire et de toute façon il ne reste là que les oui-oui et deux ou trois Pif.
Alors on allume la télé pour se rappeler comment c'est. Une pub pour des parfums passe en boucle. Elle a l'air d'avoir 40 ans, comme votre chambre (c'est juste parce que la télé n'a pas bougé d'un poil depuis, mais vous le savez pas parce que vous ne l'avez plus depuis longtemps). Il y a des types avec l'air très profond et sauvage à chaque plan, qui vous regardent avec du vent dans les cheveux (décidément, elle est très cheveux, cette bibliothèque). Des rapaces passent en contre jour devant des grosses lunes drôlement mystérieuses. Tout se met à cabotiner terriblement ; les cailloux cabotinent, les vagues, les arbres.
La différence, c'est que les pubs pour parfum, c'est en noir et blanc. Là, on aimerait bien. Hélas, Carrefour faisait sa grosse promo sur le matériel scolaire et les encres colorées étaient bradées. Du coup, on peut en mettre plein sur une page, toutes les couleurs si on veut. On pourrait espérer masquer l'incurie du dessin, comme ça. Mais ça reste collé dessous. Dommage. Endormi à la page 12, je peux pas vous dire grand-chose de ce merdier. tout ce que je peux vous dire c'est que les procédés narratifs accréditent la thèse pourtant douteuse d'une invention de la bédée bien avant le XIXe siècle. Il y a une jonction magique entre deux cases - un tireur à l'arc qui a l'air de se viser le genou et un gros mammifère approximatif qui est sa cible - faite par une case intersticielle contenant la flêche. Ainsi encadrée, tout espèce d'espoir de lui donner du mouvement est aboli. Magique, je vous dis. Y'en a plein, des comme ça. Stalner est donc datable sans recours au carbone 14 de l'ère d'avant l'ellipse.

lldm, 24.12.2015 à 15:25360452
Bicephale :
lldm :
Bon, tu ne m'auras pas : je n'écrirai pas une ligne sur ce

C'est bientôt Noël, barbe blanche et petits anges, âme charitable, je ne voulais que ton bien...


D'une part, je suis pas chrétien, alors Noël ne me concerne pas, je m'en fous complètement.
D'autre part, à un copain qui me demandait, au fond, s'il ça existait "l'ennemi" (question légitime d'un nominaliste à un nominaliste), j'ai filé ma définition, quand même : l'ennemi, c'est celui qui vous veut du bien.

Je te tiens !
Je le savais !
Enlève tes vieux poils, Doppelgänger, tu es là-dessous !

Bicephale, 24.12.2015 à 15:11360451
lldm :
Bon, tu ne m'auras pas : je n'écrirai pas une ligne sur ce

C'est bientôt Noël, barbe blanche et petits anges, âme charitable, je ne voulais que ton bien...

lldm, 24.12.2015 à 14:59360450
crepp :
Un moment j'ai cru que tu étais enfermé dans la bibliothèque.


je SUIS enfermé dans cette bibliothèque. Heureusement, il y a un frigo plein.

lldm, 24.12.2015 à 14:57360449
Bicephale :
Mémoire qui flanche et vieux croûton...


tu... Tu gâches ma blague récursive !

Bicephale :
Heureusement, Pilau Daures vole à ta rescousse : "La Page blanche s’ouvre sur un préambule de six pages particulièrement efficaces constituant un incipit exemplaire." Enjoy !


C'est bien, la notion d'incipit apporte juste ce qu'il faut de vernis culturel pour nous garantir qu'on n'a pas affaire à un bête prologue à la con et que ça mérite une critique sur du9.

Bon, tu ne m'auras pas : je n'écrirai pas une ligne sur ce

Bicephale, 24.12.2015 à 14:23360448
lldm :
Merde. J'ai complètement oublié ce que je viens de lire.

Mémoire qui flanche et vieux croûton... Heureusement, Pilau Daures vole à ta rescousse : "La Page blanche s’ouvre sur un préambule de six pages particulièrement efficaces constituant un incipit exemplaire." Enjoy !

crepp, 24.12.2015 à 13:50360447
Un moment j'ai cru que tu étais enfermé dans la bibliothèque.

lldm, 24.12.2015 à 12:49360446
Bon sang, il y a de ces trucs dans cette bibliothèque...
Première case, une sorte de malaise provoqué par la revivification d'un autre vieux, d'un très vieux malaise, comme un écho terriblement retardé, me vient, un truc de ouf. Un truc de cheveux. Mais qu'est-ce qui se passe avec les cheveux, mon dieu? C'est comme un truc autonome sur sa tête, prêt à décoller, entre le métal d'un soucoupe et la bête parasite roulée sous sa coque striée. Dès la case un, ça commence à remonter, je revois cette grosse masse jaune qui m'avait terrifié enfant, en ouvrant un Spirou chez le dentiste, un truc inimaginable, sur lequel j'ai mis des années à mettre un nom avant de découvrir que c'était ça :



Je sais pas ce que c'est, j'ai jamais voulu savoir, c'est resté à vie le truc jaune monstrueux qui se développait sur la tête terrifiante d'un... D'un petit vieux jeune lisse et gonflé qui luisait sous un spot (y'aurait beaucoup à écrire aussi sur le lisse luisant dans l'école belge). Comme une pâtisserie vivante prête à m'étouffer, un papillon redevenu chenille redevenue chrysalide. Un foutu cauchemar.
Et là, j'ouvre Littleul (Littleul? Y'a sûrement une raison à ce deux-té-eu-hu, sûrement) Kevin et bon sang ça remonte, tout ça, le dentiste, la chenille, l'envie de dégueuler la grosse chose qui est venue dans ma bouche, les CHEVEUX. C'est pas que la première case, hein, c'est partout : je feuillette fébrilement, comme un flip book, ça s'agite, partout des masses de cheveux luisantes posées dans des cases, sous lesquels pendent des corps crispés dans des rictus (ils ont PEUR de leurs cheveux, tu m'étonnes, ils ont commencé à être grignotés par eux, voilà la vérité, par le crâne, ils sont tétés par leurs poils collés en mottes dures).
Autant vous dire que j'ai refermé cette saloperie aussi sec.

lldm, 24.12.2015 à 12:20360445
Ce séjour dans une autre bibliothèque me rappelle à quel point je suis déconnecté d'un bon nombre de publications...
Bon, cet « Automne », il a déjà fallu l'ouvrir. C'est d'une laideur sans nom, il faut déjà franchir le premier cap de concéder beaucoup à un dessin apeuré d'être un dessin, au trait posé comme une plomberie fonctionnelle, aux lourds cadres de vignettes qui charpentent la page comme un pénitencier. Mais on sait tous que de médiocres dessins peuvent soutenir un bon récit. Celui-là aurait sans doute pu être bon, traité par Eisner, ou n'importe quel homme de cadrage, de structure, de rythmes. Ici tout est fonctionnel et tempo : quand ça constitue un assemblage de vignettes pour toucher à quelque chose comme une bande dessinée et ses moyens, c'est appliqué en truc comme une leçon de McCloud. Il n'en tire rien, de son polar. Il nous le conduit à son terme et il est bien difficile de ne pas se foutre complètement de tout ce qui adviendra de ses marionnettes qu'un seul fil mou fait bouger.

lldm, 23.12.2015 à 20:18360437
tout ce que j'ai pu lire de M.A.M. jusqu'ici m'a fait bailler ou pire. Un dessin empesé servant des constructions fastidieuses dans lesquelles l'auteur nous épuise à faire le malin. À nous montrer combien il est malin. il se trouve qu'il est le plus souvent nettement moins malin qu'il ne l'imagine ("Dieu en personne" ou "3''" sont des livres particulièrement pas malins qui jouent au malin), que c'en est franchement gênant. Il se trouve que les effets de littérature (du moins ses fétiches les plus visibles) viennent sempiternellement y jouer la béquille pour s'excuser sans doute de faire de la bd. Bref.
Celui-là n'échappe pas complètement aux tics de M.A.M., mais il renverse la situation habituelle : c'est nettement moins vain que ça en a l'air.
Les chapitres consacrés au dépôt des moules ou à l'atelier de restauration, par exemple, "pensent" vraiment quelque chose de l'histoire de l'art, je veux dire produisent une configuration (en bande dessinée) riche pour travailler l'histoire de l'art et ses objets, touchant des aspects significatifs (et complexes) de la muséographie (même si tout ça est un peu court, trop court). Je m'attendais pourtant au pire : les albums causant de peinture sont quasi tous des pensums (la liste est longue) qui vont du ridicule à l'abject, et ceux consacrés au Louvre sont parmi les pires (même de Crecy s'est vautré, bon sang!). Bref, c'est plutôt une bonne surprise.

lldm, 23.12.2015 à 19:53360436
Merde. J'ai complètement oublié ce que je viens de lire.

Mr_Switch, 11.12.2015 à 11:40360283
A en croire les aperçus des deux versions, il s'agit de la même traduction, même lettrage (Remarquons que 2024 le dit bien, qu'il s'agit d'une réédition)
Merci Gantois

Thierry, 11.12.2015 à 11:25360281
Le PBE :
Gantois :
c'est celui-la

Le résumé de l'époque confirme une première parution sous forme de strips hebdomadaires.



étant une réédition, il ne peut donc pas prétendre à bouverser mes bulles d'or :o)

Le PBE, 11.12.2015 à 11:11360280
Gantois :
c'est celui-la

Le résumé de l'époque confirme une première parution sous forme de strips hebdomadaires.

Thierry, 11.12.2015 à 10:55360279

je n'avais rien lu de Tom Gauld depuis sa version de l'affrontement de David et Goliath, livre étonnant et fragile, qui réussissait à faire naître beaucoup plus de sensations que l'apparente simplicité du dessin pouvait laisser envisager.
Ce "Vers la ville" est un bel objet. Simple et élégant. Le livre s'ouvre sur un carré noir et se ferme sur un carré jaune: origine et destination d'un voyage vers la ville.
Le livre s'articule en une successions de saynettes suivant deux personnages qui font route vers cette mystérieuse ville. Ils ne savent pas vraiment à quoi elle ressemble.
Ils n'y connaissent personne.
Il ne connaissent que d'autres comme eux qui sont partis avant eux vers la ville.
Depuis, aucunes nouvelles ne leur sont parvenues.
On retrouve chez Tom Gauld cette étrange atmosphère qui évoque le Buzzatti du désert des tartares. Des individus confrontés à une forme d'inéluctabilité mystérieuse. Il font face à un inconnu qu'ils ne peuvent aprréhender, qui les séduit, les effraye aussi un peu.
Il y a une lenteur, une impression d'englument.
Tom Gauld fait partie de ses auteurs qui réussissent à le mieux investir cet espace blanc entre les cases, cette gouttière ou tout se déroule. Il ne se passe rien, et pourtant, il réussit à traduire tout ce que recouvre ce rien. les pas qui se succèdent, les pensées vagabondes, les petits aléas trop infimes pour être représentés mais qui émaillent ce voyage.
Et pourtant, ce ne suffit pas dans ce livre un peu court.
J'aurais aimé quelques (dizaines) de page en plus, parce qu'au final, le voyage semble se dérouler trop vite. Si peu pour rien, aurait-on envie de dire. Les idées sont là, la patte de Tom Gauld est bien présente. Peut-être s'agit-il d'un feuilleton publié à l'origine sur un rhytme hebdomadaire qui permettait de jouer sur la dimension temporelle induite par le rhytme de parution. mais une fois réunies en recueil, ses planches s'enchaînent un peu vite. Il me semble d'ailleurs que pour les personnages, ce voyage ne dure que quelques jours. J'attendais une impression de lenteur, de longueur qui n'est pas vraiment présente dans ce livre. Il reste agréable, mais qui ne prend pas le temps de s'installer. Son ambiance s'en ressent.

Mr_Switch, 06.12.2015 à 15:19360170
Ce dernier a bénéficié d'une grosse prévisualisation sur BDgest début juillet. Mais il n'est sorti qu'en septembre. Je me demande si la tactique fut payante.

lanjingling, 06.12.2015 à 11:58360169
Mael :
96 livres notés, et il paraît que j'en ai raté de très bon (maison aux insecte, carnet de santé foireuse, etc.)
chrisB :
C'est bien, très bien même, sur le fond le point de vue très centré sur le corps, fait que l'on voit une autre facette de la multitude des récits autobiomédicaux. Sur la forme, il y a une vraie recherche et je trouve que cela fonctionne à 100%.

Cela aussi a l'air vraiment intéressant.
Les bulles d'or ne commencent que dans quelques heures qu'ils me font déjà découvrir des livres qui me seraient passés inapperçus.

lanjingling, 06.12.2015 à 11:51360167
NDZ :
32 lus de 2015 en 2015. 1 coup de coeur pour le moment...

Mais dites-moi, mon cher NDZ, cela m'a l'air tout à fait intéressant, ceci.

chrisB, 01.12.2015 à 9:56360097
C'est bien, très bien même, sur le fond le point de vue très centré sur le corps, fait que l'on voit une autre facette de la multitude des récits autobiomédicaux. Sur la forme, il y a une vraie recherche et je trouve que cela fonctionne à 100%.

Docteur C, 29.11.2015 à 18:42360082
chrisB :
je veux bien croire que c'est fabuleux, il y a de très bonnes ambiance (par moment), par contre j'ai pas pipé grand chose sur l'idée globale...


Ce que l'ai lu : un travail plastique sur la mémoire, une sorte de mémoire non-sélective, presque non individuée, une "mémoire absolue" sous forme d'images, soit la fonction de la machine nommée Elephant Program One (EP1) dans cette bande dessinée ; les images mémorielles saccadées des conditions de vie et de perceptions contemporaines : une ville-monde virtuelle en ruines et en changements permanents, des "agents" désoeuvrés en perte de tous liens affectifs ou sociaux qui la parcoure, etc.

Si ça prend la forme apparente d'un polar, il est certain qu'en terme d'intrigue ou d'indices cette bande dessinée peut avoir quelque chose de décevant. Personnellement ce n'est pas ce que j'attends en particulier d'une lecture alors bon...

Une précision néanmoins : le Programme Immersion serait prévu en 2 tomes.

(tandis que se profile Anyone 40 chez Arbitraire)

chrisB, 28.11.2015 à 14:35360075
je veux bien croire que c'est fabuleux, il y a de très bonnes ambiance (par moment), par contre j'ai pas pipé grand chose sur l'idée globale...

Thierry, 22.11.2015 à 15:17360032
je ne voudrais pas être trop lapidaire, je vais donc étayer mon point de vue

Largo Winch reste un plaisir honteux. C'est un condensé de tout ce qui peut être insupportable en bande dessinée, dans le sens tape-à-l'oeil, machiste, simpliste... un forme de grand slam.
Le multimilliardaire en baskets, à gauche dans le coeur, à droite dans le portefeuille, qui est aussi pugnace sur les marchés boursiers que dans les coups fourrés.
Dans ce nouvel épisode, j'ai presque l'impression que JVH s'est tellement rendu compte qu'il avait épuisé toutes les ficelles qu'il se lance dans un marivaudage qui aurait pû faire de ce tome ses propres "bijoux de la Castafiore".
C'est à peine si les portes ne claquent pas, les couples se faisant et se defaisant. Miss Pennywinkle tombe dans les bras d'un amour de jeunesse (la psychologie féminine n'ayant aucun secrets pour les auteurs, la fière et froide Miss P se transforme en ado bondissante, en robe rose), Cochrane se laisse pathétiquement séduire, Silky tente de pécho, mais sans succès tandis qu'un'une ancienne maîtresse de Largo tente de mettre dans son lit tout se qui bouge, sauf Silky, qui en est très contrariée.
Et Largo, dans tout ça ? Lui, qui n'est pas du genre à se faire enquiller comme un bleu, a bobo à son coeur. Il est bleu de la belle Saïdé, une belle étudiante, qui se révèle être un agent double, kamikaze en voie de se faire exploser pour décapiter le groupe W lors du big board qui s'annonce, alors qu'elle est en fait agent triple, travaillant pour la CIA, en tout cas pour une agent double de la CIA qui se trouve être au service d'un oligarche russe qui veut prendre le contrôle du groupe W.
Suis-je clair ?
Largo court après Saïdé, rattrapée par son double jeu et dépassée par le double jeu de son patron. Ah la la, Largo, que va-t-il encore t'arriver ?
Ce tome 19, c'est le mariage inattendu entre Homeland et Rosamund Pilcher. Un concept en soi...




[largo_winch20 : album sans vignette] la mise en place psychologique est terminée. Largo est amoureux transi comme un chanteur de boys band des années 90. Miss Pennywinkle s'est faite enquillée comme une bleue. Dwight Cochrane s'est fait enuillé comme un bleu. Simon Ovronnaz va se faire enquiller comme un bleu dans une sous-sous-intrigue d'une confondante nullité, l'imam maléfique et l'agent trouble se font enquiller et un nouveau personnage fait son apparition. Une femme chargée par largo de reprendre en main sa flotte marchande. Il faut une femme de caractère, forte, intraitable... d'une grande finesse psychologique, les auteurs en font une matrône qui ferait passer Serena Williams pour une frêle jeune fille en détresse. Et pour bien montrer qu'elle ne s'en laisse pas compter par les hommes, elle utilisele petit personnel comme toy boy. le féminisme version Largo, c'est de la poésie.
On croirait presque que JVH se vende définitivement de Francq en lui fournissant le scénario le plus pourri de toute la série. La rancune, c'est mal. Souhaitons bien du plaisir à Eric Giacometti, qui a réussi à ne pas laisser Sente s'imposer comme repreneur de Largo. A moins que ce dernier se soit rendu compte que certaines causes perdues devraient âtre laissées tranquilles.

Thierry, 22.11.2015 à 14:45360030
Mael :
Thierry :
tout d'abord, il faut corriger la fiche qui est incorrecte le scénario est cosigné y et Mathieu Mariolle alors que le dessin est de Roman Surzhenkot.

Pas de coloriste à rajouter ? Tant qu'à faire.

Matteo Vattani :o)

Mael, 22.11.2015 à 13:37360029
Thierry :
tout d'abord, il faut corriger la fiche qui est incorrecte le scénario est cosigné y et Mathieu Mariolle alors que le dessin est de Roman Surzhenkot.

Pas de coloriste à rajouter ? Tant qu'à faire.

Thierry, 22.11.2015 à 12:31360025
[largo_winch20 : album sans vignette] c'est bon de rire.

Thierry, 22.11.2015 à 12:27360024
tout d'abord, il faut corriger la fiche qui est incorrecte
le scénario est cosigné Dorison et Mathieu Mariolle alors que le dessin est de Roman Surzhenko
ce tome est clairement un tome de transition pour que la nouvelle équipe puis trouver ses marques. Au niveau de dessin, pas gra,d chose à dire. Roman Surzhenko s'occupe désormais de 3 séries des mondes de Thorgal. Ses qualités et ses défauts sont connus. Il est à l'aise mais trop propre et parfois un peu raide.
Côté scénario, ce tome laisse Kriss de Valnor naufragée sur une île. Accompagnée d'un herboriste et de son assistante, elle tente de s'en échapper. Elle découvre que cette île est habitée par une tribu d'enfants, qui se révèlent plutôt inquiétants.
Retour aux sources pour la série, qui cesse de se prendre pour un clône de game of thrones, on pourrait presque imaginer la même histoire en remplaçant Kriss de Valnor par Thorgal. Il y a du "village des damnés", du "Sa majesté des mouches", et dans l'ensemble, une évidente impression de vouloir bien faire, sans reproduire les erreurs de Sente. Il est un peu tôt pour se faire une idée définitive sur cette reprise mais il y a des signaux encourageants. Cet épisode ce conclut sur le retour à une Kriss de Valnor plus combative et plus proche de celle que l'on connaît.

Docteur C, 21.11.2015 à 15:25360017
Encore une lecture mi-figue mi-raisin, c'est un bel objet mais dont l'édition est à moitié soignée : les coquilles orthotypographiques du paratexte sont nombreuses et sans doute involontaires, le format m'a semblé inadapté à l'écriture de Masse qui est ici à la limite de l'indéchiffrable dès avant son brouillage, avec une reproduction des planches sans doute difficile mais au rendu parfois incertain. La préface de l'apocryphe Aristophane aurait pu soit disparaître soit être taillée à l'os.

Il s'agit donc de planches inédites de Masse (L'ancien), lesquelles Masse (Le jeune) a retravaillées, redécoupées et pour lesquelles il a produit quelques allongeails afin d'en faire un livre qui le satisferait.

A gros traits saillants, je dirais y avoir lu que tandis que Masse L'ancien était un auteur précis et rigoureux dans le déroulement d'une forme très particulière d'absurde bavard en bande dessinée, la déclinant scrupuleusement et inventivement, Masse Le jeune fait de l'humour gras, citant Hergé, Léon Zitrone et Intervilles.

Si Masse L'ancien est un auteur intemporel brillant, Masse Le jeune apparaît ici plutôt comme un vieux con autosatisfait. Quand bien même ce serait roublardise elle n'est de toute façon pas complètement convaincante.

Mr_Switch, 21.11.2015 à 14:14360016
Une adaptation qui réussit son pari, donner envie de découvrir l'oeuvre originale. Il y a le dessin d'Edith, dans la continuation du trio Bonaventure.
Le revers de la médaille tient dans la toujours délicate opération d'adaptation d'un texte en bande dessinée. Certains passages sont peut-être moins passionnants que d'autres.

Dans le registre du pinaillage. Je n'ai pas vu tout de suite le cadran de la pendule en couverture. Je ne vois que lui maintenant. Il est amusant de constater que ce n'est pas le même cadran que dans les planches (mais ça reste anecdotique).
Autre détail négligeable, mais qui pourrait déstabiliser le lecteur attentif de cette histoire autour du temps : on voit rarement le cadran de la pendule en assez gros plan dans les planches, mais c'est le cas par deux fois, page 6 et 96 (dernière case qui plus est)... Et sur ce cadran, la cinquième heure est notée « VI », alors que l'on voit bien « V » sur d'autres cases. Je ne vois pas pourquoi ce serait volontaire, j'en déduis qu'il s'agit d'une curieuse petite erreur.

NDZ, 14.11.2015 à 9:40359948
C'est vraiment bien, moins drôle que l'Homme-chien, évidemment, mais une tranche de vie loin de la lourdeur de certains récits qui tournent autour du déracinement, des histoires de famille ou de la mort. A commander auprès de l'auteur, pas cher :)

lanjingling, 13.11.2015 à 13:14359935
Moi j'aime bien justement ce côté farfelu, c'est particulier, avec un aspect mignon parsemé d'humour noir, comme une ébauche du Roi catastrophe, en plus adulte. (Le Roi catastrophe manque de jolies filles, et celles de Parme sont vraiment sexy)

Mael, 12.11.2015 à 22:37359926
C'est vraiment très beau mais assez imbuvable : scénario pas très clair et dialogues tellement ciselés qu'ils en sont fatigants et un peu lourdingues. Par contre, vraiment, c'est un dessin assez fascinant, j'ai toujours aimé Parme et ses débuts étaient déjà très puissants.

Allister Baudin, 11.11.2015 à 13:02359922
Génial.

chrisB, 10.11.2015 à 9:37359910
Ca reste pas mal Jules, je préfère les T2 et T4 de mémoire.

Pierre, 09.11.2015 à 21:13359907


Là faut qu'on m'explique le succès de cet album gentillet et dépourvu d'originalité. A 36 ans, je ne suis peut-être plus tout à fait dans la cible recherchée mais tout de même, les gosses méritent mieux ...

Thierry, 09.11.2015 à 11:23359900
Je lis régulièrement les notes du Zep sur le blog du Monde depuis qu'il l'a entamé.
Rien de foncièrement neuf dans le recueil, il n'y a que quelques notes que j'ai dû rater.
Dans l'ensenble, on y reetrouve l'humour et le sens de l'observation qui font le charme du Zep des Happy Parents, Happy Sex, Filles électriques et de l'enfer des concerts. il s'essayent parfois à des sujets plus "politiques" mais sans tomber dans la facilité ou la dénonsiation facile.
Il y a du bon et du moins bon (sa comparaison entre punks et djihadistes), du très con (la vie sexuelle des super-héros), du tordant (le grattage de couilles)... Autant Titeuf ne m'a jamais fait rire, autant Zep m'amuse dans ce registre du quotidien. En fait, j'y vois toujours un observateur impitoyable de la famille de Jannin, dans sa capacité à capturer l'air du temps.

Allister Baudin, 30.10.2015 à 16:34359857
Mr_Switch :
Allister Baudin :
Attention Spoilers. [...]


Je partage ton analyse dans les grandes lignes (tout en étant peut-être un poil plus séduit ou indulgent). Le problème des yeux est prégnant (c'est surtout sur Astérix que ça m'a gêné.) Ta théorie sur les jeux de mot et bons mots est séduisante. Ces calembours ne sont en effet peut-être pas encore correctement orientés... mais ils ne sont surement pas trop nombreux comme j'ai pu le lire ailleurs.

Voir Panoramix rappelé à sa jeunesse m'a plutôt fait sourire. Le côté désagréable que j'ai pu ressentir dans son vieux maître, c'est qu'il m'a fait me remémorer le douloureux Mathusalix du premier film « live ».
Par ailleurs, le fait qu'Astérix et Obélix puissent rentrer dans la forêt des Carnutes sans qu'aucun commentaire ne soit fait m'a gêné (entrée interdite aux non-druides...)

Je remarque malgré tout, Allister, que dans ta conclusion, tu critiques la qualité de la reprise et non l'idée d'une telle reprise. Tu sembles même curieux de voir si ça va évoluer positivement. J'ai l'impression que ce tome arrive quand même un petit peu à charmer.


Ah ! Ah ! J'ai aussi pensé au vieux druide de l'horrible premier film d'Astérix. Mais je ne me souvenais pas de son nom moi hein..hi hi.
Globalement, je ne critique pas l'idée d'une telle reprise parce que de fait, elle a eu lieu. Je n'ai pas d'idée arrêtée sur le sujet, mais j'ai l'impression que pour créer des oeuvres qui procurent des sensations fortes à la lecture, il est plus simple de ne pas s’embarrasser de mondes créés par d'autres. D'où mon étonnement du fait que Conrad qui, à l'époque de Shukumei ou d'Aventure en jaune, avait largement de quoi proposer quelque chose d'à la fois novateur, original, tout en s'inscrivant dans la tradition franco-belge de Spirou, se soit contenté de faire des trucs pour Dreamworks et des pastiches de Franquin, Morris et Uderzo. Quand une série est reprise, il est difficile (impossible ?) de faire autre chose que de reprendre l'aspect extérieur de l'oeuvre et de retrouver l'intention originelle du premier auteur. C'est à mon sens ce qui produit ce sentiment de manque d'authenticité dans l'écriture de cet Astérix. Cependant, lorsqu'une série a un aspect extérieur (par là j'entends tous les codes, de mise en scène, d'encrage, de rythme, etc.) aussi difficiles à reproduire que celui d'Astérix, réussir ne serait-ce qu'à faire une reprise superficielle est compliqué. Et à mon sens Ferri et Conrad y sont arrivés, ils ont maîtrise l'aspect "technique" du défi. Le dessin d'Uderzo, qui est issu de l'assimilation de certains codes (de Gottfredson, de Segar, de Kelly, et d'autres que je ne connais pas), et qu'Uderzo a lui-même codifié et dans une certaine mesure figé de sorte à en faire une sorte de grammaire (pour les dessins animés, les produits dérivés, etc) permet que la série soit reprise à ce niveau là. Quand on voit le dessin catastrophique de la reprise de Lucky Luke, on pourrait se contenter de ce que nous proposent Ferri et Conrad sans problème.

Mr_Switch, 29.10.2015 à 13:36359855
Allister Baudin :
Attention Spoilers. [...]


Je partage ton analyse dans les grandes lignes (tout en étant peut-être un poil plus séduit ou indulgent). Le problème des yeux est prégnant (c'est surtout sur Astérix que ça m'a gêné.) Ta théorie sur les jeux de mot et bons mots est séduisante. Ces calembours ne sont en effet peut-être pas encore correctement orientés... mais ils ne sont surement pas trop nombreux comme j'ai pu le lire ailleurs.

Voir Panoramix rappelé à sa jeunesse m'a plutôt fait sourire. Le côté désagréable que j'ai pu ressentir dans son vieux maître, c'est qu'il m'a fait me remémorer le douloureux Mathusalix du premier film « live ».
Par ailleurs, le fait qu'Astérix et Obélix puissent rentrer dans la forêt des Carnutes sans qu'aucun commentaire ne soit fait m'a gêné (entrée interdite aux non-druides...)

Je remarque malgré tout, Allister, que dans ta conclusion, tu critiques la qualité de la reprise et non l'idée d'une telle reprise. Tu sembles même curieux de voir si ça va évoluer positivement. J'ai l'impression que ce tome arrive quand même un petit peu à charmer.

Mr_Switch, 28.10.2015 à 14:35359851
Aude Soleilhac au dessin, Marzena Sowa au scénar, ça augurait du bon.
Las, la lecture fut pénible. Il y a des petits moments de grâce, mais le tout est pénible à parcourir.
J'aime bien les chroniques d'une vie quotidienne, les récits de petits riens. Mais j'ai eu l'impression ici que l'histoire ne commençait qu'à la toute fin du bouquin.
Rajoutons enfin certains personnages assez incompréhensibles, comme cette vieille femme dont on se demande si ce n'est un homme déguisé ayant des intentions douteuses... alors qu'il semble qu'elle soit plutôt brave, malgré son comportement.

Bref la mayonnaise n'a pas pris en ce qui me concerne. Et malgré ce que j'expose ci-dessus, j'en reste étonné moi-même.

Thierry, 27.10.2015 à 11:17359841
La jaquette met en avant le film de Bong Joon-Hong (auquel Rochette dédie ce livre), positionnement marketing compréhensible, mais trompeur.
Surtout que contrairement à ce qu'on lit, le film n'a pas rencontré un succès aussi incroyable. Pour un blockbuster de SF au casting international, il a cartonné en Corée du Sud, marché à peine correctement en France (moins de 700.000 entrées, ce n'est pas très glorieux) et n'a quasi pas été exploité aux USA suite à un désaccord entre les frères Weinstein et Bong Joon-Hong, qui a refusé de remonter le film pour une version américaine. Le film est très correct mais n'est ni un succès, ni un film culte... cette jaquette me semble surtout servir à "mettre une jaquette", ce qui fait toujours classe. D'autant que le film ne fait que reprendre le concept de la bande dessinée et en est complètement indépendant.
Cet épilogue existe parce que le buzz engendré par la mise en chantier du film s'est accompagné d'une réédition de la série, qui l'a faite découvrir à un nouveau public.
Ce Terminus apporte donc une nouvelle conclusion à la série. Elle reprend exactemeznt là où s'arrêtait le tome précédent. Le Transperceneige avait quitté ses rails pour partir à la recherche d'une mystérieuse musique captée sur lma radio. A l'issue de ce tome, les arpenteurs découvraient un batîment en ruine et une petite musique qui ne résonnait parce que plus personne n'était là pour l'arrêter.
Fin ?
Rochette s'est demandé ce qui est arrivé après.
AVec l'aide d'un nouveau scénariste, Olivier Bocquet, il imagine un dernier tome, une vraie conclusion à l'odyssée du Transperceneige.
En effet, si la musique continue d'émettre, c'est qu'il y a de l'électricté. Et si... ? En explorant la zone, les arpentuers découvrent une gare où le Transperceneige pourrait stationner le temps d'être réparé. La révolte gronde et le conseil est déposé. Continuant d'explorer les entrailles de la ville, les survivants découvrent d'autres survivants. Les auteurs ont pris un soin particulier à éviter toutes les solutions faciles, pour composer un scénario cherchant sans cesse à se démarquer. L'intention est louable. Quelques idées sont franchement bonnes. D'autres sont trop tirées par les cheveux pour convaincre. Mais cette conclusion a le mérite de rester cohérente avec l'univers créé il y a plus de 30 ans. L'apparition discrète de la couleur fonctionne bien. mais il y a des longueurs, surtout dans le dernier acte, un peu trop explicatif.
Dans l'ensemble, ce Terminus conclut la série de manière satisfaisante, malgré quelques faiblesses et facilités. Rochette s'est approrié l'univers créé par Lob et l'a développé de belle manière. Ce dernier livre reste honnête dans ses intentions et intelligent dans son développement. Les auteurs ont sans doute voulu toucher trop de thématiques pour un seul livre. Au moins ils ont la volonté de réaliser un livre ambitieux.

chrisB, 27.10.2015 à 9:54359840
C'est léger, drole (mentions spéciales au déguisement de Donald et à l'invisibilité). Et pour ne rien gacher, il y a des bites un peu partout.

Allister Baudin, 26.10.2015 à 23:17359838
Attention Spoilers.

Le scénario de Ferri suit une trame comparable à celle des Astérix de la grande époque : nul besoin de thème épique pour qu'un Astérix soit réussi. L'idée d'un chercheur de scoop gaulois qui se réfugie dans le village pour révéler le passage manquant du Commentaire de la guerre des gaules est assez solide pour qu'on puisse en faire un grand Astérix.

Et pourtant ce n'est pas le cas. Il me semble qu'il manque à Ferri quelque chose d'essentiel : une bonne thématisation des relations entre les personnages à travers les dialogues. Or, ici, les dialogues semblent tous artificiellement dirigés vers le lecteur, les personnages ne semblent plus s'amuser entre eux. Quand ils s'amusent, comme lorsqu'Astérix et Obélix se moquent de Panoramix, ce n'est pas très drôle et ça sonne faux : il est évident que le lecteur ne trouvera pas très drôle que Panoramix soit rappelé à sa jeunesse, on ne voit pas pourquoi il trouverait drôle de voir des personnages trouver ça drôle (hum). Au contraire, quand ils font des bons mots, c'est toujours à leur insu. Ce qui rendait drôle des passages comme l'alcoolisme joyeux d'Abraracourcix et Obélix dans les Lauriers, la malice de la répartie de Panoramix à Astérix sur les champignons dans les jeux Olympiques, ou le plaisir d'Obélix à appuyer sur le foie d'Abraracourcix dans le Bouclier Arverne, c'est non seulement que les personnages faisaient des choses immédiatement saisissables comme drôles pour le lecteur, mais aussi qu'ils semblaient s'amuser entre eux. Ici ce n'est plus tellement le cas.

Ce défaut apparaît paradoxalement dans le fait que les scènes les plus réussies sont celles où les personnages sont seuls ou n'interagissent plus avec les autres ( Obélix qui s'endort en parlant de Panoramix jeune, Obélix seul dans la forêt tentant de se persuader que tel conflit ne le concerne pas, Obélix seul encore dans la forêt se demandant si battre des romains formerait un conflit en lui ) que Ferri maitrise d'ailleurs assez bien, comme les temps morts et les silence, ce qu'on savait bien depuis Le Retour à la terre et De gaulle à la plage, et qu'on retrouve ici (l'ours silencieux derrière les romains, le pigeon sans message qui s'envole dans une case silencieuse).

Mais peut-être que l'impression que les relations entre les personnages sont artificielles est due au dessin de Conrad, dont l'une des principales faiblesses réside dans sa façon de dessiner les regards des personnages et de les diriger (ce qui finalement est assez peu de choses face aux multiples défis que constituent le dessin d'un Astérix). Là où Uderzo faisait se croiser parfaitement les regards tout en multipliant à l'infini les expressions, ceux de Conrad sont parfois un peu vides et répétitifs, où visent à côté. Les yeux d'Abraracourcix sont les plus ratés. Obélix est d'ailleurs assez étrange, un mélange entre l'Obélix gros et grand des albums récents d'Uderzo et de l'Obélix patate des premiers albums, le rapport entre le ventre d'Obélix et ses jambes en devient assez étrange. Enfin, le lettrage n'est pas toujours heureux, surtout sur les majuscules.

Pourtant, l'album n'est pas mauvais. Ferri a compris le genre d'histoire qui pouvait faire un Astérix. Le dessin de Conrad est souvent prodigieux, son encrage est parfait. Mention spéciale pour les chevaux "à la Uderzo" et les nombreuses scènes avec de très nombreux personnages. Le duo a assimilé un nombre de contraintes proprement démentiel. Il ne leur reste plus qu'à trouver le plus difficile, l'authenticité dans le rapport entre les personnages, qu'une telle reprise servile rend peut être impossible à atteindre.


Il reste néanmoins toujours mystérieux pour moi que le génie de Shukumei et Aventure en jaune, au trait si spontané et aux compositions si justes, soit devenu un pasticheur scrupuleux. Incompréhensible. Sans parler de sa période "trait fin / sous Morris" dans laquelle il a poursuivi et achevé tristement Les Innommables.

lldm, 26.10.2015 à 19:10359837
Follet, pas Foley, les lecteurs auront rectifié d'eux-mêmes (n'importe quoi)

lldm, 26.10.2015 à 19:08359836
Les rencontres hasardeuses en bouquinerie m'ont mis nez à nez avec cet album au festival Quai des Bulles de cette année, album que je découvrai en pdf il y a quelques temps (je vous épargne les détours) à l'occasion d'un travail de Pré Carré 5 (voilà pour ceux qui imaginent que le téléchargement illégal ruine les éditeurs : je n'aurai jamais même regardé cet album sans sa disponibilité en ligne).
Est-il utile de préciser qu'il vaut mieux couper le son ? Le texte de Stoquart est aussi inutile que foireux : complètement à côté du ton la plupart du temps, ce commentaire de l'action par ses acteurs est absurdement marqué par le polar de gare aussi faux quand il s'encanaille que quand il est soutenu, et plus faux encore dans la cohabitation des deux. Et surtout, il ne sert à rien.
Foley se livre pendant 45 pages à une joie de dessinateur (de bande dessinée) complète, entrainant la lecture dans une traversée de masses, de grands mouvements fluides (l'album est intégralement emporté par une inondation), de tissus de matières nouées et d'obstacles, de cloisons (branches d'une forêt affleurant, véhicules, pans de murs, verrières, tentures d'un crique), qui sont autant de mise en évidence de la puissance du dessin à produire seul un récit de nerfs. Chaque planche ou double planche pourrait faire l'objet d'une leçon sur la structure d'une page dans notre discipline, la bande dessinée (il est tentant d'en faire un palimpsestes intégral pour cette rubrique de Pré Carré): chaque armature de Foley est une invention double, squelette pour l'étendue visuelle et chair pour les corps qui la traversent et l'animent, poussant jusqu'à l'abstraction l'organisation de ses lignes de forces (toutes y sont convoquées : tension, traction, soutien, propulsion, course, écrasement, suspension etc. avec une égale virtuosité) et de ses plis intérieurs (l'assonance plastique, rythmant deux doubles pages, entre un tigre et la tenture sur laquelle il poursuit le héros en est probablement le plus éblouissant exemple). Assez assuré de ses moyens plastiques pour se dispenser de la bimbeloterie habituelle de l'école belge (traits de vitesse et autres petits machins expressifs - emanatas - onomatopées envahissantes), Foley produit discrètement, humblement, ce qui pourrait être un manifeste du dessin comme mouvement le plus intense de la vie et de sa représentation.



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