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Verdict panoramique de vos dernières lectures... [ Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ] retour forum
 | | martin, 04.04.2011 à 10:31 | 337588 |
|  |  | | THYUIG : |  Aie, bobo tête ! Nan mais sans rire, quelqu'un arrive ici à lire ces deux tomes sans finir avec une migraine de tous les diables ? L'action y est incompréhensible, tout est alambiqué, alourdi par un style très premier degré et m^me si on sent un réel potentiel derrière les personnages qui composent W.E.S.T., on est très loin de la qualité d'écriture de la ligue des gentlemen extraordinaires, pour citer une série qui poserait peu ou prou les mêmes bases.
Difficile de s'y retrouver dans tous le premier tome et, alors que la conclusion s'amorce dans le second, l'embrouillamini est tel qu'il est presque certain que j'ai pigé l'inverse de la situation exposée.
On parle maintenant pourtant volontier de l'écueil du premier album qui ne serait qu'expositoire (je tente comme ça), ben cet album, c'est le cap Horn alors que la série a pourtant l'air de bien fonctionner. Les gens sont bizarres, dés que l'occulte frappe à la porte, ils sortent déjà leur portefeuilles. |
Il n'y a pas de problème de mise en place dans WEST, passe directement aux tomes 5 et 6 qui sont franchement dans le genre fantastique et qui sont très bien.
J'adore Rossi et WEST aurait pu être une super série sans tous les imbroglios politico-financier-chépaquoi qui plombent le récit. |
 | |  |  | Le camarade Staline, aka, le petit père des peuples, prétendant au titre de pire dictateur du XXème siècle, est frappé d'une hémorragie cérébrale. Alors qu'il agonise, les membres du comité central se réunissent pour décider de la marche à suivre... à commencer par quel médecin appeler. Parce que le régime stalinien est tellement absurde et gangrèné par la terreur que rien ne peut se décider simplement. Et surtout, les membres du comités se déchirent déjà sur la dépouille encore tiède pour récupérer le pouvoir à leur profit. Une tragicomédie absurde qui ne manque pas de qualités... |
 | | THYUIG, 04.04.2011 à 6:42 | 337584 |
|  |  |  Aie, bobo tête ! Nan mais sans rire, quelqu'un arrive ici à lire ces deux tomes sans finir avec une migraine de tous les diables ? L'action y est incompréhensible, tout est alambiqué, alourdi par un style très premier degré et m^me si on sent un réel potentiel derrière les personnages qui composent W.E.S.T., on est très loin de la qualité d'écriture de la ligue des gentlemen extraordinaires, pour citer une série qui poserait peu ou prou les mêmes bases.
Difficile de s'y retrouver dans tous le premier tome et, alors que la conclusion s'amorce dans le second, l'embrouillamini est tel qu'il est presque certain que j'ai pigé l'inverse de la situation exposée.
On parle maintenant pourtant volontier de l'écueil du premier album qui ne serait qu'expositoire (je tente comme ça), ben cet album, c'est le cap Horn alors que la série a pourtant l'air de bien fonctionner. Les gens sont bizarres, dés que l'occulte frappe à la porte, ils sortent déjà leur portefeuilles. |
 | |  |  | J'ai enfin pu lire ce livre que j'ai découvert outre atlantique; C'est très bien : bien dessinée, bien colorisé, bien raconté.
Une petite réserve sur le rythme de l'histoire un peu trop soutenu et qui aurait mérité je pense des moments de pause. Là c'est haletant, trop haletant, on n'en peut plus d'aller de rebond en rebond, mais bon, il faut mieux ça que l'inverse.
En tout cas un très bon moment de lecture, pour un très beau livre. |
 | |  |  | | Thierry : | | En fait, j'aime bien la métaphore de la toile et du cadre. Un toile sans cadre est lâche et difficile à travailler. Sans cadre, il faut être foutrement doué pour être capable d'en tirer le meilleur parti, même si le cadre n'est pas la toile. | supports/surfaces :) |
 | |  |  | Spoiler (sur les deux faces)
Quatrième tome de notre nitouche. Badaboum. Une grande partie n'est que la conclusion convenue et l'explication du tome 3. En outre, ça se finit mal. Les Sad End sont risqués. Même si l'on n'a pas envie d'un Happy End hollywoodien (qui aurait pu être mal placé ici), ce Sad End a un goût plus frustrant qu'amer.
A priori, certaines ellipses ne sont pas évidentes à la lecture. Si j'ai compris que l'avant dernière page était de l'ordre du phantasme, d'autre personne de mon entourage l'a prise au premier degré et n'a pas compris le message (ou a cru y voir un message... Le message inverse que ce tome met en avant). Une fin donc un peu décevante, même si en écirvant ces lignes, je m'aperçois que j'ai plus apprécié que je ne pensais... |
 | |  |  | | Mael : | Et bien ça on m'avait dit que c'était bien mais alors c'est vraiment très très bien. Très beau livre, si le dessin un peu expressionniste est parfois maladroit (rarement) c'est toujours passionnant, narration parfaite dans un étrange flottement. Premier coup de cœur de 2011. |
Ah ben je suis complètement passé à côté, pas compris du tout ce qui pouvait bien plaire dedans. Tant pis. |
 | | effer, 30.03.2011 à 16:38 | 337505 |
|  |  | | Mr_Switch : | | Tu comprends maintenant mon embarras à t'expliquer l'objet ? :) |
Oui, je comprends.
;-) |
 | |  |  | | Tu comprends maintenant mon embarras à t'expliquer l'objet ? :) |
 | | effer, 30.03.2011 à 15:29 | 337503 |
|  |  | 
Enfin je trouve cet album et je commence à le feuilleter pour en voir un peu plus et j'arrive à la fin bêtement.
C'est tout.
Je n'ai pas trouvé cela érotique, je n'ai pas trouvé suffisamment de ces superbes planches travaillées comme Dave MacKean sait les faire.
C'est son premier album qui me déçoit.
2 étoiles. |
 | | NDZ, 30.03.2011 à 11:56 | 337491 |
|  |  | Joli polar noir, bien ficelé bien qu'assez classique dans la trame (le jeune voyou, la guerre des gangs). La valeur ajouté vient très certainement de deux atouts majeurs: le traitement social/actualité du sujet (des clans des rues, des clandestins, du travail au noir, de la misère des sous-sols qui nous habillent et nous nourrissent) et le trait de Perriot qui rend remarquablement la dynamique des corps qui souffrent, qui se débattent et qui se battent. Au final, un gros lien de parenté avec les deux R.G. de Dragon et Peeters, deux diptyques à mettre entre toutes les mains avides de "série noire" à la française, de qualité. |
 | | NDZ, 30.03.2011 à 11:49 | 337490 |
|  |  | C'est très joli mais au final assez peu original. Je ne sais pas si je lirai la suite... |
 | | effer, 29.03.2011 à 17:12 | 337481 |
|  |  | Un très beau carnet de voyage d'Emmanuel Lepage à bord du Marion Dufresne, le navire qui ravitaille nos conféties d'îles caressées par les quarantièmes et cinquantièmes rugissants, un voyage longtemps rêvé par un terrien.
Des dessins et des aquarelles qui m'ont fait rêver de poser mon sac à bord moi aussi.
4* du sud.
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 | |  |  | Quand on doit mettre un sommaire dans la bullebase, il arrive que la fonction des auteurs ne soit pas indiquée par la source.
Ce n'est pas très gênant d'indiquer qu'un personne généralement dessinatrice est également "scénariste". L'inverse est plus délicat : un "scénariste" peut ne pas être "dessinateur" du tout.
Une chaîne de production scénariste puis dessinateur puis coloriste est tout à fait possible.
Pourtant tout idéalistes que nous sommes, on espère qu'il a des feedbacks entre le dessinateur et le scénariste. Que le "scénariste" est plus qu'un "scénariste" mais un véritable coauteur. |
 | | SydN, 29.03.2011 à 13:26 | 337477 |
|  |  | | Aba Sourdi : | | Après bon, c'est une question de goût, personnellement j'aime les scénaristes qui sont avant tout des écrivains, qui ont un style littéraire (ou pas) immédiatement reconnaissable. J'ai toujours beaucoup aimé que sur les tranches des vieux albums Dargaud il y ait écrit "Textes de Machin, Dessin de Bidule" et pas "Scénario de Machin". La dénomination "Scénario de" m'est toujours apparue comme infantile, reliée à une certaine sorte de BD puérile sans personnalité d'auteur, la preuve Les Requins Marteaux qui sont en plein dans ce registre référentiel ont toujours écrit "Scénario de" dans leurs bouquins, ce qui m'avait au premier abord beaucoup surpris venant d'un indépendant. Mais tout ça ce ne sont que des mots après tout, il faudrait vérifier si les bouquins Frémok faits en collaboration sont crédités "Scénario de" ou "Textes de" (l'idéal étant pour moi de ne rien mettre du tout comme à L'Asso), et dans mon souvenir il me semble que oui, argh. Zut. |
oui, mais là c'est une question de goût.
Le scénariste "à l'ancienne" existe toujours et à son mot à dire. Vehlmann par ex, oui, que tu as cité, est un bon exemple... Après j'en vois pas vraiment d'autres, mais c'est parce que moi non plus c'est pas tellement dans mes goûts tout ça... |
 | | SydN, 29.03.2011 à 13:23 | 337476 |
|  |  | enlevez le "bien" entre le "plus" et le "scénarisé"
X| |
 | | SydN, 29.03.2011 à 13:22 | 337475 |
|  |  | | martin : | Sauf qu'en fait on en sait rien. Quand on lit la bande dessinée finale, on imagine seulement le processus.
Un dialoguiste (si ça existe) ne va pas travailler la dramaturgie, les aspects techniques du récit. Trondheim quand il écrit pour les autres fait ça. On l'oublie parce que son usage du bon mot est trop présent, mais ce n'est pas qu'un dialoguiste (à mon sens c'est même plutôt un dialoguiste maniéré). |
je suis tout à fait en accord avec ça.
Et Sfar aussi fait ça. Ses histoire écrites pour les autres (les olives noires et les derniers professeur Bell surtout) sont finalement plus bien scénarisés que ses livres où il fait tout tout seul. Il y a une progression dramaturgique, c'est moins foutraque... On sent qu'il y a moins d'improvisation, que c'est plus cadré. |
 | |  |  | | Après bon, c'est une question de goût, personnellement j'aime les scénaristes qui sont avant tout des écrivains, qui ont un style littéraire (ou pas) immédiatement reconnaissable. J'ai toujours beaucoup aimé que sur les tranches des vieux albums Dargaud il y ait écrit "Textes de Machin, Dessin de Bidule" et pas "Scénario de Machin". La dénomination "Scénario de" m'est toujours apparue comme infantile, reliée à une certaine sorte de BD puérile sans personnalité d'auteur, la preuve Les Requins Marteaux qui sont en plein dans ce registre référentiel ont toujours écrit "Scénario de" dans leurs bouquins, ce qui m'avait au premier abord beaucoup surpris venant d'un indépendant. Mais tout ça ce ne sont que des mots après tout, il faudrait vérifier si les bouquins Frémok faits en collaboration sont crédités "Scénario de" ou "Textes de" (l'idéal étant pour moi de ne rien mettre du tout comme à L'Asso), et dans mon souvenir il me semble que oui, argh. Zut. |
 | |  |  | | Je crois surtout qu'avec les années 90, la bande dessinée s'est définitivement dégagée du carcan de la parution hebdomadaire. Ce phénomène avait déjà débuté avec des magazines mensuels comme (A suivre) ou la multiplication d'albums qui ne passaient plus par la case de la prépublication. Le rythme n'était plus dicté par le nimbre de page à rendre par semaine pour consinuer d'intéresser le lecteur. Charlier est typiquement un scénariste qui travaille dans la continuité d'une forme de feuilleton, ce qui n'a jamais vraiment été le cas pour les livres "inées, et même pour les scénaristes "mainstream", parce que les journaux de prépublication (Lanfeust, pavillon Rouge ou BoDoï, entre autres) avaient une fréquence de parution mensuelle. |
 | | martin, 29.03.2011 à 10:51 | 337470 |
|  |  | Le scénario c'est un peu qu'une idée. Le scénario à la Charlier c'est celui du taylorisme, le premier élément dans une chaine de montage. Avec la bande dessinée alternative des années 90, on a eu l'impression que ce taylorisme avait disparu, parce que soit les auteurs étaient complets soit on parlait de collaboration entre le scénariste et le dessinateur, donc on n'avait plus cet aspect industriel.
Sauf qu'en fait on en sait rien. Quand on lit la bande dessinée finale, on imagine seulement le processus.
Un dialoguiste (si ça existe) ne va pas travailler la dramaturgie, les aspects techniques du récit. Trondheim quand il écrit pour les autres fait ça. On l'oublie parce que son usage du bon mot est trop présent, mais ce n'est pas qu'un dialoguiste (à mon sens c'est même plutôt un dialoguiste maniéré).
Si on se place dans une logique industrielle, le scénario en tant que premier élément se doit d'être bon puisqu'il peut déclencher ou non la suite du projet en le rendant viable. D'où l'importance du scénariste en télé ou cinéma.
Je ne pense pas que l'alternatif rejette ce principe mais juste qu'il en permet d'autres.
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 | |  |  | | En fait, j'aime bien la métaphore de la toile et du cadre. Un toile sans cadre est lâche et difficile à travailler. Sans cadre, il faut être foutrement doué pour être capable d'en tirer le meilleur parti, même si le cadre n'est pas la toile. |
 | |  |  | Là je ne peux pas être complètement d'acord. Pour moi, un scénario, c'est aussi et surtout un travail de fond, qui prépare le socle du "dessin". Une improvisation ne peut se fonder que sur une situation et des personnages suffisamment bien défini pour que la suite, dans toute sa liberté, puise reposer sur quelque chose. Autrement, cela ne racopnte plus rien. Parce que je reste profondément attaché à l'idée qu'une bande dessinée doive raconter quelque chose. Même "L", dans toute sa radicalité, raconte quelque chose et ne repose pas sur les simples improvisaions et spontanéité. elle sont partie intégrante du récit, mais il y a un début construit, même diffus, qui sous-tend les pages, comme le cadre du toile.
Pour Vivès, revenons-en à notre cas d'école, sa virtuosité graphique ne pardonne pas des dialogues médiocres et des personnages à l'épaisseur d'une feuille de brick. le scénario, c'est aussi définir les personnages, leur donner un passé, des souvenirs, des blessures... qui ne paraîtront peut-être pas dans le récit, mais qui participent activement à l'élaboration de l'histoire, à tirer les personnages vers telle ou telle réaction... Souvent, les auteurs racontebnt que certains personnages ont pris plus d'importance quer prévu initialement, parce qu'ils ont cette épaisseur qui leur font prendre leur indépendance. C'estce genre de spontanéité et d'imptovisation que le cadre d'un scénario permet.
La bande dessinée indépendante n'a pas aboli la notion de scénario. Elle a modifié sa nature. Il n'existe sans doute plus de scénarios ultra-détaillés comme ceux de Charlier (aui était un dessinateur frustré, ceci explique sans doute cela). les scénarios actuels s'apparentent sans doute plus à des guides, qui définissent les limites jusqu'où la spontanéité peut s'exprimer sans nuire à l'ensemble.
La bande dessinée doit encore raconter une histoire, être cohérente avec elle-même. C'est ce cela que le scénario est le garant. Pas tant de la vraisemblance de l'histoire. |
 | |  |  | j'ai le meme point de vue qu'Aba Sourdi, la notion de scenario ne me depasse pas, mais je trouve l'idee, tres repandue a hollywood, chez certains editeurs, entre autres, qu'"un bon film (ou B.D., ou roman), c'est d'abord une bonne histoire" me semble totalement derisoire, et a cote de la plaque; si c'etait vrai, tout "bon scenario" donnerait automatiquement un bon film (ou B.D., ou roman), le realisateur, ecrivain ou dessinateur ne serait qu'un technicien utilisant des recettes parfaitemnt eprouvees (que bizarrement personne ne semble avoir encore trouvees)
dans le numero de janvier des cahiers du cinema, un critique parlait de ralisateurs qui parviennent a faire un bon film a partir d'un scenario ou d'une histoire mauvaises
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 | |  |  | Pour ma part j'ai le sentiment que c'est plutôt dû à une nouvelle manière de concevoir le récit en bande dessinée, plutôt qu'à une approche qui privilégierait le dessin. Le récit moderne aujourd'hui s'est plus que jamais libéré de l'aspect "calculé", "ficelé", car l'improvisation et la spontanéité se sont développées plus que de raison, pour le meilleur et pour le pire diront certains, mais en tout cas on ne pourra jamais revenir à l'aspect froid et académique de la "scénarisation". Pour quelqu'un comme moi qui a été biberonné à Trondheim et Sfar, eh bien j'avoue que des gens comme Vehlmann sont d'un autre temps, j'ai du mal à m'imaginer en quoi consiste leur travail.
Cela se ressent même dans ma vision de ma propre création, ce n'est pas parce que je ne sais pas dessiner que j'ai la moindre envie d'être "scénariste" pour quelqu'un d'autre, je ne saurais pas quoi faire, je ne sais même pas ce qu'est un "scénario". J'ai bien quelques exemples dans ma tête, genre toute la période où Trondheim n'a été que scénariste (et honorable à l'époque) pour Parme, Garcia et d'autres, mais pour moi c'était surtout un travail de dialoguiste. Quant aux livres seulement scénarisés par Sfar, on y retrouve ses mises en page et là encore ses dialogues, mais je ne l'imagine pas confectionnant un "scénario". C'est quoi un "scénario" en fait ? L'un des apports principaux de la bande dessinée indépendante me semble être l'abolition de cette notion de "scénario".
Et pourtant j'admire Anne Baraou par exemple, mais je la décrirais plutôt comme un écrivain et là encore une dialoguiste. Mais "scénario" je sais pas, ça me dépasse...
Oui voilà, la nouvelle BD de création, à la fois de par son importance donnée à la forme et de par la liberté de son fond, me semble rendre anachronique le sens premier de "scénario", comme on peut le trouver encore au cinéma.
Car on est d'accord qu'un scénariste à la base ne met pas en page, n'est-ce pas ? Pour prendre un exemple très récent, j'ai trouvé le dernier Vehlmann complètement Jasonien dans le découpage et pour moi la narration moderne n'est que là-dedans, je ne me soucie pas de l'histoire ou de l'intrigue, d'où mon impossibilité à concevoir aujourd'hui le métier de "scénariste" autrement que comme dialoguiste. En fait je m'aperçois que ça rejoint ce que vous dites sur la vision plus introspective ou cérébrale du récit, donc c'est parfait on est d'accord. On diverge simplement sur la cause : pour moi ce n'est pas un trip de dessinateur mais plus profondément une envie de raconteur et de lecteur, une modernité du propos. |
 | |  |  | | c'est vrai qu'un scénario de Charlier suffirait à remplir un film, alors que pas mal de scénarios actuels font la part belle à des scènes pus graphiques (contemplatives... ou d'action) qui dilue la narration et cela donne ces premiers tomes qui ne racontent pas grand chose et servent juste à planter un décors ou une ambiance. |
 | |  |  | Ben ouais. Je suis assez d'accord.
Ça a aussi des conséquences (bénéfiques ou pas, c'est pas la question) graphiquement, parce qu'à cela, il faut rajouter le nombre de pages qui a augmenté.
Du coup, on a souvent des rythmes assez lents, très contemplatifs, avec beaucoup de pages d'ambiance, beaucoup plus de silence. Des trucs qu'un scénariste n'écrit pas forcément naturellement parce que ce sont des plaisirs de dessinateurs.
Mais peut-être me trompe-je? |
 | |  |  | | dampremy jack : | Ça pose surtout la question de la place du scénariste dans la BD actuelle, qui est essentiellement une bande dessinée de dessinateurs.
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J'ai envie de rebondir sur cette assertion émise par, étrangement, un scénariste.
Je suis tout-à-fait d'accord. Je me demande même si nous ne nous retrouvons pas devant une situation très proche de celle des années 80 où, sous l'impulsion de certains éditeurs dont les Humanoïdes Associés (et Dionnet), la bande dessinée est devenue très graphique. Je ne suis pas historien de la bande dessiéne, mais il me semble qu'il y avait aussi une relative explosion de l'offre, de nouveaux éditeurs et que tout cela a débouché sur une crise majeure.
De cette crise naquirent finalement deux grands courants: une bande dessinée grand public "nouvelle mouture" promue par Soleil et Delcourt, et un renouveau de la bande dessinée "alternative" qui a associé les courants underground avec une approche "classique" incarnée dans le Futuropolis historique.
Dans les années 90, quand je suis revenu à la bande dessinée, j'ai le souvenir, peut-être tronqué, de "scénaristes super-stars", à côté desquels les dessinateurs devenaient presque des seconds rôles. Le nom du scénariste suffisait à faire exister le projet. C'était l'époque de gloire de Brunschwig, Chauvel, Morvan, Corbeyran, Arleston... J'ai du mal à voir une nouvelle génération se dégager (Kris ? Vehlmann ? Appolo ?, mais ils me semblent avoir un rayonnement moindre. Je suis peut-être aussi déconnecté des réalités :o)
D'un point de vue plus large, la bande dessinée me semble avoir un problème avec les scénaristes
Longtemps absents des couvertures, sauf exceptions , il fallut que Morris insiste pour qe Goscinny soit repris comme scénariste des Lucky Luke, il y a eu quelques scénaristes super-stars (Goscinny, Cauvin, Van Hamme, Charlier, Cothias -sans rire -, Dufaux -j'assume -) pourqui le simple nom devenait argument de vente.
mais la bande dessinée continue de les distinguer, entre autres par le grand prix d'angoulême qui ne récompense que des auteurs complets. mais qui est dupe d'un grand prix remis à Schuiten alors que, dès que le nom de Schuiten est prononcé, le "& Peeters" est déjà prêt à sortir tant ils sont indissociables ? Et donner un grand prix à Juillard, alors qu'il vient de signer "le cahier bleu" en solo, n'est-ce pas horriblement vexant pour Cothias, tant le succès de Juillard est lié à celui des 7 vies, qui est plus le bébé de Cothias que de Juillard ? |
 | |  |  | Il arrive que des livres paraissent parfaitement clairs à qui les a réalisés, mais qui n'ont plus aucun sens pour les lecteurs. C'est un peu le sentiment que j'ai en lisant ce "Mystery play" de Morrisson et Muth.
Je ne pense pas être un de ces paresseux de la page que la plus petite ellipse, le plus petite incursion su symbolisme désarçonne au point de ne plus rien comprendre à un scénario. Mais pour "The mystery play", j'ai décroché. Et pour résumer mon point de vue... WTF
Une petite ville anglaise tente de faire aprler d'elle en organisant des représentations de mystères moyen-âgeux. Mais l'acteur jouant le rôle de dieu est retrouve assassiné lors de la première représentation. Mystèèèèère. Un policier, du nom de Carpenter (charpentier ? je doute que ce soit le fruit du hasard) est chargé d'élucider ce mystère. Il prône une vision particulière de l'enquête criminelle en générale, selon laquelle la solution de ne trouve pas dans les détails mais dans une vision d'ensmble, qui permet d'appréhender l'entièreté de la scène et le coupable par la même occasion.
Point de départ qui peut se révéler intéressant, mais en fait... entre hallucinations exaltées, discussions simplistes sur le thème de "dieu est mort", scènes absurdes sans intérêts et un coup de théatre final, pendant la représentation suivante de la pièce, auquel succède un ultime coup de théatre (le deuxième effet de la pomme d'Adam ? D'abord une feuille de vigne, puis la porte ?) pour conclure sur un "10 ans plus" tard très WTF, je me demande sincèrement ce qu'il y a comprendre de cette histoire. Sans doute Morrisson voulait mettre en avant la folie d'un homme bousculé dans ses maigres convictions pertubées, cherchant à ordonner le chaos de son esprit mais qui n'arrive qu'à contaminer la vision de la réalité, sur fond de discours ésotéro-nivuniconnujetembrouille. Mais il n'arrive qu'à un foutoir, somme toute bien illustré par Joh J Muth, mais cela reste assez mauvais. |
 | |  |  | | THYUIG : | | Charlie Brown : | | THYUIG : | | NDZ : | | Pour vivès, pour parler de l'adolescence, je vais le mettre dans le sac de Dash Shaw. Prometteur mais peut mieux faire sur le sujet. ;) |
Dash Shaw avait lui aussi démontrer son inconsistance c'est vrai, qu'est-ce que c'était vide BOTTOMLESS BELLY BUTTON !!! 720 pages de vide, un point de vue éculé, pfioouuu. Belle comparaison NDZ ! :) |
Ah ben voilà... Vu que j’ai bien aimé Bottomless Belly Button, je suis cohérent. Et je sais désormais, grâce à vous, que je suis définitivement adepte du vide, du creux, de l’inconsistant et du point de vue éculé. Je n’avais déjà pas une haute estime de moi-même, je suis maintenant comblé. :o)
SOFIA COPPOLA POWA ! :o)
|
je ne voulais pas t'atteindre par ce biais !! (d'autant que d'autres personnes très respectables ont aimé BBB) |
en plus, Charlie Brown aime les BB Brunes ? |
 | | NDZ, 27.03.2011 à 8:48 | 337419 |
|  |  | Il ne faut pas exagérer non plus. J'aime beaucoup certains livres dans lesquels "il ne se passe rien". Ce sont même de mes préférés! Je goûte alors l'ambiance globale ou bien un moment, un sentiment, une impression qui passe. En littérature j'ai dix exemples mais je ne citerai que le Procès-verbal.
En BD, même chose. La séquence narrative de Rébétiko tiens en deux lignes, j'ai beaucoup aimé. Pour Vivès c'est creux, non pas parce que le scénario tient en une ligne, s'il travail les sentiments, les impressions, les moments fugaces, je le comprends, mais parce qu'il entame sa puissance d'évocation ou ma capacité à l'immersion (tout au long de ma lecture, je suis toujours devant un livre et jamais dans le récit) par la faible crédibilité de ses personnages (parfois), parce qu'il jongle mal avec les stéréotypes (ennui, déjà-vu, trivialité). En fait, je suis séduit par son dessin mais je ne crois pas à ses histoires. Mais ça existe les virtuoses du dessin qui n'ont pas forcément de scénario bien épais et qui me touchent, me chamboulent (Entre deux de Perriot), je ne demande pas forcément que le récit soit dense ou cérébral pour apprécier, je ne suis pas philosophe et ça reste des petits mickeys (le truc qu'on lit pour se distraire aux toilettes, sans se prendre la tête)! |
 | | THYUIG, 27.03.2011 à 8:34 | 337418 |
|  |  | | Charlie Brown : | | THYUIG : | | NDZ : | | Pour vivès, pour parler de l'adolescence, je vais le mettre dans le sac de Dash Shaw. Prometteur mais peut mieux faire sur le sujet. ;) |
Dash Shaw avait lui aussi démontrer son inconsistance c'est vrai, qu'est-ce que c'était vide BOTTOMLESS BELLY BUTTON !!! 720 pages de vide, un point de vue éculé, pfioouuu. Belle comparaison NDZ ! :) |
Ah ben voilà... Vu que j’ai bien aimé Bottomless Belly Button, je suis cohérent. Et je sais désormais, grâce à vous, que je suis définitivement adepte du vide, du creux, de l’inconsistant et du point de vue éculé. Je n’avais déjà pas une haute estime de moi-même, je suis maintenant comblé. :o)
SOFIA COPPOLA POWA ! :o)
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je ne voulais pas t'atteindre par ce biais !! (d'autant que d'autres personnes très respectables ont aimé BBB) |
 | |  |  | | THYUIG : | | NDZ : | | Pour vivès, pour parler de l'adolescence, je vais le mettre dans le sac de Dash Shaw. Prometteur mais peut mieux faire sur le sujet. ;) |
Dash Shaw avait lui aussi démontrer son inconsistance c'est vrai, qu'est-ce que c'était vide BOTTOMLESS BELLY BUTTON !!! 720 pages de vide, un point de vue éculé, pfioouuu. Belle comparaison NDZ ! :) |
Ah ben voilà... Vu que j’ai bien aimé Bottomless Belly Button, je suis cohérent. Et je sais désormais, grâce à vous, que je suis définitivement adepte du vide, du creux, de l’inconsistant et du point de vue éculé. Je n’avais déjà pas une haute estime de moi-même, je suis maintenant comblé. :o)
SOFIA COPPOLA POWA ! :o)
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 | | THYUIG, 26.03.2011 à 17:10 | 337407 |
|  |  | | NDZ : | | Pour vivès, pour parler de l'adolescence, je vais le mettre dans le sac de Dash Shaw. Prometteur mais peut mieux faire sur le sujet. ;) |
Dash Shaw avait lui aussi démontrer son inconsistance c'est vrai, qu'est-ce que c'était vide BOTTOMLESS BELLY BUTTON !!! 720 pages de vide, un point de vue éculé, pfioouuu. Belle comparaison NDZ ! :) |
 | | THYUIG, 26.03.2011 à 17:07 | 337406 |
|  |  | | dampremy jack : | Ça pose surtout la question de la place du scénariste dans la BD actuelle, qui est essentiellement une bande dessinée de dessinateurs.
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Ca c'est on ne peut plus vrai !!
Mais c'est toujours le dessin qui fait pencher le quidam vers un album plutôt qu'un autre, et ça n'est pas prêt d'évoluer.
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 | |  |  | Ça pose surtout la question de la place du scénariste dans la BD actuelle, qui est essentiellement une bande dessinée de dessinateurs.
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 | | NDZ, 26.03.2011 à 13:42 | 337402 |
|  |  | On est d'accord, quant à la vacuité d'un récit, tout tient dans le ressenti de chacun (y'en a toujours qui préférerons Plus belle la vie à Ken Loach ou aux frères Dardenne, Marc Lévy à Flaubert ou Tolstoï - attention, pas d'agression, généralité de bas étage pour illustrer la trivialité de la proposition).
Si LE sujet de Vivès, pour le moment, semble être l'adolescence ou la vie sentimentale des jeunes adultes, je trouve que d'autres* ayant abordé le sujet de manière frontale (via LE sujet du livre) ou détournée (via un thème du livre, une séquence du livre, un personnage du livre) en disent plus, mieux et me touchent plus efficacement - même en deux cases, voir une - là où Vivès enfile les stéréotypes, les perles et les banalités.
*Pêle-mêle: Chester Brown et Je ne t'ai jamais aimé, Méthé dans Mon mignon, le (peu aimé de beaucoup) Jeu des dames d'Ayroles, Rabaggliatti dans Paul a un job d'été, Sfar dans le Bestiaire amoureux et même (pourtant limite cliché) Craig Thompson dans Blankets. (zavez vu, je ne cite pas volontairement le spécialiste es-ado qu'est Sattouf).
Vivès me semble encore trop proche de son sujet, il n'a pas de recul, il n'a pas de réflexion sur le sujet, et donc il paraît plus "sensiblerie" que sensible par manque de nuances. Ce n'est pas un hasard pour moi si c'est dans le "de genre" (péplum) qu'il arrive à montrer son talent, sa vision, sa fraîcheur: beaucoup de jeunes auteurs se forgent dans des figures imposées par un genre (HF, SF, polar).
En même temps, la jeunesse n'est pas une tare pour bien parler de la jeunesse, Camille Jourdy et Brecht Evans y sont parvenus récemment :) Pour vivès, pour parler de l'adolescence, je vais le mettre dans le sac de Dash Shaw. Prometteur mais peut mieux faire sur le sujet. ;) |
 | |  |  | Merci pour tes éclaircissements, NDZ.
Donc, en gros, si je comprends bien, tout ça ne repose absolument sur rien de tangible : des gens qui ont cru à la publicité d’un éditeur lançant un nouveau label et qui sont déçus d’avoir encore cédé à la croyance en la publicité (les cons !), et, pour Vivès, la malchance d’avoir été apprécié/défendu par le fer de lance de "l’Axe du Mal" (Actua BD/Didier Pasamonik).
Pour le reste, je ne suis pas d’accord avec toi, ni avec THYUIG, quand vous dîtes :
| NDZ : |
Et puis Vivès s'est installé dans le "c'est beau mais c'est vain", voire le "mal raconté/ennuyeux/creux" (dans la structure, encore, et non dans le trait) |
| THYUIG : |
ses premiers livres sont très bien dessinés (une constante chez lui) mais d'une platitude effrayante |
| NDZ : | | Vivès maîtrise la narration en BD, il est un virtuose graphique... mais il n'a rien à raconter, ou alors il le fait mal. Encore une preuve que les bons illustrateurs, même les bons metteurs en scène (découpage, rythme, fluidité, mise en case et en page), ce qu'il est indéniablement, ne sont pas forcément de bons auteurs BD. Parce que, la BD, c'est aussi raconter. |
La BD, c’est raconter, certes. Mais il y a différentes manières de raconter. Rendre palpables des sensations, des émotions, des sentiments, c’est aussi raconter. Même s’il "ne se passe rien", même si l’on a l’impression qu’il ne se passe rien. Et c’est ce que je trouve réussi dans Le goût du chlore et Dans mes yeux. Le fait de n’être pas surpris par le déroulement d’une histoire, ou par sa fin, n’enlève rien à la manière de la raconter et de toucher juste. Je ne vois rien de "creux, plat, mal raconté, ennuyeux" dans ces deux albums (mais bon, comme pourrait le dire Thierry, je ne suis pas une référence, je me régale du cinéma de Sofia Coppola :o)), juste un art de saisir au vol, de rendre justes et palpables des instants fugitifs, fugaces, insaisissables. Et ça, c’est pas donné à tout le monde, vraiment.
Finalement, si on met de côté ce qui a trait à un "buzz" plus ou moins fantasmé, tout le monde est d'accord pour saluer la talent graphique de l'auteur et, sur le fond, les divergences se résument à la différence de sensibilité de chaque lecteur, et dépend de ce que chaque lecteur attend de la bande dessinée (et de l'art en général). |
 | | NDZ, 26.03.2011 à 9:51 | 337398 |
|  |  | Je suis tout à fait d'accord avec toi Thyuig: Vivès maîtrise la narration en BD, il est un virtuose graphique... mais il n'a rien à raconter, ou alors il le fait mal. Encore une preuve que les bons illustrateurs, même les bons metteurs en scène (découpage, rythme, fluidité, mise en case et en page), ce qu'il est indéniablement, ne sont pas forcément de bons auteurs BD. Parce que, la BD, c'est aussi raconter.
Vivès est plein de promesses, Pour l'empire en est la preuve. |
 | | THYUIG, 26.03.2011 à 9:27 | 337397 |
|  |  | | NDZ : | Le problème avec Vivès, c'est qu'il a souffert de la faiblesse de son premier livre (Elle(s)) qui a été un des produits phare au lancement de KSTR, sont premier et fidèle "éditeur".
En gros, KSTR (la collection/label/trademark djeunz de Casterman) a beaucoup fait d'esbrouffe au début: on est le Rock en BéDé, on est jeunes, on est doués et on s'autorise tout... et qu'en lisant Elle(s) beaucoup ce sont dit (je généralise mon ressenti, les autres corrigeront et nuanceront) c'est bien beau mais bien creux, c'est midinette et racoleur à la fois, c'est de la BéDé fadasse (traitement narratif) pour adolescent (sujets) que nous propose Casterman, avec du talent graphique mais sans génie (et sans frotter) narratif. Donc rien de bien révolutionnaire ou transgressif, contrairement à ce qu'annonçait la grosse promo de lancement de KSTR.
Et puis Vivès s'est installé dans le "c'est beau mais c'est vain", voire le "mal raconté/ennuyeux/creux" (dans la structure, encore, et non dans le trait), voire le "très mal" écrit (j'ai bien aimé l'ambiance graphique et le rythme narratif du Goût du chlore... mais, soyons sérieux, les dialogues sont indigents). Pour le moment, je n'ai pas entièrement lu sa grande production parce qu'il ne m'a que rarement séduit et donc que, contrairement à d'autres (cf sur d'autres forums, par ex BDGest), je ne me jette pas sur la nouveauté quand elle sort mais la lit éventuellement en bibliothèque quand ça me tombe dans les mains.
Pour finir, j'ai l'impression qu'il est devenu, malgré lui, le symbole d'une génération dorée (bénéfice des mutations des '90) prometteuse que met en avant une certaine critique (ActuaBD en tête; mais bon, l'objectivité d'ActuaBD quand - surtout DP - on parle de Casterman est plus que douteuse)... et j'ai du mal à faire la part des choses entre Vivès-produit commercial malgré lui (KSTR) et Vivès-artiste surdoué qui doit encore confirmer (Pour l'empire est une bonne série... parce qu'en tandem?). |
tout ce que tu écris serait bien ennuyeux pour Vivés (enfin, je me comprends) si il n'y avait ton dernier paragraphe. En effet, Pour l'empire est une très belle série et elle justifie à elle seule le talent de Vivés. Pour le reste, l'auteur KSTR adoubé par DP on s'en fout un peu, ses premiers livres sont très bien dessinés (une constante chez lui) mais d'une platitude effrayante mais on arrive quand même à Pour L'empire, pour moi ça sauve l'auteur. Relis donc les Potamoks de Sfar, ou même Troll et rigole un bon coup, nul n'est immédiatement bon et oui, le salut viendra de la collaboration (comme dirait Marine Le Pen) avec un "vrai" dialoguiste ou scénariste. |
 | |  |  |   Vraie déception. J'en attendais certainement un peu plus de la part de Kris. Mais là c'est du sous-Brunschwing, ça m'a même fait penser aux Stryges avec toutes ces histoires de complots à l'échelle mondiale. C'est inutilement compliqué et alambiqué, il y a plein de rebondissements inutils et ampoulés. J'ai pas trop accroché au dessin non plus, mais rien de grave de ce point de vue-là. C'est surtout un récit fantastique uniquement pour du fantastique, ça ne raconte pas grand chose du reste, et la fin... Mon dieu la fin... |
 | | NDZ, 25.03.2011 à 16:42 | 337388 |
|  |  | Le problème avec Vivès, c'est qu'il a souffert de la faiblesse de son premier livre (Elle(s)) qui a été un des produits phare au lancement de KSTR, sont premier et fidèle "éditeur".
En gros, KSTR (la collection/label/trademark djeunz de Casterman) a beaucoup fait d'esbrouffe au début: on est le Rock en BéDé, on est jeunes, on est doués et on s'autorise tout... et qu'en lisant Elle(s) beaucoup ce sont dit (je généralise mon ressenti, les autres corrigeront et nuanceront) c'est bien beau mais bien creux, c'est midinette et racoleur à la fois, c'est de la BéDé fadasse (traitement narratif) pour adolescent (sujets) que nous propose Casterman, avec du talent graphique mais sans génie (et sans frotter) narratif. Donc rien de bien révolutionnaire ou transgressif, contrairement à ce qu'annonçait la grosse promo de lancement de KSTR.
Et puis Vivès s'est installé dans le "c'est beau mais c'est vain", voire le "mal raconté/ennuyeux/creux" (dans la structure, encore, et non dans le trait), voire le "très mal" écrit (j'ai bien aimé l'ambiance graphique et le rythme narratif du Goût du chlore... mais, soyons sérieux, les dialogues sont indigents). Pour le moment, je n'ai pas entièrement lu sa grande production parce qu'il ne m'a que rarement séduit et donc que, contrairement à d'autres (cf sur d'autres forums, par ex BDGest), je ne me jette pas sur la nouveauté quand elle sort mais la lit éventuellement en bibliothèque quand ça me tombe dans les mains.
Pour finir, j'ai l'impression qu'il est devenu, malgré lui, le symbole d'une génération dorée (bénéfice des mutations des '90) prometteuse que met en avant une certaine critique (ActuaBD en tête; mais bon, l'objectivité d'ActuaBD quand - surtout DP - on parle de Casterman est plus que douteuse)... et j'ai du mal à faire la part des choses entre Vivès-produit commercial malgré lui (KSTR) et Vivès-artiste surdoué qui doit encore confirmer (Pour l'empire est une bonne série... parce qu'en tandem?). |
 | |  |  | | Thierry : | 
[...]
Agréable à lire, mais finalement creux. Je comparerais la bande dessinée de Vivès au cinéma de Sofia Coppola. Léger comme une bulle de savon, et de la même consistance. C'est joli, parfois touchant, mais cela ne laisse guère de trace.
[...] |
Ah ben je comprends mieux pourquoi j'ai aimé les deux seuls bouquins de Vivès que j'ai lus alors. :o)
Vu que je suis grand adepte du cinéma de Sofia Coppola (à part Marie-Antoinette qui n'est pas bon).
Je dois aimer les trucs creux (pourtant, j'ai pas aimé l'Adèle Blanc-Sec de Besson... Etrange... :o)), légers, inconsistants, agréables, jolis, parfois touchants mais qui ne laissent pas de traces...
Enfin perso, le cinéma de Sofia Coppola laisse pas mal de traces en moi. Je dois avoir une âme d'adolescente évanescente (ce que je ne renie absolument pas). :o)
| Thierry : |
Alors, la question reste posée: pourquoi un tel buzz sur Vivès ? Plus que jamais, je pense qu'il a été identifié comme le hérault d'une nouvelle génération, visiblement héritière de la "nouvelle bande dessinée" des années 90, quelque part dans la continuité de Blain, Guibert, Blutch... Son éditeur le pousse (en même temps, c'est son boulot, et on peut difficilement dénier le fait que Vivès ait du talent), une certaine presse l'encense (à l'instar de Sfar ou Satrapi à une époque, pour diverses raisons, mais il y a sans doute une certaine "fidélisation" qui s'installe, pour étayer un discours ou servir une grille de lecture), et c'est tant mieux pour lui, même si ce soutien risque de devenir encombrant à la longue.
Je vois de belles promesses, mais à la lecture de Polina, et à lire les réactions sur ses titres précédents, il manque encore un peu de corps à ses histoires. A suivre, donc. |
Bon, maintenant, il est temps qu'on m'explique.
Je sais bien que je ne lis quasiment jamais rien sur le monde de la BD et que je ne connais personne dans le monde de la BD (j'ai rencontré une fois Guillaume Long, je sais pas si ça compte...), mais c'est quoi ce buzz autour de Bastien Vivès ? En quoi ça consiste ? Qui l'identifie comme le héraut (non, pas le département, Thierry ;o)) d'une nouvelle génération ? Quelle presse l'encense ? Qui le soutient ?
Parce que moi, avant de vous lire sur Bulledair, je n'avais jamais entendu parler de Vivès. Mais dès son premier album, tout le monde lui est tombé dessus à bras raccourci, si bien que j'aurais pu avoir une image très négative du bonhomme et de son oeuvre. Et puis j'ai lu deux de ses bouquins et j'ai beaucoup aimé. Du coup, je ne comprends pas ce qu'on lui reproche et j'aimerais bien qu'on m'explique quelle réputation il a, et dans quel milieu. |
 | |  |  | Ca dérape... les auteurs se sont retrouvés confrontés à un paradoxe temporel créé par leur soin. Dans "La cité des eaux mouvantes", la terre est ravagée par un cataclysme nucléaire, et c'est sur les cendres de ce monde que naîtra Galaxity. Nous voilà en 1986, et... Comment justifier que le cataclysme n'ait pas lieu tout en conservant la continuité de l'univers de Valérian ? Avec une mauvaise idée, assez ridicule et pas du tout satisfaisante. |
 | |  |  | | Mael : | Et bien ça on m'avait dit que c'était bien mais alors c'est vraiment très très bien. Très beau livre, si le dessin un peu expressionniste est parfois maladroit (rarement) c'est toujours passionnant, narration parfaite dans un étrange flottement. Premier coup de cœur de 2011. |
Suis-je le seul à avoir trouvé que ce livre (très agréable effectivemment) avait une certaine communauté d'esprit (et de manière) avec le travail de Ben Katchor sur Julius Knipl ? |
 | | NDZ, 23.03.2011 à 9:52 | 337307 |
|  |  | | chrisB : | | Ton post réchaufffe mon coeur !! |
Tiens, hier, un collègue mais néanmoins musicien, m'a posé la question "j'ai vu ça dans une librairie, tu crois que c'est bien?" et ma réponse a été "je connais des gens qui ont les mêmes goûts que moi et qui aiment beaucoup, j'ai prévu de le lire". Je vais donc (enfin) m'y mettre aussi, merci à Mael de me rappeler mes retards de lecture. |
 | |  |  | L'archétype de l'album frustrant, qui se contente de mettre en place les éléments d'une intrigue, qui s'attache à plusieurs personnages que les auteurs font se retrouver à la fin de l'album pour que l'histoire débuteenfin au tome suivant. Bon au mauvais album ? En fait, ce genre d'histoire dépend surtout du talent des auteurs, parce qu'il n'y a pas d'histoire. Juste des bribes qui peuvent partir dans toutes les directions. Christin et Mézières ont de la bouteille et un univers suffisamment riche pour rendre l'album agréable, mais sans rien montrer jusqu'aux toputes dernières pages.
Soit la suite est bonne et le dyptique est réussi, soit la suite est médiocre et les qualités de cet album deviennent caduques. Dans mons souvenir, "les foudres d'Hypsis" n'est pas le meilleur de la série. A relire, donc |
 | | chrisB, 23.03.2011 à 8:08 | 337304 |
|  |  | | Ton post réchaufffe mon coeur !! |
 | | Mael, 23.03.2011 à 7:58 | 337303 |
|  |  | Et bien ça on m'avait dit que c'était bien mais alors c'est vraiment très très bien. Très beau livre, si le dessin un peu expressionniste est parfois maladroit (rarement) c'est toujours passionnant, narration parfaite dans un étrange flottement. Premier coup de cœur de 2011. |
 | |  |  | | SeBso : | | Thierry : | | Du point de vue du dessin, Vivès s'est imposé le défi suprême pour un dessinateur: la danse. Cpturer sa légèreté et sa grâce. Contrat à moitié réussit. Certaines cases sont vraiment réussies, mais à d'autres moment, Polina apparît trop figée. Mais je crois n'avoir vu que 2 dessinateurs réussit pleinement ce tour de force: Blutch et Jules Feiffer. |
D'accord pour Blutch et Feiffer. J'ajouterais Baudoin qui s'est beaucoup intéressé à la danse et a réalisé de superbes dessins sur ce sujet... |
en même temps, Baudoin n'est jamais qu'un des plus grands |
 | | SeBso, 21.03.2011 à 19:46 | 337278 |
|  |  | | Thierry : | | Du point de vue du dessin, Vivès s'est imposé le défi suprême pour un dessinateur: la danse. Cpturer sa légèreté et sa grâce. Contrat à moitié réussit. Certaines cases sont vraiment réussies, mais à d'autres moment, Polina apparît trop figée. Mais je crois n'avoir vu que 2 dessinateurs réussit pleinement ce tour de force: Blutch et Jules Feiffer. |
D'accord pour Blutch et Feiffer. J'ajouterais Baudoin qui s'est beaucoup intéressé à la danse et a réalisé de superbes dessins sur ce sujet... |
 | |  |  | | Thierry : | Retour à la mythologie pour Nicolas Presl. Une hydrie, ou kalpis, est un vase fermé muni de trois anses, deux latérales permettant son transport, et une à l'arrière permettant de verser. Elle est utilisée pour recueillir et transporter l'eau. Voici pour l'explication . | on en apprend tous les jours pour moi, le kalpis, ce n'etait qu' une boisson |
 | | NDZ, 21.03.2011 à 12:51 | 337269 |
|  |  | | Charlie Brown : | 
Je suis assez d'accord avec NDZ (dans sa bulle-chronique) mais j'ai pas été super emballé quand même.
Je sais pas pourquoi, j'ai trouvé cet exercice un peu vain. Pas désagréable mais un peu vain.
En tout cas, pour reprendre les références de NDZ, loin d'avoir la profondeur et la classe d'un Marc-Antoine Mathieu ou d'un Chris Ware. |
Merci d'être d'accord avec moi. Et en retour: même chose sur "pas la même classe que ses aînés", d'où mon "seulement" 4 étoiles. |
 | |  |  | Retour à la mythologie pour Nicolas Presl. Une hydrie, ou kalpis, est un vase fermé muni de trois anses, deux latérales permettant son transport, et une à l'arrière permettant de verser. Elle est utilisée pour recueillir et transporter l'eau. Voici pour l'explication du titre.
Dans la Grêce antique, un jeune homme est amoureux de la soeur du son voisin. Mais il vit aussi dans l'ombre de ce dernier. Plus beau, plus fort, plus courageux... La guerre va attiser cette frustration, tandis que la soeur se morfond chez elle.
Nicolas Presl reste fidèle à lui-même, même si pour la première fois, il n'y a pas à proprement parler de personnage de passeur, comme dans les récits précédents. Son histoire est plus bassement terre-à-terre, presque organique par rapport à des récits précédents. Ceux-ci paraissaient plus tourné vers symbolique, dans l'exploration de l'altérité sous toutes ses formes. L'Hydrie continue de parler du rapport à l'autre, mais par les biais des passions dévorantes. Je me demande jusqu'à quel point il ne faut pas voir dans cette histoire une illustration des septs pécéhs capitaux. Le mélange de la Grêce Antique et d'un concept purement judéo-chrétien peut paraître improbable, mais Presl aime brouiller les cartes. Déjà, dans Priape, il parlait en fait du mythe d'Oedipe, contrairement à ce que laissait supposer le titre.
Je reste séduit par un univers qui ne ressemble à aucun autre. |
 | |  |  | Premier essai sur Vivès, et contrairement à ce que pourrait laisser supposer les quelques piques que j'ai laissé dans d'autres sujets, je n'y suis pas allé le couteau entre les dents pour dézinguer le chouchou. Je suis entré dans ce livre sans attente particulière.
Polina est une petite fille qui entre à l'académie de danse, pour devenir danseuse étoile. Cette académie, studieuse et exigente, compte parmi ses professeurs le redoutable monsieur Bojinski. Il représente l'archétype du professeur de la vielle école: attaché au classicisme de la danse, exigeant, impitoyable. Très vite, il décide de s'intéresser de très près à Polina, en qui il sent un énorme potentiel.
Récit initiatique et intimiste, récit de formation qui nous fait découvrir les différentes étapes de la vie de cette petite fille qui devient femme, pose des choix qui lui permette de se dégager de plus en plus de l'influence de son enseignement pour s'affirmer comme artiste et comme personne. A vrai dire, il manque une vraie épaisseur à ce scénario. Tout ce qui arrive à Polina reste terriblement attendu, sans surprise. La fin du livre, qui remet en présence Polina et Bojinski, sont bien amenées, émouvantes sans doute, mais je me surprend à les trouver fades en regard de ce que mon âme de midinette attendait de ces moments. La faute un trop de retenue et à des perosnnages finalement trop simplistes. A vrai dire, nous ne sommes pas loin de Fame, par moment.
Agréable à lire, mais finalement creux. Je comparerais la bande dessinée de Vivès au cinéma de Sofia Coppola. Léger comme une bulle de savon, et de la même consistance. C'est joli, parfois touchant, mais cela ne laisse guère de trace.
Du point de vue du dessin, Vivès s'est imposé le défi suprême pour un dessinateur: la danse. Cpturer sa légèreté et sa grâce. Contrat à moitié réussit. Certaines cases sont vraiment réussies, mais à d'autres moment, Polina apparît trop figée. Mais je crois n'avoir vu que 2 dessinateurs réussit pleinement ce tour de force: Blutch et Jules Feiffer. Vivès ne s'en tire finalement pas si mal, d'autant qu'il a encore le temps de progresser.
Alors, la question reste posée: pourquoi un tel buzz sur Vivès ? Plus que jamais, je pense qu'il a été identifié comme le hérault d'une nouvelle génération, visiblement héritière de la "nouvelle bande dessinée" des années 90, quelque part dans la continuité de Blain, Guibert, Blutch... Son éditeur le pousse (en même temps, c'est son boulot, et on peut difficilement dénier le fait que Vivès ait du talent), une certaine presse l'encense (à l'instar de Sfar ou Satrapi à une époque, pour diverses raisons, mais il y a sans doute une certaine "fidélisation" qui s'installe, pour étayer un discours ou servir une grille de lecture), et c'est tant mieux pour lui, même si ce soutien risque de devenir encombrant à la longue.
Je vois de belles promesses, mais à la lecture de Polina, et à lire les réactions sur ses titres précédents, il manque encore un peu de corps à ses histoires. A suivre, donc. |
 | |  |  | 
Je suis assez d'accord avec NDZ (dans sa bulle-chronique) mais j'ai pas été super emballé quand même.
Je sais pas pourquoi, j'ai trouvé cet exercice un peu vain. Pas désagréable mais un peu vain.
En tout cas, pour reprendre les références de NDZ, loin d'avoir la profondeur et la classe d'un Marc-Antoine Mathieu ou d'un Chris Ware. |
 | | effer, 15.03.2011 à 16:07 | 337152 |
|  |  | | Thierry : | Le meilleur Valérian ? Une petite merveille d'humour et d'intelligence, avec aussi de belles idées de mise en page. En prime, une idée qui sera reprise quasi à l'identique dans l'Incal. cela ne m'avait pas frappé avant, mais nous avons malgré tout une planète peuplée de clones de Valérian, et une planète peuplée de John Difool. |
C'est un vrai bijou! |
 | |  |  | Le meilleur Valérian ? Une petite merveille d'humour et d'intelligence, avec aussi de belles idées de mise en page. En prime, une idée qui sera reprise quasi à l'identique dans l'Incal. cela ne m'avait pas frappé avant, mais nous avons malgré tout une planète peuplée de clones de Valérian, et une planète peuplée de John Difool. |
 | | zewed, 14.03.2011 à 22:02 | 337140 |
|  |  | 
Le résumé de la bullefiche raconte toute l'histoire et ça donne pas trop envie de le lire. Mais j'ai bien aimé. |
 | | effer, 14.03.2011 à 17:28 | 337137 |
|  |  | 
Si l'histoire a retenu le nom des nombreuses maîtresses de Louis XIV et particulièrement sa longue liaison avec Françoise Athènais De Rochechoir, marquise de Montespan, grâce soit rendu à Jean Teulé d'avoir raconté de truculente manière la vie et surtout l'amour incohercicible qu'Antoine de Pardaillan marquis de Montespan eu sa vie durant pour sa belle épouse.
Le cocu le plus célèbre du royaume n'accepta jamais que le roi l'honore ainsi, au travers de son épouse; sa vie en devint ainsi un enfer dûment choisi.
Philippe Bertrand a le trait leste comme un fleuret, ces personnages virevoltent dans des décors tout aussi légers, le verbe est gaillard et fleuris: Le Montespan n'est pas gascon pour rien.
Cet album, c'est du bonheur, un plat rond et fessu rehaussé d'ail.
4 paires de cornes.
|
 | | effer, 14.03.2011 à 17:05 | 337136 |
|  |  | 
Ce roi Oscar est digne du premier tome "Des racontars de Jon Riel"; que c'est difficile de passer l'hiver dans le blizzard du Groenland pour ses chasseurs, qu'ils soient d'anciens ou de nouveaux arrivants, l'épreuve est terrible et peux les rendre fous.
A priori ces récits pourraient être horriblement terrifiants, voir gore, mais le second degré de Jon Riel et les fabuleuses trognes servies par un Hervé Tanquerelle très inspiré rendent ces récits jouissifs, une très bonne lecture.
4 cochons gras. |
 | |  |  |  Reconnaissons à Zidrou de ne pas faire une adaptation gnangnan de la série. Je ne connais que trop mal la série d'origine donc je ne peux pas comparer. Les références ne semblent pas trop trop asséner au marteau. Il y a une petit dose d'absurde.
Pourtant, ce que c'est pénible à lire O_o. J'ai eu cette sensation difficile à expliquer de lire ces planches comme on caresse un velours à rebrousse-poil... |
 | |  |  | Vous vous méprenez. Un "Snoopy" de Dargaud, c'est une p'tite bédoche pour môme. La honte donc. Un "Peanuts" de chez Hors-Collection, c'est déjà plus sérieux...
"Gaston" a peut-être plus de noblesse qu'un "Snoopy" pour le quidam (qui n'a ni tort ni raison. Les comparer, c'est comparer le Reblochon et le Roquefort).
Snoopy a toute une composante "produits dérivés" qui fait sa force mais aussi le décrédibilise.
Je suis le premier à mettre des chaussettes Snoopy. Le coussin de mon chien est griffé Snoopy (mes chaussettes, c'est assumé, le coussin c'est le hasard)
En comparant Snoopy et Cédric, DP cible son lectorat. Il montre à quel lectorat, il s'adresse... |
 | |  |  | | Marie : | | Glotz : | | wandrille : | | (et qui se ferait tuer plutôt que d'acheter un Gaston ou un Cubitus) |
Ou un Peanuts et un Cédric ! |
Cherchez l'intrus |
Cubitus, dont le BMI dépasse 25 ! |
 | | Marie, 11.03.2011 à 12:35 | 337058 |
|  |  | | Glotz : | | wandrille : | | (et qui se ferait tuer plutôt que d'acheter un Gaston ou un Cubitus) |
Ou un Peanuts et un Cédric ! |
Cherchez l'intrus |
 | | Glotz, 11.03.2011 à 0:43 | 337040 |
|  |  | | wandrille : | | (et qui se ferait tuer plutôt que d'acheter un Gaston ou un Cubitus) |
Ou un Peanuts et un Cédric ! |
 | | Glotz, 11.03.2011 à 0:40 | 337039 |
|  |  | | wandrille : | | (et qui se ferait tuer plutôt que d'acheter un Gaston ou un Cubitus) |
Ou un Peanuts et un Cédric ! |
 | |  |  | Boah... c'est encore une de ces appelations contrôlée du marketing pour intello.
Il ne faut pas trop se formaliser là-dessus. Tu marques "roman graphique" dès que c'est un peu compliqué, tu sais que ça attire une clientèle que cette appellation un peu prout prout fait bicher (et qui se ferait tuer plutôt que d'acheter un Gaston ou un Cubitus) et bon, voilà.
C'est moche, mais c'est the game.
Tu achète une intégrale chez Delcourt et un monovolume à l'Asso. |
 | |  |  | On sous-estime sans doute l'importance du "héros" dans la "définition" classique de la bande dessinée, héritée du fameux "âge d'or". A tel point que non seulement la plupart des ouvrages d'analyse anciens lui accorde une place centrale, mais aussi que la plupart des lecteurs et auteurs n'envisageait pas de faire ou de lire de la BD sans un "héros".
Les premiers a s'y être essayés passaient pour d'incroyables modernes et il est quand même très significatif que le bouquin de Van Hamme et Dany ait été titré "Histoire sans héros", ce qui fait plus référence au contexte éditorial du livre qu'à son contenu !
...d'une certaine manière il falait prévenir que ce n'était pas tout à fait une "BD" comme les autres !
Quand ce type d'histoires a pris de l'importance on leur a cherché un nom et je ne sais qui chez Casterman a opté pour "roman" sans doute en suivant le même raisonnement marketing que Will Eisner.
Mais alors, si ce concept s'est largement démocratisé (succès importants de Bilal, Tardi, Pratt, Comès, Servais... ouvrant la porte à d'autres collections chez tous les éditeurs) la marque "roman" n'est pas alors vraiment entrée dans le langage courant. Tout ça restait de la "BD" et on se passait très bien du héros...
Et puis voilà que la "nouvelle BD" rescucite le petit format à forte pagination qui - pour le coup - ressemble tout à fait à un roman, physiquement...
Et les critiques BD disons de la presse de centre gauche - les "odieux" bobos - un tantinet snobs quand même, rescucitent par la même occasion ce terme de "roman graphique" pour désigner le travail des Sfar, Trondheim, Neaud, Menu, Baudouin, etc. et bien signifier que ce n'est pas de la Bédé basse du front pour ados attardés.
C'était clair, le "roman graphique" c'était une bande dessinée en noir et blanc au format "roman".
Tout ça ouvrait la voie à une forme de scission assez délétère que nous connaissons bien entre l'indé et le mainstream. Ce dernier se souvenant alors très vite que le terme "roman" venait tout de même de chez lui et que ce serait un peu facile de considérer tous ses livres comme des "bédés à papa" sous prétexte qu'une poignée de petits jeunes renouvellaient prétentieusement le concept !
Bref, par réaction, le terme "roman graphique" a été appliqué à tout ce qui, de prêt ou de loin, ne correspond pas à la définition d'une "série BD", humoristique ou d'aventure, en insistant parfois sur le contenu "romanesque" du récit.
Tout ça pour écrire qu'effectivemment, le terme "roman graphique" ne correspond plus à rien. Tout le monde se l'approprie - et se le renvoie à la figure - comme un étendard de bon goût ou de qualité, chacun en ayant sa propre conception, le seul tronc commun semblant être que ce n'est ni de la bd humoristique, ni une série à l'ancienne et son indispensable "héros" récurrent.
A l'époque où nous sommes, faire ainsi référence en permanence à une "norme" ancienne du récit en BD (le héros central), qui s'est diluée depuis bientôt 40 ans dans une production de plus en plus hétéroclite, n'a pas grand sens (sinon que de signifier que le grand public, qui reste - semble-t-il - sensible à cette appellation, a 50 ans de retard en matière de bande dessinée, ce qui n'est sans doute pas loin d'être vrai) |
 | |  |  | Personnellement, je n'aime pas la notion de roman graphique. Elle me paraît artificielle.
Will Eisner a utilisé le terme de"graphic novel" pour se différencier du comic book. Je me demande s'il n'y avait pas aussi le fait que le livre était édité d'une pièce et pas en fascicules... et une confusion a vite été entretenue avec les trade paperbacks qui ont été désigné comme "graphic novels" aussi.
Il existait déjà des bandes dessinées qu'on pouvait qualifier de "graphic novel" avant "Un contrat avec Dieu". De la même manière, la démarche d'utiliser le terme de roman graphique pour (A suivre) restait avant tout une volonté de différenciation.
Distanciation par rapport à l'idée de série, utilisation du N&B comme choix artistique, pagination libre, thématiques plus "adultes", liberté créatrice... mais finalement, des différences qui n'en sont pas vraiment. "Histoire sans héros", "Barbarella", "Epoxy" (je n'ai pas honte de citer van Hamme comme auteur de romans graphique et pionnier d'un renouveau passé de la bande dessinée, na !), "Corto Maltese", "Philémon"... autant de titres qu'on pourrait qualifier de roman graphique, ou pas. Parce que cela ne veut rien dire de plus que ce que l'on veut lui faire dire. Donner un air plus sérieux, plus respectable... mais à la base,c'est quoi, la différence ? Quand est-ce que Bilal est passé au roman graphique ? Avec "Bleu Sang" parce que Dan Franck a écrit les textes ? avec "Los Angeles" parce qu'il n'y a pas de bulles ? Quand il est devenu snob ?
En fait, il y a la BD (ou petits miquets -les avocats de Disney ont l'oeil affuté pour débusquer les utilisation frauduleuse de la marque à la souris) pour les gamins, la bande dessinée (qui est déjà un peu plus sérieuse, d'ailleurs, on ne la désigne plus par ses initiales, c'est vous dire) pour les grands, et le roman graphique (roman, comme Marc Lévy, graphique comme palette) pour les plus malins. Confusément, je sens bien que Michel Vaillant n'est pas vraiment de la même encre que Corto Maltese, mais ce sont 2 bandes dessinées. Comme San Antonio et Romain Gary, mais personne ne s'offusque qu'ils écrivent tous les 2 des romans. |
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