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© Dargaud

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Vincent Van Gogh - La ligne de front
ScénarioLarcenet Manu
DessinLarcenet Manu
CouleursLarcenet Patrice
Année2004
EditeurDargaud
CollectionPoisson Pilote
SérieUne aventure rocambolesque de..., tome 2
autres tomes1 | 2 | 3 | 4 | 5
Bullenote [détail]

 

4 avis

Le pinguin punk
Première guerre mondiale, les généraux français ne comprennent pas pourquoi les Poilus désertent en nombre les plaisirs de la guerre. Ils envoient le colonel Vincent Van Gogh sur la ligne de front afin de peindre le ressenti des soldats. Celui-ci est contraint d'accepter même s'il aurait préféré destructurer la palette chromatique tranquille avec ses tournesols.

Raaaah lovely, un nouveau Larcenet !!!! Ce mec n'arrive pas à me décevoir et chaque nouvelle bd est un pur bonheur. Dans la lignée d'Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud, la ligne de Front démarre de façon hilarante avant de conclure sur un ton plus grave.
Les relations de Van Gogh avec le général chargé de le surveiller, sont souvent drôle mais aussi confrontent l'humanité de Van Gogh avec la froideur fanatique du militaire. Larcenet joue sur l'absurde, l'anachronisme, les références cinématographiques, les running gags pour nous faire exploser de rire. Mais au fil de l'histoire, les réflexions sur l'art, le public, les concessions apparaissent. Bien évidement, une réflexion sur l'absurdité de la guerre aussi, une condamnation sans appel des états-majors (les premières pages qui dépeignent ses généraux de l'arrière qui ne comprennent pas le manque d'enthousiasme des poilus à se faire massacrer sont une belle démonstration d'antimilitarisme salvateur). Larcenet nous surprend encore sur la fin en partant sur une allégorie poétique des plus touchante et troublante.
Avec cette ligne de Front, démontre encore une fois qu'il est un auteur exceptionnel. Pour ma part, j'ai été de nouveau extremement touché et ému (et mort de rire).
Gilles
Comme l'indique le titre, le peintre Vincent Van Gogh se retrouve envoyé dans les tranchées pour peindre l'esprit de la guerre afin que les généraux restés à l'arrière comprennent pourquoi les soldats ne veulent pas aller se faire tuer au front.

Ne vous laissez pas troubler par le caractère anachronique de la situation car, une fois la lecture entamée, elle importe peu et permet à Larcenet de mettre en scène des thèmes qui lui sont chers : la condition d'artiste (déjà abordé dans L'artiste de la famille) et les militaires (également vu dans Presque). D'ailleurs, Vincent Van Gogh prend plusieurs fois des traits proche de Marco, le double de Larcenet dans Le Combat Ordinaire ( Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2004 ), renforçant ainsi la projection de l'auteur dans le personnage principal.

Une des plus belles réussites de cet album est la réflexion sur la mort et la description de l'apaisement progressif de Van Gogh à mesure qu'il se rapproche de la guerre. Au départ, il est colérique et torturé. Son front et ses yeux sont le plus souvent plissés dans une grimace d'artiste torturé. Paradoxalement, en se rapprochant du front et des horreurs de la guerre, Van Gogh se calme et retrouve même une certaine paix intérieure que je vous laisse découvrir vers la fin de l'album.

Est-ce une réaction de survie pour encaisser les visions horrifiques de la bataille ? Est-ce pour compenser l'angoisse et la peur montante du général qui l'accompagne au front ? Pour moi, l'apaisement de Van Gogh s'explique par l'acceptation de sa propre condition mortelle devant l'omniprésence de la mort qui décime les troupes.

Dans l'oeuvre de tout artiste, il y a également un défi au temps qui passe et une volonté de dépasser sa mortalité. Cotoyer la mort du bout des doigts permet à Van Gogh de s'affranchir de sa peur. Les dernières pages le voient d'ailleurs plus contemplatif qu'actif comme si, en abandonnant ses pinceaux et ses toiles, il cessait de lutter contre son destin.

C'est d'ailleurs à ce moment-là, qu'il accède à cette nouvelle vision de la réalité annoncée à plusieurs reprises dans l'album (par exemple, planche 3 : [Le général] dit que seul un artiste saura lui montrer la réalité cachée sous les apparences). La souffrance qui accompagne cette nouvelle vision (sa première manifestation est consécutive à une raclée en règle) s'estompe peu à peu et c'est un Van Gogh délivré de toute douleur qui accède finalement à la réalité cachée sous les apparences.

Au delà des thèmes abordés et de la réflexion sur l'art et la mort, il convient également d'étudier la façon dont Larcenet les met en forme dans le cadre d'une bande dessinée puisque c'est bien d'une BD dont il s'agit et non pas d'un film ou d'un roman. Hélas, du point de vue formel, l'album souffre d'une série d'écueils qui en gâche la lecture. Il ne s'agit pas de remettre en question le talent graphique de Larcenet - il est connu et reconnu - mais d'étudier son application au medium de la bande dessinée.

En particulier, la qualité du découpage est assez irrégulier. Il semble parfois bancal sans raison apparente avec par exemple, des ruptures étranges en milieu de page comme si la planche s'interromptait brusquement avant de reprendre dans la moitié inférieur. Certains décrochages de case sont également peu expliquables et semblent plutôt relever de l'effet ou du "truc" plus que d'une intention particulière.

Autre effet ré-utilisé à longueur de pages par Larcenet : la disparition des pupilles de ses personnages pour signifier un émoi passager. Si l'idée est habile au départ, elle s'essoufle à être mise à toutes les sauces et finit par n'exister que par ce qu'elle montre et pas ce qu'elle représente. Elle devient un truc que l'on sort du chapeau par automatisme car il a auparavant permis de résoudre un certain nombre de difficultés.

Autre exemple d'effet qui se transforme en "truc" à force de répétition : l'utilisation d'une unique couleur jaune/orange sur un dessin en noir et blanc. Son utilisation est totalement justifiable pour l'apparition des engoulevents car le jaune est la couleur de prédilection de Van Gogh et c'est la couleur qui lui permet de déstructurer la réalité pour voir au delà des apparences. Malheureusement, cet effet est également utilisé dans d'autres situations mais cette fois plus pour ce qu'il est (un choc chromatique) que ce qu'il représente ce qui brouille sa justification initiale.

C'est d'autant plus dommage que Larcenet sait être plus créatif comme il nous le montre d'ailleurs à plusieurs reprises dans l'album. Un magnifique exemple illustrant cette maîtrise du medium est notamment visible planche 12 où l'auteur fait passer la "queue" du phylactère derrière le visage de Van Gogh pour donner l'impression que les mots prononcés par le général émanent en fait de la bouche du peintre. Larcenet réussit le tour de force de dépeindre clairement une situation pourtant assez compliquée.

Au final, Vincent Van Gogh : La ligne de Front est un bon album mais qui aurait gagné à être plus abouti. Ne vous méprenez pas, il figure parmi les meilleures sorties de ce mois mais il comporte malgré tout un certain nombre de maladresses qui donne l'impression que l'auteur s'est laissé emporté par son sujet au détriment de la forme.
Matt Murdock
Enfin, j'ai lu la déjà fameuse Aventure rocambolesque de… Vincent Van Gogh - La ligne de front, BD écrite et dessinée par Manu Larcenet, auteur de nombreuses BD comme Le combat ordinaire, Donjon parade, les cosmonautes du futur, Bill Baroud, les albums des Rêveurs, et j'en passe encore beaucoup, les fans corrigeront mes oublis.

Cette BD est l'histoire de Vincent Van Gogh, peintre de génie en son état, qui est envoyé au front de la Guerre 14-18, afin de la·peindre pour quelques généraux avides de connaître les réticences de leurs poilus à partir au combat. Van Gogh sera accompagné d'un gradé lèche-bottes, qui finira au front comme tout le monde.

Après une première partie assez drôle, dont les gags sont un remake d'un sketch de Larcenet sur Van Gogh de l'album Soyons fous édité chez Fluide Glacial (tout y était déjà°: l'explosion de la palette chromatique, les tournesols pour crier son désarroi, les critiques sur le fait qu'il y a trop de jaune dans ses tableaux, la rivalité avec ce bourgeois de Toulouse-Lautrec), Larcenet nous livre ensuite une reconstitution des tranchées. Cette deuxième partie est une alternance de portrait de Gueules Cassées, de massacres entre tranchées, de généraux inconscients. Tout y est pour nous rappelez Les Sentiers de la Gloire de Kubrick. Sans oublier certains passages peints par Larcenet, particulièrement réussis.

Mais c'est surtout la dernière partie qui m'a épaté (on doit pas être beaucoup, mais j'assume°!). Van Gogh trouve alors une petite fille responsable de la mort de tous les soldats du front, Larcenet nous livre une séquence volontairement onirique qui m'a rappelé La Lecture des ruines ou quelques passages des Incidents de la nuit, tous les deux de David B. Ce passage à la fois mystérieux et glauque est assez glaçant.

Bref un très bon album que cette aventure rocambolesque.
everland
Le nouveau Manu Larcenet était très attendu après son prix du meilleur album à Angoulême. Du coup, on aurait presque l'oeil trop critique à la lecture de La ligne de front. Est-ce que l'album est à la hauteur ? Est-ce que Larcenet est toujours aussi bon, aussi inventif ? Est-ce qu'il ne va pas finir par se planter ? Finalement c'est un peu dommage, j'ai parfois l'impression qu'on se monte la tête avec ces histoires de prix et de classement qu'on fait malgré nous et que cela pourrait nous bouffer un peu du plaisir de la lecture. On est rarement neutre en ouvrant un livre et je suis sûr que ça joue pas mal sur nos impressions. Qui n'a jamais été déçu par un film ou un livre dont on lui parlait depuis des semaines : "Ah bon, c'était juste pour ça ?"

Heureusement, La ligne de front est un bon album à la hauteur de la réputation de son auteur. Dès la première planche on se laisse prendre par le plaisir de retrouver tout ce qu'on aime chez Larcenet : son humour noir, ses interrogations, ses inventions graphiques. Du coup, je nevais pas disséquer l'album, c'est dans la ligne droite des "poisson pilote" de Larcenet, très bon.
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