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Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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wandrille, 28.05.2016 à 16:26362358
Exceptionnel. Je recommande la chronique de Herbv qui donne envie. Quoi que je n'en sois qu'à la page 56 et que, d'après celle ci, l'histoire ne commence réellement qu'après la page 96.

Ce livre est un chef d'oeuvre d'humour et de fantaisie. Le graphisme est excellent, la mise en couleur aquarellée est d'une grande délicatesse. Chaque strip est un petit bijou de magie.

crepp, 19.05.2016 à 20:16362294




Un petit livre pour un Grand auteur. On y trouve un avant propos de Thierry Bellefroid, une description de son trait par Olivier Grenson, une description amicale par Didier Platteau, et enfin un superbe hommage de Christophe Chabouté. Peut être pas indispensable (pour les amoureux de Didier Comes, je pense quand même que oui), mais touchant tout de même.

Mael, 17.05.2016 à 12:30362280
Il est bien plus intéressant que le précédent, qui est plus une enfilade d'illus sans grand intérêt typiquement carnet de voyage. Pas lu les plus récents, des bandes dessinées qui me rendent curieux.

NDZ, 17.05.2016 à 12:08362279
Avec la déclaration d'amour à la cartographie et l'espace géographique restreint, on aurait pu croire et rêver à un exercice oubapien du style "tentativement d'épuisement d'une île niponne". C'est parfois presque le cas dans les exercices de déformation de la perspective pour embrasser les amas d'objets, la variété des images et couleurs et la profusion de détails dans les espaces clos (boutiques, maisons). Las, on tombe bien vite dans l'exercice du carnet (sans mexicains ou lama pour jouer au foot). Alors certes, il y a des passages très réussis (humour ou ambiance), le dessin rond aux crayons de couleurs nous fait saliver devant plus d'un sashimi de tako, mais c'est gentil et un poil lassant par le côté très superficiel des descriptions ou répétitif des situations. Quelques bons points (la chronologie de l'arrivée du courrier, les anecdotes sur les cultures potagères ou le cultuel qui vire au potache) resteront probablement en tête. Je vais rester curieux et en lire d'autres.

Thierry, 17.05.2016 à 10:25362276
comme beaucoup, j'ai découvert Walking Dead avec la série. La bande dessinée étant déjà bien entamée, je ne voulais pas me lancer dans une sérieau long cours. Puis, progressivement, j'ai eu de plus en plus envie de voir d'où venait la série. je savais qu'il y avait des différences notables entre la bande dessinée et la, série. En effet, si le point de départ reste le même, on remaque tout de suite des différences entre les deux histoires que ce soit concernant les personnages ou les péripéties. Le canevas reste globalement le même sans qu'on est l'impression derelire exactement la même chose.
Cela dit, le gros défaut de ce premier tome concerne le dessin trop propre de Terry Moore qui ne colle pas complètement à l'ambiance. J'ai aussi l'impression que Kirkman se cherche encore dans ce premier tome. Il me semble parfois un peu caricatural sur la psychologie des personnages. Mais le plaisir reste bien présent.

Pierre, 30.04.2016 à 11:15362166
Acheté sur les conseils de mon libraire à qui je venais de faire part de ma déception quant aux bouffonneries vaines de Trondheim et Kéramidas (à ce propos, entendu à Amiens, librairie Bulle en stock, un libraire à un client: "Kéramidas tu connais pas? Kéramidas: c'est un tueur" (sic), summum de la connerie en matière de jugement critique).





A première vue, ça ne paie pas de mine. On feuillette l'album: ça a l'air un peu statique et gentillet, et pourtant... Cela se révèle une véritable réussite, à plus d'un titre. Réussite au point de vue de l'esthétique, de la narration et de la signification. Tandis que Trondheim dans une tentative similaire ne parvient pas s'élever au-delà du discours creux de l'hommage faussement irrévérencieux, Cosey lui se réapproprie le mythe pour le fondre dans son univers propre, et cela afin d'esquisser une réflexion sur la création artistique. Il y a tout un réseau qui se met rapidement en place et fait sens avec une économie de moyens, un absence d'effet qui sont admirables.

L'argument est apparemment mince: Mickey à sa table de travail rédige un scénario qu'il s'en va ensuite soumettre à un producteur à Los Angeles. La confrontation du créateur avec l'homme d'argent vient interférer dans son processus créatif, et le perturber ("le public attend ceci, réclame cela"... "Prenez donc exemple sur Shakespeare..."). Le voyage du retour en train donne à Mickey l'occasion de s'éprendre d'une belle et mystérieuse personne qui va occuper ses pensées cependant qu'il se remet à l'ouvrage en tâchant de satisfaire aux exigences du public.

Les personnages évoluent dans un univers qui est celui de Cosey (avec ses codes graphiques et narratifs: grandes cases, compositions aérées, schématisme, ellipses, monologue intérieur, concision des textes, couleurs en demi-teintes) mais dont les références sont celle d'un Mickey des origines, d'avant sa transformation en phénomène culturel, installé dans une Amérique idyllique des années vingt immortalisée à la veille de la grande Crise (à relever, un rigoureux travail de cohérence dans l'emploi des noms anglo-saxons pour les arrières-plans, avec lesquels le contenu des bulles en Français semble dissoner exprès, comme si l'on avait affaire ici à une version doublée - ce travail est seulement gâté par la présence regrettable d'une bévue: "dilemne" écrit au lieu de "dilemme") .

Le thème central de cet album est donc la création. Mickey y incarne la figure de l'auteur dont on voit le travail soumis à différentes interactions: la sensibilité propre de l'artiste (ce sur quoi le verse son penchant naturel) doit s’accommoder des exigences de l'éditeur mais est aussi brouillée par les états d'âmes, les sentiments du moment (ici amoureux) qui l'habitent. De tout cela, émergera finalement une oeuvre originale.

Il y a ici une mise en abyme subtile (rendue possible par la vacuité inhérente au personnage de Mickey - comparable à celle de Tintin ou Spirou - et l'univers codifié et familier au lecteur dans lequel il évolue) qui permet d'y projeter la figure d'un créateur qui pourrait tout aussi bien être Walt Disney que Cosey lui-même. Les poncifs utilisés (la belle inconnue, le quiproquos, la découverte de "l'affaire du siècle"...) sont détournés de façon à montrer qu'ils peuvent être producteur de sens, en dépit de leur usure: c'est leur mise en ordre qui crée la singularité, ainsi que la sincérité du propos qui confère la profondeur et cette vérité dont le travail de Trondheim est dépourvu.

Quand Trondheim raille les "cités perdues" et autres chasses au trésor qui peuplent les histoires des Mickey Parade, il s'en tient au ricanement bête et ne produit rien; Cosey dans son approche est plus pertinent. Dévoilant in fine la nature de la fameuse "affaire du siècle" (un prétendu manuscrit perdu et inédit qui obnubile et égare le personnage de Dingo), il brocarde la vanité des espoirs qu'elle contient, mais il nous suggère aussi que l'intérêt réside davantage dans le renouvellement de la forme (ce à quoi s'est attelé Mickey) que dans la recherche chimérique d'une énième pièce de Shakespeare (l'inédit et le "à la manière de" ne sont-ils pas deux des travers où se complait la frilosité des entrepreneurs en édition?). De la même manière, la révélation du personnage de Minnie (argument de l'album) tord le cou aux clichés sexistes qui abondent dans la littérature populaire et justement illustrés jusqu'ici par l'éternelle fiancée de Mickey, en imposant cette fois un personnage féminin crédible, au caractère affirmé.

Dans le contexte a priori le plus contraint qui soit, Cosey réinvente Mickey (figure emblématique d'un empire financier, d'une idéologie, d'une vision du monde) donnant une oeuvre atypique et intemporelle, où la réflexion personnelle est empreinte d'une indéniable poésie.

(A noter, au détour d'une case: un sympathique hommage aux "Bébés Disney", création du Français Claude Marin pour le Journal de Mickey dans les années 80)

wandrille, 26.04.2016 à 16:15362155
Découverte chez un ami de cet album dont j'ai raté la première sortie et la réddition. Mais quelle réussite !

Le scénario comme le graphisme fabuleux de Killofer. Je vais vite le mâcheté. Me lâcheté ?

Me l'acheter.

wandrille, 26.04.2016 à 15:59362154
lanjingling :
Tu devais être dans le Cirage pour confondre Blandin :)


Bravo. J'ai blondis devant mon écran.

Glotz, 25.04.2016 à 14:27362149
lanjingling :
Tu devais être dans le Cirage pour confondre Blandin :)

De toute façon, pour Maël, il ne peut y avoir qu'une seule Blandin, l'héroïne immortalisée en 1994 par Blutch et Menu !

(PS : J'ai mis du tant à comprendre ton calembour ; mais bravo)

lanjingling, 25.04.2016 à 1:26362147
Tu devais être dans le Cirage pour confondre Blandin :)

Mael, 24.04.2016 à 23:38362146
En même temps je viens de me rendre compte que je confonds GUerrive et Marine Blandin, dont le job n'a rien à voir, même si ce que je disais sur Chef Magik et Marines (pas Blandin, du coup) est vrai.

MOralité : toujours vérifier les biblios bulledair AVANT de poster.

PS : et alors oui alors le crépin et janvier pffffuit.

wandrille, 24.04.2016 à 23:37362145
Je découvre enfin ces deux tomes de la série de Boris El Diablo et du Formidable POZLA. On m'en avait dit monts et merveilles, eh bien c'est tout à fait justifié : ça déboîte à mort, avec un univers post apo dominé par des animaux tout aussi véreux que des hommes et deux héros-badass simiens, sans moral ni retenue.

ça fait un peu penser à ce que faisait Winschluss quand il en avait plein sous la chaussure.

En plus trash, ce qui n'est pas peu dire.

Mael, 24.04.2016 à 23:37362144
wandrille :
NDZ :
ça chante des louanges chez Jules-de-chez-Smith-en-face ou bien là-bas... des avis ici ? Y compris sur les livres précédents de l'auteure...


Capitaine Mulet : très bien
Chef Magik : Excellent
Girafes : top ouane
Marines : super beau.
Le truc chez Schampooing : m'en souviens pas trop.


Beaucoup aimé Chaf Magik, admiré Marines sans passion (très beau, en effet) mais mon favoris reste justement celui de chez Shampoing, une surprise par ailleurs car je ne m'attendais à rien, il m'a vraiment fait imaginer pleins de suites dans cet univers de piscines une fois les yeux fermés. Je le trouvais à la fois très beau et un peu angoissant, après j'adore les possibilités d'espaces ludoaquatiques et c'est assez rare d'avoir une fiction (non sportive par ailleurs, car la natation m'emmerde) là dessus. J'ai beaucoup beaucoup aimé Fables Nautiques (quoique dans mon vague souvenir les couleurs étaient un peu ternes).

wandrille, 24.04.2016 à 23:32362143
NDZ :
ça chante des louanges chez Jules-de-chez-Smith-en-face ou bien là-bas... des avis ici ? Y compris sur les livres précédents de l'auteure...


Capitaine Mulet : très bien
Chef Magik : Excellent
Girafes : top ouane
Marines : super beau.
Le truc chez Schampooing : m'en souviens pas trop.

crepp, 19.04.2016 à 20:42362105




La légende Arthurienne a toujours été d'un grand intérêt pour moi, mais en bande dessinée c'est quand même loin d'être la joie.
Mais ici c'est une très agréable surprise.
Premièrement pour les palettes de couleurs qui donnent toujours la bonne ambiance, on passe quand même du tragique au vaudeville sans le moindre problème.
Deuxièmement pour Morgane, quel personnage ! Le traitement en fait la première féministe.
Et puis quel plaisir (enfin) de voir Merlin pas de la manière Disney (vieux monsieur avec sa vieille barbe blanche).
Bref 4 Corneilles

Thierry, 19.04.2016 à 11:16362097
Jack vend de la soupe dans les rues de Portbrrok. Il y encontre Jane, jeune skateuse qui vient de débarquer en ville. Entre eux, le curdant passe vit. Lui, glandeur cosmique, gauche et maladroit, toujours l'ai dans la lune. Elle, garçon manqué mais qui aimerait qu'on la considère pour ce qu'elle est.
Leur histoire pourrait doucement avancer sans rien devoir à personne. Seulement, Une connaissance de Jane découvre qu'elle fréquente Jack. Elle a déjà entendu parler de Jack, puisqu'il est sorti avec un de ses amies. Et ce n'était pas à son avantage.
Elle décide de prévenir Jane et d'activer le "réseau des nanas" (le cute girl network): une mailing list à travers laquelle les femmes partagent leur expérience avec les mecs de la ville, en vue de se prémunir contre les mecs pénibles. Jack est connu de ce réseau: ce type est une catastrophe. arriet entraîne Jane sur les traces des anciennes copines de Jack, bien décidée à la faire rompre.
Jane ne sais pas trop. Elle aime bien Jack.
Quant à Jack, il aimerait que Jane soit sa copine, mais il sent ses hésitations.
Petite comédie sentimentale, sans grand enjeu, mais qui possède un vrai capital sympathie. Cela reste pour moi un exercice dans lequel les anglo-saxons restent infiniment plus à l'aise que les franco-belge: ces histoires légères reposant sur des personnages attachants. J'ai toujours l'impression que les anglo-saxons privilégie un story-telling plus dynamique, laissant plus de place aux personnages pour se développer. Ce livre dépasse les 150 planches, très dialoguées, et joue d'un dessin très expressifs, ce qui donne suffisamment de caractère à ses personnages. Non qu'ils soient particulièrement complexe, mais ils peuvent "vivre" plus naturellement dans une pagination plus importanteet des scènes plus longue. Les interactions se font plus naturellement, les scènes ont le temps de se dérouler, sans donner une impression de diaporama. Le résultat est un livre gentil, qui donne le sourire parce que, finalement, on s'attache à Jane et Jack, aussi bateau soient les situations et prévisible la fin.

Thierry, 19.04.2016 à 9:17362096
chrisB :
Thierry :
chrisB :
Thierry :
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.


Je n'ai lu d'elle que :

Là comme ça, pas trop envie de remettre le couvert...

c'est le même genre. On y est sensible ou pas :o)


Tu avais mis "2*" au premier toi aussi :)

oui mais il y a 2 et 2 :o)
c'est une note que kje dois réévaluer vers le hauit parce que, bon, ben, parce que, quoi

chrisB, 19.04.2016 à 8:30362095
Thierry :
chrisB :
Thierry :
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.


Je n'ai lu d'elle que :

Là comme ça, pas trop envie de remettre le couvert...

c'est le même genre. On y est sensible ou pas :o)


Tu avais mis "2*" au premier toi aussi :)

Anoeta, 18.04.2016 à 21:25362090
C'est une nouveauté la BD d'Otomo ? Ou juste un inédit ?
Même question pour la collaboration entre Mattotti et Piersanti qui me fait de l'oeil. Bon, le Spiegelman aussi mais il n'y a que 2 planches, c'est déjà plus anecdotique.

vacom, 18.04.2016 à 21:06362089
Thierry :
nouvelle revue éditée par casterman, dédiée aux courts récits. Passée une déclaration d'intention un peu pompeuse, l'impression d'un manque total de surprise, et dans le casting (on trouve tous ceux qu'on peu attendre de cet exercice), et dans les sujets (avec même des similitudes dans le procéde pour Bajram/Mangin et de Moor/Dal).
Finalement, ceux qui s'en tirent le mieux sont Tripp pour sa petite histoire de la découverte de la masturbation, et Eleanor Davis. Vivès fait du Vivès, Blutch fait du Blutch... rien de bien surprenant, rien de décoiffant, rien d'original... Rien de honteux, non plus. L'éditorial triomphaliste de Mouchard accouche d'une souris.


Voilà qui confirme mes craintes par rapport à ce projet, craintes qui m'ont pour le moment dissuadé d'acheter le premier numéro. Merci pour l'avis éclairant, en tout cas.

grimmy, 18.04.2016 à 15:47362087
Thierry :
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.

Tout pareil. Un très beau livre qui aurait mérité d'être proposé dans un format légèrement plus grand avec des gris plus foncés. Est-ce mon âge avancé, mais parfois j'ai du froncer les sourcils pour pouvoir lire les textes...

grimmy, 18.04.2016 à 15:47362086
Thierry :
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.

Tout pareil. Un très beau livre qui aurait mérité d'être proposé dans un format légèrement plus grand avec des gris plus foncés. Est-ce mon âge avancé, mais parfois j'ai du froncer les sourcils pour pouvoir lire les textes...

Thierry, 18.04.2016 à 12:08362083
chrisB :
Thierry :
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.


Je n'ai lu d'elle que :

Là comme ça, pas trop envie de remettre le couvert...

c'est le même genre. On y est sensible ou pas :o)

chrisB, 18.04.2016 à 11:28362082
Thierry :
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.


Je n'ai lu d'elle que :

Là comme ça, pas trop envie de remettre le couvert...

Thierry, 18.04.2016 à 10:53362081
nouvelle revue éditée par casterman, dédiée aux courts récits. Passée une déclaration d'intention un peu pompeuse, l'impression d'un manque total de surprise, et dans le casting (on trouve tous ceux qu'on peu attendre de cet exercice), et dans les sujets (avec même des similitudes dans le procéde pour Bajram/Mangin et de Moor/Dal).
Finalement, ceux qui s'en tirent le mieux sont Tripp pour sa petite histoire de la découverte de la masturbation, et Eleanor Davis. Vivès fait du Vivès, Blutch fait du Blutch... rien de bien surprenant, rien de décoiffant, rien d'original... Rien de honteux, non plus. L'éditorial triomphaliste de Mouchard accouche d'une souris.

Thierry, 18.04.2016 à 10:35362079
je reste sensible à l'univers si particulier de Fanny Michaelis. Un mélange d'allégorie et de symbolisme assez subtil qui ne livre pas toutes les clés pour décoder son travail. Dans ce récit de mémoire, elle revient sur la fuite de son grand-père, juif berlinois, pendant la montée du nazisme. le résultat est beau, sensible et intrigant.

crepp, 17.04.2016 à 11:53362075




Florence Dupré la Tour en a marre de sa vie gentille, elle décide donc de devenir dans la vie de tous les jours Cigish, un nécroman niveau 25. Elle veut tout éclater, et elle va s'y donner à fond.
Au début c'est un blog (jamais lu au passage) qui devient donc une BD éditée chez Ankama. Tirer du vrai ou du faux dans toute l'histoire est difficile et en même temps n'est pas le réel intérêt. La grande force c'est la manipulation, et la liberté de ton. J'ai été bien aspiré par l'ensemble, mais il y a eu quand même un tournant vers la moitié de la BD. Les commentaires de blog publiés ne prenaient pas le dessus, mais cela changea au fil des pages, pour me retrouver à préférer les commentaires. Et c'est donc la que le bas blesse, l'équilibre n'était plus là.
3 têtes de mort quand même.

Mael, 25.03.2016 à 13:45361864
Les "Chef Magik" sont franchement drôles (inégal mais très drôle) et le "Marines" très très beaux.

NDZ, 25.03.2016 à 9:44361863
ça chante des louanges chez Jules-de-chez-Smith-en-face ou bien là-bas... des avis ici ? Y compris sur les livres précédents de l'auteure...

Anoeta, 21.03.2016 à 20:23361851
Très bon. Une proche des super héros à la Alan Moore. Peu d'actions mais toujours très bien amené. Plusieurs époques menées de front sans que l'interêt ne se perde. J'espère que la suite sera à la hauteur. 4 * ça les vaut.

lldm, 21.03.2016 à 15:35361848

Trainait chez une amie.
Une des choses les plus laides et vaines (je veux dire : dont rien ne semble jutififier qu'on aille émietter des arbres pour faire ça avec) que j'aie vu depuis longtemps. Quelle mouche a piqué successivement l'auteur et l'éditeur ? Si vous la retrouvez, écrasez là avant qu'elle ne récidive.

NDZ, 21.03.2016 à 10:56361847
Un Caméra Café intergalactique ? Pas vraiment... un Star Wars bureaucratique ? Pas vraiment... Même si l'intrigue est avare de temps forts ou de réelles surprises, la lecture est au final très agréable tout de même, en grande partie grâce aux expérimentations graphiques, aux couleurs, à certains textes et à la mise en scène globale. À lire.

Thierry, 10.03.2016 à 15:31361736
Mael :
Glotz :
(les grands oubliés de la bande dessinée ne le sont pas toujours sans raison)


J'aime cette phrase.

qui va bien avec (ou : des limites de l'intérêt pour la patrimoine de la bande dessinée)
parce que, bon, la nostalgie a parfois bon dos

Mael, 10.03.2016 à 15:22361735
Glotz :
(les grands oubliés de la bande dessinée ne le sont pas toujours sans raison)


J'aime cette phrase.

Glotz, 10.03.2016 à 13:04361732
Tousse-Bourrin, éphémère revue de 1975-76 qui a développé la vague de la fantasy érotico-machiste (ou : des limites de l'intérêt pour la patrimoine de la bande dessinée).

Débuts peu concluants de Loisel, niaiseries « humoristiques » de Loro (les grands oubliés de la bande dessinée ne le sont pas toujours sans raison), combat de catch gribouillé de Simond, space-opéra féministe (?) prétexte à montrer des femmes massacrées ou encuirées : laisse très dubitatif.


On prend les mêmes (Loisel s'améliore vaguement, Loro s'enferre dans le médiéval, Simond hybride Sade philosophe & Carroll) + une première version de la Jôle de Cabanes qui rehausse le niveau (plus que sa couverture).


Là encore, seul Cabanes a de l'intérêt, que ce soit seul ou en collaborations. Dans le 4, il débute vraiment Dans les villages. Les débuts de Cothias et Alfonso Font sont peu passionnants.

e m, 09.03.2016 à 19:36361727
Ça m'arrive aussi parfois de me demander ce qui m'avait tant plu la première fois.
Et du coup je revends. J'en ai revendu un bon paquet ces derniers temps.
Parfois même des livres achetés, mais que je n'ai ensuite jamais eu envie de lire...

Thierry, 09.03.2016 à 12:13361725
e m :
Je m'aperçois que je n'ai jamais bullenoté ce Western.
Lu à l'époque et bien aimé, mais sans plus. Revendu depuis sans jamais avoir eu envie de le relire.
Donc 3... vengeances ? J'ai un vague souvenir de vengeance.

cela me surprend régulièrement d'être très déçu à la relecture de "vieux" titres de les trouver aussi "faible" en relecture.
Et cela concerne surtout les albums mainstream des années 1990-2000. je dois avouer qu'il y a par exemple peu de delcourt que j'arrive à relire sans, au mieux, une pointe de déception. Je reprends à la limite plus de plaisir à relire un vieux bernard prince, malgré tout ce qui peut avoir (mal) vieilli dedans que de relire Carmen McCallum, par exemple (j'ai essayé, ça m'est tombé des mains)

wandrille, 09.03.2016 à 11:26361723
NDZ :
Je suis assez preneur d'avis... merci :)


Très bon : un traitement original d'un sujet ultra classique, le monde du travail, à travers le quotidien d'un stagiaire graphiste sur un vaisseau spatial qui vit dans la crainte trouble de mystérieux extra-terrestre dont on se demande bien si ils ont la moindre consistance.

La solitude de l'employé de bas étage, la superficialité des discussion entre collègue et la brutalité des rapports de force hiérarchique sont bien traitées.

Quant au graphisme, c'est du Erwann Surcouf, l'un des meilleurs pour faire le lien entre un apparent minimalisme et une virtuosité graphique quand le moment l'exige.

Big up pour la colo.

e m, 08.03.2016 à 21:45361720
Je m'aperçois que je n'ai jamais bullenoté ce Western.
Lu à l'époque et bien aimé, mais sans plus. Revendu depuis sans jamais avoir eu envie de le relire.
Donc 3... vengeances ? J'ai un vague souvenir de vengeance.

Thierry, 08.03.2016 à 13:46361714
A l'époque, j'avais mis 4 étoiles. En relisant, je n'y vois qu'une purge scénaristique. C'est long, lent, bavard, d'une facilité confondante... les coïncidences sont trop grosses, les péripéties trop prévisibles... graphiquement, c'est assez laid à cause d'un choix chromatique brunache et palichon.
Si les auteurs avaient pris le temps de développer leur histoire sur 2 à 4 tomes, ils auraient eu le temps d'installer une intrigue, de laisser les événements se dérouler naturellement. Les coïncidenceset les gros mcGuffin ne sont pas désagréables lorsqu'ils sont utilisés avec talent. Ramassé sur un tome (allongé artificiellement par des doubles pages décoratives mais sans guère d'intérêt), tout se déroule au pas de charge, porté par une voix off envahissante et insupportable. Les rebondissements s'empilent les uns sur les autres, sans l'ombre d'un fil narratif clair avant que le twist final ne tombe comme un cheveu dans la soupe, inutile, grossier, ridicule. En fait, je trouve tout cela simpliste et naïf.

Thierry, 07.03.2016 à 11:43361707
relecture de ce livre de Tomine paru en 2003, peu après avoir lu Les Intrus. C'est fou ce qu'on voit l'évolution du travail de Tomine, qui reste encore très prisonnier d'une forme dans ce recueil, très bon au demeurant

NDZ, 06.03.2016 à 22:33361704
Je suis assez preneur d'avis... merci :)

Thierry, 04.03.2016 à 11:02361685
au départ, un récit sur un alcoolique, cela ne m'attire pas du tout. Mais ce livre a eu excellente presse et je me suis rendu compte qu'il était édité, non pas par Ca et Là comme je le pensais (bon éditeur au demeurant), mais par Monsieur Toussaint Louverture, éditeur exigeant et original dont c'est à ce jour la seule bande dessinée au catalogue. C'est dire qu'il devait lui trouver des qualtés indéniables. Ajoutez à cela une très belle maquette et je me suis décidé.
Cette fiction dans laquelle presque tout est vrai raconte l'histoire de l'écrivain Jonathan A, alter égo du scénariste Jonathan Ames. Depuis ses 16 ans, Johnathan est alcoolique.
Il nous raconte son addiction, ses excès, ses gueules de bois, ses difficultés relationnelles... mais, paradoxalement, le récit ne tombe jamais dans la lourdeur. Sans doute parce que Jonathan Ames applique à sa aration les recettes du storytelling moderne. Flashbacks bien maîtrisés, allers et retours qui maintiennent la tension, donnent sans cesse l'envie de tourner la page. Dea Haspiel illustre l'histoire avec brio, dans un style classique, mais très expressif, disséminant ça et là de petites idées graphiques qui redent a lecture encore plus aréable.
D'une certaine manière, j'ai l'impression d'avoir lu ce qu'aurait pû être Le Sculpteur de Scott McCLoud, qui se perdait par manque de rigueur scénaristique et finissai par n'être qu'une démonstration graphique.

lldm, 03.03.2016 à 15:00361673
lldm :
Les quatre volumes de « Sag », au Dernier Cri, sont une merveille. On en trouve par-ci par là en ligne.


je vois même que les trois derniers sont encore au Dernier Cri.

lldm, 03.03.2016 à 14:56361672
NDZ :
Angoissant et froid, ça m'a sans cesse rappelé des ambiances d'Alphaville. À tort ou à raison. Mais pour moi, cette comparaison est laudative. Une bonne surprise dans un genre que j'ai rarement vu sublimé. Parfois par Pastor ? Je vais probablement me pencher un peu plus sur les autres travaux de l'auteur avec beaucoup de curiosité et d'envie.


Les quatre volumes de « Sag », au Dernier Cri, sont une merveille. On en trouve par-ci par là en ligne.

NDZ, 03.03.2016 à 14:24361671
Angoissant et froid, ça m'a sans cesse rappelé des ambiances d'Alphaville. À tort ou à raison. Mais pour moi, cette comparaison est laudative. Une bonne surprise dans un genre que j'ai rarement vu sublimé. Parfois par Pastor ? Je vais probablement me pencher un peu plus sur les autres travaux de l'auteur avec beaucoup de curiosité et d'envie.

wandrille, 26.02.2016 à 8:34361607
Indéniablement bien. Un livre concept qui ne me laissera probablement pas grand souvenir.
bouef bouef.

Aba Sourdi, 25.02.2016 à 18:54361604
Glotz :
Lentement, je commence à apprécier l'humour de Kamagurka, recommandé par tant de personnes de confiance, mais je continue à le trouver très inégal. Ici, autour du thème classique du quadragénaire misanthrope un peu beauf vivant avec son chien (ce qui limite la portée satirique du recueil), quelques pages très drôles (les variations autour du lancer de bâton), beaucoup d'autres très oubliables, avec un humour parfois quasi cauvinien.

Les premiers Kamagurka sont bien meilleurs que ses derniers, parmi lesquels il n'y a que "L'angoisse de la page blanche" qui apporte vraiment quelque chose, mais sinon à partir de "Ils sont parmi nous" c'est en effet décevant et inégal. Retente plutôt ses vieux, si tu les trouves. (Je suis même allé jusqu'à revendre ce "Bert et Bobbie", alors que je ne pensais pas revendre un jour un Kamagurka. Sacrilège !)

Glotz, 18.02.2016 à 10:42361558
Pas lu mais ça m'intrigue beaucoup que les planches de Gloeckner n'aient jamais été publiées en français malgré les nombreux recueils américains. C'est pourtant une auteure digne d'intérêt. La traduction de cette nouveauté présage peut-être une anthologie ?

beuzno :

la galère des doctorants : très bien vu et très drôle
mais peut-être faut-il avoir un proche qui a vécu cet enfer pour bien apprécier comme pour les expériences de rugbyman d'Harambat ? coup de coeur aussi

J'ai trouvé qu'elle exagérait et caricaturait beaucoup. Et comme le dessin est laid et qu'il n'y a aucune recherche stylistique, ça ne m'a pas trop convaincu.

Mael, 17.02.2016 à 21:06361556
Il a toujours alterné du bien et du très moyen. Par ex après l'Oud la suite de la série autobio est pas mal, avec Petit Polio entre autre, mais les séries "Juifs-Arabes" ou "Ethnik ta mère" c'était pas grandiose. Bon le dessin tenait encore la route (sur la première série, l'autre c'est pas lui).

Depuis c'est un peu ça tout le temps, les albums sur sa familles sont pas inintéressants, plutôt jolis, avec pas mal d'albums assez affreux à côté (surtout comme scénariste, pas lu les contes du Djinn).

La Présidente c'est clairement du boulot fait "pour faire réaliste", donc pas du tout son style premier, sans la couleur directe qui fait le charme de ses autres bouquins. C'est donc sans doute en grande partie décalqué oui, c'est affreux mais c'est sans doute son best-seller vu l'accueil dithyrambique de ce livre dans la presse/TV/etc.... Encore un flagrant exemple de l'excellente goût graphique des "élites" médiatiques.

beuzno, 17.02.2016 à 19:27361555


qu'est-ce que c'est moche! c'est décalqué?
et il n'y a aucune surprise sur les décisions de le pen en présidente

il évolue très mal, Boudjellal
j'aimais son dessin à ses débuts (l'oud)

1 étoile si ça peut ouvrir les yeux à certains de ses électeurs

beuzno, 17.02.2016 à 19:11361554


personnages animaliers pour qu'on les reconnaisse
très bons dialogues
personnages bien campés
Madet raconte ses aventures sentimentales
il me rappelle Trondheim à ses débuts mais plus porté sur le cul
(d'ailleurs une de ses bd est publiée chez Tabou)
4 étoiles

beuzno, 17.02.2016 à 18:57361553


la galère des doctorants : très bien vu et très drôle
mais peut-être faut-il avoir un proche qui a vécu cet enfer pour bien apprécier comme pour les expériences de rugbyman d'Harambat ?
coup de coeur aussi

beuzno, 17.02.2016 à 18:38361552

ouvrage hybride :
- journal d'une jeune américaine de 15 ans
- nombreux dessins illustratifs
- passages en bd
mon libraire l'a classé en littérature
Phoebe Gloeckner est fan de Crumb et ça se voit
famille, amour, amitié, alcool, sexe et drogue
glauque mais passionnant (je crois qu'elle a eu des problèmes de censure)
coup de coeur

wandrille, 14.02.2016 à 9:19361533
Chef d'œuvre total. Sur le sujet toujours bien exposant du "non je ne veux pas d'enfant et oui, je suis certaine de ne pas changer d'avis un jour".

Pour ceux qui ont déjà bouffé de la pression sociale pro-reproduction (et même pour les autres, pour voir ce que ça fait) et surtout pour celle qui ont été confronté à la difficulté de trouver quelqu'un qui, avant même d'accepter de les aider à se faire stériliser, accepte de les écouter sans les juger.

Et le dessin ! La narration est parfaite !

La pagination n'est pas si large que ça, mais, à la fin de l'album, tout est dit.

Mael, 09.02.2016 à 22:36361517
Merci beaucoup à LL de Mars pour sa lecture, je crois aussi qu'avec les participations régulières et les dossiers thématiques d'analyse le fanzine trouve sa forme.

Une petite précision cependant, il n'y a jamais eu de dossier Imagex (mais un dossier Viper, et des publications régulières d'Imagex, à qui j'ai consacré un cycle sur Du9).

Heureux de ton impatience, le prochain numéro aura un gros dossier consacré aux éditions Artefact. Ce n'est pas un petit morceau.

Glotz, 09.02.2016 à 16:50361514
Mr_Switch :
Tu me disais qu'il te paraissait beaucoup plus narratif que tous les livres de Léo Quiévreux que tu connaissais ?

Un lecteur qui a besoin d'une histoire pourra y trouver son compte, mais ça serait dommage de s'y limiter :)

Mael, 09.02.2016 à 16:16361513
Glotz :
C'est affligeant de nullité, et Hermann a clairement du mal à dessiner de manière correcte aujourd'hui ; mais j'ai été cruel en commençant par son dernier livre.


Pas vraiment, tu aurais pris n'importe quel bouquin scénarisé par son fils (soit quasi tous depuis plus de 15 ans ?) et ça aurait été aussi nul, peut-être un peu mieux dessiné, et encore.

Ado j'avais été marqué par Lune de guerre, mais je n'ose pas le rouvrir aujourd'hui...

Mr_Switch, 09.02.2016 à 15:34361512
Tu me disais qu'il te paraissait beaucoup plus narratif que tous les livres de Léo Quiévreux que tu connaissais ?

Glotz, 09.02.2016 à 15:29361511
lldm :
1) Comme chaque année...

Merci pour cette longue liste de conseils (et le gentil mot pour Gorgonzola). Je conseille également la lecture du Programme immersion, mon achat le plus intéressante de ce festival, le grand livre de Léo Quiévreux que j'attendais depuis longtemps, extrêmement riche et beaucoup plus accessible que ce que j'aurais pensé.

Glotz, 09.02.2016 à 15:24361510
Par curiosité, j'ai lu cet album, le dernier Hermann, l'histoire d'un vieux Noir du Mississippi qui après la mort de sa femme décide d'assassiner les trois Blancs qui avaient violé et tué sa petite-fille huit ans plus tôt. Il n'y a pas de rebondissements, pas d'originalité, pas de recherche des personnages : l'histoire se déroule comme dans cent mille livres du même type, et à la fin il se fait lyncher, car bon « c'est comme ça dans le Mississippi » en 1952. C'est affligeant de nullité, et Hermann a clairement du mal à dessiner de manière correcte aujourd'hui ; mais j'ai été cruel en commençant par son dernier livre.

Roz Chast, dessinatrice vedette du New Yorker (entre autres), a raconté dans cet album la fin de vie des ses parents nés en 1912 de 2003 à leurs décès en 2007 et 2009. D'habitude je n'aime pas trop les récits médicaux un peu voyeuristes mais j'ai trouvé celui-ci intéressant, peut-être parce qu'il s'attachait beaucoup à montrer les détails concrets de ce vieillissements sans montrer sous un jour trop flatteur ni la narratrice (fille peu aimante et obsédée par le coût énorme du mouroir de luxe des derniers mois), ni les parents qui se refusent à comprendre qu'ils doivent bientôt mourir.

Lue il y a longtemps, ce recueil d'histoires courtes de Nine parodiant le roman noir et les histoires de détective alterne entre parodie efficace à grands coups de dessins jetés et d'aplats criards et excès en tous genres faisant osciller les planches vers la vulgarité la plus banale. Jouer avec les clichés est risqué, Nine n'y arrive pas toujours.

Pas grand chose à dire de plus que Thierry ou Allister au sujet de cet album sinon que j'avais trop marqué par l'adaptation cinématographique pour réellement apprécier la bande dessinée d'origine.

Les gags que j'avais lus ça et là m'avaient impressionnés par leur drôlerie. À la lecture du recueil, j'ai fini par trouver les procédés de Gauld fort répétitifs (schémas ; listes ; une pointe d'absurdité) et son univers mental très référentiel à base de science-fiction et de littérature classique un peu trop limité. De l'humour pour profs/intellectuels de gauche : conditionné, je ris, tout en admettant les limites du genre.

Petit recueil de gags willemiens parus lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2002-2003. Pas révolutionnaire, mais pour du dessin d'actualité, ça n'a pas tant vieilli que ça, et l'histoire titre (seule bande dessinée de l'ouvrage) est plutôt drôle dans ses exagérations.

Une nouvelle revue critique qui devrait être publiée annuellement par le festival BDFil de Lausanne pour développer les auteurs et séries abordées par les expositions. Un dossier sur Pierre Strinati, pionnier de la critique dont je n'avais jamais entendu parler, quelques articles sur Blutch augmentés de nombreux dessins inédits, une série de témoignages et d'hommages dessinés à Maickey, et des articles variés sur la bande dessinée suisse. Intéressant.

Lentement, je commence à apprécier l'humour de Kamagurka, recommandé par tant de personnes de confiance, mais je continue à le trouver très inégal. Ici, autour du thème classique du quadragénaire misanthrope un peu beauf vivant avec son chien (ce qui limite la portée satirique du recueil), quelques pages très drôles (les variations autour du lancer de bâton), beaucoup d'autres très oubliables, avec un humour parfois quasi cauvinien.

Recueil d'histoires courtes de Jack Raynal alternant potacheries oubliables dans l'esprit Fluide glacial traditionnel (« Avant tout, buter Columbo », « Zorro contre Adolf Hitler »), récits parodiques à l'humour un peu poussif (« Non aux mines anti-personnel dans l'entreprise », « Qui est la corbeau ? ») et quelques histoires plus intéressantes concernant le paranormal (« Quelques esprits frappeurs », « La Bête qui mangeait le monde ») où le style elliptique et froid de l'auteur est beaucoup plus convaincant.

La narratrice fait le portrait de sa famille sur plusieurs décennies en centrant chaque chapitre sur un de ses proches à une époque différente, de la petite sœur au papa brutal mais aimant. Déjà vu, mais comme c'est finlandais, je suis bienveillant.

lldm, 08.02.2016 à 22:16361501


1) Comme chaque année, je passe prendre la dernière production du frère Thierry de Bethune ; pas grand-chose cette année - un simple jeu perpétuel sur une carte postale, entre le recto et le verso - en attendant avec impatience le grand oeuvre de l'année prochaine dont notre bénédictin de génie, moins congelé que l'année dernière (on lui a fait une place à St Martial, nettement moins jolie mais mieux chauffée que la cathédrale), m'a montré le prototype : un plateau de jeu narratif, avec des dés verbeckiens proposant une double lecture des figures dessinées. (vhttp://www.du9.org/chronique/frere-thierry-de-bethune-oeuvres-completes/)

2) et 2b) Ami de Musturi auquel par bien des aspects il renvoie (violence des masses de couleurs arbitraires, confuses, destructrices d'espaces, obscénité des corps traités commes des poches ventrues en voie de crevaison), Benjamin Bergman présente dans cette série de livrets - ici « Trolls » III et IV - publiés par Kutikuti des récits de genre (des histoires de trolls, donc) terriblement malades, « hideusement beaux », qui hantent l'esprit dès qu'on les as refermés, comme une valse de phosphènes entêtants derrière des paupières. La raison chancèle à suivre ces histoires dont le déroulement est un paradoxe, visiblement linéaire et pourtant incompréhensible, aux objets fuyants, aux enjeux insaisissables. Il me faut vite les deux premiers volumes! https://kutikutisf.wordpress.com/category/news/

3), 3b) et 3c) Un festival spécial Léo Quiévreux :
- un beau livre sérigraphié du Dernier Cri, « Cocaïne 14 », dont les pliages savants en panoramas imbriqués donnent l'impression d'une lecture infinie nichée dans les plis d'un carnaval d'hybridations. Une retenue bienvenue des gammes chromatiques ( une bichromie rose et bleue et une trichro plus froide) et un très riche éventail graphique étendu entre le mécanique des trames et les filets nerveux de la plume.
- « Anyone 40 », chez Arbitraire ; sous une couverture sérigraphiée, un grand cahier bleu layette saturé de cut-ups, de samplings, tissu troué, déchiqueté, rapiécé d'histoires cousues ensemble par un frankenstein scopique particulièrement dégénéré. Tout argument narratif n'est convoqué que pour être illico refoutu à la porte.
- Et enfin, le gros «Programme immersion» très impressionnant sorti chez Matière, dont je ne vous dis rien de plus que ceci: lisez Leo en parler dans le septième numéro de Pré Carré ! Amen.

http://www.lederniercri.org



http://www.arbitraire.fr

http://www.matiere.org

http://precarre.rezo.net

4) et 4b) Jeff Goarnisson, « le flip de Paris », publié par Ab Irato, la maison d'édition de Barthelemy Schwarz et Eve Mairot qui produisent depuis le début des années 90 toutes sortes d'objets éditoriaux qui s'indéfinissent en diaprant les nuances supposées tranchées des espaces poétiques et politiques (dont la très chouette revue « L'échaudée *»). Ce « Flip de Paris » est une de ces zones de transit éditorial sur fond d'autobiographie. Les questions que s'y pose l'auteur me sont complètement étrangères (un rapport historicisé à la modernité et à l'art et la constitution de soi devant leurs figures principales), mais le mode narratif et les procédés plastiques qui le composent établissent un lien charnel évident avec les références qui en sont le fond (surréalisme, lettrisme, situationnisme).

* L'échaudée (4b) mérite le détour ; cette revue accomplit sans collure apparente cette hybridation nécessaire entre les champs du politique et du poétique en les tenant pour un seul et même problème, celui de l'utopie en marche, comme ils furent autrefois unis dans l'extraordinaire magazine « Le fou parle ». Une réponse à l'écueil des revues militantes et de leur manque d'imagination. N'attendez pas de la trouver dans un kiosque, la revue est hélas trop discrète, commandez-la sur le site : https://abiratoeditions.wordpress.com/category/lechaudee-revue/


5) Dernière publication de la riche collection Ion que Benoit Préteseille a ouvert au dessin depuis six ans, ce « Renaissance » de Claude Cadi désarticule, dans une bichromie bleue et dorée comme un maphorion, quelques tableaux flamands et italiens emblématiques des XVe et XVIe, allant de fragments de la bataille de San Romano à la Babel de Brueghel en passant par Fra Angelico ou Bosch. Je ne sais pas encore ce que j'en pense, je réserve mon avis pour une prochaine fois, mais disons au moins que ça me laisse perplexe, ce qui n'est pas tout-à fait rien.
http://ionedition.net/

6) « Flugblatt #1 » La bande dessinée n'a été inventée un jour par Töpffer que pour venir s'échouer un jour chez Bertoyas et s'y autodétruire en beauté ; presque tous les livres sont inutiles à côté de ceux-là.
Dans ce dernier opus Kobé (ses propres comics autopubliés), Bertoyas revient aux déréglements graphiques violents de ses premiers récits, après une série de livres plus homogènes plastiquement, et plus linéaires (Nicy, Parzan, Norak) ; ici, les fuites graphiques, bavochures, patouillages dégueulasses, caviardages de tout poil ont repris leurs droits pour accompagner un récit bousculé qui s'offre le plaisir des digressions à la Sterne dans un espace pourtant extrèmement court. On oublie souvent, par paresse, par désir de ranger son travail dans les cordes rock'n'roll de cette connerie d'underground, de souligner combien le travail de Bertoyas est soutenu par des enjeux politiques et esthétiques puissants. Ce dernier Bertoyas est un doux rappel.
http://kobeblog-bertoyas.blogspot.fr/

7) Clément Vuiller, « Canicule » : qui ne s'agace pas du chichi des livres et de la course aux effets de luxe, de pliages savants, de matériaux divers, purement décoratifs et tape à l'oeil ? Le livre de Clément Vuiller, modestement, arrache le pliage en accordéon à ses effets de mode pour en faire le mouvement le plus hypnotique et multiplement signifiant qui puisse accompagner un incendie dont la croissance et la dévoration sont tout le récit de ce livre.
http://www.3foisparjour.com

8) Dernier volume de l'énorme revue annuelle de Hoochie Coochie avec, comme toujours, plein de très belles choses à son menu, et bien peu de déchets. « Turkey Comix » reste la plus chouette revue française de bandes dessinées (je n'ai pas encore pu lire le dernier numéro de « Nicole », dont le premier volume m'avait vraiment beaucoup plu l'année dernière, et qui pourrait être la seule concurrente sérieuse - et donc stimulante - à T.C.) Un envoutant petit Vanoli sur St Jérôme, une très jolie fable cruelle de Yoann Constantin, un brouillard absorbant de Thomas Gosselin, une brillante série de pages de Mazen Kerbaj, et parmi les petits nouveaux qui apparaissent régulièrement dans Turkey magazine, des pages étourdissantes de Largier, un récit de Loïc Gaume entre cartographie et plan, des planches arides, tranchantes, de Noémie Lothe. Je finirai en soulignant les pages de Odo Barrio et Barbara Meuli dont je découvre le travail et celles (enfin imprimées ailleurs que dans sa cave) de Lucas Taïeb.

9) Idir Davaine, « Cavale » : quand on voit les efforts développés par certains pour produire des formes de narration qui se vendent pour minimalistes quand elles ne sont que paresseuses ou pauvres, on est émerveillé par la capacité de ce petit livre à atteindre aux fondamentaux du récit en affirmant, pourtant, s'y soustraire : Idir Davaine dit que, depuis quelques temps, il ne fait que des peintures et plus des bandes dessinées. Pourtant ce ne sont pas les murs qu'il choisit pour elle, des formats hétérogènes, des espaces distendus, mais un livre, qui les rassemble dans une échelle commune pour le regard, les lie linéairement par la collure des pages. Et apparait le récit, richement, visiblement, sans aucun doute.
http://www.3foisparjour.com

10) Copieuse, belle, toujours suprenante, en couleurs, c'est encore un magnifique numéro de Mekanik Copulaire, la revue incroyable de Bill Noir, qui n'en finit pas de démontrer par les rencontres qu'il nous offre que le collage est tout sauf une discipline du passé.
http://www.mekanikcopulaire.tumblr.com/

11) Pionir : épaisse revue croate anglophone visiblement destinée à présenter les auteurs de ce collectif (mais est-ce vraiment un collectif?) ; j'en retiens pour l'instant surtout le travail de Bernharda Xilko ( http://www.krekhaus.com/ ), faute de pouvoir m'enquiller autant de pages en anglais et d'en avoir compris clairement la nature et les enjeux.

12) Si « Quoi de plus normal qu'infliger la vie? », de Oriane Lassus, traite d'un sujet d'une banalité épuisante - le désir d'enfant - c'est en revanche d'un point de vue libérateur et rare qu'il l'aborde, taillant une route transversale dans le paysage obsessionnel qui crispe une société entière sur le sacre de l'enfant et la procréation. L'enfantement comme horizon de toute vie accomplie et le pédophile comme croquemitaine occupant tout l'espace de la hantise sociale, sont les deux facettes d'une même idée fixe infantile généralisée. Se soustraire au petit cirque généalogique coûte cher, tous ceux qui ne veulent pas d'enfant en connaissent le prix ; il n'y a pas un péquenaud qui ne se sente légitime de donner une leçon de morale et de vie à qui ne veut pas, comme lui, sanctifier le jeu grotesque de papamaman. Oriane Lassus parvient à écrire un livre déclaratif, positionné, sans produire un système surplombant, sans bousiller le travail du récit et de sa diversité. Exercice périlleux que celui de dire quelque chose de précis sans étouffer la narration sous la ligne droite du discours énonciatif, auquel elle parvient à trouver pas à pas une voix intéressante, par une sorte de pointillisme des situations, des voix, agencées dans une belle polyphonie. Un excitant livre Arbitraire sous une jolie couverture de carton gris sérigraphiée.


13), 13b) et 13c) Je ramène trois merveilles de Loïc Largier cette année, un travail de longue haleine que je défend partout où je le peux depuis la découverte de « Des combats » à la fin de 2012 (mis en ligne dans le Terrier à cette période ici http://www.le-terrier.net/largier/index.htm, et dont nous attendons avec impatience désormais la publication sur papier qu'il mérite par les jeunes éditions Adverse).
À partir d'un processus très rudimentaire de citations morcelées, en couches, en juxtapositions, imbrications, Largier compose pas à pas, en se renouvelant continuellement (ce qui n'est pas la moindre des surprises que réserve son travail) une sorte d'archéologie vivante de la bande dessinée, équivalent, dans notre discipline, des « Histoire(s) du cinéma» de Godard.
Parmi ces trois livres de mes emplettes, une tentative étrange, très différentes des autres livres de L. Largier, un drame amoureux par le dessin, au cours duquel la question du changement formel est soumise à des déréglements minimaux (redessin quotidien, altération de la reproduction d'un même dessin, croissance graduelle d'un autre).
https://www.flickr.com/photos/loiclargier/
http://www.revue1-25.com/

14) Mythique revue de la fine fleur des auteurs finlandais, Kutikuti a déjà atteint son 35ème numéro. Allelujah! Je ne vous fais pas l'affront de vous la décrire, mais je peux vous évoquer le deuxième étrange journal distribué cette année par l'équipe de Kutikuti :

14b) Avec des traductions en finnois et en anglais, ce grand format présente quelques planches du « Fabulas Panica » de Jodorowski qu'il dessinait dans les années 60 ( http://fabulaspanicas.blogspot.fr/). Ses planches personnelles, pour le peu que je comprends des textes (posés sur la pages en espagnol, langue que je ne parle pas), sont sensiblement de la même farine que ses films, souffrant des mêmes défauts et présentant à peu près les mêmes qualités. Qu'il s'agisse des textes paniques coincés quelque part dans un post surréalisme juvénile embarrassant (« Les araignées sans mémoire »), des grands films («El topo»), des films péniblement hystéros («Santa Sangre») ou des scénarios de bande dessinée, Jodorowski se tient toujours tendu dans un mouvement contradictoire : entre la nullité philosophique et les intuitions géniales, la bouillie syncrétique et les raccourcis conceptuels féconds, la bêtise expressionniste et les fulgurances poétiques, le travail de Jodorowski me navre plus souvent par ses clichés psychologisants, sa quincaillerie ésotérique, qu'il ne m'emporte par ses indéniables inventions, notamment dans le domaine de la SF. C'est souvent très con, parfois très beau, toujours fumeux et confus, mais les lecteurs de bandes dessinées, je crois, lui doivent tous quelques précieuses illuminations.

15) « L'avis des bulles », revue de chroniques consacrée aux bandes dessinées et à destination des médiathèques. Cette année, des exemplaires ont été mis à la disposition des éditeurs sur les stands. Pas mal fichue du tout (difficile d'en dire plus, sa destination même exige d'elle une ouverture à laquelle je n'aspire évidemment pas pour mes propres lectures, mais les textes sont mieux étoffés que ceux de la plupart des revues critiques qu'on trouve en kiosque ou en ligne).
http://avisdesbulles.com/

16) Un bon numéro de Gorgonzola, la revue de l'Égouttoir, avec Léo Quiévreux, Baladi, Turunen, Mancini, une belle lecture du Week-End de Godard par Pascal Tessier et un dossier consacré à Malher. Ayant mis très longtemps à trouver sa forme, Gorgonzola devient depuis quelques numéros un fanzine qui se tient vraiment, autant par la régularité de certaines participations qui lui donnent sa couleur personnelle que par la volonté de s'ouvrir à des dossiers thématiques (Imagex, Poirier, Malher). Ça me fait mal au cul de dire du bien de ce casse-burnes de Maël, mais son insistance est porteuse et son fanzine réussi. On attend le 22 avec impatience.
http://legouttoir.free.fr/

17) Il nous est toujours trop rarement donné de voir l'étendue et la richesse du travail plastique et narratif de Matti Hagelberg, encore trop peu connu et publié en France ; ce gros volume publié à l'Association (le sixième qu'il publie chez eux après ses publications françaises au Dernier cri) rend la justice qui s'impose à cette merveilleuse machine de mélancolie ravageuse, la terrible machine Hagelberg, et à la diversité de ses modalités graphiques et compositionnelles. « Silvia Regina» est le genre de livre qui déjoue à chaque lecture l'impression qu'il vous avait laissée à la précédente et qui justifie pleinement l'abattage massif d'arbres centenaires, l'usage de colle toxique, de film plastique imputrescible et d'encre cancérigène pour encombrer votre bibliothèque du compagnon à vie de votre dépression.

18) (et dessous, 18b) Deux petits fascicules de Antoine Marchalot dont l'humour branque déjoue complètement les frontières entre raffinement et lourdeur, entre poème et blague, et également entre bouffonnerie et tragédie. « La chambre 14025 » est assez exemplaire de son aptitude à foutre en l'air jusqu'a notre rapport au dessin, par un usage incongru des effets informatiques. Il conduit cette incongruité jusqu'à la beauté aussi certainement qu'il conduit le nonsense dans des franges inattendues du drame. Encore une publication Arbitraire, dont les lignes de force éditoriales ne cessent décidément de s'accentuer par leur exigence.

19) C'est peu dire que d'évoquer la variété et la singularité des publications de Hécatombe ( http://hecatombe.ch/blog.php ); du récent collectif consacré au film « Undergronde » qui rassemblait positions et expériences personnelles en bandes dessinées jusqu'aux merveilleux livres uniques sérigraphiés à la racle de Thomas Perrodin, en passant par ce volume D du fanzine carré, consacré à la bande dessinée abstraite, le travail éditorial de Yannis la Macchia et de ses collaborateurs est une source de surprises et de joies. C'est à l'explosion des sillages de lectures à la surface d'une page que se livrent Thomas Perrodin, Ibn Al Rabin et Yannis la Macchia lui-même. Un très beau volume dont l'expérience de lecture enivre vite.
http://unfanzine.com/un-fanzine-carre-numero-d/

20) et 20b) Le travail de Paul Creus, publié par les jeunes éditions Proche, est ma plus jolie découverte de ce festival. Il y a quelque chose de profondément déréglé et de beau aux mondes de ce « Trucs & Tricks » qui emprutent à la physique des particules leurs notions et leurs catégories, jusqu'au mode de dessin aigrelet des schémas : c'est à leur prétention à résoudre toute ambiguïté que Paul Creus doit, parce qu'il ne cesse de s'y soustraire dans des dégagements poétiques et burlesques, la force de son magnifique petit livre.
Le second volume, consacré au caillou, confronte l'amateur de dessin au vertige métaphysique quotidien du dessinateur que hante la représentation de l'amorphe, de l'indécidable, de l'indéfini. Damisch nous avait donnée une théorie du nuage, Paul Creus nous offre une éthologie du caillou. Je regrette seulement le prix légèrement exagéré des publications Proche qui me prive du plaisir de vous parler du troisième livre de Paul Creus.
https://www.facebook.com/editionsproche/

21) Scalp : voici la dernière production de Thierry Bourgallé (Factotum) qui propose, en regard du travail maniaque d'ingénierie éditoriale auquel il s'adonne expérimentalement pour « Prurit » (trois numéros à ce jour, graduellement de plus en plus invraisemblables), ce fanzine rudimentaire, petit A5 agrafé et photocopié. La seule coquetterie qu'il s'autorise est le travail de ronéo de la couverture, derrière laquelle s'enchaînent quatre récits, quatre feuilletons qui s'ouvrent (Aurélien Leif, Noémie Lothe, C. de Trogoff, L.L. de Mars). Prix libre, site en rade (http://www.terricole.fr/), pas de distribution ni de salons, on peut dire que ce garçon est aimanté par la réussite sociale.

22) Le festival est aussi l'occasion de découvrir deux de mes propres bouquins que je n'avais pas encore eus entre les mains : « Le secret », publié à la cinquième couche, qui aura comme à peu près tous mes livres connu de si longs déboires avant de devenir un objet de papier que je ne sais même plus quoi en penser, et le travail commencé en 2012 lors de la session Kibboutz filmée ici : https://vimeo.com/74977262 , sur les planches de Jack Kirby (23).
« Le secret » aborde d'une autre façon que « Docilités », plus carnavalesque, la vision politique qui se dessine entre mon affection historique pour le communisme familial et mon mépris sans nuance d'une de ses valeurs centrales, le travail. C'est une fable très littéralement hallucinogène, brodée autour d'une substance puissante sur les effets de laquelle repose une hypnose politique généralisée.
http://www.5c.be/
Quand au « Jack Kirby walked through broken porticoes », il s'agit d'un exercice de métastase, dont chaque planche prend pour objet un des multiples aspects de l'étrange monde plastique de Kirby, ouvre ses vannes, y greffe des cellules monstrueuses, laisse libre court à la pousse d'excroissances erratiques, malades, sur le papier.
http://adverse.livre-avenir.org/#jack-kirby-ll-de-mars

23), 23b) 23c) et 23d) Naissance des éditions Adverse, qui publient ce « Jack Kirby walked through broken porticoes » . Alexandre Balcaen — dont les lecteurs des éditions Hoochie Coochie savent ce qu'elles lui doivent d'ouverture à des mondes insoupçonnés de la bande dessinée (Danko, Bicéphale, Hagelberg, Muzotroimil, Bertoyas, Varlez etc.) — lance sa propre maison d'édition ; l'assurance de voir son entreprise marquer le même goût pour la singularité et les expériences limites est appuyée par la formulation très claire dans un « Manifeste » ( http://adverse.livre-avenir.org/#manifeste-des-editions-adverse ) de l'horizon éditorial visé ainsi que le désaveu d'une grande partie des pratiques actuelles de l'édition. Je ne connais encore de ce manifeste que sa première courte moûture, publié dans Pré Carré 5, mais j'aurai sûrement l'occasion de vous en recauser dès que j'aurai lu cette version nettement enrichie. Cette première salve de livres Adverse élargit l'horizon de lecture du travail de Guillaume Chailleux : à la série des petits gaufriers carrés de « Tricoter » (Pré Carré), ce « Fils » ajoute des compositions dépliées étonnantes, tryptiques de planches savantes qui exposent comme rarement toute la richesse qu'offre la bande dessinée par la croisée de lectures tabulaires et linéaires dans le même espace.

24) Ma première leçon de norvégien. Déclinaison narrative suprenante du principe de l'imagier, « Omrokering » est fait de telle façon qu'il est à peu près compréhensible par n'importe quel lecteur du monde ; c'est le principe même d'association d'une forme, d'un objet, à un mot, qui produit un comique à la fois subtil et lumineux ouvrant à une douce mélancolie domestique. L'univers graphique est homogène à ce jeu pédagogique et emprunte aux perspectives cavalières et aux plans de montages son univers de formes simples articulées.
http://www.jippicomics.com/

25) Le O de « Obi » fait le trou noir de ce livre, publié à la cinquième couche, dans lequel s'engouffrent toutes les tentatives de parler : Sophie Telen met en pages cet étrange mouvement par lequel, autour d'une expérience personnelle, toute tentative de description, d'élucidation, est vaine, ridiculement impuissante à rendre compte de la complexité d'un monde, d'un couple, d'une histoire. Les pages sont tiquetées de perforations noires qui sont autant de points sur lesquels vient bégayer un récit qui n'en finit par de se retenter, de partir d'ailleurs, d'un autre moment, d'un autre point de vue, depuis toutes les origines possibles pour aborder son objet, sans qu'aucun mouvement ne puisse s'achever. Récit d'une précieuse déception.

26) L'année dernière, je vous parlais de ma joie à découvrir le « Belvédère » de Luca Retraite et Fabio Viscogliosi ; hé bien les éditions Gargarismes ont la bonne idée de publier cette année un deuxième volume de ce travail envoûtant.
https://gargarismes.com/

27) Biscoto : un exemplaire opportunément oublié sur leur stand de ce très chouette journal pour les lardons de Suzanne Arhex et Julie Staebler me le fait découvrir dans les détails. Mensuel, thématique, c'est joli, c'est drôle, c'est pas con loin s'en faut, c'est pas nunuche, c'est varié, on s'étonne qu'une entreprise aussi peu calibrée et réussie arrive à son trente-cinquième numéro sans que son existence ne fasse plus de bruit. Enfin, on s'étonne... Pas vraiment en fait... Si les bonnes choses soulevaient l'enthousiasme des foules, ça se saurait.
biscotojournal.com/
Un second magazine destiné aux adultes et consacré à la poésie est publié par la même équipe, mais je n'arrive pas à foutre la main sur l'exemplaire qui m'a été gentiment donné et, du coup, je ne pourrai rien vous dire pour l'instant sur Jelly Rodger...

28) MLQ (Mon Lapin Quotidien). Ce journal, ici présenté sous la forme d'un appel aux rédacteurs, pourrait bien être la prochain forme de Lapin, la revue changeante (formellement) de l'Association. Il s'agirait d'un trimestriel de 32 pages, en noir et blanc, dans lequel des auteurs réguliers viendraient occuper des espaces précis sous la forme d'une rubrique personnelle, textuelle, dessinée, bandessinée.

29) « Bathroom » : un très joli livre de Maï Li Bernard, dans ses propres micro éditions, mettant en scène le dégré 1 de toute narration, la croissance d'un état A à un état B ; doubles pages dont le récit formel est celui d'un collage de papiers découpés en cours, dont la page de gauche est à la fois le squelette (la première découpe de papier, visible dans le résultat) et l'origine (le premier état). Indéniablement de la bande dessinée.

http://sempiternellesritournelles.blogspot.fr/
http://mai-li-bernard.tumblr.com/

Anoeta, 07.02.2016 à 16:17361488
Aja fait son Chris Ware dans une série meanstream. Pour moi, le meilleur numéro de la série (pour l'instant)

Thierry, 03.02.2016 à 10:47361457
c'est l'histoire d'un gentil petit couple de retraités.
Des gens simples qui se sont retirés dans un petit cottage de la campagne anglaise.
Leur petit nid est un peu isolé, mais ils sont heureux.
Tout serait si, au loin, il n'y avait pas cette menace de guerre.
Heureusement, ils ont la brochure commodément éditée pour faire face à une éventuelle attaque nucléaire
Comment créer un abri.
Comment l'amménager.
Comment organiser la survie dans les 14 jours suivant l'attaque.
Ils se lancent donc dans les préparatifs, un peu inquiets. Mais aussi animés par une étrange excitation devant ce qui pertube leur routine. C'est bien beau de peindre les fenêtres en blanc pour repousser la chaluer, mais il ne faut quand même pas tâcher les rideaux. Et pas question d'utiliser les beaux coussins du salon pour l'abri.
Pëndant ce temps, au loin...
Ils seront prêts, nos gentils retraités, qui se rappellent du blitz, confondent les boches et les russkofs, qui espèrent que leur grand garçon sera à l'abri
Et puis...
C'est à ma connaissance le seul livre pour adulte réalisé par ce spécialiste des livres pour la jeunesse. Il s'attaque à la peur nucléaire, mais adopte un angle original. il se met à hauteur des gens les plus simples qui soit. Ils ne comprennent pas grand chose, affichent bien un patriotisme de façade, mais bien maladroit et peu convaincu. Ils ne sont en rien concernés par ce qui se joue au dessus de leur tête, mais seront en première loge. Pour eux, tout n'est qu'un petit jeu un peu absurde, qui implique de construire une cabane en attendant des jours meilleurs, tout en gardant une foi inébranlable en l'avenir. Tout cela n'est qu'un mauvais moment à passer, mais tout reprendra comme avant. C'est ce qui est arrivé après le Blitz. Ce sera pareil.
Une parenthèse désagréable...
S'ils savaient...
Raymond Briggs a traduit la petite routine de ses héros dans des pages chargées de petites cases remplies de dialogues qui traduisent en permananence toute la complicité qui peut lier un vieux couple, qui s'aime autant qu'il s'agace gentimment. Une vie de petits riens, de répétitions, d'instants partagés, par oppostion à quelques doubles pages oppressantes qui illustrent le compte-à-rebours inéluctable ou pour illustrer la compréhension très déformée des événements par le couple Boggs.

Thierry, 01.02.2016 à 9:46361416
On pense à Moebius, au désert B. On pense aussi à Stéphane Levallois pour le trait. Puis a Peter Chung pour ses longues silouhettes et ses séquences absurdes à la Aeon Flux.
Cette anthologie reprend des récits plus ou moins longs, essentiellement muet (à l'exception de 'the marble man') qui se déroulent invariablement dans un univers dévasté, désert post-apocalyptique dans lequel Lando fait errer ses personnages, à la poursuite d'un but absurde et dérisoire.
Livre étrange, hynotisant par moment (the pyramid scheme est très réussi) mais qui ressemble plus à un execice de style. Il faut être réceptif pour l'apprécier.

NDZ, 29.01.2016 à 11:06361395
Pierre :
NDZ :

Merci Pierre pour ce texte. ICI un embryon de réponse quant à l'utilisation des couleurs...


Très intéressant ! Dommage que l'analyse ne soit pas prolongée sur davantage de planches.


J'ai enfin lu le texte de Docteur C. sur Arsène Schrauwen paru dans Pré Carré 6 (mis en attente, pour l'après-lecture de la parution française). Encore de belles pistes pour une analyse encore plus fouillée de cet excellent ouvrage... car le texte de DrC est assez court, en fait (les notes prennent de la place).

Thierry, 29.01.2016 à 10:43361394
cela faisait un moment que je voulais relire ce livre. Je ne me rappelais plus trop de quoi il parlait. Je me rappelais essentiellement du fait qu'il s'agissait d'une des rares bandes dessinée indiennes traduites en français. L'auteur a d'ailleurs signé ce qui est considéré comme le premier roman graphique indien. Il s'agissait de son livre précédent, corridor.
Quid de de Calcutta ? Dépasse-t-il la simple curiosité ?
A la relecture, sans le buzz autour de l'origine de ce livre, il reste un récit un peu confus et pas toujours maîtrisé, mais qui ne manque pas d'idées.
Il est difficile de le résumer, parce qu'il se perd dans de nombreuses digressions qui semblent parfois inutiles. Qu'essaye de raconter son auteur ?
Le récit s'articule autour de Pablo, Indien installé à Londres qui revient à Calcutta suite à la mort de son grand père qui, entre autres, lui aurait légué un livre: les tribulations du chat huant, un livre qui se révèle d'une valeur inestimable. Pablo, venu prendre possession de son héritage, découvre que celui-ci a été donné à l'une des connaissances de son grand père et tente de le retrouver. Il est aidé par Digital Dutta, voyageur immobile qui connait calcutta dans ses moindres recoins.
A moins que le recit ne se construise autour de Calcutta, ville étonnante marquée par la coexistence des traditions indiennes et la domination anglaise. porteuse d'une double-culture.
Et si la vraie signification du livre se cachait dans la personnalité du narrateur de ce livre ? On comprend assez vite qu'il s'agit du Juif Errant, dqui semble avoir échoué il y a bien longtemps à Calcutta... et si ce chat-huant était en fait le juif errant ?
Plusieurs point d'entrée et un sentiment de fouilli; On se fait balader entre petites anecdotes, rencontres absurdes, mélange de quasi reportage et scènes plus allégoriques. On se perd. mais si, parfois, se perdre est en soi une destination, un plaisir en soi, ce n'est pas le cas dans Calcutta, qui manque de cohérence. Intéressant, curieux mais pas tout-à-fait réussi.

NDZ, 19.01.2016 à 22:42361021
[chroquettes : album sans vignette] Je ne savais pas qu'il y avait ça de prévu... chez Fluide ?? :) ça fait du bien de retrouver une voix, même si c'est un recueil et qu'il y a des écueils inhérents à ce type de livre (hétérogénéité, des hauts et des bas, un rythme bancal).

NDZ, 15.01.2016 à 20:43360944
Là où les potacheries de Joe Daly dans Dugeon Quest me barbent sur la longueur, ce bonbon punk a-ci-colesent me ravit en tout point. On imagine facilement que l'auteur nous a refait ici son adolescence de binoclard boutonneux fan exclusif de Tolkien, à grand coups de crayons rageurs... et on s'en moque. Les personnages sont improbables dans leurs outrances et en même temps, on y croit. Réécrire l'histoire du punk au travers de cette expérience de boîte avant gardiste perdue au fin fond du trou du cul US c'est peu banal et c'est un régal. L'auteur nous fait les témoins de son dépucelage des oreilles et d'ailleurs sans sombrer dans la nostalgie bêtasse d'autres. Il s'imagine en punk rock d'un instant mais autrement plus d'énergie que la fait Killoffer et il finira comme toutes les grandes star, dont Justin Bieber. Remarquable. En même temps, avec une bande son comme cela, je ne vois pas comment on pouvait se rater... quoique, parfois, Menu est limite chiant avec une bande son impeccable... Je m'en vais lire la suite et je me dis: que mes comparses bulledairiens à forte bullaffinité avaient raison!

chrisB, 15.01.2016 à 13:35360934
Thierry :
Je vais oser une comparaison sans doute un peu ridicule, mais il y a une approche qui n'est pas sans rappeler Amélie Poulain



Aiiee, le bouquin aurait pu m'intéresser :)

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