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© Asuka

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Tome 2
ScénarioTaguchi Masayuki
DessinTaguchi Masayuki
CouleursNoir et Blanc
Année2008
EditeurAsuka
CollectionSeinen
SérieBlack Jack Neo, tome 2
autres tomes1 | 2
Bullenote [détail]

 

1 avis

nirvanael
Mesdames et messieurs, je vous propose par la présente chronique de partir à l'exploration d'un esprit malade. Le sujet de cette étude est Masayuki Taguchi, mangaka, auteur entre autre de Battle Royale. Nous prendrons pour support Black Jack Neo 2, production manga du sus-cité individu.

Le premier élément significatif est l'immaturité sexuelle du sujet, conséquence malheureuse d'un probable œdipe mal vécu. En à peine 200 pages, il nous donne à voir ainsi quatre femmes nues aux proportions abracadabrantes, représentations stéréotypées de corps supposés éveiller le désir, mais aucune d'entre elles n'est pour autant « désirable ». En effet, la première a 73 ans et Black Jack (le personnage catharsique du sujet comme représentation de lui-même) lui dit qu'elle n'est pas attirante car seulement artifice ; la deuxième est une mère de famille qui se métamorphose en démon ; la troisième est la mère du personnage catharsique qui est immobilisée nue sur un lit, et pour cause, elle est intubée et démembrée ; la dernière est un transsexuel qui se fait éventrer dans le sens de la longueur et dont les tripes sont mises « à nu ». Éloquent, n'est-ce pas ?

La seconde chose qui caractérise le sujet est un caractère pervers multiple.
Un des principaux protagonistes se trouve ainsi être affublé d'un nez hideux qui n'est pas sans rappeler le concombre. Le fétichisme alliant des organes à des fruits/légumes est lié à une volonté d'arracher, de castrer donc, significative de bien des complexes, puisqu'une demi-page nous donne à voir un plan sur ce nez et la lèvre supérieure du protagoniste retirés. Sans compter que ce visage est mutilé au cours d'une opération chirurgicale réalisée par le personnage/sujet Black Jack.
Les tendances incestueuses et morbides déjà relevées précédemment sont explicitées avec des répliques tels que : « les enquêteurs ont prélevé des traces de sperme sur le corps de la mère, l'analyse ADN prendra un certain temps, mais ... l'analyse du sperme prélevé chez son frère jumeau (qui est mort aussi)... révèle sans nul doute qu'il appartient à Saltahikone (le fils de la mère donc, le personnage au nez/concombre) ».

Je sais, vous êtes abasourdis, c'est pour cela que je n'évoque que rapidement la tendance schizophrène paranoïaque du sujet, avec une scène des pp. 65 à 69 qui est une claire démonstration d'une confusion entre rêve et réalité et d'une absence de repères spatio-temporels. Sur la page 65, notre sujet/Black Jack est seul, se sent menacé, avance prudemment et passe d'une pièce à l'autre ; sur la double page qui suit, le personnage au nez/concombre apparaît dans son dos une arme blanche à la main, le regard assassin ; page 68 le sujet/Black Jack lance un scalpel qui atteint la main du personnage au nez/concombre qui se trouve à l'autre bout de la pièce. Le sentiment de menace omniprésent, la volonté de modifier les circonstances selon ce qui l'arrange sont donc des pathologies maintenant clairement établies.

Mais malgré sa monstruosité apparente, le sujet souffre aussi d'une excessive sensibilité, d'un manque d'affection et d'estime de lui-même (dus à son incapacité à aimer une femme) qu'il essaie de combler avec l'idéalisation d'un amour passé et révolu, palpables dans des tirades d'autant plus mièvres qu'elles semblent sincères pp. 118, 119 : « Tu étais aimé, tu t'en rappelleras avec émotion... et jamais la nostalgie ne quittera ton cœur. Tu devras serrer les poings... (...) et construire ta vie en gardant au fond de toi le doux sentiment d'avoir été aimé (dit le sujet/Black Jack à nez/concombre).»

Le dernier temps de notre étude se consacre à cette volonté du sujet de se valoriser via ce personnage catharsique, classique de la culture manga, repris à sa manière de façon « sexy », qualifié de « dieu » à plusieurs reprises, qui laisse paraître une intelligence limitée... Puisque ce Black Jack est supposé représenter le sujet, et donc la perfection, et que ce Black Jack est stupide, les conclusions s'imposent d'elles-mêmes. Jugez plutôt : lorsque le jeune homme affublé du nez/concombre lui raconte pendant plusieurs pages que sa mère a développé une tumeur maligne qui a fait changer sa personnalité jusqu'à ce qu'il arrive et la sauve en retirant cette tumeur de façon miraculeuse, qu'il lui est éternellement reconnaissant d'avoir sauvé sa mère, etc., Black Jack fait alors cette déduction stupéfiante : « tu veux dire que... tu es son fils ? »... Le nez/concombre parle bien de « sa » mère depuis le départ, il faut croire que le chirurgien est donc un peu lent. Il n'est pas non plus capable de remarquer cette épidémie d'hypertrophie mammaire qui sévit autour de lui alors qu'aucune des femmes qu'il croise n'a une anatomie de constitution courante.

Nous tenons à préciser que cette analyse ne s'appuie que sur la première moitié du volume.
Il y aurait encore énormément à dire sur ce qui compose le reste de l'album avec la citation, psychédélique dans le contexte, de Rimbaud : « Je est un autre », les multiples reprises des personnages de Tezuka qui transcrivent bien une préoccupation obsessionnelle et un dernier chapitre qui est un subtil mélange d'œuvres telles que le Punisher et Ken le Survivant, mais par intérêt pour notre propre santé mentale, il vaudra mieux s'en tenir là.
La prudence s'impose effectivement puisque nous observons que la fréquentation prolongée de ce Black Jack Neo 2 peut provoquer de graves troubles, les individus qui ont eu à travailler sur l'adaptation en français de la chose semblent ainsi passablement perturbés puisque l'onomatopée japonaise « suuuu... » (toujours lisible dans la version française), est transcrite/sous-titrée par « arme silencieuse »... Quel son étrange... et inquiétant !


Mesdames, messieurs, vous avez pu vous rendre compte, avec cette analyse, à quel point Black Jack Neo 2 (et son auteur par conséquent) est un objet d'étude fascinant, mais aussi par là même un support de divertissement absolument navrant, effrayant... ou hilarant, au choix.


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