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© Le Seuil

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Ripple
ScénarioCooper Dave
DessinCooper Dave
Année2005
EditeurLe Seuil
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

 

5 avis

tom pouce
De Dave Cooper je ne connaissais que le premier numéro de son comix publié par Fantagraphics: Weasel. Il y exposait une partie de son travail assez largement dérangé mais toujours très graphique (à voir sur son site: http://www.davegraphics.com).
La moitié de ce comix était consacré au premier chapitre de cet album où l'on fait la connaissance de cet homme reclus qui commence à nous raconter sa rencontre avec Tina, son modèle envolé depuis, en gros une bande dessinée sur un type qui envisage de faire une bande dessinée pour règler son problème, mais ce n'est pas aussi simple...
Ripple compile tous les épisodes parus dans Weasel et le début d'histoire vaguement glauque qui m'avait accroché tant graphiquement que scénaristiquement tourne très vite au scénario cauchemardesque et accroche le lecteur.
Dave Cooper est un artiste incroyable, capable de changer de style, de technique ou de sujet à chaque projet. Ici, son style ultra hachuré donne le relief qu'il souhaitait sans doute pour les corps, les chairs et les volumes et la co-existence du style de dessin de son héros et du sien donne plusieurs niveaux au livre.
On fait le plein de pulsions et de répulsions à la lecture de ce bel objet carré préfacé par Cronenberg, sans doute pour qu'on fasse le parallèle avec Crash, film aussi sexué et dérangeant que cet opus.
A lire absolument!
Gally
Gros coup de coeur pour ce petit ouvrage que j'ai pris presque par hasard à Angoulème. L'auteur, dont je ne connaissais rien, allie avec brio érotisme voyeur et liquides écoeurants. C'est à la fois choquant et attirant.
Nous suivons Martin Desseres, artiste peintre miteux qui, ayant décroché une bourse, se lance dans son projet : peindre de grosses femmes laides dans des positions perverses (avec du cuir de temps en temps, des objets, etc.) L'héroïne qu'il trouve, Tina, est 100% anti-sexe. Limite obèse, les dents de travers, des boutons partout, le cheveux gras, elle devient l'obsession dérangée de Martin qui perd toute contenance entre ses cuisses. De ces ambiances fétides et vulgaires, se dégage malgré tout l'image tendre et sexy que Martin a de Tina. C'est triste, dérangé, insoutenable. Bref, j'adore.
briographe
Attention, œuvre choc et auteur majeur à découvrir ! Connu jusqu'alors des seuls admirateurs du catalogue de l'éditeur nord-américain Fantagraphics, le canadien (anglophone) Dave Cooper faisait partie des invités internationaux du festival BD d'Angoulême 2005, qui lui consacrait aussi une exposition. Ripple, une prédilection pour Tina est son premier livre adapté et édité en français. Le titre fait écho à ses deux œuvres précédentes : Crumple et Suckle, mais s'en distingue par le sujet et le graphisme. Caractérisé jusqu'alors par un trait organique déjanté, à rapprocher de celui de Killoffer, Cooper fait dans Ripple le choix d'un style réaliste. Ou plutôt, de ce qui se fait de plus réaliste tout en restant dans le champ de l'underground et de l'expérimental.

C'est l'histoire d'une addiction sentimentale et sexuelle. Martin, artiste peintre, reçoit une bourse d'Etat pour préparer une exposition d'œuvres érotiques d'avant-garde : "l'érotisme de la laideur". Pour trouver ses modèles, il confie sa carte de visite à quelques passantes. Première à lui répondre, Tina est une jeune femme blonde à la peau ingrate, grassouillette avec de grosses lunettes et deux canines saillantes qui lui donnent un sourire vicieux de vampire ingénue. Cette femme, que Martin a recrutée parce qu'elle était aux antipodes de sa définition du beau ou du désirable, va exercer une attirance sexuelle insoutenable sur lui. Trois ans après les faits, Martin entreprend de dessiner ses souvenirs pour exorciser l'influence que Tina a toujours sur lui.

Le récit à la première personne, la force et le nombre des détails intimes, l'absence totale de censure et le traitement graphique où le désir et les frustrations du narrateur sont palpables donnent au lecteur le sentiment d'une œuvre particulièrement impudique. Quelle importance puisqu'il s'agit d'une fiction ? C'est que, comme David Cronenberg le remarque en préface, les personnages sont représentés de façon si vivante que le lecteur rejette l'éventualité qu'il n'existe pas quelque part une Tina de chair et d'os (de chair surtout) et que cette œuvre ne soit pas autobiographique. C'est dire combien Dave Cooper est crédible dans sa description des relations entre Martin et Tina, complexe alchimie d'attirance et de répulsion, de désir et de dégoût. De cette fuite en avant sentimentale autodestructrice, fascinante jusque dans son obscénité, le lecteur ressort grisé et comme atteint d'une étrange gueule de bois.
Thierry
"Ripple" est une histoire d'amour. Un amour qui se manifeste ou on ne l'attend pas. Un amour qui rapproche des êtres qui n'auraient jamais du se rencontrer. Mais l'amour qui unit Martin et Tina n'a rien de romantique. Il se révèle maladif, purement obsessionnel.
Martin aborde Tina en pleine rue. Il lui propose de poser pour lui. Artiste, il a reçu une bourse pour une exposition de toiles érotiques. Désireux de s'éloigner des canons esthétiques, Martin privilégie des modèles plutôt moches. Tina n'a effectivement rien pour elle: grosse, moche, grosses lunettes... Elle est parfaite pour son projet. Timide au début de la séance, Tina prend vite ses marques et cette jeune fille coincée laisse la place à une femme a la sexualité débordante et malsaine. Cette transformation prend Martin de court. Passé sa surprise initiale, Martin se sent irrésistiblement attiré par cette etonnante Tina. Cette dernière prend vite un malin plaisir a abuser de la situation, humiliant sans retenue un Martin complètement désemparé.
La réussite de "Ripple" tient en 4 lettres: T-I-N-A. Pour rendre crédible la déchéance de Martin, il fallait que le personnage de Tina ait une vraie présence, ce que la bande dessinée permet rarement. Dave Cooper a relevé le défi avec brio. Tina est a la fois cette jeune femme moche, complexée et sans atout, mais aussi une authentique succube qui suinte le vice par tous les pores. Tantôt adolescente mal dans sa peau, tantôt salope intégrale qui se tartine le cul de crème glacée, invitant Martin a la prendre par ou il veut. On comprend mieux le trouble qui s'empare de cet artiste frustré, obsédé jusqu'à la folie par ce monstre.
"Ripple" pue.
"Ripple" suinte.
"Ripple" est obscène.
"Ripple" est une putain de chef d'oeuvre.
Et Tina est un monstre.
Coacho
Voilà typiquement l’exemple qui illustre une discussion née il y a peu sur la recherche de “l’exception culturelle” !
Ce petit bouquin insignifiant, à la couverture intrigante mais sans plus, ne mériterait presque aucun regard dans des étals de bouquinistes submergés par le flux ininterrompu des sorties BD.
Alors comment ouvrir ce livre aux pages jaunes ? Et bien en écoutant l’enthousiasme de son entourage, en étant un brin docile, un brin curieux, et se laisser aller à l’achat d’un truc que l’on regrette déjà un peu…
Oui, on s’enflamme, il se peut même que l’on se laisse berner par les avis dithyrambiques, et, sans être spécialement influençable, juste par curiosité, on veut tout de même comprendre…
Mais comprendre quoi ?
Même l’auteur nous dit en épilogue qu’il ne comprend pas qu’un éditeur français publie son livre, qu’il ne comprend pas pourquoi il reçoit des lettres enthousiastes d’inconnus, qu’il ne comprend pas la préface d’un célèbre réalisateur, que Tina, l’héroïne n’a rien compris et que lui-même, n’a rien compris et ne comprend rien à ce qui lui est arrivé…
Alors quel intérêt ? Peut-être aucun… Un bouquin inutile, qui traite d’un sujet à la limite de la folie, pornographique, obsédant et presque ignoble… Monstrueux…
Pour qui se rappelle les frasques de John Waters, la scatologie en moins, le personnage de Tina est la réplique exacte de Divine, son égérie, sa muse, avec laquelle il fit les choses les plus immondes… Ca vous donne une image hein ?!...
Entre pédantisme et élitisme, cette œuvre a été poussée par certains, pour la faire découvrir, la sortir d’une fange qui, pourtant, pourrait bien lui convenir…
Un livre sale, qui passe par une gamme de sentiments aussi divers que la méchanceté, le sadisme, le vice, l’amour, la passion, l’obsession, et j’en passe…
Mais le pouvoir d’attraction répulsion s’exerce… Oui, car aussi particulier soit ce livre, aussi fou soit-il, il est l’œuvre d ‘un auteur génial qui sait nous emmener dans sa lente descente psychologique, sa déchéance morale, avec rythme, talent et classe !
Oui, classe, un mot qui fait désordre au vu de cette lecture sordide mais divine(encore elle !)ment écrite, construite, agencée…
On est littéralement aspiré (l’humour me pousserait à écrire liposuccé !) par cette incroyable force séductrice qui émane du travail de Dave Cooper…
Je me cache hypocritement derrière mon doigt là car en fait, la séduction qui opère, la magie qui fascine, c’est bien de Tina qu’elle émane…
Créature obèse, laide, au sourire carnassier, aux boutons purulents, au regard vide, qui sait jouer de sa timidité, puis de sa naïveté, pour ensuite devenir vicieuse, méchante, lascive et destructrice, jouant de sa plastique démesurée pour envoûter Martin, le satisfaire en accédant à ses rêves pour les railler plus facilement par la suite… C’est ébouriffant !
Entre fantasme et réalité, Martin perdra sa force créatrice en même temps que sa raison pour cette adolescente ensorcelante qui finit par obséder le lecteur, le voyeur devrais-je dire, que nous sommes…
Spectacle désolant mais qui prend aux tripes, cette passade graphique est érectile, bluffante, incroyable !
Je ne vous livre que des impressions en bloc, je ne vous donne qu’un sentiment fugace, rapide, une sorte de livraison post-lecture sans grande envergure, tellement je suis claqué, vanné, abasourdi par ce que je viens de lire…
L’histoire, le pourquoi de l’existence de ce bouquin, je vous la laisse découvrir, pour ne pas paraphraser, pour ne pas encombrer la pensée…
La base est simple… L’important reste la rencontre de Martin et Tina et ce qu’elle va induire…
Ce bouquin est absolument génial, peu importe le trait, peu importe le sujet, les mots finissent par manquer, l’inspiration se tarit, je suis absorbé (obsédé ?!) par Tina, cette mante religieuse qui finit par vampiriser notre esprit par sa présence hors-norme, charismatique même…
Exception culturelle ? Elitisme ? Boulouboulisme ?
Cessons ces clivages un instant, juste celui nécessaire à la lecture de Ripple…
C’est extraordinaire, un chef-d’œuvre… !
Merci…

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